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La Voie du sabre (Miyamoto Musashi)

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Jeu 16 Aoû - 23:51

MIYAMOTO MUSASHI

Age : 61 ans (environs 18-20 en apparence)
Nationalité : japonaise
Organisation : /
Fonction : Kensei, fondatrice de l’école Niten Ichi Ryu








Musashi (Type Moon)

CARACTÉRISTIQUES

Type : Servant
Classe : Saber
Alignement : Chaotique bon

Statistiques :
STR : B
END : B
AGI : B
MAG : E
LCK : B



CAPACITÉ(S) DE CLASSE

Magic Resistance [Rang A] :
Le style de Musashi repose sur une compréhension de l’environnement pour ne faire qu’un avec lui, en faisant le  vide dans son esprit pour que rien ne la perturbe. Ainsi elle ne fait qu’un avec les éléments et cela lui confère une résistance à la magie.

Battle Continuation [Rang D] :
Toute sa vie, Musashi n’a cessé d’aller de l’avant pour atteindre ses objectifs et parfaire sa Voie du sabre, si bien que rien ne semblait pouvoir l’arrêter, elle semblait repousser la mort tant qu’elle n’avait pas remporté son combat ou atteint son objectif. Il se pourrait même que si elle atteignait l’absolu dans son art, celui qu’elle désire trouver, alors la mort ne pourrait pas l’empêcher de continuer à mener ses objectifs en possession de tous ses moyens.
- Permet après une blessure fatale de puiser dans d’ultimes ressources pour finir le combat.
- Regagne +2 états de santé à partir de l'état "mort"


ÉQUIPEMENT

Musashi Masamune :
Bien qu’ils n’avaient pas de noms, on donna aux armes forgées dans le style du célèbre forgeron Masamune celui de Musashi. Néanmoins, si l’histoire parle d’un Musashi Masamune, elle oublie que dans le style Niten Ichi Ryu, le combat à deux katana figure. Ainsi dans cette pratique et pour des questions d’équilibres, Musashi en possède plus d’un et même quatre identiques.

Jissō Enman no Bokutō (non-possédé) :
Le bokku de Musashi, qu’elle confectionna elle même dans un bois noir, y perçant la poignée pour y accrocher un pompon rouge. Celui-ci est un trésor national, représentant le Niten Ichi Ryu, le style créé par Musashi. Elle ne l’a pas avec elle, jugeant que tant qu’elle n’atteindrait pas son niveau ultime, alors cet objet serait bien plus utile dans son rôle de symbolisation et de transmission du savoir de sa propriétaire.

POUVOIRS

Fith Form [Rang A - Actif] :
Musashi peut utiliser deux lames pour décupler les dégâts qu’elle inflige ou réduire les dégâts subits, en augmentant sa capacité de parade avec sa technique de blocage en croix jujidome. Peut être assimilable à un renforcement de rang A offensivement ou défensivement selon l’utilisation et le rp.

Empyrean Eye [Rang A - Passif] :
Il s'agit de la capacité à utiliser instinctivement parmi tous les moyens et méthodes disponibles celui qui est le plus efficace, en gaspillant le moins possible en geste et énergie. Ainsi la capacité réunit tous les moyens les plus efficaces pour une solution unique. Musashi fit la démonstration pour le seigneur Nagaoka qui voulait le tube de bambou le plus solide possible. Musashi lança plusieurs bambous et d’un geste maîtrisé, puissant et rapide elle coupa tous les bambous d’une seul coup, seul le plus résistant restant.
- Cette capacité est celle lors d’une action d’avoir instinctivement choisi la meilleure voie pour la mener. Elle en accroît donc la réussite dans les paramètres mis en œuvres dans son exécution et sa résolution.


Nothingness [Rang A – Passif] :
Capacité permettant d’atteindre la vacuité, un vide mental et moral au centre du Niten Ichi Ryu, écartant toute pensée d’égarement. Celui ou celle qui le maîtrise, ne devient plus rien et devient presque comme invincible, tant rien ne peut le déconcentrer et détourner ses sens et ses pensées.
- Protège des sorts/pouvoirs/capacités/effets rp affectant l’esprit ou le distrayant, dont le rang est inférieur à celui de Nothingness.
- Confère une concentration absolue et donc une prise de conscience totale de l’environnement, ce qui influe sur la réussite des actions (effet rp).


The Book of Five Rings [Rang A – Passif] :
Connu sous le nom de Go Rin no Sho, cet ouvrage divisé en cinq parties que sont la Terre(sur les grandes lignes de la tactique), l’Eau (sur l’élévation physique et spirituelle de soi), le Feu (sur la tactique en duel et batailles), le Vent (sur les autres écoles et l’esprit de la sienne) et le Vide (la vacuité). Il est l’héritage de son style, contenant ses techniques et sa philosophie dans la Voie du sabre et donc du Niten Ichi Ryu. Un objet qui incarne tout le savoir et la connaissance de Musashi dans son art et qui a dépassé son propre style, beaucoup de ses principes ayant été repris dans de nombreux autres arts martiaux.
- Représente la compréhension du Niten Ichi Ryu par le répudiation des autres styles, mais aussi les idéaux de la guerre, en stratégie, tactique, gestion spirituelle et physique de Musashi, ainsi que les fondamentaux de son concept du Vide.
- Permet de déclencher Six Realms Five Planes - The Divine Figure of Kurikara (effet rp).
- Renforce les actions de Musashi sur le plan physique et spirituel au rang de A.


NOBLE PHANTASMS

Six Realms Five Planes - The Divine Figure of Kurikara (Rikudō Gorin - Kurikara Tenshō) [Anti-unité – Rang A - Actif] :
I'll show you the true essence of the Five Rings!”
“I place my trust in Tenjin of the Tenman Shrine, Deity of Absolute Freedom. Nioh Kurikara, Shotenshou! Let's go, master's blade draw... Ishana Daitenshou! »

Le hogû de Musashi est l’incarnation de son épée absolue et du concept du Vide, sous la faveur de Tenman Dai-Jizai Tenjin, considéré comme son dieu protecteur. Elle fait apparaître son ouvrage légendaire, le Go Rin no Sho et lorsque l’ouvrage disparaît, elle en a récupéré toute l’essence. Les quatre éléments flottent autour d’elle et elle effectue quatre frappes lourdes sur son adversaire, chacune d’un des quatre éléments (Terre, Eau, Feu et Vent). Elle concentre ensuite les éléments et atteint le Vide qui se joint aux éléments. A ce moment, elle relâche toute la puissance donnée par le Go Rin no Sho concentrée dans sa lame sur son adversaire.


 ???? [ ??? – Rang ? - ???] :
Le second hogû de Musashi est inconnu, y compris par elle-même car il représente un niveau supérieur à son absolu dans la Voie du sabre, qu’elle cherche encore à atteindre, un niveau ultime. La seule chose qu’elle sait et que ce hogû doit venir du plus profond d’elle même, plus loin qu’elle n’a jamais atteint et que ce niveau d’absolu est tel, que l’arme en soit n’y apportera rien de plus. Ainsi son bokken qui est l’arme la plus liée à elle suffirait pour l’utiliser et serait l’objet le plus adapté pour le lancer.


PHYSIQUE



Comme pour beaucoup de japonaises, l’âge de Musashi semble incertain, mais on peut dire que son apparence est aux environs de vingt ans. C’est une jeune femme gracieuse, non dénuée de formes, mesurant 1m67 et pesant 56kg. Une jeune brindille semblant gracieuse et délicate, aux yeux bleus-gris, encadrés par de longs cheveux argentés, qu’elle maintient avec un serre-tête dont la forme rappelle un shuriken et portant des boucles d’oreilles rouge en forme de feuilles. Elle est pleine de vie, expressive, souvent souriante, riant beaucoup, toujours enthousiaste. Étant sensible aux compliments, il n’est pas rare que ses joues s’empourprent, comme quand elle rencontre quelqu’un qui ne la laisse pas insensible ou si elle boit un peu trop. On peut dire qu’elle a tout d’une jeune et jolie jeune femme, mignonne dans son apparence et son attitude.

Cependant lorsque la jeune femme laisse place à l’épéiste de renom, alors son visage se ferme et ses yeux brillent d’une lueur trahissant l’énergie en elle, prête à se déchaîner. On ne saurait dire si elle sourit ou si elle est mécontente, elle laisse place à la concentration et une certaine neutralité. Elle semble être une toute autre personne, mais en harmonie avec son environnement. Derrière sa jovialité, son visage montre aussi sa détermination et son sérieux. Dès que l’on se mesure à elle on se rend très vite compte que malgré son apparence, c’est une force de la nature physiquement et qu’elle est bien plus robuste et forte qu’elle n’en a l’air.

De ce fait étant un maître d’arme, elle porte une tenue adéquate à ce qu’elle est. Elle revêt un kimono de femme à manches longues et épaulettes, dans les tons de violet et rouge, qui si à ses débuts épousait ses formes pour moins les exposer, est devenu décolleté par la suite, une fois le respect le respect envers acquit. Le haut de sa tunique est attaché au cou, relié avec un petit magatama vert en guise de pendentif. Sa tunique est maintenue par un obi avec des fleurs de cerisier en motif, auquel sont accrochés ses katana. Selon les circonstances elle n’en matérialise que deux sur les quatre. Le tout est accompagné à certains endroits de bords noirs et des liserets et quelques motifs rouges ou dorés . Sur le bas de sa tunique sont dessinées des fleurs dans le même ton, de manière assez discrètes, comme toutes les autres fioritures de sa tenue, pour qu’elle ne soit pas  trop chargée ou extravagante. Aux jambes elle porte des bas sous des jambières et des chaussures avec de petits talons traditionnelles.

En civile dans une époque moderne, elle affectionne des tenues simples, souvent des pantalons avec des pulls. Elle ne cherche pas à être provocatrice dans ses tenues, même si elle aime avoir une certaine élégance, car elle aime plaire.

CARACTÈRE



Quand ses lames restent dans leur fourreau, Musashi est une jeune femme plutôt simple et agréable. C’est une personne joviale, riant beaucoup, qui suit son chemin sans vouloir brûler les étapes et surtout sans obtenir plus qu’elle en a besoin. Elle n’est pas superficielle, pouvant se contenter du minimum. Longtemps durant sa vie, avoir un toit pour dormir et un repas lui suffisait (et s’il y avait de l’alcool alors c’était parfait), car elle errait avec une certaine insouciance, seulement poussée par son désir d’apprendre. Elle profite de la vie simplement dans ce qu’elle lui offre, car sa quête n’a jamais été pour obtenir la gloire et l’or, mais pour un enrichissement personnel. Sa quête de renommée n’est pas par égo, mais dans le fait d’être reconnue dans ce qu’elle fait, dans la Voie qu’elle a choisie et qu’elle façonne elle même. Cependant, si elle aime la vie, elle ne la prend pas à la légère et se montre assez dure à son sujet, car elle la juge précieuse et pleine de sens.

Malgré son histoire et ce qu’elle est devenue, elle reste une jeune femme avec ses sensibilités, émotions et faiblesses. Un rien peut la surprendre comme si chaque jour elle découvrait de nouvelles choses. De plus malgré ses talents, elle aime toujours pouvoir se reposer sur quelqu’un, alors qu’on pourrait la penser plutôt comme n’ayant besoin de personne. Ce qui en soit serait possible, car elle a prouvé sa capacité à se débrouiller seule. Mais elle a souvent besoin de ce sentiment rassurant, qui aussi l’amène à vouloir plaire et à être parfois félicitée. Malgré une vie solitaire dans laquelle elle s’est forgée seule, le sentiment procuré par le regard félicitant et admiratif des autres reste quelque chose d’humain. Si la gloire ne l‘intéresse pas, les félicitations la touche et elle devient faible quand on la flatte, peu habituée à l’être durant sa vie. Ceci l’amène de ce fait, du moins en partie à souvent trouver très vite plaisant certaines personnes, lui donnant une certaine naiveté.

Cependant dès qu’elle tire ses lames du fourreau, c’est une tout autre personne. Elle devient calme, extrêmement concentrée et redoutable par sa technique, son sens tactique, ainsi que la fougue qui sommeille en elle, qu’elle peut relâcher dans un coup à tout moment. Ainsi beaucoup disent d’elle ceci :

« Une fleur vibrante de tengen. Son épée atteint les hauteurs du néant. »

Car derrière cette jeune femme riante et parfois faible, se trouve le maître d’armes. Une personne ouverte d’esprit et motivée pour aller de l’avant, ayant des principes bien définis. Si elle a une affinité pour le combat, la simple victoire ne l’intéresse pas si elle ne s’en sort pas plus élevée. Elle préfère sans doute perdre en apprenant quelque chose dans un dernier souffle, qu’une victoire sans leçon. Elle est toujours en quête d’apprentissage et malgré le chemin qu’elle a effectué et l’héritage qu’elle a laissé derrière elle, elle reste encore souvent insatisfaite et cherche encore à s’élever. Ainsi elle est perfectionniste et ne cesse de vouloir encore progresser par son désir de toujours grandir.

En tant que fine lame, elle a sa fierté, mais elle la garde envers elle et non contre ses adversaires. Elle hait peu souvent les gens et ne les rabaisse pas, voyant dans leur comportement une autre Voie prise, qui n’est pas forcément la meilleure selon elle, mais qu’elle ne jugera pas bonne ou mauvaise. Elle ne juge pas, elle n’est pas la justice, mais n’en est pas dénuée de sens, car si sa Voie l’amène à atteindre le Vide ou le Néant, cela ne veut pas dire faire place nette sur les événements dans le monde. En dehors des duels, lorsqu’un sabreur, sort sa lame du fourreau, alors il fait un choix personnel, pour un parti, pour un seigneur et donc un choix de ce qu’il pense être juste. Se voit-elle juste pour autant ? Elle ne donnera jamais de réponse assurée. Comme tout guerrier, elle a ses regrets, des actes dont elle peut se questionner. Ce qui est suffisant pour ne pas pouvoir se clamer juste.

Le problème avec quelqu’un qui suit sa voie et des principes dont elle est fondatrice comme elle, est que malgré une fidélité, une loyauté déclarée, elle peut aller à l’encontre de volonté. Elle ne renoncera pas par honneur à ses principes, ni même à sa quête, peu importe les lois, les ordres et peut les bafouer. Ce côté rebelle que l’on peut lui attribuer reste cependant selon les circonstances. Musashi est une personne réfléchie et elle aurait de bonnes raisons de son point de vue d’agir ainsi. Un personne des plus fiables du moment qu’on la laisse poursuivre son chemin dans sa propre Voie, la laissant s’exprimer dans ce qu’elle est et non la pousser contre sa nature et ses principes.

HISTOIRE


Pour beaucoup la vie de Miyamoto Musashi est celle contée dans le roman de Eji Yoshikawa, qui porte bien son genre. Une version romancée de ce qui fut la vie de Musashi, bien que reposant sur quelques faits réels. Cependant la réalité est tout autre, car beaucoup de mystères tournent autour de la vie de Musashi, le maître ayant très peu parlé de sa vie dans ses écrits, l’essentiel à son sujet ayant donc été reporté par ceux qu’il a croisé, avec les déformations possibles.

C’est le 12 Mars 1584, bien que cette date soit incertaine que naquit Musashi, fille de Munisai Shinmen et Yoshiko Shigeharu. A l’époque, elle ne portait pas ce prénom, ni le nom de Miyamoto, mais celui de son grand-père, Shinmen. Quant à son prénom, on ignore lequel il était. Il est possible selon certaines rumeurs qu’elle eut un frère aîné, nommé Shirota, mais on n’en sait que peu sur lui et son existence reste incertaine. Elle ne connu guère sa mère, car ses parents se séparèrent juste après sa naissance. C’est Omasa, la seconde femme de Munisai qui s’occupa alors d’elle. Ils vivaient à Harima, chez le père de Munisai. Elle eut très vite un sabre en main, son père et son grand-père étant tous les deux escrimeurs. Aussi Munisai commença à lui enseigner dès qu’elle fut en âge et très vite, elle démontra des talents innés, ainsi qu’une certaine sagesse. Un jour il lui lança le défi de tuer un chat qui dormait paisiblement. Elle se mit en position et dégaina d’un coup d’un sec son sabre, fauchant avec sa lame, en poussant un « kiai ». Le chat réveillé en sursaut bondit sur lui-même et s’effondra. Munisai s’approcha de l’animal et constata qu’il n’y avait aucune goutte de sang. En prenant le pouls du chat, il se rendit compte qu’il était vivant et simplement inconscient. Le geste de sa fille fut précis au point de lui avoir coupé une moustache et de le faire évanouir, ce qui était impressionnant pour son âge. Cependant, elle n’avait pas fait ce dont il l’avait défiée.

- Pourquoi ne l’as tu pas tué ?
- On ne tue pas sans motif. Je n’avais pas envie de tuer ce petit chat. Même un chat errant a sa vie, qu’on ne supprime pas par plaisir. Je lui ai laissé la vie. Trancher au-delà de sa moustache eut été facile, mais ne m’eut rien apporté de plus.

Malgré la sagesse dont elle avait démontré être capable, elle avait un caractère indomptable. C’était une enfant turbulente, pleine d’énergie qui se moquait régulièrement de Munisai. Un jour, excédé alors qu’il taillait un cure-dent, il lui lança son couteau à la tête, mais elle l’esquiva. Furieux, Munisai lui renvoya et elle esquiva encore. Ne sachant plus quoi faire d’elle, il l’envoya chez son frère Dorinbo, qui était moine et propriétaire du monastère Shoreian du village voisin de Miyamoto. Munisai mourut en 1592 dans un duel, alors que sa fille avait sept ans. Au monastère, elle y apprit à lire et écrire, la peinture, le bouddhisme bien entendu et y continua d’apprendre les bases du katana. Bien qu’elle était une fille et malgré sa fine silhouette, elle était une force de la nature, dynamique, avec le sang des escrimeurs dans les veines. Son oncle ne put donc l’empêcher d’apprendre le sabre, pensant que cela la canaliserait un peu et qu’en devenant adolescente elle se tournerait vers d’autres horizons.

Cependant cela n’arrivait pas et après six années, en 1596, elle eut vent d’un défi, lancé par Arima Yoshibe. Surnommé Kihei, il était un grand maître lancier et avait défié toute personne qui voudrait l’affronter. Évidemment on essaya de dissuader la jeune fille, qui envoya tout de même une lettre à Kihei. Celui-ci accepta le défi et alla retrouver cet adversaire au nom qui lui était inconnu, sur un ancien champ de bataille. Il songea à une blague en découvrant qui était son adversaire, mais devant ses disciples, il n’eut d’autres choix que de la laisser relever le défi, car on aurait pu dire qu’il avait eu peur d’une fille et il ne pouvait se le permettre pour son honneur. Cependant il vit dans l’attitude de son adversaire  et dans ses yeux celui d’un fauve, d’une personne déterminée qui voulait véritablement en découdre. Mais il restait confiant, ne se voyant nullement perdre contre non seulement une fille, mais qui était presque une enfant à côté de lui.

La jeune fille ne laissa pas le temps à son adversaire et se rua sur lui. Kihei esquiva de justesse le coup de bokken qu’elle effectua, se rendant compte que cette jeune fille n’était pas sans talent. Après quelques passes il était évident pour lui que derrière son jeune âge et un manque d’expérience allant de pair, il y avait quelque chose d’innée en elle. Le combat tournait à l’avantage de Kihei, à cause de la portée de sa lance et de ses années de pratique et la jeune fille s’en rendit compte. Elle lança alors son bokken plus loin. Si Kihei en fut surpris, il comprit qu’elle voulait achever le duel au corps-à-corps. Étant loyal il accepta et ce fut son erreur. Libérée de son manque de portée, elle lui sauta dessus, le surprenant par la force qu’elle avait. Elle l’attrapa pour l’envoyer au sol et l’assomma. C’est ainsi qu’à treize ans, elle remporta son premier duel, ce qui lui valu le surnom de petit Tengu, sans réaliser qu’elle venait déjà de trouver un des principes qui figurerait dans ses écrits.

« La défaite peut survenir de la sous-estimation de son adversaire ».

___________________

Victorieuse, elle rentra à Miyamoto où elle ne fut guère accueillie en héroïne, pour les risques qu’elle avait pris, bien que sa prouesse avait impressionné. Les quatre années qui suivirent, elle ne quitta pas le monastère, poursuivant son apprentissage et son éducation. De ce qui concernait sa maîtrise du sabre, elle avait pu voir qu’elle ne lui avait pas suffit contre Kihei et devait donc s’améliorer. Un autre problème vint également à elle, lié à sa croissance. Par ses formes de femme naissantes, elle devait commencer et se préparer à réajuster ses gestes. Elle travailla dur pour cela et en 1599 elle releva le défi que le samurai Tadashima Akiyama lui fit, lorsqu’il vint à elle. Mais l’adolescente de seize ans qu’il trouva le terrassa sans difficulté.

En 1600 lorsque Toyotomi Hideyoshi dans sa quête d’unification du Japon appela aux armes, elle saisit l’occasion pour prendre plus d’expérience et à dix sept ans, elle rejoint ses troupes, entraînant d’autres jeunes gens de son village avec elle. Si elle désirait expérimenter plus combats dans une bataille et en tirer plus d’expérience, ainsi que de se faire un nom par des prouesses, la réalité fut bien plus dure que ce à quoi elle s’attendait. Elle se retrouva dans les troupes de Mitsunari Ishida, allié de Hideyoshi lors de la bataille de Sekigahara, devant affronter les forces du Daimyo Tokugawa Ieyasu. Elle se rendit compte très vite qu’elle n’était pas prête pour ce qui se déroulait. Un champ de bataille était un lieu d’une violence qui n’était en rien comparable à ce qu’elle avait pu imaginer. De plus, l’affrontement tourna en leur défaveur, quand le neveu de Hideyoshi, Kobayakawa Hideaki trahit son camp pour Tokugawa. Compte tenu du nombre de soldats qu’il avait à ses côtés, l’armée de Mitsunari Ishida subit un échec cuisant. Bon nombre de soldats restèrent sur le champ de bataille en agonisant, abandonnés sur le champ de bataille. Cette bataille fut surnommée Tenka wakeme no kassen, la bataille qui décida de l'avenir du pays, car elle marqua un tournant dans l’histoire du Japon. Hideyoshi fut tué peu après et l’époque Sengoku laissa place à l’époque Edo.

Cette bataille fut aussi un tournant pour l’adolescente qui fut gravement blessée et laissée où elle avait échoué comme les autres soldats abandonnés. Refusant de se faire seppuku, suite à une bataille qui n’avait eu aucun sens et dont elle n’en avait rien tiré, elle fit le mort le temps de pouvoir s’enfuir tant bien que mal de là, avec un des autres villageois de Miyamoto. Ils finirent par trouver refuge quelque part et furent soignés. Remise sur pieds, elle retourna seule à Miyamoto, son camarade resté en vie n’ayant pas voulu y retourner, trop honteux de ce qui c’était passé et y tournant le dos. Elle rentra le pied lourd, l’échec sur épaules, n’ayant rien appris de tout ceci. De plus sur son chemin, elle avait dû mettre à mal des patrouilles de soldats de Tokugawa, qui sillonnaient la région pour retrouver des officiers ennemis en fuite. Elle n’eut d’autres choix pour éviter d’être arrêtée et se faufiler jusqu’à aon village de les neutraliser, leur faisant connaître la sauvagerie et la brutalité dont elle était capable. Elle finit par atteindre son village, mais ne rentra pas chez elle plus forte, mais misérable et en plus recherchée. Aussi elle ne trouva pas un accueil compatissant, mais la colère, la haine des habitants et des anciens. Ils la désignèrent comme toujours aussi incontrôlable et enflammée, responsable du départ et de la mort de certains jeunes. Lorsque des soldats de Tokugawa qui étaient à ses trousses arrivèrent au village, elle fut dénoncée et s’enfuit.

___________________

Elle n’alla cependant pas bien loin car elle finit par se faire attraper et emprisonnée au château de Hejime. Cependant le seigneur des lieux, peut-être sous des conseils, ne voyait pas d’un bon œil d’emprisonner une jeune fille. Il ne savait pas non plus quoi en faire. Elle ne serait visiblement jamais une femme de son époque et elle avait un potentiel certain au vue de celle qu’elle avait fait aux soldats de Tokugawa. Cependant elle était comparable à une bête sauvage et emportée qui hurlait et tapait sur la porte de sa cellule durant des heures. Ainsi il décida qu’elle soit instruite afin que toute cette énergie et ce potentiel en elle ne soient pas perdus. Elle resterait enfermée au château et apprendrait la voie des guerriers, dans sa technique mais aussi dans l’esprit en lisant les plus grands écrits sur la guerre, la tactique, le combat, la philosophie de samurai. Elle y resta plusieurs années et y appris l’art de la guerre, mais aussi à mieux manier son bokken. Elle en sortie changée, plus mature, moins sauvage en tout temps. Elle avait tout pour devenir désormais quelqu’un d’important et on lui proposa un poste auprès du Daimyo, mais à la grande surprise du seigneur de Hejime, elle le déclina.

- En es-tu bien certaine ?
- Je vous remercie du fond du cœur pour ce que vous m’avez apporté, tant vous m’avez éclairée. Mais à la fois vous m’avez montré quelle serait ma voie et cela sera le musha shugyo, celle de l’illumination.
- Tu as donc bien changé, l’adolescente a laissé place à une jeune femme, mais aussi à un esprit plus éclairé, bien que dans son œil brille toujours cette vivacité et cette force. Je comprend et je respecte ta décision, mais si tu désires alors mener cette voie, alors tu dois délaisser tout ce que tu étais y compris ton nom. Tu m’as dis un jour venir de Miyamoto n’est-ce pas .

Elle acquiesça de la tête.

- Y aurait-il un prénom qui résonne en toi ?

Elle réfléchit.

- Mon père était escrimeur, on m’a rapporté que lorsqu'il rencontra ma mère, il disait qu'il désirait un garçon comme enfant et qu’il l’aurait appelé Takezo.
- Takezo dis-tu. Il n’existe aucun penchant féminin, cependant écrit avec différents kanji et il se prononce alors Musashi.

Elle sourit et s’inclina.

- Ainsi donc naît aujourd’hui Miyamoto Musashi. Je te souhaite bonne chance, longue et dure sera la voie que tu as choisi.
- Je vous remercie encore pour tout, sans vous, je ne serai sans doute encore qu’une personne menant une quête dont les fondements n'attendaient que de s'effondrer.

___________________

Partie de Hejime, Musashi se retrouva sur les routes avec une petite bourse qu’on lui avait donné pour débuter son périple. Un voyage qui s’annonçait difficile dans un pays en proie au changement. On trouvait des ronins dans chaque village, ces anciens samurai ayant perdu leur maîtres avec la chute de Hideyoshi. La vie de ronin ou de vagabond n’était pas facile, surtout pour une femme. Cependant elle sut rapidement tenir sa place. Ceux qui tentèrent d’un peu trop l’approcher et n’étant pas à son goût furent rapidement repoussés, découvrant la brutalité dont elle était capable. De plus la voie d’un mushashugyosha, du guerrier solitaire cherchant la perfection, qui consistait à ne se lier à aucune école, mais d’aller de maître en maître, d’école en école pour confronter ses techniques aux plus diverses n’était pas la plus facile. Mais Musashi était convaincue que c’était la voie qui lui correspondait.

Nous étions en 1604, date à laquelle on peut dire qu’elle commença a créer le Niten Ichi Ryu, qui sera son propre style. Elle avait décidé de se diriger vers Kyoto, où siégeait la famille Yoshioka. Leur art du sabre était réputé dans tout le pays et leur école ne désemplissait jamais. Il allait de soit pour Musashi de se mesurer à Seijiro leur chef, pour éprouver ses talents et apprendre de nouvelles techniques. Elle avait beaucoup pensé sur son chemin sur ce que serait son cheminement, s’arrêtant souvent dans des lieux reculés, montagneux, près de rivières pour s’exercer. Une légende dit à ce sujet que Musashi ne prit aucun bain durant sa vie, ne se lavant que dans les rivières, sources d’eaux chaudes et autres milieux naturels. Une quête de la maîtrise d’un style ne l’intéressait pas. Sa Voie était plus personnelle et donc elle devait créer son propre style et un qui dépasserait tous les autres, car elle voulait une certaines forme de pureté dans celui-ci.

Lorsqu’elle se présenta à l’école Yoshioka, ce fut sous les moqueries des élèves et un œil dédaigneux de Seijiro. En plus d’être une femme, ses propos étaient ceux d’une folle de vouloir créer un nouveau style, bien qu’ils reconnurent quand elle dit avoir pour maîtres les montagnes et les rivières, qu’elle avait une certaine sagesse. Seijiro accepta tout de même le défi pour lui donner une leçon, puisqu’elle en voulait une. Le défi se présentait comme inégal, car Seijiro utilisa son katana, alors que Musashi n’était armée que de son bokken. Mais il commit la même erreur que Kihei en la sous-estimant, au point que le combat fut bref. Musashi esquiva les premières attaques de Seijiro et lorsque son bokken s’abattit sur son bras il découvrit toute la férocité et la force brute de Musashi. Il en perdit son arme qui finit dans la main de la jeune femme et qui lui trancha le bras. Elle n’eut aucun remord à son geste envers cet homme qui ne l’avait pas traité comme égale.

Seijiro mourut rapidement suite à cette blessure et Musashi s’attira de ce fait la haine du clan entier, qui se sentait humilié par une défaite et la mort si rapide de leur chef. Denshichiro le frère de Seijira lança un nouveau défi à Musashi pour que le clan prenne sa revanche. Mais le duel fut encore plus bref que le premier. Musashi esquiva la lame de Denshichiro dès le premier coup et son bokken vint fracasser son crâne.

Matashihiro le plus jeune prit alors le relai et lui lança un troisième défi au Pin Parasol du temple de Ichijō-ji. Cependant il prit soin de tendre à Musashi un piège pour qu’elle ne ressorte pas de là vivante. Mais Musashi suspectait quelque chose et vint en avance pour le duel. A juste titre car les quatre-vingt élèves de l’école étaient là embusqués pour la tuer. La colère de la jeune femme explosa devant ce comportement et elle les attaqua en premier. Elle tua Matashihiro et une douzaine d’élèves de l’école avant de s’en aller, dans ce qui fut nommé par la suite le combat d'Ichijoji. Au cours du combat, elle utilisa pour la première fois deux sabres, une technique qu’elle commença à développer par la suite.

___________________

Le voyage initiatique de Musashi débuta véritablement après les événements de Kyoto. Si son nom commençait à être connu après cela, de son côté, elle n’était pas satisfaite. Certes elle avait défait tous ses adversaires, mais cette victoire ne lui apportait pas assez d’enseignements, elle sentait que quelque chose lui manquait.

Elle alla donc comme le voulait sa Voie d’école en école et de maîtres en maîtres. Elle se rendit à Nara où se trouvait le temple Kofuku-ji, célèbre pour son style à la lance du Hōzōin-ryū. Au temple, elle y croisa en arrivant Inshun, un ancien ayant reçut les enseignements du Hōzōin-ryū mais qui n’était pas son héritier. C’est Agon le meilleur disciple du style qu’elle affronta. Agon est une force brute qui terrassait tous les disciples avec force et violence. Musashi l’affronta et le combat fut des plus brefs. Après avoir esquivé Agon, elle le tua d’un seul coup à la tête. Inshun vint la trouver alors qu’elle allait repartir et il lui dit ceci :

- Tu dois apprendre à devenir faible.

Elle ne comprit pas ce qu’il voulait dire sur le moment, mais ces mots lui firent ressentir que malgré le fait qu’elle avait défait son adversaire, ce combat était un échec. Ce n’est que plus tard quand sa route croisa celle de Shekishusai, un grand maître renommé, mais retiré, qu’elle comprit. Alors qu’elle cherchait à rencontrer cet homme inaccessible, le hasard fit qu’elle eut dans ses mains une pivoine qu’il avait coupé. Si la plupart des yeux ne virent qu’une fleur coupée, Musashi en nota la finesse de la coupure et donc du geste pour la trancher de sa tige. Cela lui rappela lorsqu’elle avait coupé la moustache de ce chat lorsqu’elle était enfant et les paroles de Inshun. Elle réalisa que devenir plus faible signifiait de moins se reposer sur sa force mais plus sur son geste. Elle devait le travailler pour le rendre le mieux exécuté et le plus précis possible, sa force l’accompagnant.

Elle poursuivit son voyage, ses destinations s’établissant selon le point qu’elle cherchait à développer ou celui qu’elle voulait éprouver après s’être exercée. Elle menait une vie autant de celle d’une vagabonde que d’un mushashugyosha. Elle n’avait guère d’argent sur elle, mais se contentait de ce qu’elle avait. Du moment qu’elle pouvait avoir un toit au-dessus de la tête, de quoi se rassasier, ce qui lui permettait de poursuivre sa voie, alors cela lui convenait. Ses jours étaient le plus souvent solitaires, car elle n’avait guère d’opportunités de se rapprocher de personnes. Les hommes la dédaignaient parc ce qu’elle était ou par la voie qu’elle avait choisie,  quand ils ne voulaient pas profiter d’elle. Elle les ignorait la plupart du temps ou les repoussaient si nécessaire. De ce fait elle se rapprocha un peu plus de femmes, quand elle recherchait de la compagnie, mais elle ne s’autorisa pas de distractions frivoles, jugeant que son esprit ne pourrait être assez fort si elle le laissait dériver par de telles activités.

Cette recherche spirituelle accompagnant sa quête martiale, la ramena dans la région de Kyoto au Kintano Tenmagu dédié à Tenman Dai-Jizai Tenjin dont le nom signifie la divinité céleste du grand pouvoir remplissant le ciel. La légende racontait que le temple fut construit pour apaiser ce dieu dont la sauvagerie n’entraînait que la mort. Musashi y resta quelques temps pour en étudier les préceptes, ce dieu lui correspondant parfaitement. Comme lui, elle était une âme dont la fougue devait être apaisée pour devenir une force maîtrisée, par la sagesse, par un esprit vif et clairvoyant. Ainsi elle ressortit de ce qui fut un pèlerinage avec les principes pour se maîtriser, sous le regard de Tenman Dai-Jizai Tenjin qui était devenu en quelque sorte un de ses maîtres à penser, la croyance populaire, le désignant de ce fait comme son dieu protecteur. Elle n’était cependant pas une fervente pratiquante, son expérience déjà acquise lui ayant montré qu’en grande partie elle devait compter avant tout sur elle, plus que sur des interventions divines. Elle disait d’ailleurs ceci :

« Respecte Bouddha et les dieux sans compter sur leur aide ».

___________________

La suite de son histoire est par moment assez obscure. On sait qu’elle a remporté au fil de sa vie soixante duels, mais elle ne mentionna dans ses écrits que Kihei directement, ne faisant même pas allusion aux autres. On connaît donc les autres par d’autres récits et histoires rapportés, rendant donc leurs dates et enchaînements parfois approximatifs ou incertains.

Le premier adversaire connu qu’elle affronta fut Shishido Baiken, le maître en kusarigama (des chaînes liées à des kama) en 1607. On en sait guère sur le déroulement du combat, mais elle sortit victorieuse de ce duel contre un adversaire au style bien particulier. L’adversaire qu’elle rencontra par la suite était Muso Gonnosuke. Du moins qu’elle retrouva en 1608, car elle l’avait déjà affronté en 1605 à Akashi dans la province de Harima. Lors de cette rencontre, elle l’avait battu dans un combat qui fut bref, utilisant sa technique jujidome consistant à un blocage en croix avec ses deux sabres. Si elle n’avait que peu appris de cette rencontre, Muso Gonnosuke en avait lui tiré des leçons. Il se retira sur le mont Honman situé dans le Kyushu et réduit son jo (un bâton de combat) qui mesurait un mètre quatre-vingt à un mètre trente. Ainsi, il serait plus apte face à des katana. Il s’entraîna durement, combinant le maniement du Jo à ceux de la lance, du katana et du naginata. Certaines légendes disent qu’il aurait également reçu quelques enseignements mystiques, par un enfant qu’il aurait eu en vision, lui disant de viser le plexus avec un bâton rond. Lorsqu’il rencontra de nouveau Musashi, il parvint grâce à son style novateur à toucher Musashi au niveau du plexus. Il ne chercha pas à lui causer plus de mal, son but n’étant pas de vaincre son adversaire mais seulement éprouver sa technique.

Alors que cette défaite serait la seule qu’elle connaîtrait, Musashi ne la perçut pas ainsi, car elle s’en sentit grandie. Ce style novateur l’avait surprise, entraînant son échec, mais lui avait montré une de ses failles et dans son style. Elle en tira comme avec Kihei une leçon qui serait dans ses écrits, qu’il fallait savoir surprendre son adversaire, ne jamais le laisser s’habituer à vos gestes et à vos techniques. Elle vit également en Muso Gonnosuke un chemin similaire au siens, celui de quelqu’un qui voulait créer son propre style et innover dans les arts martiaux. Muso Gonnosuke ira d’ailleurs jusqu’au bout de sa démarche en créant par la suite le Jo-Jutsu et son école Shintō Musō-ryū.

Elle alla ensuite trouver Nagatsune Hachiemon, un maître lancier au service du Daimyo Tokugawa Yoshinao, le neuvième fils de Tokugawa Ieyasu. Musashi se présenta à lui pour le défier et il commencèrent par discuter. Ils en déduisirent très vite après quelques échanges qu’un affrontement ne leur apporterait rien. Al place, Nagatsune Hachiemon proposa à Musashi d’affronter son fils au jeu de go, auquel il excellait. La jeune femme accepta, y voyant un enrichissement tout aussi intéressant. Dès le début de la partie, elle constata que le fils de Nagatsune Hachiemon était en effet très doué à ce jeu pour son âge. La partie était des plus concentrée, mais soudait Musashi cria :

- N’essaie même pas !

Sans même lever la tête du plateau du jeu, elle avait perçu Nagatsune Hachiemon, qui s’était faufilé derrière elle, pour l’assassiner dans le dos avec sa lance. Le maître d’arme venait de révéler de ce fait que ses paroles n’avaient eu pour but que d’échapper à un duel qu’il ne pensait pas remporter. En la tuant ainsi, peut-être serait-il allé jusqu’à falsifier les faits, pour prétendre l’avoir terrassée à la loyale, le nom de Miyamoto Musashi n’étant déjà plus celui d’une inconnue.

Musashi se replongea dans la parti de go à la surprise de Nagatsune Hachiemon et de son fils, qui s’étaient attendus à ce qu’elle les tue. Nagatsune Hachiemon réalisa en voyant cela qu’il n’avait aucune chance contre elle et ne dit rien, son silence faisant aveu de défaite. Son fils perdit également, car Musashi remporta la partie de go. Elle repartit ainsi de chez Nagatsune Hachiemon avec deux victoires.

Ses expériences passées lui avaient appris que si elle devait canaliser sa ferveur, son esprit devait aussi être des plus concentré pour ressentir parfaitement les choses et ainsi ne faire qu’un avec son environnement et pouvoir aborder toutes les situations avec clarté. Si elle s’était entraînée durement pour cela et avait déjà atteint un niveau peu commun, elle n’était pas encore satisfaite et désirait atteindre donc une concentration absolue, qui lui permettrait donc de rendre meilleurs ses décisions et ses gestes plus efficaces. Aussi elle alla en 1611 étudier le zazen, une discipline chinoise bouddhique de méditation. Elle avait depuis longtemps commencé à s’exercer sur cela, souvent en pleine nature, mais étudier cette pratique l’aiderait fortement. Le zazen justement reposait sur la nature et ses éléments et lui permettrait de donner plus de technicité à sa mise en concentration.

Au cours de son apprentissage, elle rencontra le seigneur Nagaoka, un jour où il cherchait le bambou le plus solide pour une hampe de drapeau. Il demanda à Musashi de l’aider et pour choisir le bon bambou. Musashi lui demanda alors de lui apporter tous les bambous qu’il avait et Nagaoka lui en apporta une centaine. Elle les lança (ou les fit lancer) en l’air et bondit en effectuant une taille rapide, les coupant tous, sauf un. Elle donna ce dernier à Nagaoka, qui était le plus solide ayant résisté à son coup. Après cela, Nagaoka lui proposa un duel contre un certain Sasaki Kojiro, un escrimeur de renom.

___________________

C’est à l’âge de vingt-neuf ans que suite à la proposition du seigneur Nagaoka, Musashi exprima son désir de rencontre Sasaki Kojiro . Nous étions le 13 Avril 1612, quand se déroula ce qui est sans doute son plus grand duel, mais aussi le plus controversé. Musashi se rendit sur l’île de Funajima pour se mesurer à ce nouvel adversaire. Sasaki Kojiro dit Gan-ryû du clan Mori, était un grand escrimeur, connu pour manier un O-dachi, sabre à longue lame. Certains récits disent que ce n’était pas le véritable Sasaki Kojiro, mais un imposteur. Les choses restent floues, Musashi n’ayant cité quasiment aucun de ses adversaires dans ses écrits. Néanmoins, il est certain que ce duel ait eu lieu et que son adversaire se soit présenté sous ce nom.

C’est sur la plage de Mukaijama que Musashi affronta Sasaki Kojiro, dont la technique tsubame-gaeshi (le tonneau de l’hirondelle), pouvait trancher un oiseau en plein vol avec une grande dextérité et précision. Le combat s’annonçait comme un des plus grands car Musashi avait atteint un niveau exceptionnel dans son style et Kojiro possédait un très grand niveau de maîtrise et restait encore sans défaite. Cependant, lorsqu’elle regarda Kojiro retirer sa lame de son fourreau, le jetant au sol, elle sut de suite que par la maîtrise de la distance et sa technique à deux sabres, elle surpasserait la vitesse de Kojiro. Il était aussi évident que par son attitude Kojiro ne pensait pas remporter le duel.

- Tu as perdu, Kojiro. Comment un vainqueur pourrait-il jeter le fourreau de son sabre ? Tu es donc sûr qu’il ne te servira pas …

Face à cela, Musashi délaissa ses lames pour son bokken. Certains récits disent qu’elle prit la lame de son bateau. Kojiro affecté par les mots qu’elle avait prononcé et son attitude se prépara à attaquer et passa à l’assault. Cependant Kojiro était mal placé, le soleil était en face de lui, Musashi étant arrivée assez tardivement volontairement pour cela. C’était une chose basique et essentielle dans un combat, qu’elle intégra dans ses écrits.

« Dans le combat, cherche à placer le soleil derrière toi ou à ta droite ».

Elle vit la lame de Kojiro se diriger vers son visage, avec un geste des plus précis et une vitesse, que l’on aurait dit qu’il allait fendre en deux l’air. Mais l’effet du soleil sur Kojiro suffit pour affecter assez son geste pour qu’elle puisse esquiver de justesse. Cependant la lame en avait coupé sa coiffe, ses cheveux retombant sur ses épaules.

La lame de Kojiro finit sa course vers le sol, qu’elle érafla et il se préparait déjà au prochain coup, sentant la victoire approcher.

« Toute chose possède un rythme. Vaincre revient à percevoir le rythme de l’adversaire tout en travaillant soi-même sur des rythmes qui vont le dérouter ».

Musashi dit cela dans ses écrits et cela s’apprêtait très bien à la situation. Tout enchaînement avait son début, ses étapes, ses cadences et leur fin. Cela était d’autant plus valable pour Kojiro, dont la lame par sa longueur lui imposait un rythme bien plus cadencé. Musashi fonça sur lui pour le frapper à la tête et Kojiro utilisa tsubame-gaeshi. Cependant Musashi utilisa la technique du vol du démon de Tsukahara Bokuden. Elle consistait à bondir vers le haut tout en frappant vers le torse. Ainsi elle esquiva la technique de Kojiro, seul le bas de son kimono ayant été tranché et elle le frappa à la poitrine.

Si Kojiro avait esquivé son premier coup, il prit de plein fouet le second, au point que Musashi lui en brisa les côtes. Il s’effondra les poumons touchés et mourut sur le coup. Malgré la vitesse de la technique de Kojiro, Musashi avait su la surpasser et avait prouvé être au somme de son art.

« La rapidité dans la tactique n’est certes pas la véritable Voie. Elle apparaît presque lente, la technique de celui qui est devenu habile dans son art ».

Dans le Go Rin no Sho, elle écrira plus tard cette phrase, pouvant être reliée à ce qui s’était passé. Néanmoins malgré ce combat qui sembla être sans défi pour elle, Musashi garda en Kojiro le souvenir d’un adversaire exceptionnel, qu’elle regretta d’avoir tué. Ce duel fut son dernier, Musashi estimant qu’à présent elle n’avait plus rien à prouver, mais surtout qu’il était temps pour elle, sans se détourner de sa voie, de la poursuivre autrement que par des duels.

___________________

C’est dans la guerre en 1614 qu’elle trouva une nouvelle place aux côtés des Toyotomi, qui étaient accusés par Ieyasu Tokugawa de menacer le régime. Musashi participa à plusieurs batailles et on dit même qu’elle affronta Ieyasu Tokugawa, qui était alors à un âge avancé et avec une santé fragile. On ignore les détails, mais Musashi ne tua pas Ieyasu et entra même dans ses bonnes grâces. Ce qui ne plut guère à certains, mais elle s’en moquait. Musashi suivait avant tout sa voie. On peut supposer qu’elle n’avait pas voulu vaincre un vieil homme malade, ce qui était pour elle un combat sans intérêt et sans honneur.

La guerre finit en 1615 et elle entra au service de Ogasawara Tadanao, qui l’invita à Harima au château Akashi. Fait pouvant paraître étonnant, elle y servit en tant que superviseur des constructions, y gagnant des connaissances dans le domaine. Elle aida donc à la construction du château Akashi, puis en 1621 à l’organisation de la cité de Himeji. Elle ne délaissa pas pour autant les arts du sabre et continua de s’exercer tous les jours et apprit l’art du shuriken. Bien qu’elle avait choisi une vie de solitaire et tenant à l’écart certaines frivolités, elle adopta à cette époque Miyamoto Mikinosuke. Elle restait une femme, qui à défaut de donner la vie par la Voie qu’elle avait choisi, avait aussi cette envie d’élever et de transmettre une partie de son savoir à plus proche que des disciples, qu’elle aurait plus tard.

A Himeji elle ouvrit un dojo, dont l’enseignement reposait sur le Enmei-ryu, un écrit de technique de sabre qu’elle avait écrit en 1606. Sur le devant elle y afficha « Miyamoto Musashi, la première adepte du sabre du Japon ». Honda Tadamasa , le gouverneur de la région fut furieux en voyant cela et envoya son vassal Miyake Gunbei, pour lui montrer qu’elle n’était pas la meilleure. Musashi eut une heure de retard pour venir au rendez-vous, ce qui attisa la colère de Miyake, qu’une personne sans manière et sans seigneur fasse attendre un vassal.

- Si j’avais été informée que le but de votre visite était de nous mesurer les uns contre les autres dans un combat, je serai venue plus vite. Seulement j’étais au milieu d’une partie de Go avec des invités. Voulez-vous venir dehors dans le jardin ? Je vous laisserai le choix des armes, autant une véritable épée qu’un sabre de bois, comme vous préférez.

Bien qu’en colère, Miyake se rappela des ordres de son seigneur qui voulait seulement donner une leçon à Musashi et non la tuer. Miyake prit un bambou dont il tailla le bout en pointe dans le jardin, alors que Musashi utilisa son bokken. Le combat fut bref et Miyake ne put que constater le talent de Musashi. Il rapporta cela à  Honda Tadamasa qui reconnu alors que le titre de Musashi n’était pas usurpé. Son dojo fut ainsi maintenu et il compta plusieurs disciples.

En 1622, Mikinosuke devint un vassal de Himeji et un an plus tard, suite à cela, Musashi repartit en voyage, une sorte de passation ayant été faite à Himeji. Au cours de son nouveau voyage, elle rencontra Hayashi Razan, un homme éminent, philosophe du Confucian, un mouvement théologique et philosophie chinois, qui fut Shogun de quatre Tokugawa. Elle devint amie avec lui et comme elle présentait pouvoir apprendre beaucoup de cet homme, elle demanda pour rejoindre Ono Jiroemon Tadaaki et Yagyu Munenori comme maître d’escrime du shogun. Mais l’administration des Tokugawa lui refusa, n’oubliant pas qu’elle avait combattu pour les Toyotomi. Elle repartit en direction de Oshu où elle adopta Miyamoto Iori. Elle voyagea ensuite avec lui jusqu’à Osaka.

Quatre ans plus tard, en 1926, elle apprit la mort de Mikinosuke qui se fit seppuku à la mort de son seigneur. Malgré la peine qu’elle eut, Musashi respecta le choix de son fils adoptif qui avait choisi de suivre son seigneur jusqu’au bout. Elle continua son voyage avec Iori et elle entra au service du Daimyo Hosokawa Tadatoshi au Château Kumamoto, qui s’y était retiré pour étudier et peindre. Depuis longtemps, déjà lorsqu’elle était à Miyamoto, Musashi avait toujours été intéressée et admirative par les artisanats et les artistes. Il lui était souvent arrivée de s’arrêter pour les observer et admirer leurs talents. A l’époque où elle cherchait à améliorer son geste, elle avait régulièrement cherché un parallèle avec le maniement du sabre, car comme lui les artisanats demandaient finesse et précision. Comme à ses débuts elle avait encore cette férocité et cette brutalité dans ses gestes, elle ne s’y était jamais essayé, se voyant échouer en réalisant des œuvres grossières, mais après ses années d’expériences et son contrôle acquis, elle profita d’être aux côtés de ce Daimyo pour s’y consacrer. Aussi si elle passa du temps à enseigner ses propres savoirs, elle consacra aussi beaucoup de temps à  peindre, à aménager et entretenir des jardins. Après huit ans de ce passage plus artistique de sa vie, elle s’en alla et en 1634, elle partit au château de Kokura, toujours avec Iori et il s’y installèrent. Elle y rencontra le Daimyo Ogasawara Tadazane et entra à son service. Il organisa quelques rencontres pour elle, comme avec le maître lancier Takada Matabei.

Elle retrouva peu après Hosokawa Tadatoshi en 1637, en participant à l’opposition contre rébellion de Shimabara menée par Amakusa Shiro. La construction du château de Shimabara avait entraîné une hausse des taxes élevée et les religieux locaux persécutaient les catholiques présents. Cela entraîna la colère des habitants qui se soulevèrent, comptant de nombreux ronins dans leurs rangs. Musashi servit comme conseillère de Hosokawa Tadatoshi. Elle le fit plus par contrainte et par ses liens avec le Daimyo que de son propre chef. Cela n’aurait été que d’elle, elle aurait évité ce conflit, qui n’avait que peu de sens pour elle et y participer est l’un de ses regrets. Cependant elle assume le fait d’avoir dégainé sa lame et non d’avoir démissionné, mais cela fait partie des passages de sa vie qui font qu’elle ne se clamera jamais juste.

De ce fait, elle participa durant ce conflit au siège du château de Hara en 1638. Iori y combattit également et il se distingua, la rendant fière de lui, par ses prouesses tactiques et en combat. Il monta les échelon, jusqu’à obtenir le titre de Karo, un équivalent de ministre. Bien que Musashi tua un certain nombre de rebelles, elle ne réalisa pas de grands exploits. Elle ne participa pas d’ailleurs jusqu’à la fin du siège, car alors qu’elle servait d’éclaireur, elle fut blessée par un jet de rocher qui l’éjecta de son cheval.
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Mar 2 Oct - 19:40

HISTOIRE (SUITE)



Toujours aussi solide, Musashi se remit de cette blessure. Hosokawa et Ogasawara lui apportèrent un grand soutien auprès des Tokugawa pour qui elle restait mal vue, toujours à cause de son combat au côté des Toyotomi. Ainsi le 1640, elle put grâce à leurs appuis entrer officiellement au service de Hosokawa Tadatoshi en tant qu’instructrice. Ce poste et ses liens avec les Tokugawa plus apaisés lui permirent d’acquérir ses Masamune. La famille d’Ieyasu était connue pour apprécier les lames du forgeron légendaire et celles fabriquées dans son style, ayant même en grand partie la main mise sur elles à l’époque. Musashi put ainsi y avoir accès.

Élevée dans les hauts rangs de la famille régnant sur le pays, sa réputation n’étant plus à faire et ses talents reconnus, elle acquit le titre de Kensei, de lame sainte, ce qui pouvait être rare de le recevoir de son vivant. En 1640, elle décida de faire de ses disciples Terao Magonojo et son jeune frère Terao Motomenosuke, ainsi que de Furuhashi Sozaemon, ses trois successeurs dans le Niten Ichi Ryu. Un an plus tard, en 1641, elle écrivit le Hyoho Sanju-go, qui contenait trente-cinq instructions sur la stratégie.

Malgré le fait qu’elle était une force de la nature, en 1642 sa santé déclina. Elle qui n’avait jamais été malade subit une attaque névralgique. Elle sentait que sa fin approchait et qu’il étant temps pour elle de préparer la transmission de son savoir et de son expérience. Cela l’amena un an après à se retirer au mont Iwato où elle s’installa dans grotte de Reigandô, du Roc-esprit, pour y vivre comme ermite. Ainsi en 1643, elle commença à rédiger le Go Rin no Sho, The Book of the Five Rings.

Comme son art consistait à ne faire qu’un avec son environnement, être en communion avec les éléments et faire le vide en soi, elle décida de le diviser en cinq parties, une par élément et une dernière sur le Vide. L’ouvrage se devait contenir tous ses principes, ceux constituant son style du Niten Ichi Ryu. Il ne s’agissait pas d’une biographie aussi elle n’y inclut pas ses expériences mais seulement ce qu’elle en tira. Il ne s’agissait pas non plus à travers ce livre d‘apprendre comment combattre, bien qu’elle y indiqua des techniques précises, mais plus transmettre toute une philosophie sur une manière de vivre et d’appréhender le monde en tant qu’escrimeur.

Ainsi dans la Terre, Musashi expliqua qu’un samurai se devait de connaître l’art de la guerre, mais aussi les lettres. Il se doit de rechercher la supériorité contre tout adversaire et Musashi détermina  quatre façons de vivres : paysans, artisans, commerçants, samurai. Disant que chacun avait ses outils et son habileté, elle compara celle d’un samurai à celle d’un charpentier, nécessitant de bons appuis, de la stabilité, une force maîtrisée. Dans des aspects plus techniques, elle expliqua qu’il fallait manier le sabre à une main, pour conserver son autre main pour son équilibre à pied ou à cheval ou avec un sabre dans chaque main. Cependant elle mit aussi en avant que la volonté de vaincre était la plus grand arme. Elle lista ensuite ses grands principes pour que le lecteur ne fasse pas fausse route dans la Voie dès le départ. Ses principes se basait sur la concentration, dans l’observation, écarter ce qui pouvait troubler, mais aussi l’ouverture d’esprit, pour la connaissance.

« Éviter toute pensée perverse,
Se forger dans la Voie en pratiquant soi-même et non par le jeu des idées,
Embrasser tous les arts.
Connaître la Voie de chaque métier et non se borner à celui que l’on exerce.
Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.
En toutes choses s’habituer au jugement intuitif.
Connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas.
Prêter attention aux moindres détails.
Ne rien faire d’inutile. »

Dans l’Eau, Musashi revint sur la tactique et l’ouverture d’esprit. Elle y indiqua qu’il ne fallait pas rester étroit d’esprit, mais laisser son esprit indécelable. Elle donna également des indications générales sur la position du corps, du regard, sur le maniement du sabre, sur comment porter ses coups.

Ces écrits plus sur le combat lui servirent de transition pour le Feu où elle parla plus de combat. Elle y parla de la connaissance des lieux, pour utiliser l’environnement à son profit, sur le fait de toujours prendre l’initiative sur l’adversaire et ne jamais lui laisser le temps de calculer une stratégie. L’empêcher, ne jamais lui laisser le temps de mener une seconde attaquer. Des principes qui firent la réputation et les victoires toujours très rapides de Musashi.

« Si votre adversaire et vous-même êtes proches l’un de l’autre et que votre résistance mutuelle est très forte, que vous trouvez que rien ne marche bien, enchevêtrez-vous avec votre adversaire et pendant cet enchevêtrement sachez saisir une occasion avantageuse et enlevez la victoire. »

Vint alors le moment pour elle dans le Vent d’évoquer les autres écoles, sans les nommer et les juger, car ses écrits se voulaient comme un guide, des conseils et non jugement. Ainsi elle passa en revue leurs points forts et leurs points faibles, amenant à les répudier au profit du Niten Ichi Ryu qui les surpassait. Ainsi elle évoqua que le sabre long était problématique dans des espaces réduits, mais le court pouvait entraîner des combats brouillons. Elle évoqua ce qui fut une de ses plus grandes leçons à ses débuts, que manier le sabre avec force n’avait pas de sens sans le geste, mais que la rapidité seule n’était pas non plus une solution, si le sabre ne tranchait pas. Elle évoqua de nouveau la concentration de l’escrimeur et la tactique à imposer à l’adversaire.

« Dans la tactique de notre école, il faut garder le corps et l’esprit tout droit, mais faire biaiser et dévier l’adversaire. Puis il est important d’enlever la victoire en découvrant le moment où l’esprit de l’adversaire biaise et dévie. »

« Atteindre à la vertu par l’esprit c’est là l’essence de la tactique ».

Elle conclut ensuite son ouvrage avec le Vide où elle expliqua tous les principes de vacuité, de recherche d’un idéal de concentration et d’absolu.

« Dans le « Vide » il y a le bien et non le mal. L’intelligence est « être ». Les principes (avantages) sont « être ». Les voies sont « être ». Mais l’esprit est « Vide ».

___________________

Nous étions en début de 1645 quand Musashi acheva l’écriture du Go Rin no Sho et elle sentait de plus en plus sa fin approcher. Elle remit son ouvrage à Terao Magonojo, qui était son élève favori pour sa technique, bien qu’elle jugeait chez lui un manque de tactique. Son frère Terao Motomenosuke de son côté reçut le Hyoho Sanju-go. Quant à Furuhashi Sozaemon, que Musashi jugeait comme l’inverse de Magonojo, doué pour la tactique mais moins pour le technique, on lui fit une copie du Go Rin no Sho qui fut nommée le Ihon go rin no sho. Cette copie devint par la suite la version la plus répandue, car sous les ordres de Musashi, Terao Magonojo brûla l’original. Musashi dans ses principes d’apprentissage, voulait certainement que le son livre montre la Voie pour expérimenter et apprendre par soi, conservant un esprit d’ouverture, plutôt que de devenir une référence à suivre à la lettre, refermant l’esprit.

Quelques mois plus tard, Musashi rédigea un dernier texte, le Dokkodo, listant quelques principes bouddhistes à suivre. Le 13 Juin 1645, bien que malade, elle mourut paisiblement. Elle fut enterrée avec ses armes au village de Yuge, près de la route menant au mont Iwato où elle avait rédigé le Go Rin no Sho.

Bien que Terao Magonojo était successeur désigné de Musashi, il ne voulu pas prendre ce rôle et renvoya ce qu’il avait reçut de Musashi à Miyamoto Iori, le fils adoptif de Musashi. Mais celui-ci ne se jugeait pas à la hauteur de ce rôle, voyant les disciples de Musashi bien mieux placés.

- Je peux être l'héritier du nom et l'honneur du guerrier de Musashi, mais je ne peux pas assumer la succession de son école. Je souhaite que vous, à qui Musashi a transmis son art, lui succédiez. Soyez assez aimable pour l'accepter.

Terao Motomenosuke, qui avait reçut de Musashi deux de ses lames accepta alors ce rôle et transmis le savoir qu’il avait reçut à ses disciples. Ce savoir se transmit à travers un rouleau de parchemin avec le nom du maitre inscrit dessus, listant des noms de techniques et une approche globale du Niten Ichi Ryu et le bokken de Musashi. De son côté, Furuhashi Sozaemon contribua largement à la notoriété de Musashi et de ses écrits, car sa copie Go Rin no Sho était bien plus accessible que l’original, par une écriture aux traits plus communs que celle de Musashi.

Neuf ans plus tard, Miyamoto Iori fit ériger un monument en l’honneur de Musashi à Kokura où il avait vécu un temps avec elle. Depuis le style de Musashi se transmet avec le temps, ayant connu parfois quelques troubles dans les successions, mais reste encore aujourd’hui une référence en la matière.

A PROPOS DE VOUS


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