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Une Comtesse de Sainte-Hongrie |Finish]

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Lun 3 Déc - 19:23

Carmilla
nom ancien : Elisabeth (Elsebet) Bathory
nom réel : Mircalla
pseudonyme célèbre : Carmilla

Age : Pas loin de 300 ans
Nationalité : Hongroise
Organisation : Noblesse de la Cour de Sainte-Hongrie
Fonction : Dame de la Noblesse Hongroise, Épouse du commandant en chef des armées hongroises, Comtesse (c’étaient des fonctions de mon temps)













 

Tiramisu - Food Fantasy!

CARACTÉRISTIQUES

Type : Humain
Classe : Assassin
Alignement : Neutre Mauvais

Statistiques :
STR : D
END : D
AGI : A
MAG : C
LCK : D





EQUIPEMENT


Le Cercueil :
’Mon ami depuis que Maman me tua : un joli ouvrage de bois de chêne, clouté ça et là, dont le couvercle est garni de dessins exotiques gravés au ciseau, tels des symboles ésotériques, blasphématoires ou démoniaques, parfois en gravures d’or, parfois en peinture de sang kitsch. Je l’aimerai bien, mais malheureusement ne dors pas dans un lit à baldaquin. Pour conserver ma vie vampirique il m’a toujours fallu dormir au chaud dans mon cercueil. En esprit héroïque peut-être que quelque chose a changé, mais je ne compte pas prendre de risques’



La Bague du Serment :
Aussi appelée Alliance. Un souvenir de l’ordre de Maman
« Tu ne porteras d’autre nom : Mircalla »
Il s’agit là autant d’une sournoiserie qu’une contrainte : je suis tout à fait incapable de prononcer le même nom pour me désigner, qui change à chaque nouvelle amante (voir … ) Il est remplacé par une anagramme de Mircalla : ainsi ma plus célèbre est Carmilla. Maintenant que je suis née de nouveau il me faudra en adopter une nouvelle : Millarca, Larmicla, Miclara… ce n’est pas très joli mais c’est nécessaire. Seule la mort de l’aimée me permettra d’user d’un nouveau pseudo.


Les Crocs du Boucher [arme] :

'ARME ? Comment vous osez parler de mes dents sinistres goujats !'
Les dents de Carmilla, si belles soient-elles à voir, sont en fait incroyablement tranchantes et effilées comme le fit remarquer un jour un gitan. Suffisantes pour se servir des canines comme de dagues, découper du fer, mâchonner de l'acier ou arracher l'un de vos doigts d'un coup.




Ma ch..           :





POUVOIRS






Mystic Eyes of Charm : [ A - actif ] :


Les yeux du Démon. Ma beauté et mon charme sont certes irrésistibles, surtout depuis que j’ai été maudite et porte le nom de Mircalla. Mais je puis faire succomber nombre de vulgaires pantins à mes ordres, pour mon meilleur bénéfice. Autrement dit, un paysan kyôtôite aura peu de chances de résister à la volonté de la Comtesse. Certains privilégiés toutefois sont plus tenaces que d’autres, mais pour les faire fondre comme du beurre, c’est comme tout il suffit de monter la température. Ainsi il est bien plus difficile de sentir mes baisers brûlants dans son cou et ses joues sans éprouver un gênant désir ! 🤔  




Presence Concealment [ D - passif ]

‘J'ai toujours été experte dans ce qui a été de me cacher d'autrui, cacher la vraie pour montrer la fausse... Pendant plusieurs siècles. Je peux dire bien haut que c'est ma qualité maître (ou presque)’


Rend Carmilla magiquement indétectable tant qu'un combat n'est pas engagé. Lui permet à tout moment de se camoufler efficacement, "disparaissant" et réapparaissant aux yeux d'autrui comme si elle émergeait d'un nuage de brume.
Offre une efficacité optimale dans la première "attaque" sournoise : le coup est considéré comme critique. Cela signifie la plupart du temps que Carmilla a mordu une région des plus vulnérables en cas d'hémorragie.

Blood Sucking : [C - actif] :

' Cela peut étonner de votre Mère mes petits chéris, mais je ne suis pas une grande professionnelle du pompage de fluides sanguins. Les temps sont lointains jusqu’à mon château de Cachtice lorsque ma soif de sang me faisait comparer aux plus grands animaux. Par excès de délicatesse, la gourmette que je suis a changé les massacres en doux préliminaires. Enfin doux… c’est relatif aux yeux des mortels '

Décrit comme l’action d’absorber le sang d’autrui pour rétablir sa propre santé physique et/ou sa puissance magique. C’est l’un des pouvoirs du… oh, vous savez bien !
S’accompagne de dégâts, car c’est au détriment de la victime que Carmilla se rétablit.
Lorsque ce n’est pas la mana mais la santé qui est absorbée, le sang est véritablement aspiré avec force dans le gosier de Carmilla. La quantité avalée par seconde est modique, un litre – litre et demi de sang environ à pleine vitesse. De là, les conséquences sont du même contexte que celui de toute hémorragie.



Disengage [ C - actif ]

Se décrit comme la compétence de s'évader d'un combat y compris lorsque cela ne semble pas envisageable. Carmilla n'était pas si discrète qu'une autre compétence le prétendait, puisqu'elle fut démasquée à plusieurs reprises, mais en revanche...

‘ … En revanche il y a une chose qui m’a toujours permis de survivre à mes échecs, c’est mon talent à retomber sur mes pattes. Demandez à mes siècles de survie… des fuites éperdues à travers l’Europe, des retours en douce. La plupart des vampires mourraient bien avant pour autant de sinistres œuvres, c’est pourquoi nous sommes si peu  nombreux à pouvoir nous vanter d’avoir connu César, et pas tant Napoléon’


L’apanage du méchant de conte est de fuir un peu n'importe quand, comme une page qui se tourne. Cela tombe bien puisque les Vampires ont cette spécificité narrative d'amener leur fraise un peu n'importe où/quand et de se retirer aussi aisément (jusqu'à la fin du conte). Mais plus concrètement, ce pouvoir agit comme une aide considérable à la fuite.
La Comtesse s’est servie à maintes reprises de la transformation de son corps pour fuir, mais aussi tromper ses hôtes. Durant la nuit, avec la porte fermée à double tours, depuis le plus haut étage, elle a pu sortir dehors sans ouvrir la fenêtre de l’intérieur, traversant les murs puis atterrissant en bas (ce qui à présent ne réclame plus le moindre pouvoir puisque la forme spirituelle héroïque suffit). De quoi la rendre totalement insoupçonnée d’avoir commit des meurtres au clair de lune, sous peine de devoir résoudre un nouveau mystère de la Chambre Jaune. Comme si son agilité ne suffisait pas, les quelques fois où sa nature sinistre a été démasquée elle a pu s’échapper sans être concernée par les coups qu’on lui assénait : elle a ainsi laissé croire qu’on l’avait raté et que dans la précipitation on avait déformé les faits réels. En fait il existe bel et bien des gens qui seraient parvenus à la toucher lors de ses fuites et eussent pu la blesser, si elle n’avait possédé cette bizarrerie de non-mort. A ce jour personne n’est parvenu à lui infliger la moindre blessure au cours de sa fuite. C’est durant son sommeil que Carmilla périt, à l’instar du comte Dracula.


Effets :

Lorsqu'elle use de ce pouvoir, Carmilla fuit le terrain du combat d'un bond spectaculaire. Cosmétiquement parlant, son corps se disperse en une volée de chauve-souris (à cause de votre vilaine passion pour les films d'horreurs stéréotypés) parfois en une brume fantomatique, ce qui lui permet de mieux se soustraire aux lois de la gravité et à celles des dégâts bien sûr que non, ce n'est qu'une mise en scène, un effet spécial optique.

- Le Bond permet de franchir d'un coup AGI + rang mètres





NOBLE PHANTASMS




La Légende du Chasseur Nocturne
[C - Passif]
:


'Il est un privilège rare d’être au cœur d’un mythe. Il est plus honorifique encore d’en être la Mère. Les vampires ne furent connus très tardivement aux sein du large peuple, il y a eu Dracula à la fin du XIXeme siècle, mais avant lui il y a eu moi dont le nom a soufflé dans les salons londoniens. Des oupirs des campagnards de Roumanie et Slovaquie aux vampires de ces sujets de la Majesté, il y a eu un large pas. Bien qu’il me précéda dans les faits, le Comte Dracula fut un souvenir assez efficacement éteint – merci à la discrétion d’Harker et Hellsing – quand Laura ne fut pas mise au secret et conta ses souvenirs à qui voulait l’entendre. En vérité je ne fus ni la première prodigieuse « vampire » ni la première vampire existante, juste la première assez indiscrète pour que son nom devienne célèbre ET C EST BEAUCOUP' No Malheureusement, dans une famille, il y a toujours le Père et la Mère. Si on lie la Mère plus volontiers à la douceur et la sagesse (il suffit de voir l'Oracle dans Matrix) le Père est lui plus facilement évocateur de la puissance et la domination, et c'est ainsi que le Mythe de Dracula lia ce Père immédiatement à la figure de puissance et force paternelle sauvage, quand je fus bien plus mystérieuse et tragique.

coût : 100 mana (par tour)

Effets :
- Carmilla se transforme sensiblement à la figure bien célèbre : Ses dents poussent, son visage se déforme en une sorte de monstrueux rictus, son cou est saillant, ses yeux sont jaunes et évoquent un énorme loup, son teint vire au blanc de craie. Sa voix est horriblement rauque et résonne, ses émotions sont violentes.
-Comportement à connotation berserker, bien qu'elle sache contrôler son esprit
- Augmentation des Statistiques au nom de la Mère des Vampires dés que le Noble Phantasm est enclenché. Carmilla possède des facultés en combat dont elle n’est normalement pas dotée.

For : A
Endurance : A

--
Blood-sucking : A


Ajouts :

Compétence de régénération des blessures : C

Si le Bain Sanglant de Cachtice de Cachtice est actif en même temps la régénération monte au rang B. Toutefois le terrain sanguinolent n'est plus modifiable sous la forme de Nuit du Chasseur.


Malus

-Compétence des Mystic Eyes of Charm désactivée tant que durera la transformation <---- l'état semi-berserker ne laisse plus suffisamment de patience et de concentration pour un tel usage
-Sensibilité accrue face aux domaines et armes saint(e)s (Black Keys, sorts, artefacts). Qui est l'extrême du vampire, est l'extrême de l'anti-sacré, ce qui laisse une idée


Fin de Transformation
: L'ivresse de puissance est une drôle de chose. En somme, cet état monstrueux perdure jusqu'à ce que tout ennemi et toute proie dont le sang est buvable soit absent, à moins que le master n'use d'un CS pour l'arrêter.




Le Bain Sanglant de Cachtice [ B - actif ]

Six-cent quinze infortunées servantes périrent dans la forteresse de Cachtice. Leur sang leur fut arrachée jusqu’à la dernière goutte par ma méticuleuse avarice. Cet impérissable souvenir s’est gravé dans l’air et la nature, ses échos horrifiques m’ont suivi après mon trépas, m’ont collé quand j’en suis sorti. Cela me permet je suppose parfois, de ne pas oublier qui fut Elisabeth.
Plooouf, plic-ploc plic-ploc. Mais comment s’exprime ce souvenir cauchemardesque lorsqu’il est ramené au stade d’existence en une seule petite arme ? Nous parlons des six-cent et quinze fois cinq litres de sang, d’une quantité approximative de 300 mètres cubes de sang aussi écarlate et vif que s’il était vivant, pour un poids de environ 3,3 tonnes.


-coût : Après son utilisation, 100 en mana pour chaque tour de maintien du bain dans ce plan d'existence.
[si maintenu en même temps que la transformation de la Nuit du Chasseur] : 200 par tour


Utilisation : Tout cela pleut sur un volume de terrain de trois mètres sur trois (l’équivalent d’un grand bain) comme une gigantesque douche tiède. Le débit agit selon ma volonté, aussi bien que si je réglais le volume d’un pommeau de douche : ainsi, il peut se déverser 1000 litres en une seconde soit (1000 x 1,06 = ) 1, 06 tonnes, comme 250 litres soit « seulement » 265 kilos.
Ce sang est pâteux, collant, il a une très fort odeur… du sang quoi, j’ai pu en apprendre sur ce que l’on ressent à force de se baigner dedans. Ici il ne donne pas la vie éternelle : il tombe comme une masse compagne, unitaire, vient écraser la cible (si celle-ci est assez fragile). Il  l’entrave également, car il lui faut un petit temps pour s’étaler autour et devenir moins tassé donc moins encombrant – imaginez vous comme lorsque vous marchez dans la mer et vous avez une idée de comme le poids d’une masse liquide est handicapant et irritant. Le choix du terrain peut toutefois être décisif : il y a une différence nette entre être ciblé dans un terrain de football et un cabinet de toilette, comme vous vous figurez, car le second est un de ces espaces assez restreints pour que vous  ayez un bassin de sang jusqu’au dessus de la tête. Assez faible, vous êtes susceptible d’être disloqué ou noyé.

Mais ce n’est pas tout. Croyez bien que le sang de six-cent quinze vierges mortes dans d’atroces souffrances n’est pas qu’horrible, répugnant et puant, il contient aussi son lot d’horreurs d’outre-tombe. Tout d’abord ce sang crie, oui il hurle de tous les fantômes des infortunées qui forment le réservoir. Ce n’est rien d’autre que des échos, mais des centaines de voix criant leur peine et leur épouvante en chœur sur quelques mètres carrés produit un effet assez perturbant. La volonté, le courage et même l’efficacité de celui qui patauge en pâtissent, en plus de sa mobilité déjà entravée, de sa vision gênée par l’afflux liquide poisseux… Bref, ce bain a tout pour vous retarder et vous rendre les choses plus difficiles, pour peu que vous ne soyez pas un Héraklès.

Allons si peu ? Non, car ces échos enfermés par le sang ne sont pas que ceux de la panique et du chagrin des victimes qui m’ont suivi dans mon appareil digestif. C’est aussi ceux de leur folie et de leur colère. Ainsi s’accrochent-elles, s’obstinent, mordent, griffent ce qu’elles touchent. Plus vous passez de temps englué dans ce bain de sang maudit et plus celui-ci vous agresse-t-il longtemps. Les dommages infligés sont légers, mais néanmoins réels. Ils sont plus élevés selon le débit de l’écoulement et la configuration du terrain, puisque la masse est facteur analogique du nombre de fantômes. Quiconque aurait la folie d’y passer plusieurs minutes le verrait coaguler, avec ces conséquences inimaginables que nous ne connaîtrons sûrement pas. Le sang vous « lâche » donc, à mesure que vous vous en extrayez, comme des êtres vivants vous lâcheraient plutôt que comme de l’eau séchée.

Statistique des effets :

- Équivalent d'un Noble Phantasm d'Horreur rang C pendant la durée entière du bain
- Malus d'Agilité rang C pour quiconque piétine et douche dans ce flot répugnant
-Dégâts rang E








PHYSIQUE






D’une taille relativement haute de un mètre  cinquante-huit à mon époque, je me distingue encore par ma féminité gracieuse, avec mes bras affinés et solides, mes mains fort délicates aux doigts ridicules, mes épaules linéaires et mon cou arrondi et pointu, ma taille svelte percée par des hanches fermes, mon buste arrogant plein d’opulence, surtout sur ma gorge rose (où l’on repère un grain de beauté net à gauche du décolleté). Mon visage est pleine de couleur et de vigueur, rouge pomme autour des joues, rosé vers le cou, un peu pâle au dessus des pommettes. Il ne faut pas oublier bien sûr, la cascade de cheveux bruns qui tombe par dessus mes épaules et pleut derrière mon dos jusqu’aux hanches. Cette masse prodigieuse, de cheveux épais autant que soyeux, parsemée de reflets clairs, a de quoi rendre fou tout aficionado capillaire.

En mon temps j’arborai des robes nombreuses, comme toutes les femmes, les braies et pourpoint ne nous étant guère autorisés. Je n’en porte présentement qu’une unique, couleur bleue ciel, qui tombe sur les chevilles, échancrée, avec de très longues manches jusqu’à mi-dos de main, avec une bande de dentelle blanche à chaque extrémité. Je me fondrai bientôt, comme je l’ai toujours fait, dans les modèles de mon époque.








CARACTÈRE





Il paraît que nous avons deux personnalité, celle que nous pensons avoir et celle que nos pairs décrivent, c’est ce que vous avez du entendre quelque part ? Plutôt que de me rendre inutilement alambiquée et inaccessible, je vais décrire dans le désordre et fidèlement tout ce qui est avéré à mon sujet, à d’autres de faire la conclusion qui leur paraît juste.

Autrefois lasse, désabusée et tranquille, j’ai prodigieusement changé avec l’altération de ma nature. J’ai une soif incomparable de vie, tout aussi insatiable que celle du sang de belles vierges que je fis trépasser presque chacune de mes cent mille nuits de vie. Soif de nouvelles rencontres, de nouvelles connaissances, d’amour, et consommatrice dispendieuse, j’ai (depuis) toujours été heureuse et satisfaite. Ma joie et  mon goût pour la vie sont donc tout à fait remarquables, je suis aux antipodes de cette ennuyeuse et aigre fanfreluche que je fus ! Pour moi la vie est comparable à un grand cru plein de surprise, je ne suis là que pour me délecter des gorgées qui m’attendent. Laissez moi juste vivre un jour de plus, une année de plus, un siècle de plus !

Pour autant, je ne laisse paraître la plupart du temps qu’une face correcte, qui saura me rendre attachante et non rebutante : Je suis une dame sociable et de haute société, courtoise, ouverte au dialogue et respectueuse de mon prochain, qu’on n’hésitera même parfois pas à qualifier d’adorable. Il est vrai que je suis toujours aimable et pleine de dévouement, que je n’ai pas cette attitude hautaine et cassante que je possédais, que je suis souriante, d’un sourire qui colore mon visage et respire la bonté. Que j’ai de nombreux sujets de conversation, une connaissances solide, une culture comme vous diriez (alimentée par mes siècles de vie) dans lesquels j’évite l’arrogance et la prolixité.

Outre cette gaieté, cette façade souriante et honnête, il y a bien sûr ma langueur d’amoureuse éperdue. Que d’amour de tout temps, que donc de passion, de moments de douceur et de faiblesse exquise… je sais varier mon tempérament entre été et hiver, être tantôt puissante tantôt fragile… j’aime laisser croire que je souffre de faiblesse et maladie pour qu’on s’éprenne mieux de moi, parfois j’aime charger et surprendre les douces par mes assauts vigoureux, mes déclarations fiévreuses. Bavarde pour le reste, aimable, courtoise, encore pleine de mes vieilles manières de noble, il faudrait être bien audacieux pour ne pas m’apprécier.

Voilà pour l’extérieur. Si je brille en société plus que quiconque, je suis pleine de vilains secrets. Le mensonge, la cachette et la manipulation sont part de mon plus gros lot quotidien. Cette éternité à devoir couvrir mon identité et ma nature pour faire succomber mes interlocuteurs m’ont forgé et fondu dans le faux. Je n’en suis que plus vicieuse, plus méchante et sans scrupule, car jamais un mensonge si gros soit il ne me fera culpabiliser. Pour l’exemple, vous me savez capable de me faire passer pour une fille bonne et admirable, et bien je joue cette comédie constante face à mes victimes – même si l’amour me fait parfois perdre un peu la tête. D’ailleurs existe-t-il quelque chose qui me fasse culpabiliser ? Nenni ! Vivre jusqu’à l’écœurement est mon crédo, tandis que je me suis tellement désensibilisée aux humains que leur mort me fait autant pleurer que de l’agneau dans votre assiette…
J’ai tant perdu en empathie que j’en arrive à ne pas verser une larme pour une que je tuerai pour qui j’étais folle d’amour… Elles possèdent il est vrai toujours une chance de me rejoindre après la mort, après être devenues le même démon que moi. Mais ce n’en est que plus tentant pour moi de jouer leur vie sur un coup de cartes, en dépit des échecs et gâchis constants que cela a causé jusqu’ici… Tant d’amantes ont péri pour moi, mais je possède à ce sujet une philosophie simple et dure : rien ne dure jamais, tout est mortel et aussi court soit le bonheur il y aura toujours un autre après… Ainsi j’ai parfaite foi qu’une histoire de cœur de quelques jours sera rapidement consolée par la suivante !
Avec un peu plus de profondeur, vous remarquerez sûrement que j'ai un orgueil très pointu. J'ai en effet grandie nourrie au sein d'une catégorie qui était l'élite de son temps et son lieu, et me considérer comme supérieur aux autres animaux du petit peuple était dans les gènes de mon éducation. Rendue fière de mon nom, mon titre et mes charges, comment n'aurais-je pas pu conserver cette trace indélébile de l'orgueil et la vanité ? Bien sûr que je me sens supérieure - ce qu'être faisant partie des immortels n'aide en rien !
Avec mon égoïsme congénital, tout cela a vite fait de moi une des plus prodigieuse narcissiques que vous connaitrez. Mais cela ne m'interdira ni d'aimer, ni d'avoir bon goût, ni de bien mentir.







HISTOIRE






Prologue - Une Princesse transylvanienne : Elsebet

Des flocons tombent drus un jour blanc, ils recouvrent les plaines d’herbe pauvres, que foule un groupe de cavaliers sans selles ni étriers. Leur figure est rêche comme l’écorce des arbres, jaune comme l’herbe terne des jours de sécheresse. Le peuple à cheval, les Magyar, a donné à la Hongrie plus que son nom. Le hongrois, homme des plaines, slave prétentieux descendant du celte égaré et du goth, aime se réclamer des fils d’Attila. Il aime y repenser, mille ans plus tard, lorsque le galop des turcs le terrorise : il aimerait être de ces Magyars, de ces Huns et autres nomades basanés qui les tiendrait en respect, que lui évoque le dessin de ces fantômes.

Je suis née dans la fière Patrie de Hongrie il y a près de cinq cents années, fille de la grande noblesse, dotée de tous les privilèges, enfant gâtée au-delà de tous ses caprices.
L’on m’a apprit très tôt à me différencier de la race du gueux, du paysan ou du citoyen au sang sans trace de noblesse, comme du bon grain de l’ivraie : les miens étaient fais pour régner sur eux, eux idiots nés pour m’obéir et satisfaire mes désirs. Je grandissais dans cet univers de miel et d’épices tandis que mon pays connaissais d’importants troubles internes et externes, menacé par les envahisseurs ottomans et déchirée par l’appât du terrain et des richesses. Les murs du château de Nagyecsed m’ont vu m’épanouir ainsi, échappant aux ombres des géants Charles Quint et Soliman le Magnifique dont la glaise des tombeaux était encore fraîche, m’évadant un peu plus à l’est, ^lus profondément dans notre Transylvanie : je rêvais comme tant d’autre du château de Bran, des Teutoniques et de Vlad l’Empaleur, de ces résistants et décimateurs de musulmans. Le voisin vallache avait un peu gardé de ces cavaliers huniques qui m’inspirait plus d’excitation que ces piètres histoires d’amour enseignées aux fillettes.

Cette petite fille gâtée devait un jour elle aussi connaître une vie sévère. Avec l’âge du devoir, l’on me confia à une future belle-mère qui me mit fort à l’ouvrage (nous étions à ma onzième année) si ce n’est m’en tyrannisa. Et qui m’apprit qu’une grande Dame peut-être esclave lorsque les circonstances le veulent. J’en revins toutefois fort savante et fort belle, prête au devoir. Toute jeune et ravissante femme – de quinze ans – célèbre pour sa beauté astrale et ses cheveux noirs comme une éclipse, je fus enfin consommée en noces par le tempétueux Nadasdy – Le Chevalier Noir. Ses chambres étaient remplies de maîtresses et de trophées de guerre de choix et ses fêtes pleines de vin, mais je ne su pourtant échapper à son harcèlement. Le Grand nous installa dans un château trônant dans les hauteurs des Carpates qu’il m’avait «offert » en cadeau de Noces. C’était le moindre des du à une pucelle dont l’oncle avait reçu les insignes de prince de Transylvanie et se préparait à régner sur la Pologne.
Toujours dans mon saint Devoir, j’étais sollicitée pour tirer de mes entrailles l’enfant de notre union. Mais cela tardait, je n’étais pas bien fertile… - J’appris aussi dés à haïr la copulation, dés l’initiation, qui fut fort peu agréable. Plus tard, les pénible périodes à porter les enfants, et celles horripilante des accouchements, achèveraient de me détourner de tout intérêt pour l’acte d’accouplement. L’enfance disparue, avec elle les rêveries étaient abolies. Mais pour revenir à plus tôt, mon époux ne trouvant pas de satisfaction à voir les héritiers, se consacra davantage à la guerre. Il était rien de moins que nommé à la tête de l’armée hongroise, et je me retrouvais moi chargée de la gestion de nos affaires et la protection de nos domaines : comme le connu peu avant nous le prince transylvanien Vlad III, nos terres étaient tant exposées aux envahisseurs ottomans et aux « mauvais hongrois » qui léchaient notre frontière.



I La Mort : Bathory


Châtelaine et indépendante, je m’accommodais des longues et toujours plus longues absences du Chevalier Noir. Je faisais un travail d’homme en veillant la première à ce que nos coffres soient toujours aussi remplis, nos contrats prolongés et nos invités satisfaits, pour retrouver l’orgueil un peu oublié des jeunes années. Je n’eus guère le loisir d’en profiter. Ce que j’avais toujours esquivé, et pis oublié, me rattraperai.

C’était un grand bal dans notre capitale, ou en vérité une soirée costumée comme la Renaissance italienne en popularisait. J’étais venue sans mon époux une fois de plus, accompagnée d’une ribambelle de femmes mes inférieures ou égales, elles aussi représentant les couleurs de leur époux et fiancés, de tout âges et caractères. Que de chevaliers et courtisans en face, offrant un tour de danse entre les festivités. Je voulais y oublier l’omniprésente politique avec des coupes de vin, n’accordant que tiédeur à mes cavaliers, m’esquivant souvent dans l’ombre.
Je rencontrais là un regard qui me transperça jusqu’au cœur, me rempli de frisson pour la première fois. La femme aux cheveux de feux qui me faisait face était nimbée d’une mélancolie douces, de sourire d’une mystérieuse timidité comme s’il s’agissait d’une étrangère, mais ses yeux brillaient d’une lumière telle que je sentais combien elle était dans sa maîtrise et son élément.

- Ma Douce inconnue, vous semblez en tête de trouver un cavalier qui est absent de ces joyeuseries.
Pour qui pouvais-je être inconnue en ce pays ? fut ma première question en tête. Cette Dame ne me l’était pas moins, et elle possédait un fort accent venu d’un pays lointain qui offrait une tonalité suave à sa voix délicate. J’aurai reconnu des mots français glissés par ci comme des perles si sur six langues que je maniais ne figurait nullement celle de Charlemagne. J’ignore pourquoi le simple effet de son regard plongé en moi comme deux lances dans leur cible me clouait et pis me troublait si intensément ; j’étais entièrement possédée par cette femme comme si elle avait usé d’un mauvais sort.

- As-tu connu un bal ? Les jeunes filles ont en tel fantasme leur premier bal… Et si nous décidions que tout ceci n’était qu’un bal ma chère ?

J’étais saisie par la voix assurée de cette femme, par sa beauté électrisante, par ses regards d’une profonde langueur, par tous son magnétisme astral et sa grâce infinie. Jamais je n’avais regardé quelqu’un ainsi et j’en étais si ahurie, si étonnée de moi même que je ne savais opposer de véto à chacune de ses demandes. Je me retrouvais les mains dans les siennes, dans une longue danse où ses nos yeux se quittaient rarement. Rien ne me paraissait correct, j’étais même prise de frayeur par moments, mais ma volonté m’avait désormais échappé.
Lorsque nous arrivâmes au bout de cette valse épuisante, l’étrangère me conduisit enfin à l’écart. J’ai le souvenir d’une vaste chambre aux rideaux pourpres et d’une obscurité, une immense ombre qui étouffait tout.

- Tu n’as jamais connu l’amour, n’est-ce pas… Tu penses que ton cœur s’est donné à moi ma chérie, mais tu n’as pas encore succombé à l’étreinte de l’amour ; tu ne connais pas son baiser, tu ignores tout de ce qu’il est. Et tu veux le connaître. Je vais te l’apprendre.

Je ne sais si je le voulais réellement. Et s’il ne faut point de doute que j’acquiesçais par la suite à chacune de ses affirmations avec de drôles de soupirs, aucune confirmation ne me fut demandée pour ce qui suivit. Je ressentis deux aiguilles douloureuses s’enfoncer dans mon cou, et poussait un cri d’épouvante étouffé. Ce fut long, pénible et terrifiant, puis à mesure que le temps s’écoulait (cela prit il plusieurs instants ? Plusieurs heures?) et que ma vitalité se vidait, le malaise s’éloigna, alors que je m’enfonçais dans une faiblesse langoureuse que je ne refusais plus. Un chuchotement définitif siffla dans mes oreilles et s’infiltra dans mon âme.

-Désormais tu aimeras toujours… Comme je t’ai aimé. Tu ne quitteras plus le nom que je t’ai offert : Mircalla.

Plus rien ensuite, juste une sensation d’immense vertige, de chute dans les abysses… Je ne me souviens pas de mon réveil non plus, mais il n’importe car j’étais de retour chez les vivants et la seule à avoir pour souvenir cette mésaventure, les jours se refirent comme ils avaient toujours été. J’étais Dame et Comtesse Bathory… du moins à leurs yeux.

Les années suivantes se résument pour moi en un long cauchemar, une interminable maladie. Malade, constamment malade, j’alternai entre le spleen, ces périodes de faiblesse et de vertige comme si le monde n’avait plus de plafond, et les crises de nerfs. Lors de celles-ci, mon humeur déjà exécrable auparavant atteignait l’ignoble, ou j’étais soudainement hantées par des images d’une violence inouïe, le sommeil pourri par des cauchemars sanglants et déments ; je voulais faire du mal à autrui, emporter le monde entier avec mon tourment. Fragile, je gardais le lit de nombreux jours et y faisait transmettre mes ordres, dirigeant la maison jusqu’au bout. Aucun médecin, aucun prêtre, aucun remède ou drogue venu des quatre coins de l’orient ne savait soulager mon mal. J’ignore comment dans ces conditions je parvins à donner vie à des marmots, enfin. Ma vitalité ne semblait s’être altérée que dans mes traits : je ne manquais pas de force, ni de santé… pourtant cette maladie inconnue me retirait toute couleur, me faisait nauséeuse, faible, sujette à vertige… Le monde m’intéressait de moins en moins, bien que ces fichus turcs continuent leur raids avec brutalité, incendiant les villes alentours, obtenant victoires puis défaites et recommençant… J’approchais ainsi la quarantaine plus acariâtre et médiocre que jamais, mon envie d’arriver rapidement à la mort étant lue facilement dans mon entourage. Parmi les victimes de mes sales humeurs, les serviteurs étaient bien sûrs en première ligne. De nombreuses jeunes filles, comme cela se faisait en ce temps, venaient comme servantes dans mon château, attirées tant par le salaire élevé que l’éducation du métier enseignée sur le tas. Gare à celles qui croisaient ma colère donc… un jour qui fut l’exemple parfait, je frappais une empotée qui avait raté sa tâche et ma main heurtait accidentellement son nez. Je fus surprise par la force du coup ainsi que le sang qui collait ma main.

Cette vision me plongea dans une furie épouvantable : saisie par une soif toute nouvelle, je massacrais la pauvre femme à coup de poing, jusqu’à fendre sa tête, réduire son visage en bouillie et verser grande quantités de sang que j’avalais aussitôt. Je me désaltérai jusqu’à m’asperger le visage entier. Je me regardais dans un miroir : loin de m’horrifier, il y avait bien longtemp+s que je ne m’étais pas trouvé aussi belle.
Étancher ma soif fut ma seule préoccupation dés lors. Il me fallait me débarrasser des corps obligatoirement c’est pourquoi j’accourrais à mes serviteurs. A cette époque là, une dame de la haute noblesse disposait d’autant de privilèges qu’une divinité, ces idiots terrifiés ne furent donc pas difficiles à convaincre ; par la suite, complices de mes frasques par le fait accompli, ils n’en seraient que plus convaincus !
Les servantes défilaient. Je les tuais toujours rapidement, me régalais de leur sang chéri, puis cherchais des remplaçantes. Une stratégie imparable pour tarir le flot de ma soif était de répondre positivement à toutes les candidatures et de les ajourner dans l’ordre qui m’arrangeai, quitte à faire patienter des mois. J’accueillais ces petites anges pour les finir en quelques jours quand ce n’était pas le soir même, avatar barbare du sultan de Shéhérazade. Ma gourmandise ne s’étanchait pas, mais je savais me faire à mesure plus gourmette : le sang en bouteille, le sang en sauce, les infusions de sang, les pommades de sang, enfin les bains de sang ! A ce propos je découvrais que celui des vierges m’attirait considérablement plus que celui de toutes autres, ainsi à l’apogée de mes beuveries gothiques aurais-je élu les bains de sang de vierges comme mes festins favoris.
Les victimes étaient sans fin, et moi me sentais mieux. J’avais au quotidien bonne mine, de bonnes couleurs, une santé parfaite… Et enfin une beauté vivace, splendide - je ne voyais même plus mes rides pendant quelques minutes ! - mais il est vrai que les têtes effrayantes que je projetais dans les miroirs étaient aux antipodes du raffinement…

J’avais certes l’air d’une sotte d’esprit, mais je me distinguais bien d’une vulgaire goule par ma petite touche soignée. Ainsi notais-je dans un carnet tout mes souvenirs à l’encre noir, et chacune de mes victimes depuis la toute première s’y retrouvait, elles et tous les détails croustillants qui les avaient accompagné ! Cet étalage secret de crimes tous plus blasphématoires me ravissait, moi qui était péniblement forcée de me faire discrète !



Histoire suite (supprimer du premier post la partie "A propos de vous") :
Carmilla
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Dim 9 Déc - 0:44
J'annonce renoncer à la fiche. Le motif est que j'ai toujours senti que j'étais incapable de faire un servant à cause des pouvoirs et NP qui demandent assez d'imagination et de compréhension du système du forum (que j'ai lu et relu mais que j'oublie toujours et renonce alors souvent à reprendre il est vrai) ; bien que je sois content qu'on ne m'ait pas critiqué là où je craignais, mes vieux doute ont été confirmé car les rares idées de compétences que j'ai trouvé ne collent visiblement pas ; je lâche l'éponge puisque je serais trop fatigué pour les balourdes corrections à venir, ou en d'autres mots totalement incapable (troisième fiche, l'idée de troisième correction me rendait déjà assez nerveux) mea culpa, ceci n'était ni l'oeuvre d'une colère mesquine ni une critique déguisée
Carmilla
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Dim 9 Déc - 0:50
C'est noté.

Ne sois pas trop dur avec toi-même, ce n'est pas un concours ! Prends le temps de te poser, ça te reviendra peut-être plus tard. En attendant j'archive la fiche comme tu le demandes, mais au besoin n'hésite pas à contacter le staff et on la ressortira.

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Mad Dog Maddie
Maddison
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Ven 28 Déc - 12:02
Fiche sortie de la tombe et cercueil rouvert à la demande du membre.
Mad Dog Maddie
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Ven 28 Déc - 12:14

HISTOIRE (SUITE)




II  Les Errances : Mircalla



1 La Comtesse Sanglante 


Discrète, ah discrète… Quels beaux mots. Qu’était-ce que discrète en mon temps quand on a mon titre et mon rang ? De ne pas tuer sous les yeux des juges assurément. Les massacres perduraient dans l’enceinte de mon château tandis que les rumeurs se déversaient dans les campagnes… Les disparitions inexpliquées faisaient naître les racontars les plus épouvantables, dont aucun n’était proche d’égaler la vérité ! Cependant que la cupidité continuait à entretenir le flot de mes nouvelles serviteur propre et presque aussi régulier. J’avais des amis à la cour du Saint Empire, qui savaient remettre dans le droit chemin les oreilles puissants trop bienveillantes envers ces racontars.
Cela m’eut sauvé si je n’avais oublié un seul mot, dans ma grande naïveté : la Religion.


Le seul homme de justice qui feignit s’intéresser à ces affaires de disparition était un pasteur que la postérité a reconnu comme Istvan Magyari. Ses doléances furent curieusement ignorées par l’autorité royale, jusqu’à ce qu’intervint la mort de mon époux. Là le Grand Palatin me parvint à la tête d’une enquête, en la personne de l’imbuvable György Thurzó.
La torture n’eut aucun effet sur moi autre que montrer ma résistance surhumaine aux divers essais. Celle de mes serviteurs eu plus de résultats : ceux-ci avouèrent différents secrets horribles dans lesquels je les avais traîné. Les fouilles permirent de trouver quelques restes de mes victimes. Mais sans ma parole, rien de ceci ne suffisait. L’arrivée soudaine de représentants de l’Église, se prétendant spécialistes de toutes les magies noires, modifia le jeux. Ils détectèrent d’office ma nature maléfique. Quelques autres tortures spécifiques d’une magie dite bénie révélèrent des tortures amplement plus efficaces. Je cédais et déliai ma langue, avouait la cachette de mon cahier. On était désormais en ordre de comptabiliser le nombre exact de mes infortunés repas. Quelques 620 pucelles des campagnes allaient précipiter ma chute. Celle-ci il faut dire tombait à pic : l’Empereur Matthias du Saint-Empire Germain et de la Maison des Habsbourg, avait quelques convoitises sur les terres, dont j’étais seul gouvernante depuis la mort encore récente de Ferenc Nadasdy, et quelques rancunes pour la tendance assumée de notre famille à être élue à sa place par les Grands aux charges les plus importantes de Hongrie.  


Je ne mentirai pas, l’objectif affiché de ces agents de l’Église était de me placer sur un bûcher. Mais aux révélations de sorcellerie, une certaine communauté que je ne connaissais alors pas et baignant dans la magie souhaitait éviter de telles divulgations à des peuples entiers. Avec le seul chef d’accusation de meurtrière de masse toutefois, la peine de mort était toujours incompatible avec mon statut. Même s’il bravait les lois de notre pays, ma condamnation résonnerait dans toute l’Europe et avec elle le scandale et la panique des gens de la haute extraction. De plus, tous mes amis hauts placés jouaient de leur influence pour mettre des bâtons dans les roues de mon ennemi en répandant des doutes à propos de mon sort, tandis que j’attendais ma peine cloitrée dans un salon : cette condamnation était trop hasardeuse pour ne pas être un complot de l’Empereur Matthias, quoi de meilleur pour s’emparer de mes terres et bien que de trouver un prétexte pour me confisquer en effet ! Et qui pouvait croire en ces farces parlant de centaines de victimes, parait-il même d’actes occultes, c’était trop énorme pour être vrai ! D’ailleurs tout le monde savait comme était la Comtesse Elsebet Bathory, une femme aussi digne incapable de tels actes, engagée dans la protection des pauvres, blabla… Ironiquement ces arguments étaient les même que ceux quelques siècles plus tard qui me feraient absoudre de mes crimes par les historiens, convaincus de mon innocence au nom du réalisme – un traitement semblable à celui de Gilles de Ray, condamné et défendu pour les mêmes raisons et aussi innocent que moi.
Mais sur le moment, Matthias de Habsbourg me rendit visite personnellement pour convenir d’une sortie. Je pu le voir m’assurer ceci : ma condamnation à mort serait commuée en exil, en échange de quoi j’admettrai publiquement ma culpabilité, tous mes serviteurs coupables de complicité recevraient les peines appropriées et une partie de mes terres et mes biens seraient confisqués au profit de la couronne. Le dit exil durerait tant que la Dynastie Habsbourg serait installée dans mon territoire, et afin de s’assurer que je respecte ma parole l’Empereur conserverait mon carnet intime : si un jour je trahissais ma parole il n’aurait qu’à l’envoyer à l’Église et je serais traquée jusqu’à la mort où que je sois. Euphorique de survivre, j’acceptais sans attendre. Il ne restait plus qu’à masquer ma peine réelle pour les convenances : on raconta que j’étais murée dans mon château de Cachtice, une peine acceptable qui calma ces courtisans ; personne n’étant pour vérifier on y cru sans peine. Une année ou deux d’après on annonça ma mort, ce qui simplifiait encore le camouflage.  
Pendant ce temps j’étais ailleurs, avec un manteau, quelques robes et un peu d’argent pour un exil perpétuel. Je fus autorisée à faire un testament qui départageai mes héritiers. Puis je parti, sans rien sauf ma chère vie.




2 La Comtesse de Karnstein




Je vivotais dans le périmètre qui m’était alloué pour mon exil, décidément morte, puisque privée de mon nom et de mes droits de vivante. Je voyageais en Suisse, au nord de la péninsule italienne, en France et en Angleterre. De village en village, je logeais de nuit dans les fermes de toutes les âmes bienfaisantes ou éblouie par mon charme, quand ce n’était pas par l’hypnose ; je me nourrissais de nuit, attaquant dans leurs sommeil des paysannes du voisinage. Je faisais escale dans les grandes villes, plus discrète à ces moments, bien que les disparitions y soient plus fréquentes et les camouflages aussi aisés.
Ces longues années de pérégrination, j’apprenais à parler couramment la langue de Molière et Shakespeare, mes contemporains. Je faisais la rencontre de nombre personnalités de marque. De nombre de jeunes filles charmantes. J’avais appris dans l’austérité de l’exil à mieux contenir mes appétits irraisonnés, et comme quand on n’est plus Comtesse des Carpates on n’arrive pas à attirer des myriades de femmes pour un poste de servante, on apprend la diplomatie.
La diplomatie, c’est ce qu’il me manquait. Tout comme la séduction. Elisabeth avait été une toute puissante orgueilleuse de ses droits, Mircalla était une faible qui s’armait de ruses et patience pour piéger le gibier. Je devenais une meilleure chasseuse, j’apprenais la notion d’appât, et à user du mensonge fréquemment. Mais je su aussi faire évoluer mes pouvoirs : je les contrôlais mieux, j’apprenais à me servir de cette hypnose que j’utilisais déjà sur mes servantes, et même à créer de petits sortilèges.


Les saisons se succédaient. L’Empire Habsbourg se vit décapiter par les français qui remplacèrent son héritier à la couronne par l’un des leurs d’Espagne et encouragèrent la sécession des Bas-Bas. Cette défaite infligée par le Roi Soleil changea mon vieux pays en une province de ce qu’on appela l’Empire d’Autriche.
De mon côté, c’est vers cette période que j’oubliais ma parole donnée, à mesure que je recommençai à me languir de mon titre et mes anciens privilèges. Le teigneux Empereur Matthias était mort depuis fort longtemps et moi même était oubliée du peuple, rendant caduque bien des choses. Je me dis que le moment était approprié pour mon retour.
Avant tout il me fallut passer à la cour royale de Hongrie. Je rencontrai puis m’offrit l’amitié de courtisans et administrateurs divers, patiemment, et usant d’hypnose pour avancer les choses lorsqu’il fallait. Je pu me rendre assez familière de tous ces gardiens du temple pour mener une enquête qui me guida jusque dans les appartements de l’Empereur d’Autriche ; je passe sous ellipse cette petite aventure mais je su remettre la main sur mon vieux carnet, encore intact, et effacer la mémoire de ceux qu’il fallait.
Dans un second temps, je façonnais tout un nouveau passé. Je choisissais le lieu où je comptais retrouver mon rôle de Comtesse : la Styrie, province voisine de celle où j’avais régné autrefois, dans la partie extrême-orientale de l’Autriche, me convenait. Il y avait là une famille de Comte un peu appauvris, les Karnstein. C’est en leur rendant visite sous une nouvelle fausse identité, que je pu m’introduire, les charmer, puis lâcher la pseudo révélation que j’étais une cousine éloignée. L’hypnose bien entendu m’aidait… et puis mes amis de la cour aussi. Quelques années plus tard cette encombrante famille disparu, raconte-t-on, dans une étrange épidémie locale de peste, et je me retrouvai seule héritière des Karnstein. Toutefois, alors qu’à l’extérieur plus personne ne voyait les Karnstein conviés nul part – à mon exception - les gens du pays eux pouvaient jurer de voir sur la terrasse ou par les fenêtres du grand château mes parents les observer. J’avais trouvé bien plus commode de répondre mon mal dans l’âme de ces misérables gens, ainsi je fis de tous les Karnstein mes sujets, mes premiers serviteurs par vampirisme – ou houpirisme comme l’on disait. Outre me servir du thé et exécuter les sales tâches, ils pouvaient m’être fort utiles par leur statut et leurs souvenirs.


C’est ainsi que reprit mon activité de Comtesse. Le bonheur de gouverner ses sujets, d’être l’invitée de marque de grands salons, d’être en bout de table aux banquets… De voir plein de monde, enfin. Ce furent des années d’ivresse. Avec le goût de la gloire et la richesse, revint aussi le goût du sang coulant à flot comme du vin bon marché. Une fois bien installé je hantais mes terres, sortait de nuit et reprenait les massacres. Comme autrefois Bathory, Mircalla fut une comtesse maudite, sur laquelle les paysans sans défense répandaient les rumeurs inutiles d’une comtesse vampire assassine qui régnait sur eux.
Toutefois, ces paysans plus proches du germain que du slave, ne se laissèrent pas autant abuser que mes sujets un siècle plus tôt. Les années passant, ils rassemblèrent leur courage, faux et torches, et oubliant tout respect qui était dû à mon titre, commirent l’abomination d’assiéger mon château. Je répondit à cet acte sacrilège par un massacre épouvantable, mais ils n’en restèrent pas là. Quelques années plus tard ils firent appel à un spécialiste prétendu, un homme étrange de naissance noble venu de Moravie. Il semble qu’il avait quelques talents en les démons de mon espèce, et qu’il offrait ses services pour les éradiquer : ce n’était pas un homme d’Église, pas vraiment un homme de science, pas totalement un aventurier, mais tout à fait gentilhomme. Je n’oublierai pas son nom : Vordenbourg (car de souvenir il ne consentit point à me donner son prénom). Il commença par me ruser en se présentant comme un invité chez moi. Là il profita sournoisement de mon gît et couvert pour percer tous les secrets et les cachettes de ma demeure.
Ses connaissances ésotériques et magiques suffirent à donner aux villageois les moyens de me déchoir. Tous les Karnstein furent massacrés… Vordenbourg me traqua à travers le château, et me blessa jusqu’à ce que je fus hors de combat – si l’on peut dire cela, moi même répugnant encore à me défendre de mes bras. Mais à ma surprise, ce jeune homme sur qui mes charmes étaient normalement inefficients n’osa point m’achever. Ce drôle de sorcier se résolu à me lancer un sort qui m’enferma dans un cercueil, me reliant à lui à jamais ; incapable d’ôter ma demi-vie, il m’enterra en contrebas, après que le château eu été incendiée et saccagée par mes sujets.


Ce fut bien la seule fois que l’amour d’un homme me sauva. Mais Monsieur de Vordenbourg ne s’en arrêta point là : craignant que mes restes prétendus fussent sortis du tombeau et impitoyablement détruits, il feignit de leur rendre visite quelques temps plus tard ; il déplaça ma dépouille dans les ruines de ma forteresse styrienne où il battit un tombeau dans lequel il glissa mon cercueil, à un emplacement secret introuvable de tous. Je demeurai inviolée pendant fort longtemps, mais les années passant le sortilège faiblissait. Je parvins à forcer un jour la pierre où j’étais scellée, ignorant si mon geôlier était encore en vie ni ce qu’il était devenu. Mais lorsque je m’éloignais trop longuement de mon cercueil, des restes de magie continuaient à agir et je fatiguai. Je du donc me résoudre à dormir plusieurs heures de mes journées dans cette pièce de vieux bois, que j’emportai avec moi.









3 Une Seconde Mort qui retrouve la Première





Je ne restai pas seule longtemps dans ce nouvel exil. Sur le chemin d’un lieu éloigné, je rencontrai une bien vieille connaissance. Je vous laisse décider de s’il s’agit d’un sentier, d’une auberge ou d’un jardin, car le décor importe peu. Mais cette voix qui avait glacé nombre de songes, ce souffle sinistre, me surgirent comme un souvenir d’enfance précieux englouti dans les ténèbres.


«  - Ma Fille, cela faisait si longtemps depuis cette fois là ! »


C’était bien elle, cette visiteuse d’antan, cette créature de la nuit qui avait enfoncé dans mon existence un clou épais comme une montagne.


«  - Une odeur m’a appelé alors même que j’étais une région voisine de cette contrée, poursuivit-elle. Je me doutais fort bien qu’il ne pusse s’agir que de vous, vous dont je n’ai pas oublié l’odeur depuis si longtemps... mais est-ce que l’on appelle le sixième sens féminin, ou plutôt la magie noire ?
«  - Cela faisait en effet longtemps ma Mère, lui répondis-je avec une certaine désinvolture. Mais c’est étrange, dans ma mémoire vous me contiez que je serai votre Bien-Aimée, ou quelque chose tout comme.
«  - Ma très chère, si je devais rester liée par le serment à toutes celles à qui j’ai proféré ces mots, vous ne les auriez jamais entendu… Pour être un peu poétique la Mort vous a délivré immédiatement de notre union. Mais c’est à travers elle, en restant encore debout dans votre trépas, que vous avez rejoint mes filles. Vous êtes le démon que j’ai mit au monde, ahah !


Alors que nous conversions, une humeur assez piquante et sarcastique m’envahissait. Je n’avais au fond de moi guère de sympathie pour les sorcières qui m’avaient prises comme un pantin, quoi que je fus, mais j’en avais moins encore pour cette décharge de condescendance matrimoniale.
«  - J’ai là un mauvais pressentiment… répliquais-je. vous parlez de moi comme si j’étais une fille n’ayant point quitté le giron familial…
«  - … Et c’est exactement ça !
«  - … Des siècles après ce miel empoisonné, vous êtes donc venue me retrouver pour réclamer votre autorité prétendue, Maman ?
«  - Tant de froideur pour une si innocente chose. Je ne fais preuve d’aucune cruauté envers vous. Mais ce ne sont que les règles de ce monde… Pendant bien longtemps je ressenti que vous parferiez votre chrysalide, que surgirait un merveilleux papillon. Vous avez échappé à la punition Divine ou aux chasseurs tout ce temps, je ne regrette point d’avoir porté mon intérêt sur vous. A présent je suis venu pour achever votre conversion au Monde de la Nuit.
«  - Et vous obéir ?
«  - Bien entendu. Ainsi sont nos Lois ma chérie. Je vous ai donné votre forme actuelle, vous êtes issue de mon sang, vous êtes vouée à m’obéir.
«  - Vous êtes par trop optimiste… La Comtesse à qui vous parlez ne se soumettra certainement pas à une petite dame aux origines inconnues.
«  - Ce titre n’appartient plus qu’au passé, vous êtes morte dés que j’ai bue votre âme. En ce monde plus aucun de ces titres n’a de valeur, seul la valeur du sang et des crocs décide de votre place. Et vous êtes Mircalla, ma progéniture.
«  - Je suis morte à plusieurs reprises, mais croyez Maman, que tant que j’aurais un souffle je serai la Comtesse de Mircalla, et rien d’autre.
«  - Vous vous perdez dans les illusions ma Fille. J’ai pouvoir de décision sur vous, et je puis vous le prouver si vous ne vous y pliez de bonne volonté.
«  - Il serait idiot de croire que je vous obéirai de ma propre volonté. Vous n’êtes pas digne de me commander.
«  - Alors vous apprendrez à m’obéir sans faire ces moues idiotes. Un long chemin nous attend… Bref, c’est un bonheur que de vous retrouver ma bonne Mircalla.
«  - C’est un honneur, à défaut d’un plaisir que de vous avoir retrouvé, Maman.




Comme elle l’avait déclaré, ma nouvelle Mère obtint mon obéissance, du moins tacite, que j’appliquai comme je l’avais promis à contrecœur. Toujours moqueuse, froide, voir acérée, je me pliai à ses rares ordres sans jamais oublier un mot sarcastique ou une pique de quelque sorte. Passé l’admiration, nous étions venus à un mépris insinueux, puis cordial.
Je n’avais évidemment aucune déférence envers une aussi prétentieuse matriarche. Mais elle de son côté ne s’arrêtait pas à mon obéissance, c’était ma puissance et mon envergure qu’elle abhorrait. Elle devait redouter qu’une sujette comme moi ne se révolte un jour. A raison, car c’est son nom qui de nous deux serait effacé par le temps jusqu’à être aussi anonyme qu’un des millions de flocons de neige qui tombent dans une prairie en hiver.


Je suivis ainsi Mère dans ses pérégrinations, devenant la demoiselle d’honneur d’un cortège entier de serviteurs inquiétants qui ne la quittait pas. Pour elle comme pour moi, il ne s’agissait que de se nourrir pour vivre et cacher ses méfaits : en titre de maitresse elle recevait la part d’honneur et nous offrait les restes. En dépit de sa méfiance toutefois, elle consentait à m’apprendre quelques unes de ses magies


*
Les temps filait encore et toujours. L’Autriche avait épousé la France à travers la princesse Marie-Antoinette, puis les deux pays étaient redevenus ennemis jurés après qu’elle fut décapité avec son faible époux. Les autrichiens entrèrent profondément chez les français, puis reculèrent et se calfeutrèrent chez eux. Napoléon Bonaparte les y rejoignit des années plus tard, puis l’Ogre les avala. Il les recracha ensuite mais notre royaume était transformé à jamais, éclipsé par les prussiens.


Mais en attendant, j’avais besoin de plus que de simples coupes de vinasse de mauvaise qualité bues avec empressement, il me fallait des grands crus, du sang noble, dégusté comme tel, lentement, savoureusement, et respirer bien profondément après. Avec Maman nous convînmes donc d’un stratagème ; des moments où je serais introduite au sein de familles possédant une jeune fille attirante à mes pupilles et mes goûts pendant une petite période - un prétexte de plus pour nous éloigner l’une de l’autre quelques semaines. Il fallait aller à la rencontre du gratin du peuple en quelque ville, par exemple dans un bal, ou un salon, sous une fausse identité et doté d’une fausse histoire, qui saurait convaincre quelque père ou mère de me conserver dans sa demeure ou domaine – mes préférés étaient à ce propos les châteaux – pour une période limitée. Nous prétextions souvent quelque maladie ou état de faiblesse qui justifiait qu’on, prenne fort soin de moi et sensibiliser les malheureux abusés. Ensuite, ma Mère me laissait entre leurs mains : les règles de socialisation de ce temps me conduisaient à passer du temps avec les femmes de mon âge, ce qui m’amenait naturellement à devenir amie avec la fille du gentilhomme/châtelain/et autre bourgeois. Il fallait qu’elle soit fort belle et douce pour que je choisisse ma proie, j’avoue avoir eu en tout temps une large préférence pour les ingénues… mais qu’importe, tout tournait au jeu de charme et lorsque mon coeur battait furieusement, je me glissais de nuit au chevet de ma proie, goûtant à l’extase de son amour sous ma mâchoire. Ces sursauts de passion qui troublaient et chaviraient mon coeur était au début difficile à maîtriser. Il fallait au mieux quelques jours pour que l’infortunée jeune fille ne périsse, vidée successivement de son sang. Les années toutefois, défilaient, ainsi que les pays, puis les décennies, et je découvrais comme je changeais.
Il me fallait des histoires plus longues. Boire plus longtemps, mais aussi aimer plus longtemps, discuter plus longtemps… profiter. Il fallait pour cela résister à cet appétit stupide qui me caractérisait, pour trouver un plaisir plus étalé, et aussi une finesse d’esprit plus aiguë. Je constate la distance entre la Comtesse de Bathory et Mircalla, celle d’autrefois qui dévorait toute illuminée comme un soudard, cette mégère intelligente aux crises de folies débiles, et celle de maintenant qui forte de son expérience et sa patience séduit par sa délicatesse et ses qualités humaines autant que sa beauté, sans le secours d’aucun titre. Vivre comme une gueuse m’avait enseigné autant que de devoir apprendre à « cuisiner » moi même. J’étais devenue gourmette, aimante de mets raffinés. Mais je crois que j’étais aussi de plus en plus enivrée par le sentiment de l’amour, et aussi de plus en plus familière… J’apprenais à la déchiffrer, au fil des belles expériences se suivant. J’ai connu maints et maints visages, et ai fait sorte d’oublier tous les précédents pour me concentrer sur celui présent… mais ce n’était pas par mépris envers le sentiment, tout au contraire.
Carmilla
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Lun 7 Jan - 19:36

HISTOIRE (SUITE)




III  Trois Morts et Quatre Renaissances




1 Le Début de la Fin : Bertha (Millarca)

Parmi ces fêtes porteuses de belles histoires dont nous étions coutumières, nous en trouvâmes une qui se célébrait en Styrie, non loin de mon ancien domaine des Karnstein. Elle se déroulait dans le château d’un certain comte de Carlsfield, qui recevait comme invité le Grand-Duc Alexandre (II) de Russie de passage exceptionnel dans la région. L’occasion de trouver notre bonheur parmi les foules de convives. Le parfum des jeunes femmes présentes m’enivrait, Ce fut à coup sûr l’une des plus belles réceptions de ces dernières années : le château était vaste et non sans luxe, rempli par le gratin de l’aristocratie, éclairé dans toutes les pièces par un splendide orchestre. Après le feu d’artifice, un énorme bal masqué fut donné. « Maman » et moi y portions des masques, comme la plupart des invités, lorsque  la Fortune me sourit : je remarquai une convive de dix-huit ans qui ne portait pas de masque, dévoilant à tous les yeux son incroyable beauté. Cette fille Maman connaissait son père, un certain colonel Spieldorf, homme sans beaucoup d’importance qui ne m’intéressait guère tant depuis le balcon j’étais absorbée par cette jouvencelle.

J’avais fait mon choix. Nous nous approchâmes de cette délicieuse humaine, avec qui j’engageai la conversation. Mes pouvoirs autant que mon charme naturel agissant, elle était déjà aussi folle de moi que je l’étais. Bien que mon regard dévorant sur sa fille avait le risque de troubler Herr Spieldorf, je poursuivais sans me déranger. Elle se nommait Bertha, était sans mère, fillette solitaire dans le château de son père au milieu de la campagne styrienne qui devait fort s’ennuyer. La proie idéale. De mon côté, je me présentais sous le prénom de Millarca.
Derrière, j’entendais Maman s’adresser au Colonel, déployant de menues ruses pour le convaincre de me garder. Elle lui racontait certains souvenirs datant d’une trentaine d’années, tout en refusant de retirer son masque de soirée pour qu’il la reconnaisse.

« – Et qui vous dit que la vue de mon visage vous serait de quelque secours ?
« – J’en accepte le risque sans la moindre appréhension. Il est inutile d’essayer de vous faire passer pour une vieille femme : votre tournure vous trahit.
« – Il n’en reste pas moins que plusieurs années ont passé depuis que je vous ai vu, ou, plutôt, depuis que vous m’avez vue (car c’est sur ce plan que je me place). Millarca que voici est ma fille. Je ne saurais donc être jeune, même aux yeux des gens auxquels le temps a appris l’indulgence ; et il pourrait fort bien me déplaire d’être comparée à l’image que vous gardez de moi. Vous n’avez pas de masque à ôter : vous ne pouvez donc rien m’offrir en échange.

Ainsi jouait-elle. Et ce manège fini par marcher, car le colonel cru à son histoire de voyage de plusieurs mois et d’impossibilité pour elle de m’y amener. Ainsi accepta-t-il de me loger, d’autant plus que sa chère fille l’y pressait. Maman poursuivit sa route de son côté, attendant que je l’eu rejoint après mon repas.

Une fois arrivée dans le château de l’officier prussien et installée dans la chambre qu’on m’y alloua, laissez moi vous décrire mes tactiques classiques en ces conditions. Je laissais la porte fermée à double tour toute la nuit, prétextant envers mes hôtes une peur panique des voleurs. En vérité j’attendais la pleine lune, et là je sortais par la fenêtre grâce à mon habileté d’enfant de la nuit ; je me promenai dehors, étanchant ma soif nocturne en égorgeant l’une ou l’autre paysanne des parages. Lorsque l’aube pointai je retournai dans ma chambre, et prenait quelques heures de repos dans mon cercueil sans risque d’être importunée. Je me levai vers dix heures, voir midi, pleinement repue de sommeil. Dés lors je passai la journée avec mes hôtes, particulièrement la douce Bertha. Nous ne nous séparions pas, discutions, bavassions, nous promenions (j’évitai de trop me mettre au soleil que je n’appréciai guère) buvions du chocolat… Ces journées interminables avaient un goût exquis de noisettes ou de cerises. Je prétextai souvent d’une santé fragile pour expliquer mes fantaisies, telles le temps que je prenais pour me lever, ou mes humeurs changeantes. Il est vrai que j’éprouvai des passions féroces, lorsque mon coeur était étreint d’amour, et que je me retenai difficilement dans mes flirts. Il m’arrivait de lâcher des confessions d’amante comme une enfant maladroite, ou d’avoir des étreintes trop sérieuses ou intenses… mais j’étais Mircalla et cette passion était contagieuse, je savais bien de quelles sensations troublantes étaient prises mes douces lors de ces moments, et comme elles avaient ainsi plus de difficulté à juger mes puérilités.

Ces jours d’intense émotion je les savourai, longuement. Puis lorsque brûlante, je ne pouvais plus me retenir, je savourai des moments différents. C’était à Bertha que je rendais visite la nuit. Je couvai son cou de baisers, la privant d’un peu de sang. Je renouvelai chaque nuit, avec des baisers plus nombreux, plus intenses, et plus de sang. C’est ainsi que de jour en jour Bertha dépérissait, comme tant d’autres avant elle. Son père la croyait atteint d’un mal inconnu, d’une maladie incurable qui la rapprochait chaque jour du trépas, comme tant d’autres avant lui. Insoupçonnée, je faisais quitter sa vie à la jeune fille.

Du moins, me croyais-je insoupçonnée. Aucun médecin invité de jour n’étais d’un quelconque secours à la pauvre Bertha, maintenant incapable de se mouvoir. Il ne me restait plus qu’une nuit pour la priver de son dernier souffle. J’attendis impatiemment le milieu de la nuit, pour me faufiler à son chevet. Je prodiguai sur son cou le dernier baiser… ET VIS SURGIR DE DERRIÈRE SON LIT LE COLONEL SPIELDORF UNE HACHE A LA MAIN, caché depuis le début ! Cet infâme roquet venait de me tendre un traquenard. J’évitais le coup maladroit que le vieil homme me porta et m’échappait dans le couloir en profitant de sa chute. Mais c’était fait, il m’avait vu, penchée sur le cou de sa chère Bertha et aspirant son sang.

C’était la première fois en une interminable existence qu’un simple humain avait comprit ma nature sans la moindre aide… Du moins pensais-je, tandis que je fuyais la gigantesque demeure du vieux colonel et m’enfonçait dans la nature. Les humains misérables avaient su accumuler toujours plus d’indices, qui s’étaient transmis dans les superstitions, jusqu’à ce que des hommes de science s’appropriassent des connaissances appartenant aux ténèbres profondes. C’était l’un des soigneurs de Bertha, un vieux médecin de mauvaise réputation, qui avait fait part à Spieldorf de ses soupçons à l’égard de forces surnaturelles, après que les symptômes de sa fille eussent été exhaustivement décrits. Cette partie de la Styrie il faut dire, n’était qu’à quelques dizaines de lieues des vieilles ruines du château même où je régnai sous le nom de la Comtesse Mircalla de Karnstein. Mon souvenir s’était imprimé dans l’environnement, certaines croyances avaient su  rester intactes après plus d’un siècle jusque dans les esprits les plus rationnels. Je n’avais pas apprit la leçon de ma précédente déchéance – ni de celle infiniment lointaine qui l’avait devancé.

Face à ces mortels armés pour m’affronter, je battais la campagne jusqu’à trouver une cachette. Ma Mère mise au courant de mon désastreux échec, vint me chercher incognito. Bertha en tout cas, périt au cours de la nuit, alimentant le cœur du père en deuil d’une mortelle rancœur.

Il va sans dire que secourue, cet incident dégrada au plus haut point mes relations avec ma Mère de progéniture maléfique. Elles étaient déjà des plus médiocres, mais ce fut le coup de grâce. Nous devions fuir le plus loin possible à présent par ma seule faute.



2 La fin des haricots : Laura (Carmilla)


Nous fuyions la région en carriole pour aller fort loin. Maman m’avait convaincue de me laisser assommer de drogues magiques qui de sa concoction pour être tranquille durant tout le voyage. Mais notre chemin de retour nous força à bifurquer pas loin de ce qui n’était autre que l’ancien château des Karnstein, oui ce lieu plein de souvenir…  Le chemin contourna les ruines, et alors qu’il approchait d’un pont, notre attelage se trouva face à une énorme croix de pierre. Les chevaux paniquèrent, les roues firent une embardée et la chariot se retourna. Lorsque je me réveillai, j’étais entre les bras d’étrangers : maman avait mis à profit l’accident pour me laisser entre les bras d’un vieux châtelain, dont la petite forteresse s’élevait tout proche du lieu du sinistre, prétextant un voyage urgent. Elle avait s’était engagée à revenir me chercher dans un mois, après avoir obtenu du vieil homme qu’il m’offre gîte et couvert durant tout ce temps, mais n’avait pas donné une seule indication sur le lieu et les projets. Il n’était pas difficile de deviner qu’elle m’avait proprement abandonné !  
Entre embarras et soulagement, je retrouvai bien vite le calme intérieur… oui, car le châtelain, un vieil officier anglais à la retraite, avait pour fille une surprenante jeune demoiselle blonde… Que je connaissais ! En effet j’avais déjà rendue visite incognito à ce château, il y avait entre une et deux décennies de cela, pour y trouver une toute petite enfant enfermée dans sa chambre ; je l’avais hypnotisé afin de déguster cette petite friandise, mais elle avait hurlé de douleur lorsque mes dents s’étaient planté dans mon cou. Le souvenir avait été tel pour cette enfant que dés que nous nous vîmes de face, à dix neuf ans maintenant elle me reconnu, inchangée par le temps ! Par chance je su faire s’évanouir toute terreur par une histoire à dormir debout, et à présent cette jeune femme qui se prénommait Laura, se retrouva envers moi dans le même état de béatitude que toutes les précédentes. J’avais ma prochaine victime. Je me présentai cette fois à mes hôtes sous le pseudonyme de Carmilla.

Je ne saurais dire si c’est le trouble des tous récents désordres, ou un mûrissement tardif, mais je fus bien plus longue encore qu’avec Bertha précédemment. Mon coeur battait très fort pour Laura, plus que tout ce que j’avais connu, et comme j’avais tout le temps je ne me ménageai pas pour repousser la dégustation… Avant cela je la dévorai des yeux, du cœur et de toute mon âme mon hôte, creusait l’envie en moi jusqu’à ce qu’elle se change en torture. Laura était la fille d’un militaire veuf, encore une fois, et orpheline, une nouvelle fois ; son père avait servi les autrichiens, je suppose contre Napoléon, et en récompense de ses services avait reçu une rente importante , suffisamment pour acquérir un petit château (un Schloss comme nous les appelions alors). La mère de Laura, une beauté styrienne, avait périt de maladie lorsqu’elle était au berceau.
Passé ces futiles présentations, que de souvenirs doux, si doux… Nous nous promenions longuement dans le jardin de son château, nous prélassions sur des bancs : la fille de mon hôte était une petite ingénue, qui ne comprenait absolument pas ce que voulaient dire mes yeux passionnés lorsqu’ils la parcouraient. Elle ne comprenait même pas les mots doux dans ses oreilles pleins d’équivoque, les éclats langoureux de ma respiration dans ses bras, qu’une bonne sœur eu sans doute mieux traduit. Je m’amusai d’autant plus à faire naître les doutes en elle, alors qu’elle ne décelait aucun indice sur ma nature réelle.

Pendant ce temps là je n’oubliai pas de me nourrir. Chaque nuit, je fermai la porte de la chambre qu’on m’avait prêté dans le donjon, à double tour de l’intérieur : je prétextai la même peur panique des cambrioleurs suite à un traumatisme ; et lorsque tout le monde avait les yeux fermés sortais par la fenêtre et m’engouffrai dans l’obscurité. Battant la campagne, je reniflai, trouvai l’odeur des paysannes vierges, les vidait de leur sang en quelques jours ; alors je rentrai tranquillement dans ma chambre et m’enfouissais dans mon cercueil. Le lendemain au lever les flirts reprenaient. Les morts devenant régulières dans les terres jouxtant le domaine du vieux je fus forcé d’en aller aux faits.
J’en avais apprit des intéressantes durant mon séjour : la mère de Laura et épouse de l’officier anglais, descendait des Karnstein, soit de cette même lignée de comtes desquels je m’étais prétendu un peu plus d’un siècle plus tôt dans les débris non loin d’ici. L’ironie voulait qu’ils possèdent d’ailleurs un tableau de moi datant de 1698, nommé « Mircalla Comtesse de Karnstein » où ils s’écrièrent tant ma ressemblance avec cette « aieule » était impressionnante. Les domestiques, Mlle de Lafontaine, et Mme Perrodon étaient suisse et franco-prussienne : elles avaient cette extase pour le courant Romantique qui défrayait en Europe, et cette superstition propre des dames de salon, alertées par les romans gothiques qui les rabaissait au mysticisme de paysan fruste des croates et hongrois. Ce lieu plein de familiarité voyait maintenant Laura dépérir, je lui prenais chaque nuit un peu plus de son sang. Des nuits nombreuses, me laissant tout le temps. Elle perdait force et couleur, ainsi que joie, hantée par ce qui était appelé «  le mal de la région » - le Diable voulu qu’on confonde mes victimes régulièrement enterrées avec les preuves d’une épidémie. Nuit après nuit, je lui rendais visite, j’étais à son chevet, la couvrant de morsures et de baisers mortels, ne lui laissant que les souvenirs de cauchemars échevelés.

« Parfois, je sentais une main glisser lentement sur ma joue et sur mon cou. Parfois encore, des lèvres brûlantes couvraient mon visage de baisers qui se faisaient plus appuyés et plus amoureux à mesure qu’ils atteignaient ma gorge où se fixait leur caresse. Les battements de mon cœur s’accéléraient ; je respirais plus vite et plus profondément. Puis survenait une crise de sanglots qui me donnait une sensation d’étranglement et se transformait enfin en une convulsion effroyable au cours de laquelle je perdais l’usage de mes sens. »

- Laura


Elle, bien que sentant la vie l’abandonnait, se complaisait dans ce mal, car il était composé en partie d’amour envers moi que je lui attribuai à travers mes morsures. Elle était toujours davantage mienne, et davantage sienne de la Mort : que de délectations dans l’attente qu’enfin cette insubmersible se déclarerait à moi !

Un soir  je commis une gaffe, la dernière grande. Je prolongeai trop le temps que je passais avec ma petite chérie, jusqu’à ce qu’enfin un terrible cauchemar la réveilla. Elle me surprit aussitôt, couverte de son sang de la tête aux pieds ! Son terrible cri me força, une nouvelle fois, à m’engouffrer dans la brume et fuir sans ouvrir la porte. Cédant à la panique, je m’enfuis en dehors du château et courait dehors. La famille partant à ma recherche et me trouvant, elle enfonça bien entendu ma porte… et y trouva ma chambre complètement vide. Je revins discrètement à l’aube. On m’accueillit avec grande joie, et à force de mensonges je fini par convaincre son père de trouver par lui même la réponse suivante : j’avais eu une crise de somnambulisme. Le domaine retrouva sa tranquillité sereine… que je croyais. Car on m’avertis que monsieur de … avait reçu une invitation soudaine d’un vieil ami. Celui-ci avait perdu tout récemment sa jeune fille d’une maladie inconnue.

Curieusement, le rendez-vous fixé avait lieu non loin de l’ancien château des Karnstein qui m’en vit l’administratrice. Secrètement méfiante, je m’arrangeai pour arriver parmi les dernières à ce rendez-vous, m’y rendais avec Mlle de Lafontaine et les autres serviteurs restée en arrière. Mon mauvais pressentiment s’accroissait à mesure que le chemin nous amenait à l’intérieur des ruines, puis jusqu’à la crypte où j’étais autrefois supposée enterrée… Là je rencontrai entre Laura et mon hôte notre invité, qui n’était autre que… le Colonel Spieldorf !! Celui-ci fut aussi surpris et horrifié que moi de nous revoir. Mais en un instant il se saisit d’une énorme hache de bûcheron qui traînait là (je ne sais comment!) et se jeta vers moi avec un prodigieux cri de rage. J’évitais facilement cette décharge et me saisit du bras du Colonel, le forçant à lâcher son arme en serrant un tout petit peu mes doigts minuscules (voir pouvoirs). Mais il était trop tard, j’étais dénoncée aux yeux de tous…
Je compris facilement tout ce qui s’était manigancé, ce maudit Spieldorf qui était en fait un vieil ami du père de Laura, il était certainement allé lui raconter la mésaventure de sa fille quand il avait cessé de me chercher ! Maintenant tout concordait, il n’était guère difficile de comparer le mal de Laura pour conclure la vérité.

Pour la première fois, j’avais été déjouée. Je fuyais pour ma vie à travers nature, mais mon cœur était broyé. Laura et cet échec me hantait, qu’il était frustrant de ne pas lui offrir une mort qui nous réunirait… J’en versais quelque larme, car dans cette défaite je saisissais enfin l’importance des sentiments. C’est dans la première rupture que l’on apprend.  Amère, je faisais de maigres efforts pour survivre… Je devrais bien déposer mon cercueil quelque part pour dormir, au risque d’être surprise dans mon sommeil ; je n’avais pas oublié que l’endroit le plus sûr était dans la gueule du loup : dans le château des Karnstein, à la cachette secrète que m’avait conçu Vordenbourg plus d’un siècle plus tôt. Pariant sur ce bluff, j’attendais patiemment qu’il n’y ai âme qui vive pour me glisser comme un rat dans les ruines. Peut être aussi que j’espérerai au fond de moi que Laura me défendrait de son corps et son âme si l’on me retrouvait…
Quelle niaiseries guidèrent ma vie, et cette amoureuse finalement inexpérimentée que j’étais. J’eus à peine le temps d’ouvrir les yeux, une lumière aveuglante les déchirait par l’espace de mon couvercle de cercueil arraché. Je distinguai des silhouettes floues se détacher, ne m’empressant même pas de me débattre : une souffrance effroyable, aiguë, transperça ma poitrine. Une sorte de lance avait déchiré mon cœur en deux. Je lançais un cri que je voulais effroyable, mais il disparu en même temps que ma vie dans les ténèbres, dans de dernières vaines convulsions.

J’aurais pu, si j’avais été plus méfiante et un peu plus perspicace, deviner que Vordenbourg bien qu’il me sauva, était capable de changer d’avis avec le temps et la conscience. Arrivé à un âge très ancien, il en oublia cette amourette et fut terrorisé par l’héritage qu’il se préparait à laisser au monde. Il laissa donc des instructions à son descendant, comprenant les informations de l’emplacement secret de mon tombeau. Le colonel Spieldorf, dans sa folie de venger Bertha, mena de telles recherches qu’il en vint à trouver un descendant de Vordenbourg… C’est ce même personnage qui me passa la lance couverte d’au bénit dans le cœur.

Ainsi s’acheva une vie pathétique et quasi anonyme malgré toute son ampleur.






Epilogue : Dernière Naissance


Tout aurait pu s’arrêter là.
Plus jamais aucun être maléfique ne terrorisa la Styrie. Cependant l’Italie connaissait des révoltes contre la Maison des Habsbourg, et une fois de plus les français et leur nouveau Napoléon infligèrent une défaite fracassante aux autrichiens. Nos maîtres faiblissaient, tandis que nous les Magyars, les Hongrois, nous préparions à prendre notre à récuper la place qui nous était due.

Mais il s’avère que dix ans après mon trépas, Laura, ma dernière promise, établi une correspondance épistolaire avec un homme de science fort intéressé par le domaine de l’occulte et de la sorcellerie. Il s’avère que toujours aussi ingénue, elle ne s’était pas mariée depuis. Le Dr Hesselius recueilli durant plusieurs années le récit de son histoire, en fait de mon histoire, durant les quelques mois où nous nous fréquentâmes elle et moi. Marquée à jamais, elle avait retenu le moindre petit détail, et c’est ainsi que Laura et moi nous retrouvâmes au cœur d’un immense chapitre consacré aux forces occultes dans son ouvrage. Malheureusement Laura périt peu avant sa parution, et le livre eu un succès des plus insignifiants, frappé de censure et de calomnies. Seuls quelques esprits brillants en conservèrent le souvenir.

D’autres hivers défilèrent sur ma tombe. Les Prussiens de Bismark avaient infligé une nouvelle défaite cuisante aux Autrichiens ; l’Allemagne naissait, l’Empire d’Autriche était devenu la Autriche-Hongrie. Et mon histoire se répandit dans le monde. Un auteur irlandais, Sheridan le Fanu, s’était procuré le récit de Hesselius, et en coupant tous les passages scientifiques, su en tirer une nouvelle sulfureuse. Cette histoire d’amour fit grand bruit dans les salons anglais, et c’est ainsi que le vampire commença à acquérir une célébrité sur un large public… Vingt-trois ans après, un compatriote de le Fanu, Bram Stoker, s’inspira de lui pour son roman Dracula. Ma légende était scellée.

La Quatrième naissance ? Le Trône des Héros.




A PROPOS DE VOUS


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Expérience RP : Tetsu
Les animes/jeux Fate que vous connaissez : Tetsu
Comment avez-vous connu le forum ? Tetsu
Quelque chose à ajouter ? :nenni
Carmilla
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Sam 12 Jan - 18:09
J'ai oublié de confirmer par post : Fiche terminée

Par contre séparation entre post de la fiche et seconds et 3e posts d'histoire, désolé
Carmilla
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Dim 20 Jan - 20:22
Bonsoir a toi, prenant le relais sur ta fiche je viens faire le tout premier passage. Voyons donc ce que nous avons la.

Equipement: Je passe très rarement sur cette partie la habituellement, mais je dois te refuser ton moyen de régénération. Cela est digne d'un pouvoir et pas d'un simple équipement. Donc que tu aies un cercueil que tu aimes remplir de sang pour dormir d'accord mais il ne te refermera pas tes blessures.

Statistiques: Voici donc Carmilla un joli pokémon de type vampire... bon alors en lisant ton histoire et ce que le personnage est, les statistiques sont surestimées. Ne commence pas a râler de suite tu comprendras tout en lisant la suite. Ta force et ton endurance sont rang D, tu as un peu sous estimé ton agilité qui serait rang A. De plus ta magie est trop élevée, plutôt rang C ainsi que ta lck rang D.

Voila pour le tour d'horizon de tes statistiques, elles sont en effet identiques a celle de la version grand order, mais elles représentent parfaitement ce qu'est Carmilla et elle ne mérite ni plus ni moins.

Pouvoirs:

Ici cela se gâte contrairement a mon habitude ne je peux pas passer pouvoir par pouvoir puisque deux d'entre eux sont tout simplement hors de propos. J'ai lu ton propos sur Discord comme quoi tu ne connaissais pas les pouvoirs existants dans fate, mais cela ne te dispense pas d'aller lire la partie du règlement qui détaille tout cela et c'est surtout pas un argument valable pour que nous ayant plus de connaissances validions cela.

Donc tel quel, tu demandes un pouvoir hors de propos qui est une capacité de Dracula et non de Carmilla ainsi qu'un mélange de capacités qui sont déjà existantes. Pour pouvoir faire un vampire tel que tu as l'air de demander la liste correcte de pouvoirs est:

Innocent monster

Bloodsucking

Mystic Eyes of charm

Je noterais Bloodsucking rang C et Mystic eyes of charm rang A

Voici pour la partie sur les pouvoirs.

Je me dois ici de faire une petite précision sur certaines choses qu'il me semble que tu n'as pas compris. Avoir une attaque magique est un prérequis pour toucher un servant puisque ce dernier est un esprit, la moindre babiole qu'un servant peut matérialiser ou dématérialiser est magique, que l'objet soit un noble phantasm ou non, leur corps eux mêmes le sont.



Nobles phantasms:

La légende du chasseur nocturne[Anti unité- rang C - Actif]

Une transformation en la bête terrifiante qu'elle peut être comparé a la noble dame distinguée, un bon choix. Ce noble phantasm donc lui permet de prendre la forme d'une apôtre. Voila donc le remaniement que je te fais pour mieux coller:

Augmentation de la for et end au rang A.
Augmentation de bloodsucking rang A.
Régénération des blessures rang C.
Impossibilité de se servir des mystic eyes of charm
Impossibilité de rompre la transformation (sauf cs du master ou absence de personnes a mordre)

Le coût de maintiens est de 100 de mana par tour.

Je te retire l'augmentation de puissance des mystic eyes puisque tu ne peux plus charmer lorsque tu es entrain d'essayer d'assouvir ta soif de sang a tout prix et tes yeux te servant essentiellement a cela... Le comportement a la limite du berzerk que tu décris est la raison des limitations, Carmilla est la pour boire du sang et non pour jouer avec ses proies après tout Lalala

Ajout que je dois aussi te dire, sous cette forme tu es excessivement sensible aux dégats de la moindre attaque sainte, sort du domaine éponyme ou d'un artefact. Même une black key pourrait te tuer d'un coup selon le sceau usé, fait très attention a cela.

La Foudroyeuse de Cachtice:

Donc si je résume bien ce que tu demandes, on parle d'un charme imparable qui force un lien non voulu sans que tu aies besoin de faire d'efforts en rp social? Pour être franc avec toi, Hélène est le personnage le plus borderline que l'on a a ce niveau et elle ne fait que de la suggestion et beaucoup de gens ont ignoré ses capacités au fil des rp's.

Dans sa forme actuel c'est un refus pur et simple. Déjà de par sa mise en place trop aisée et imparable qui pourrait faire juste fuir purement et simplement des gens. Ici il n'est pas question de confiance, mais de déontologie d'administrateurs et modérateurs du forum, on ne peux autoriser un noble phantasm te permettant de faire des autres masters tes jouets contre le gré des masters. Combattre est une chose, forcer des relations amoureuses en est une autre.


Physique: Il est très rare que nous devons nous prononcer dessus mais après délibération il apparaît que tu dois changer d'avatar, ce dernier n'étant pas dans les règles et peut causer certains ennuis.

Ici je te laisse quelques images de la Carmilla officielle au cas ou qu'elle t'intéresse. Tu restes néanmoins maître de ton choix.

Spoiler:
 

Caractère: Le caractère ne me choque pas pour une prédatrice comme elle, même si dans cet autoportrait tu n'as pas parlé de son arrogance qui transpire visiblement. Choc

Histoire: Extrêmement complète je n'ai rien a redire, les passages détaillés alternant très bien avec les passages faisant plus scolaires. Rien a redire a ce niveau la :3
Anthony Bonaparte
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Merci a Yuki pour le kit
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Sam 26 Jan - 1:02
Mes excuses, j'ai vu 5 jours en retard qu'on m'avait répondu, niais que je suis

.
Citation :

Statistiques: Voici donc Carmilla un joli pokémon de type vampire... bon alors en lisant ton histoire et ce que le personnage est, les statistiques sont surestimées. Ne commence pas a râler de suite tu comprendras tout en lisant la suite. Ta force et ton endurance sont rang D, tu as un peu sous estimé ton agilité qui serait rang A. De plus ta magie est trop élevée, plutôt rang C ainsi que ta lck rang D.

Je te fais confiance, ayant de trop vagues idées de comment faire des statistiques cohérentes, bien que j'observe celles des autres. J'avais fait en sorte de mettre Carmilla à un niveau plutôt faible, donc si tu me dis que ce n'est pas faible et qu'elle doit être vraiment faible... Bah je te fais confiance, dans le cas contraire si elle meurt trop vite par ta faute j'accepte que tu me payes un pot


Citation :

Pouvoirs:

Ici cela se gâte contrairement a mon habitude ne je peux pas passer pouvoir par pouvoir puisque deux d'entre eux sont tout simplement hors de propos. J'ai lu ton propos sur Discord comme quoi tu ne connaissais pas les pouvoirs existants dans fate, mais cela ne te dispense pas d'aller lire la partie du règlement qui détaille tout cela et c'est surtout pas un argument valable pour que nous ayant plus de connaissances validions cela.

Ou si, puisque j'ai prit en compte ce qu'on m'a dit : Carmilla n'est pas une vampire, ni une DA dans mon idée. Mais quelque chose qui en a inspiré le mythe. Mon idée est invalide okay, par contre je ne l'ai jamais considéré comme une vampire (la preuve étant que je reste toujours ambigu à ce propos et n'use jamais du qualificatif de vampire sauf entre guillemet à cause de l'analogie). Pareil pour l'agilité, je la mettais selon ma conception de la personnage, si j'avais pensé vampire en effet ça aurait été A

Donc ma fiche est reformulée : Carmilla est une vampire (j'avais renoncé à reprendre les caractéristiques des vampires parce que les Helpers m'avaient répété que Carmilla n'en était point)

Citation :
Donc tel quel, tu demandes un pouvoir hors de propos qui est une capacité de Dracula

C'était en effet l'idée.


Citation :

Innocent monster

Bloodsucking

Mystic Eyes of charm

Je noterais Bloodsucking rang C et Mystic eyes of charm rang A


Si je n'avais eu qu'à recopier ça dés le début j'aurais pas tant souffert OO



Citation :

Je te retire l'augmentation de puissance des mystic eyes puisque tu ne peux plus charmer lorsque tu es entrain d'essayer d'assouvir ta soif de sang a tout prix et tes yeux te servant essentiellement a cela... Le comportement a la limite du berzerk que tu décris est la raison des limitations, Carmilla est la pour boire du sang et non pour jouer avec ses proies après tout Lalala

Je trouvais en effet qu'il y avait une ambiguité dans les Mystic Eyes, qui se contentent d'hypnotiser façon vampirique (sur ce coup) dans mon cas, plutôt que de charmer. Mais je conviens qu'avec cet état de colère c'est pas trop mon truc  Ouin
Citation :

La Foudroyeuse de Cachtice:

Donc si je résume bien ce que tu demandes, on parle d'un charme imparable qui force un lien non voulu sans que tu aies besoin de faire d'efforts en rp social?

SI
Je me suis assez mal expliqué alors, parce qu'en effet dans mon idée le charme n'est pas imparable et il faut des efforts de rp social (ce qui m'arrange puisque ma perso est très sociable)

Citation :

Dans sa forme actuel c'est un refus pur et simple. Déjà de par sa mise en place trop aisée et imparable qui pourrait faire juste fuir purement et simplement des gens. Ici il n'est pas question de confiance, mais de déontologie d'administrateurs et modérateurs du forum, on ne peux autoriser un noble phantasm te permettant de faire des autres masters tes jouets contre le gré des masters. Combattre est une chose, forcer des relations amoureuses en est une autre.


D'accord
Mais je fais quoi du plus grand et plus évident pouvoir de Carmilla qui est de séduire amoureusement ? 🤔 Avec ce dilemme j'ai plus qu'à reprendre la Carmilla de FGO


Citation :
Il est très rare que nous devons nous prononcer dessus mais après délibération il apparaît que tu dois changer d'avatar, ce dernier n'étant pas dans les règles et peut causer certains ennuis.

  Ouiiiiin
Je confesse avoir explosé de rire dans mon coin, absolument pas de moquerie (ou alors un peu, de moi même) mais parce que c'est vraiment drôle, on va pas se le cacher.
Je vais changer ça, un avatar c'est pas bien grave x)


Citation :

Ici je te laisse quelques images de la Carmilla officielle au cas ou qu'elle t'intéresse. Tu restes néanmoins maître de ton choix.

Merci beaucoup mais.. heu vous savez tous ce que je pense de ce modèle  Panic  Panic


Citation :

Caractère: Le caractère ne me choque pas pour une prédatrice comme elle, même si dans cet autoportrait tu n'as pas parlé de son arrogance qui transpire visiblement. Choc

C'est le risque quand on fait un autoportrait, oublier les défauts XD Mais oui en effet je confesse que c'est un oubli flagrant, que je vais recrifier



Conclusion :


Ahum.. peut-être que va falloir refondre encore toute c'te fiche Dsl
Carmilla
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Sam 2 Fév - 22:19
Modification apportées Index
Carmilla
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Dim 3 Fév - 17:16
Suite a tes modifcations je repasse voir ça.

Statistiques: Tu as oublié de faire les changements que je t'ai demandé.

For: D
End: D
Agi: A
Mag: C
Lck: D


Pouvoirs: Tout d'abord Presence Concealement est une capacité de classe et tu surestimes très largement les capacités de Carmilla a rester discrète, après tout elle se fait retrouver a chaque fois...

Donc ce serait un rang D.


Bloodsucking et Mystic eyes of charm sont corrects a des rangs bons. Il te manque donc un pouvoir.

Noble phantasm:

La légende du chasseur nocturne: Alors... tout vas bien, j'ajouterais une chose, ta régénération augmente d'un rang (donc rang B) si le bain sanglant de Cachtice est actif. Le revers de la médaille est que tu ne peux pas désactiver la modification du terrain.



Le bain sanglant de Cachtice: Alors un noble phantasm intéressant, jouant plus sur l'horreur de la situation plus que les dégats bruts en place est ce qu'il ressort de notre discussion a part.

Cela donnerais donc des dégats de rang E et l'effet d'horreur persistant équivalent a la puissance d'un np de rang C, le tout avec un malus d'agilité rang C si l'ennemi a les pieds dans le sang.

Le maintiens de cette modification de terrain sera de 100 de mana par tour après la fin de son utilisation.

Te faisant un coût de 200 de mana par tour de jeu si tu décides de maintenir tes deux noble phantasm qui certes te permettent de dévoiler

Physique:

On m'a prévenu que tu allais changer d'image donc on s'y consacrera au prochain passage o/

Voila voila :3
Anthony Bonaparte
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Merci a Yuki pour le kit
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Mar 5 Fév - 3:19
Application des modifications finales Lalala
Carmilla
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Mer 13 Fév - 14:16
Suite a de longues discussions sur le discord et des explications je reviens voir.

Si les descriptions sont bonnes, le rang C de disengage est bon. Néanmoins je te rappelle que les chauves souris/brumes et assimilés ne sont que cosmétique et n'ont pas d'incidence sur la répartition des dégats que tu pourrais prendre durant ta fuite.

En dehors de cela rien a redire juste cette petite modification et tu auras ta validation.
Anthony Bonaparte
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