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Coolest King Ever - Charlemagne

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Ven 7 Sep - 1:55

CHARLEMAGNE

Age : 26 ans
Nationalité : Française
Organisation : Empire de Charlemagne
Fonction : Roi des Francs et des Lombards et Empereur Romain d'Occident.






Fate/Extella Link - Charlemagne

CARACTÉRISTIQUES

Type : Servant
Classe : Saber
Alignement : Cool Loyal Bon.

Statistiques :
STR : A
END : C
AGI : B
MAG : A
LCK : A



CAPACITÉ(S) DE CLASSE

Magic Resistance [A] :
confère une résistance à la magie.

EQUIPEMENT

Arme : Joyeuse
La légendaire épée du roi des Francs, présentée dans de multiples chansons de gestes. La tête de la sainte-lance Longinus est dissimulée dans son pommeau en tant qu'artefact, faisant d'elle une arme sainte et sans égale.



Armure : Rex Vestis
En tant que roi guerrier, Charlemagne se doit d'être tout à la fois majestueux (ou, comme il aime à le dire en cette époque moderne, cool) et paré au combat. C'est pourquoi il porte une tenue à mi-chemin entre l'armure et la tunique, blanche bleue et noire, avec une pointe de rouge sur son gantelet droit.

POUVOIRS

Holy Knight Emperor [EX (A) - passif (actif)] :
Un pouvoir unique attribué à Charlemagne, reflétant sa qualité de commandant des Douze Paladins et d'Empereur Saint. À l'état passif, ce pouvoir est composite ; il lui confère la capacité de manipuler les armes des Douze Paladins de Charlemagne ainsi qu'un charisme immense, un avantage offensif contre les êtres de nature démoniaque (augmente les blessures infligées d'un cran dans la liste des états de santé), un avantage défensif contre les possesseurs du pouvoir Divinité (réduit les blessures reçues d'un cran dans la liste des états de santé) et une aptitude pour les armes d'attribut saint.

Lorsque ce pouvoir est activé, Charlemagne invoque à ses côtés douze javelines ailées, six bleues et six rouges. Ce sont des répliques ou, pour être plus exact, des ombres des armes des Douze Paladins. Leur force n'est absolument pas comparable avec les armes authentiques, mais elles sont chacune empreinte du pouvoir d'un élément distinct et peuvent être un grand atout au combat pour Charlemagne, et surtout lui permettent d'utiliser son Noble Phantasm, Joyeuse Ordre.


Mana Burst (Light) [A - actif] :
C'est la capacité à injecter directement du mana dans une arme ou un corps pour en augmenter l'efficacité ou les caractéristiques rapidement et efficacement sur un cours laps de temps.
La Lumière est un élément réservé aux Saints. Il donne l'avantage à Charlemagne contre les créatures d'alignements Evil,



Over the Royal Road [C - passif] :
Ce pouvoir, Charlemagne se l'est attribué lui-même, afin de toujours se tenir à sa vision de ce qu'est un roi. Si, au VIIIème siècle, il parlait sans doute de "majesté" et "d'indignité", aujourd'hui, il emploi les termes "cool" et "lame", pour définir un comportement royal, qu'il se doit de suivre, et un comportement indigne, qu'il doit à tout prix éviter.
Pour être plus précis, Charlemagne est plus fort lorsqu'il suit sa propre vision de ce qu'est un roi ; autrement dit, lorsqu'il est "cool".
De plus, ces deux comportements distincts ont un effet direct sur les capacités de Charlemagne ; d'après ses propres termes, une "jauge se remplit" lorsqu'il est "cool" et "il s'affaibilit" lorsqu'il est "lame". En d'autres termes, il lui est vital de suivre ses principes pour rester au mieux de sa forme.



NOBLE PHANTASMS

Joyeuse Ordre "Exemplify the Heroic King, O' Twelve Radiant Swords That Travels the Wide World" [Anti-Armée to Anti-Forteresse - A - Actif] :

Le plein potentiel de son épée, Joyeuse. Lorsque Charlemagne porte son épée et les Armes des Douze Paladins (ou, alternativement, les douze images produites par son pouvoir Holy Knight Emperor), il peut libérer leurs puissances unies en une surpuissante attaque qui peut engloutir de nombreux ennemis.
Si ce Noble Phantasm est utilisé avec les répliques crées par Charlemagne, il prend la forme d'un Noble Phantasm anti-armée ; en revanche, s'il venait à recevoir les armes des Douze Paladins, son attaque la plus puissante est alors sans commune mesure avec la précédente, prenant la forme d'un Noble Phantasm anti-forteresse, considérablement plus fort que la Joyeuse Ordre de "base" - et nettement plus cool.


Charles Patricius "Our Transient Glory" [Barrière - EX - Actif] :

Ce Noble Phantasm est extrêmement long à activer, et nécessite que Charlemagne s'empare de nombreuses ressources pour le construire. Une fois complété, il s'agit d'un chateau volant, digne de la grandeur de son roi.
Charles Patricius est une représentation physique de la gloire de Charlemagne ; ainsi, il est invisible aux yeux de ceux qui ignorent l'identité du Servant. Ce Noble Phantasm, purement défensif, est conçu pour être un lieu de retraite et de préparation stratégique.

En outre, la récupération de Charlemagne, de son Master et de ceux qui ont juré fidélité à l'Empereur est accélérée dans l'enceinte du Noble Phantasm ; les tranches de six heures utilisées comme référence sont remplacées par des tranches de trois heures. En sus, puisque ce château a pour but de représenter un "fort imprenable", ceux qui ont l'objectif de "défendre le château" y sont plus difficiles à blesser, bénéficiant d'une résistance accrue à toutes les attaques reçues (une attaque qui les égratignerait est-ici inutile ; une attaque supposée les blesser légèrement ne sera qu'une mince estafilade, etc).

Le château, somptueux, tient dans une enceinte de près de sept hectares de terrain, sans compter le bâtiment (constitué de toutes les commodités que l'on retrouverait dans un chateau digne de ce nom) en lui-même, qui est accolé à l'extrémité nord du lieu. En guise de douves, le fort est capable de voler haut dans les airs, échappant sans peine à tout ennemi terrestre. Quant à ses murailles, elles ont été traduites, dans le Noble Phantasm, par une puissante barrière magique, interdisant l'entrée à quiconque n'est pas le bienvenu au cœur de Charles Patricius. Cette barrière n'est cependant pas indestructible ; l'acharnement ou la puissance brute peuvent en avoir raison, quand bien même Charlemagne aura conscience de l'emplacement de chaque coup porté contre sa défense. (Résistance à définir avec/par le staff, j'avoue ne pas avoir d'idée fixe sur ce point)

Enfin, le terrain de Charles Patricius est techniquement une part de l'empire de Charlemagne, où qu'il se trouve ; les Servants des territoires concernés (nord de l'Espagne, France, Belgique, Allemagne, nord de l'Italie, Pays-Bas...) y obtiennent donc des statistiques légèrement améliorées.



PHYSIQUE


Pour quelqu’un qui a lu les livres d’histoires décrivant Charlemagne comme un géant de plus de 2m10, aux épaules suffisamment larges pour y poser une épée dans le sens de la longueur, à la barbe descendant si bas qu’elle lui en recouvre le torse… Eh bien, Saber peut-être quelque peu surprenant à voir.
La vérité c’est que, pour une raison qu’il ne s’explique pas, Charlemagne n’a cessé de grandir que très tard dans sa vie. Aussi, lorsqu’il fût nommé Roi des Francs, juste après ses 26 ans, il était encore d’une taille tout à fait abordable. Un peu en dessous d’un mètre quatre-vingts – déjà bien au-dessus de la moyenne de son époque – il n’était pas encore un géant disproportionné. Son corps, quoique musculeux, passe simplement pour élancé sous les couches épaisses du Rex Vestis – son armure royale.

Persuadé que l’harmonie dans les couleurs qu’il porte est une part essentielle de ce qui le rend
cool, Charlemagne s’est doté d’une armure qui suit le thème de son propre corps : puisque ses cheveux sont d’un noir de jais, éclaircis par des mèches blanches, il porte une tunique blanche et noire, une cape blanche avec une bordure noire et des guêtres noires et des jambières blanches. Puisque ses yeux sont bleus, des rayures bleues parcourent ses manches, l’intérieur de sa cape est bleu et des pièces d’acier bleu entourent ses jambières. Enfin, pour perturber un petit peu cette équilibre et se rajouter une nouvelle couche de cool, il porte un gantelet rouge à la main droite, de sorte que lorsqu’il invoque ses douze javelines, les six rouges apparaissent du « côté rouge » et les six bleues du « côté bleu ». Être cool, ça passe aussi par un attirail savamment sélectionné.
Charlemagne est parfaitement ambidextre et, si vous le lui demandez, il vous avouera sans aucune honte qu’il a développé cette compétence uniquement pour ne pas avoir à privilégier un côté sur un autre lorsqu’il se bat uniquement à l’épée.

S’il venait à être vu sans cette armure, son corps pourrait surprendre quiconque l’observe par son apparente perfection. Il ne porte pas la moindre cicatrice, comme s’il était un « roi qui n’a jamais été blessé », quand bien même son apparence correspond à un moment de sa vie où il a disputé moult batailles en Aquitaine.

Lorsqu’il met des vêtements modernes pour passer inaperçu en ville, il s’assure de toujours respect son harmonie de couleurs ; c’est cependant bien la seule constante qu’il respecte. Grand amateur de la mode moderne, il peut tout aussi bien arborer une chemise de chanvre bleu décontractée sur un t-shirt blanc et un jean sombre, qu’un costume noir avec une chemise blanche et une cravate bleue : dans tous les cas, il sera absolument ravi de s’habiller ainsi.


CARACTÈRE


« Je suis le roi, Master. C’est une vérité que je ne saurais contredire, et pourtant, elle me semble absurde chaque fois que je la dis. Je suis le roi. J’ai voulu l’être, j’ai voulu en être un grand, j’ai même voulu devenir empereur. Pourtant, je n’étais pas naturellement royal. J’ai dû m’imposer une loi, un code auquel je ne pouvais pas déroger, afin de m’assurer que je ne chuterai jamais, que je ne dévierai jamais de la route royale. Je dois toujours être cool, parce que c’est là ma conception de ce qu’est un bon roi ; je ne dois jamais être lame, parce que ce serait échouer et trahir les espoirs que mon peuple a placé en moi. Pourtant, si j’étais, naturellement, roi, je n’aurais pas besoin de m’imposer cette règle. Je serais, simplement, et en existant je serais roi – je serais royal. Mais je dois m’y forcer, je dois y penser, je dois faire le choix conscient d’être cool. Je ne suis pas fait pour être le roi, Master, mais je ne peux m’empêcher de vouloir l’être. C’est là mon paradoxe ; une situation impossible à régler, à accepter, mais que j’ai imposé à mon royaume, à mes paladins… Et à moi. En tant que roi, je me suis imposé d’être roi. C’est cette impossibilité qui fait ce que je suis, cette absurdité qui me résume le mieux. »

Si l’on demandait à Charlemagne d’expliquer qui il est, il ne prendrait probablement pas la peine d’entrer plus en profondeur que cela. Pour lui, c’est autour de son statut royal que tout se tient, que tout tourne, que tout évolue ; il ne se conçoit pas au-delà de son paradoxe royal. Il ne connaît pas d’autre problème existentiel que de savoir que, si son apparence de Saber est aussi jeune, si ses souvenirs de sa vie sont aussi confus après l’an 800, cela signifie probablement que le « Charlemagne » qui a régné n’est pas le même que le « Charlemagne » qui a conquis.
Pourtant, malgré son paradoxe, sa certitude qu’il est et n’est pas le roi tout à la fois, il existe et est une personne, tout autant qu’un autre homme le serait. Il est quelqu’un de profondément confiant en ses capacités et celles de ses alliés, tendant parfois à surestimer les gens qu’il aime. Fort heureusement pour ceux-ci, le jeune homme dégage un charisme hors du commun. Lorsqu’il surestime les gens de son entourage, ceux-ci se sentent pousser des ailes. Il parle avec une telle confiance que s’il vous dit « Tu peux le faire », vous commencerez à le croire vous-même, vous poussant parfois à réaliser des exploits dont vous vous pensiez incapable avant que Charlemagne n’apparaisse dans votre vie.

Comme il le dit lui-même, Charlemagne ressent le besoin d’être cool dans son comportement, dans ses habitudes. Cela implique parfois d’être quelqu’un de léger, de plaisantin, qui prend toutes les nouvelles avec le sourire et reste optimiste quoiqu’il arrive ; c’est de ce Charlemagne bienveillant dont Astolfo se souvient le plus, quand il raconte à quel point son souverain était un bon roi. Tant que Charlemagne n’est pas dans une situation où être cool implique d’être sérieux, il a le sarcasme facile, et apprécie beaucoup le concept très moderne qu’est la « vanne ». Il est toujours en quête du bon mot, que ce soit pour amuser la galerie ou ébrécher la confiance et le self-control de son adversaire.
En revanche, dans les situations difficiles, ou lors d’un combat contre un adversaire particulièrement dangereux, être cool veut dire être sérieux, concentré. Le visage de Charlemagne se ferme alors, et il ne parle que très peu, avec une voix mesurée, pesant le poids de ses mots.

Je rappelle une fois de plus que dans ces deux cas, c’est un choix que Saber fait ; on ne peut donc pas vraiment parler de « deux facettes de sa personnalité ». Son désir d’être cool a pris le pas sur sa personnalité spontanée. Tel que le Servant est, la seule conduite qui lui vient naturellement à l’esprit, c’est de se demander quelles actions feraient de lui quelqu’un de cool. Pour les amateurs de philosophie, Charlemagne est un exemple parfait du « jeu » de Jean-Paul Sartre. Il joue à être cool, à être un roi. Tout n’est donc que choix conscient ; ses actions sont régies par sa volonté, pas par son caractère.

Pourtant, parfois, le naturel revient au galop malgré tout. Parfois, Charlemagne entre dans une rage démesurée, dans une tristesse infinie, dans une frustration incontrôlable. Pour le dire autrement, quand les émotions de Saber deviennent si grandes que sa volonté de rester cool ne parvient plus à les dompter, il n’a plus aucun contrôle, aucune maîtrise sur elles et il devient alors, pour le dire gentiment, explosif. Puisque c’est sa volonté qui régit son comportement, il refoule en permanence les émotions qui quittent la route qu’il se force à suivre ; mais personne ne peut refouler éternellement, et Charlemagne est donc condamné à tout laisser s’échapper un jour ou l’autre.


HISTOIRE



J’ai eu une longue vie. Une très longue vie, même ; du temps où ce monde était encore le mien, la longévité des hommes se battait sans cesse contre les épidémies, les batailles et même les bêtes sauvages et monstrueuses qui parcouraient nos terres comme si elles étaient les leurs. Contrairement à toi, Master, mon monde n’appartenait pas encore tout à fait au genre humain ; il trépignait encore, comme le poisson qui se débat entre les mains du pêcheur, pour tenter d’échapper à notre poigne, un peu plus forte à chaque génération. C’est là la plus grande, la plus longue, et la plus nécessaire guerre que j’ai connue : celle que les hommes ont mené face à la nature pendant des siècles pour pouvoir prospérer à la surface de la Terre et obtenir l’hégémonie qu’ils imposent aujourd’hui à la planète. J’ai vécu au cours des derniers instants de cette terrible guerre, dont le début se perd dans les tréfonds de l’Âge des Dieux.

Oui, Master, j’ai eu une longue, très longue vie. Peut-être trop longue. Vivre vieux, cela veut dire vivre plus longtemps que les gens qu’on aime. J’ai enterré mes parents, mes épouses et mes compagnons ; j’ai enterré mes fils et certains de mes petits-fils. J’ai vécu ma vie comme un immortel l’aurait fait, avec une mélancolie grandissante et la peur, chaque jour, que ces gens que j’aimais et qui m’entouraient se joindraient à la longue liste de ceux à qui j’avais déjà dit au revoir – ou à la liste, autrement plus douloureuse à évoquer, de ceux à qui je n’avais pas le temps de dire au revoir. Même sur le plus rapide des chevaux, un homme n’arrive pas toujours à temps ; c’est à Roncevaux que j’ai appris cette dure leçon, quand j’eus à peine le temps de tenir le plus fidèle et le plus grand de mes chevaliers entre mes bras, tandis qu’il rendait son dernier souffle. Un homme n’a pas toujours le temps de dire au revoir à ceux qu’il aime ; une couronne et un titre glorieux sauraient rien changer à cette vérité.

Je me souviens de beaucoup de choses, dans cette vie longue et douloureuse, rythmée par les combats et les pertes. Tout n’est pas bon à raconter ; tout n’est pas rentré dans l’histoire ou la légende. Je pourrais me perdre dans une cynique tirade sur le doute qui plane sur mes propres souvenirs, sur la terrifiante hésitation quant à leur véracité, m’épancher sur le fait que je ne sais s’ils ont été altérés par le Graal. Cette tirade n’aurait aucun sens. Je sais une chose, quand je me tiens face à toi, Master, c’est que je suis Charlemagne. L’esprit d’un héros, hybride d’histoire et de légende ; un Servant, de la classe Saber, car de mon vivant j’ai fait trembler un monde entier à l’idée qu’ils me croisent sur un champ de bataille, ma Joyeuse entre les mains. Devrais-je alors ne raconter que ce qui a fait de moi un Servant ? Ne devrais-je, Master, te parler que de mes luttes et de mes batailles, qui ont fait ma force ; que de mes épreuves et de mes souffrances, qui ont fait ma détermination ; que de mes compagnons d’armes, que nous croiserons peut-être dans cette autre vie, cet autre monde ? Ou dois-je te raconter par le menu chaque épisode de ma vie, chaque dilemme de mon règne ? J’aurais aimé que tu précises ta question, Master, avant de me la poser. Mais tu ne parles plus, alors je dois meubler. Il n’y a rien de
cool dans un silence gênant, pas vrai ?

Je suis né en 742. Cela, ce n’est pas une bataille, mais c’est toute vie commence par une naissance, et tu veux connaître l’histoire de ma vie, alors commençons par le début. On m’a raconté que, pour ma venue dans ce monde, toute la nature s’était déchaînée, en tant de signes annonciateurs. Je ne pesais que quelques livres, mesurais à peine plus d’un pied et n’avait pas encore goûté au sein de ma mère que cette Terre m’avait déjà désigné comme un homme légendaire ; plutôt
cool, hein ? La terre tremblait à mon arrivée, comme si elle était déjà prête à ce que mes pieds la foulent dans leur folle course vers la guerre. Le vent s’était déchaîné autour de la villa royale de mon père, comme si le ciel voulait couvrir les hurlements et les cris de guerre que je pousserais un jour, l’épée à la main, emmenant mes soldats et leurs espoirs vers le champ de bataille. Le tonnerre grondait, comme mes armées gronderaient un jour ; il éclatait parfois en de puissants bruits plus aigus que les autres, les mêmes que mon épée produirait au contact des autres lames. Durant toutes ces heures qu’il fallut pour me mettre au monde à proprement parler, toutes les forces de la nature scandaient ma vie et ma gloire ; Dieu et ses anges m’applaudissaient, m’accueillaient et me huaient tout à la fois. « Le Roi Très Saint », aurait hurlé ce vent, s’il avait pu parler. « Charles le Grand vient en ce lieu », aurait ajouté la terre tremblante. « Guerre. », tonnait la foudre. « Morts. » continuait-elle. Plus tard, à l’aube qui suivit ma naissance, les habitants de la villa découvrirent de hauts arbres fleuris, qui avaient semble-t-il poussé en moins d’une nuit, jaillissant des fossés creusés par la foudre pendant l’orage. C’était un autre présage qui voulait prévoir mon histoire avant que je ne la vive ; celui si, si je me souviens bien, annonçait une descendance nombreuse et prospère.

Réglée comme du papier à musique, ma légende. L’Esprit Héroïque de Charlemagne était couché, noir sur blanc, sur d’obscurs livres métaphoriques traitant de prophéties et de présages. Que me restait-il alors à faire, pour être
cool malgré cela ? Pour ne pas échouer à remplir ces attentes, déjà énormes, qui reposaient sur mes épaules avant même que je ne puisse en avoir conscience ? Je me suis souvent posé la question, enfant. J’avais horreur de l’idée de suivre le plan, d’obéir à ces présages titanesques, de n’être que ce que l’on attendait de moi, aussi glorieux cet être était déjà. Être cool, être digne de légende, c’est surpasser toutes les attentes que l’on te demande de porter, Master ; c’est regarder le destin qu’on t’annonce et lui dire avec toute la confiance du monde que tu es, que tu seras plus que ça. Alors puisque je ne pouvais échapper à ces présages, à ce destin, je les ai poussés à onze. J’ai suivi ce chemin tout tracé, mais je l’ai prolongé plus loin que n’importe qui aurait pu le prévoir.

La Terre appelait mon nom, mon seul nom en tremblant ; alors j’en ai gagné d’autres. Je me suis élevé, par ma stature et mes prouesses, bien au-dessus de tous mes contemporains ; on a commencé à m’appeler le Grand dès 768, alors que je devenais Roi des Francs. C’était à Noyon que j’étais nommé ainsi par ceux des Francs qui avaient placé leur foi en moi. À quelques ligues seulement, à Soisson, mon frère Carloman recevait des hommages similaires. Le testament de mon père avait fait de nous des rivaux ; Charles et Carloman, les nouveaux rois francs. Nous n’avions jamais voulu nous affronter, et la santé fragile de mon petit frère ne nous a point laissé le temps de le faire ; il est mort quelques années plus tard, m’enjoignant dans nos derniers échanges à m’emparer de ses terres. Spolier ses fils, mes neveux, pour la grandeur de notre famille ! « Conquiers, Charles, » me disait-il. « Mon royaume et les voisins ; sois plus grand, plus puissant, plus avide qu’aucun Franc n’oserait l’être. Sois toi, Charles. » Quel genre d’homme serait capable d’ainsi repousser les suppliques d’un petit frère mourant ? Je ne l’ai pas fait contraint et forcé, non plus. C’était le début, l’opportunité pour obtenir plus de noms que la Terre Tremblante n’en avait appelé. J’étais Charles, le Grand ; j’étais devenu Roi de tous les Francs. Je devins Roi des Lombards également, par dignité de conquête ; Empereur de Rome, par dignité papale, plusieurs siècles après la chute de cet empire que j’avais regagné. La Terre avait appelé Charles ; je devins donc Karolus Magnus Caesar, Charlemagne, le Roi des Francs et des Lombards, Empereur Romain de l’Occident. Mon avidité m’offrit également le nom d’Empereur des Deux Côtés du Rhin ; ma prospérité, elle, m’apporta celle de Père de l’Europe.
Ceux qui comptaient me donnèrent d’autres noms ; celui d’aimé, celui de père, celui de grand-père, celui d’oncle, celui d’ami, celui de suzerain. Les Douze Preux gagnèrent leurs propres noms pour le bien du mien.

Le vent hurlant, contrecoup des battements d’ailes des anges et du souffle du Saint-Esprit, m’avait annoncé comme un Roi Très Saint, au même titre que mon père avant moi. C’est lui qui avait gagné à notre royaume le doux nom de Fille Aînée de l’Église. Dieu vu bien le seul dont le nom passait avant le mien au cours de ma vie ; de la même manière que les hommes libres du Royaume Franc tiraient leurs épées pour mon honneur, je tirais la mienne pour le sien. J’ai fait la guerre aux Saxons païens et aux Sarrazins blasphématoires, qui pensaient leur prophète plus lumineux que le Christ. Je fus récompensé de cette piété par mon épée. Joyeuse, dans ma jeunesse, n’avait de spécial que la main qui la portait – la mienne. Au fil du temps, cependant, cette épée qui refusait de se briser ou de s’émousser me semblait méritante d’une plus grande gloire ; quelques temps avant mon couronnement, l’ange Gabriel m’apparut et me guida dans ma première aventure à la quête d’une relique. Il m’offrit, par ses conseils, la pointe de la lance de Longinus, encore sacrée d’avoir percé le flanc du Christ. Joyeuse était devenue la parfaite épée pour un roi évangélisant ; baignant dans la lumière divine de Dieu, tirant sa force et sa résilience des reliques présentes dans son pommeau, qui s’accumulèrent au fil des années, cette épée ne me quitta plus jamais. D’autres armes d’une grande valeur me sont venues au cours de mes conquêtes, bien sûr, mais aucune ne valut jamais Joyeuse, cette épée dont j’avais moi-même forgé la légende et qui forgeait déjà la mienne. Même Durandal, que je pris la décision de confier à mon neveu, n’était aussi
cool que ma Joyeuse.
J’appelais le Seigneur avant chaque bataille et le remerciait après chaque victoire ; je galopais au front sans peur aucune car il était à mes côtés, me poussait et me protégeait. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il me favorisa parce que j’étais Charlemagne, et c’est parce qu’il me favorisa que je pus être Charlemagne. Je ne saurais dire ce qui est venu en premier, son soutien ou mon mérite. Aucun ne précède vraiment l’autre. Pour Lui, je défiai les Saxons à l’est, les Sarrazins au sud-ouest ; pour Lui, je multipliai les églises et les chapelles dans mon empire, après l’âge des guerres. C’est pour Lui que Roncevaux eut lieu, que… Enfin. J’ai sacrifié, pour Lui, plus que je ne l’aurais jamais voulu. Mais c’est ainsi que va la Foi : c’est un engagement sans témoin, sans récompense, sans arrière-pensée. Simplement, j’aurais mille fois préféré qu’il prenne ma vie, ce jour-là, plutôt que celles de Roland et Olivier.

« Guerre » et « Morts », avait scandé le jeu de la foudre et du tonnerre. Inévitablement, je devais être un guerrier. Un augure, ce n’est jamais qu’une façon sympathique d’appeler une malédiction ; un mauvais sort que je fis mien, dont je tirai avantage. Ces guerres auxquelles j’étais condamné, elles agrandirent mon empire ; elles me permirent de faire plus en Son Nom et en le mien. Elles placèrent Hildegarde sur mon chemin. Il y a une raison pour laquelle moi, Charlemagne, le Roi à la Barbe Fleurie, t’apparait jeune et imberbe, Master. Ce Charles qui se tient devant toi, c’est l’apparence que j’avais lors de mon couronnement à Noyon. Tel que je suis, la guerre est encore ma raison d’être ; j’entre avec un enthousiasme morbide dans la période de trente ans de guerres constantes qui ont fait de mon petit royaume un empire colossal. Je suis Saber, le roi guerrier. Je vis pour tuer, si tu veux le mettre en des termes crus.
J’ai toujours été prêt à perdre ma propre vie. Chaque fois que je galopais vers le front, chaque fois que je levais mon épée, c’était avec la conviction intime, au creux de mon cœur, qu’il pouvait très bien s’agir de la dernière fois que je faisais de telles choses. Cela ne m’a jamais dérangé. C’est sans peur que je bravais la mort et les ennemis. Pas un seul instant, alors que je me taillais un chemin à travers les hordes lombardes, l’idée que l’un d’entre eux puisse se relever et passer son épée au travers de mon corps ne m’a effrayé. C’était la réalité de la guerre, ni plus ni moins. Sache, Master, que lorsqu’un roi donne cet ordre de charger, peu importe à quel point la bataille semble simple, il ne sait jamais quel camp finira par être décimé. Il ne sait jamais quelle ville sera mise à sac, quel village brûlera, quels enfants pleureront et mourront. Seul un fou ignorerait un tel risque ; j’ai tout mis en jeu, pour Dieu, pour le royaume, et pour moi. Je voulais être le Conquérant, le Roi Héroïque que je suis devenu.
Pourtant, jusqu’à Roncevaux, il ne m’était jamais venu l’idée que je pouvais perdre autre chose que moi-même dans ces batailles. Quand le cor de Roland est parvenu à mes oreilles, j’ai pour la première fois ressenti la peur sur le champ de bataille. Quand j’ai tenu son corps ensanglanté entre mes bras, alors qu’il poussait ses derniers soupirs, j’ai pour la première fois compris que je pouvais gagner une bataille et tout de même la perdre. Bien sûr, ce n’a pas tout de suite été une résignation aussi claire et rationnelle ; avant d’en venir à une idée pareille, j’ai traqué les sarrazins jusqu’au cœur de l’Espagne, j’ai monté Bayard et saisi Joyeuse. J’ai brisé leurs positions défensives à la seule force de mes bras. C’était sûrement la première fois que j’hurlais autre chose que la gloire de Dieu au milieu d’un combat. J’appelais leur chef, l’Emir, à m’en briser les poumons, comme Roland l’avait fait pour me prévenir. Il ne fit pas fait long feu, une fois qu’il était dans mon champ de vision ; son bras armé vola en premier, puis Joyeuse fendit son heaume chatoyant comme elle aurait traversé une motte de beurre. Et enfin, alors que sa cervelle dégoulinait hors de son crâne en une bouillie infâme, j’ai plongé ma lame dans son torse et y ai écrasé son cœur. Cela ne m’a pas ramené mon neveu, mais pendant un instant… Dieu que j’ai aimé ses râles d’agonie… La rage n’est jamais qu’un remède temporaire, Master. Lorsque la vengeance est exécutée, il ne reste plus que la solitude. Ainsi va la vie d’un conquérant ; en me jetant à corps perdu dans les batailles et les guerres, pour la gloire de mon héritage et de ma foi, je me suis condamné à ne rien garder éternellement. Cette façon de vivre a changé, une fois que je suis devenu empereur, que j’ai cessé de chercher à étendre mes terres ; mais tu as demandé un combattant au Graal, et c’est pour quoi il t’a envoyé le Charlemagne conquérant, celui qui vit par et pour l’épée. Le héros qui te fait face n’est nullement affecté par les événements qui ont eu lieu après l’an 800. En quelque sorte, le jour de mon accession au titre d’Empereur est le jour où je suis mort : je suis devenu un autre Charlemagne, un régnant. Plus âgé, plus mûr, plus réfléchi, plus stable. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’un homme différent ; l’homme que j’étais a dû changer pour le bien de l’empire. Sans doute l’autre Charlemagne est un autre Esprit Héroïque, radicalement différent de « moi ».

Il y a un présage dont je n’ai pas encore reparlé, Master ; les arbres fleuris me prédisaient une large et prospère lignée. Là encore, j’ai pris cette annonce au pied de la lettre. J’ai eu plusieurs épouses, de mon vivant, et bien plus encore d’enfants. Il y eut d’abord Himiltrude la Bourguignonne ; ce premier mariage avait été arrangé par mon père. Elle était fille de comte et, si sa noblesse n’égalait pas la mienne, elle restait un parti suffisant pour un prince. C’était un mariage parce qu’il m’en fallait un ; il n’y avait ni amour, ni réel intérêt politique. Himiltrude me donna cependant deux enfants ; Pépin et Amaudru, mon premier fils et ma première fille. Elle fut celle qui se tenait à mes côtés quand je fus nommé roi, après la mort de mon père. Mais elle ne pouvait rester éternellement mon épouse ; elle était quelconque, mon accession au trône demandait que des femmes exceptionnelles siègent avec moi au sommet des Francs. Alors je la répudiai, au profit de celle que recommandait ma mère – Désirée, la fille du roi des Lombards. Je ne pus jamais m’amener à l’aimer ; elle était quelconque, sans intérêt aucun, aussi bien de jour que dans le lit. Pendant quelques mois, j’eus peur d’être piégé avec cette femme que je ne supportais pas pour ma vie entière. Il fallut que je rencontre Hildegarde pour me rappeler que j’étais le roi, et que c’était un pouvoir qui ne souffrait aucune contestation que j’avais là.
Hildegarde n’avait rien à voir avec Désirée. Malgré son jeune âge, elle parlait et pensait déjà en femme faite. Elle en avait l’apparence et les charmes, aussi. Ses cheveux blonds, ses yeux verts, ses formes déjà généreuses, tout en elle évoquait la chaleur. Elle était un foyer réconfortant ; je ne pus absolument pas résister. Quel genre de roi
cool aurait repoussé une femme semblable ? Dès qu’il m’en fut donné l’occasion, je répudiai Désirée et pris Hildegarde à mes côtés. Elle fut ma bien-aimée pendant les premières années de mon règne ; ses bras me consolèrent après la mort de Carloman, ses mots me firent prendre courage et confiance alors que je m’emparai des royaumes lombards. Nous fûmes heureux et eûmes beaucoup d’enfants, en un sens, Master. Pendant onze belles années, Hildegarde fut mon épouse, et elle est celle dont je garde le souvenir le plus doux.
Fastrade était son opposée tout entière ; belle et désirable aussi, mais froide. Là où Hildegarde m’évoquait la chaleur et les étreintes, Fastrade tenait de la beauté intouchable, celle qu’on admire de loin. Et, parce qu’elle était ainsi, elle m’évoquait un désir irrésistible de la faire mienne. Elle était impitoyable, surtout comparée à Hildegarde ; elle m’attira la haine au sein de mon propre royaume, de ma propre famille. C’est sa présence qui poussa Pépin, mon aîné, à comploter contre moi et à tenter de prendre ma place. Elle voulait que je l’exécute, ainsi que sa femme ; mais il restait mon fils. J’ai tout à la fois refusé d’abandonner ma femme à la haine de mon fils et mon fils à la haine de ma femme ; c’est de cette façon que j’ai été un roi. Là où les hommes voyaient l’impossible, le paradoxal, l’insensé, je n’ai jamais vu que ma prérogative royale. J’ai commis des échecs, de mon vivant, mais aucun ne s’est changé en regret à ma mort. Il serait indigne de moi – indigne d’un Roi – d’oser regarder son œuvre et sa légende et de dire, « je regrette ». Pour les milliers d’hommes qui m’ont suivi pendant toutes ces années de conquête, pour les Hildegarde comme pour les Fastrade, je prononce toujours le nom de Charlemagne avec fierté.
Liutgarde, que j’épousai après la mort de Fastrade, rendit son dernier soupir peu avant mon couronnement en tant qu’empereur. Le jour de la fin de ce « moi », avant la naissance du Charlemagne suivant, je me tenais seul. Je n’ai aucune rancune à ce sujet ; un roi n’est pas roi s’il ne peut être seul.

Voilà, Master, tu sais tout. Ou, à tout le moins tout ce que j’estime être ma vie.


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Dim 16 Sep - 1:33
Eeeet j'ai terminé, merci d'avance à ceux qui me feront grâce d'une lecture et d'une correction !
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