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Jeu 25 Mai - 3:10

Olgierd Kowalczyk

Age : 278 ans en tant qu'Apôtre de la Mort, la trentaine physiquement
Nationalité : Polonais
Organisation : Clan de l'Artiste
Fonction : Serviteur de l'Artiste, Ancien chef de la famille Kowalczyk
Langues: Polonais, Anglais, Russe, Allemand, Français.



Olgierd von Everec: The Witcher III
(artiste: Soldagarius)

CARACTÉRISTIQUES

Type : Surnatural
Classe : Dead Apostle Magus
Alignement: Neutre Mauvais

Statistiques :
STR : B
END : C
AGI : B
MAG : B
LCK : B



CAPACITÉ(S) DE CLASSE

Element Mastery [Rang C] :

Maîtrise d’un ou plusieurs éléments. Confère les sorts Workshop, Memory Erasure et Safe Zone (non-inclus dans le nombre maximal de sort du personnage) si le mage a eu une instruction minimale en magie. Maîtrise des éléments Feu et Démoniaque.


Ghoulish Blood [Rang C] :

Permet à un DA de mordre un individu pendant un tour et de récupérer. Si la morsure dure jusqu’à la mort de la cible elle est  transformée en DA, goule ou zombie (sauf servants). De plus il bénéficie en combat d’une régénération.

EQUIPEMENT

krajalnica [rang A] :

Krajalnica est un sabre à la lame courbée qui est le trésor familial dans l'ancienne famille des Kowalczyk. Il s'était transmis de génération en génération pendant deux cent ans jusqu'à la fin de la maison Kowalczyk. Lorsque le grand drame est arrivé, le sabre appartenait à Olgierd, en tant que chef de famille, il a donc jugé naturel de le récupérer, après être "ressuscité" en Apôtre de la Mort. La poignée du sabre est magnifiquement ornée et possède les armoiries de la famille. Mais en dehors de la beauté de l'arme, Krajalnica possède un pouvoir formidable.
En effet, la lame a été enchantée avec l'essence même de pouvoir tout trancher. De ce fait, elle peut couper à travers toute matière comme dans du beurre, et se joue des armures avec la plus effrayante des facilités. Cela fait donc de Krajalnica un sabre imparable, puisque toute lame non magique sera tranchée au même titre que n'importe quoi. Les matériaux possédant de la magie en eux sont capable de contrer le pouvoir, et la lame se comporte alors  contre eux comme une lame normale, mais toutefois d'excellente qualité.
A noter que le fourreau a été enchanté très légèrement simplement afin de pouvoir ranger le sabre sans problème. Il n'a aucun pouvoir.

=> Peut trancher n'importe quoi et ne prend pas en compte les armures, sauf si magiques.



Dague :

Cette dague est parfaitement normale, si l'on oublie le fait qu'elle est sans doute trop décorée pour être une dague de personne ordinaire. Olgierd la garde toujours cachée sous son épaisse ceinture, au cas où.


Pistolet à platine :

Un seul. C'est le nombre de coups qu'il est possible de tirer avec cette arme, avant d'avoir à la recharger, il ne faut donc pas louper son tir. Cela fait donc de cette arme plus un objet esthétique qu'autre chose, le canon et la crosse étant bien évidement gravés et ornés avec les armoiries de la famille. Le canon est la plupart du temps coincé sous la ceinture, au flanc d'Olgierd, la crosse dépassant, rendant l'arme facile d'accès.


Pipe en bois:

Cet objet n'a certes aucune valeur en tant qu'arme mais il n'en n'est pas moins précieux aux yeux d'Olgierd. Cette vieille pipe le suite depuis ses vingts ans, âge auquel elle lui fut offerte par son père en signe de reconnaissance de son état "d'adulte". Ayant survécu aux flammes de l'incendie du manoir, et à l'usure du temps, presque quatre-cent ans plus tard, cette pipe est toujours en parfait état, laissant apparaître ses gravures magnifiques qui l'ornent. Olgierd apprécie grandement de fumer dans cette pipe et ne s'en prive pas. Il la considère d'ailleurs comme l'un de ces deux plus précieux trésors, avec son sabre, et pour être sûr de ne pas l'abîmer, il la range précieusement à l'intérieur de son kaftan.  


SORTS

Szukać [Démoniaque - Soutien - Rang A] :

Ce sort a été développé par Olgierd afin de répondre à ses besoins, alors que cela n'avait à la base aucun rapport avec son domaine de prédilection. En effet, se voyant de plus en plus souvent confié la tâche d'éliminer des gêneurs ou des indésirables pour le compte de l'Artiste, il a voulu rentabiliser le temps qu'il mettait à chercher ses "cibles". Être un Apôtre de la Mort confère le superbe avantage d'avoir beaucoup de temps pour étudier, notamment des domaines de magie dans lesquels on n'est très versé.
Ce sort, bien que coûteux, est extrêmement utile. Il permet à Olgierd de "sentir" la localisation d'une personne qu'il a déjà rencontré, ou bien dont il connait le visage et l'identité. Ce "ressentit" de la présence se traduit par une sorte de sixième sens, d'intuition quant à la localisation, qui dure jusqu'à une heure. Plus la cible est lointaine, plus la localisation est vague, pouvant aller jusqu'à la taille d'un pays, voir d'un continent. Mais en se rapprochant progressivement de la zone, il peut être certain de finir par avoir la localisation précise.

=> Inrp, permet de suivre à la trace une personne déjà rencontrée ou bien dont il connait le nom et le visage, pendant une heure. Suite à quoi il faut relancer le sort.
=> Hrp, permet de s'incruster dans n'importe quel rp non protégé dans lequel se trouve une personne répondant aux critères énoncés ci dessus, en payant le cout en mana (les actions étant supposées consommées au préalable au calme).



Nosić [Démoniaque - Renforcement - Rang B] :

Ce sort découle directement des recherches de Olgierd sur la dématérialisation de la matière. Avant de spécialiser dans la matérialisation et la dématérialisation, il s'était essayé sur une autre piste: le vieillissement de la matière, son usure. En effet, au tout départ, c'était grâce à ce domaine qu'il s'était fait marqué, et même lorsqu'il a repris ses travaux sur la dématérialisation, il a de nouveau perfectionné la magie d'usure de la matière. Le vieillissement, l'usure peut avoir différents effets sur la matière: le fer rouille, le bois pourri, la pierre s'effrite, ...
Ce sort permet de pousser à fond le phénomène d'usure en accélérant énormément le processus. Ainsi, Olgierd a juste a cibler une parcelle de matière, et celle-ci va subir une très rapide et très puissante usure, procurant des effets divers. A noter que pour appliquer les effets sur du tissu organique, il est forcé d'avoir un contact direct avec ledit tissu, et ne peut donc pas le faire à distance. Un tissu organique pourri ne peut pas se régénérer avec des moyens de régénération traditionnels, pas même un sort de soin, seule une régénération de DA ou un processus d'inversement temporel permet de rendre le tissu comme neuf. Ou bien, il faut s'en débarrasser pour forcer le corps à le régénérer.

=> Fait vieillir et use grandement une parcelle de matière ciblée.
=> Nécessaire d'avoir un contact direct pour le faire sur un être vivant.



Palenie [Feu- Renforcement - Rang D] :

Dans ses premières années d'apprentissage à la magie, avant de se spécialiser dans le domaine de sa famille, Olgierd a eu le luxe de pouvoir apprendre les bases, comme chez beaucoup de familles traditionnelles de mages. Parmi ces bases se trouvait la traditionnelle boule de feu, un sort assez simple de la maitrise de l'élément feu. Bien sûr, ce sort a été négligé par la suite par Olgierd dans le but de se concentrer dans les recherches sur la décomposition de la matière. Mais une fois devenu Apôtre de la Mort, ayant désormais du temps, Olgierd a réutilisé les connaissances qu'il lui restait sur l'élément feu et les a associé au principe de renforcement du sort Dezintegracja pour créer ce sort, dont le but est de cibler une partie de son corps, et de l'entourer d'une fine couche thermique extrêmement chaude. Visuellement, on ne voit aucune différence, mais dans les faits cette partie là, souvent une main, devient extrêmement chaude, bien que ce ne soit pas exactement le corps qui devient chaud, mais plutôt la très fine couche thermique qui l'entoure. On peut se poser la question de l'utilité d'un tel sort en combat quand on dispose d'un sort de destruction de la matière, mais en réalité, Olgierd utilise plutôt ce sort à des fins utilitaires, pour démarrer un feu, ou bien pour torturer par exemple. A noter qu'il peut faire varier la température d'un modeste 100°C jusqu'à un terrifiant 2500°C.

=> En combat, applique l'effet pendant 5 actions après l'activation du sort.
=> Hors Combat, peut être utilisé à toutes sortes de fins.



Płynąć [Air - Soutien - Rang E~A] :

Ce sort est une sorte de trouvaille secondaire au cours de ses expériences pour maîtriser son pouvoir. Afin de maîtriser l'intégrité d'un corps spirituel, et de garder de manière générale le contrôle de la matière lors de sa dématérialisation puis rematérialisation, Olgierd a effectué de nombreux entraînements. L'un de ceux-ci consistait à maîtriser le cours d'un flux de matière non solide. Cet exercice peu évident a plus tard donné l'idée à Olgierd de développer un sort reprenant ce principe.
Ainsi, en lançant ce sort, il peut avoir le contrôle sur un petit flux de matière non solide, rien de bien extravagant. Au vue de la faible puissance du sort, celui-ci ne remplit pas vraiment d'utilité en combat, mais il a des usages bien plus pratiques dans la vie de tous les jours, tels que faire des formes impressionnantes avec la fumée de sa pipe, boire sa vodka à distance, ou encore asphyxier un malheureux en l'empêchant de respirer. Cette dernière utilisation nécessite toutefois de la concentration, et une agitation limitée de la victime, par exemple en l'immobilisant, en l'hypnotisant ou bien en la sonnant légèrement. En bref, de nombreuses utilités!
A noter que bien l'utilité de base du sort est essentiellement utilitaire, de part son principe simple, il est tout à fait possible de l'utiliser en une version plus puissante, pour pouvoir contrôler un flux plus puissant, plus grand. A haut rang, il peut même détourner certains types de sort, voir même en prendre le contrôle.

=> Permet de maîtriser un flux de matière non solide. Effets différents selon le rang incanté (par défaut E):



  • E: Peut contrôler de petits flux liquides ou gazeux et les manipuler. Aucune utilité véritable en combat. (pour donner une idée sur la quantité de flux de liquide qu'il peut contrôler, imaginer une tasse de thé)
  • D: Peut contrôler des flux un peu plus puissants, et peut dévier légèrement de certains sorts de vents ou d'eau de bas rang (E et D).
  • C: Même principe que D mais avec un rang supérieur, et un détournement plus marqué des sorts ennemis.
  • B: Peut prendre le contrôle de certains sorts adéquats de rang C ou inférieur et les manipuler à sa guise. Ne peut pas créer de courants de vents mais peut prendre le contrôle de ceux existants.
  • A: Peut dévier n'importe quel sort adéquat de non servant, et prendre le contrôle de n'importe quel sort adéquat de rang B ou inférieur. Peut créer directement des courants de vents, et manipuler de grands flux gazeux et liquides (pour se donner une idée, imaginer qu'il peut prendre le contrôle d'une rivière).




POUVOIRS

Mystic eyes of Enchantment [Rang B - Actif] :

Ce sont les yeux possédés par la plupart des vampires, capables d'un haut niveau d'hypnose.


Spiritual Trace [Rang A - Actif] :

Spiritual Trace est l'achèvement de tous les travaux d'Olgierd sur la dématérialisation de la matière. Si de son vivant, ses recherches ont été interrompues de manière brutale par le grand drame, la vie d'Apôtre de la Mort lui a offert tout le temps et les ressources nécessaires pour achever son but. Après avoir réussi à dématérialiser de la matière, il voulut appliquer le principe sur un être vivant, le but étant de l'appliquer sur lui-même au final. Mais il compris alors que même en rematérialisant le corps par derrière, la conscience ne pouvait pas survivre à une dématérialisation. Il dut donc trouver une façon de contourner le problème, en se tournant vers le domaine spirituel. En effet, en stockant la conscience, l'esprit, dans un corps spirituel temporaire, et en la réintroduisant ensuite dans le corps rematérialisé, il parvint à dématérialiser puis rematérialiser un être vivant en préservant sa conscience. Il perfectionna ainsi le concept jusqu'à aboutir à ce pouvoir: Spiritual Trace.
Spiritual Trace permet de créer un corps spirituel temporaire à un corps matériel, de dématérialiser celui ci, de le déplacer sous cette forme spirituel, puis de le rématérialiser. Il peut ainsi utiliser le pouvoir sur lui-même pour se rendre temporairement immatériel. La forme spirituelle ne peut qu'être conservée pendant un très court moment, mais sous cette forme il peut se déplacer extrêmement rapidement, sans tenir compte des obstacles et sans tenir compte de la gravité. Il peut ainsi se déplacer d'un point A à n'importe quel point B à une vitesse deux fois plus rapide que sa vitesse de course normale. Cela s'avère très pratique, non seulement pour se rendre rapidement à n'importe quel endroit proche, même si il s'agit d'un toit, mais également en combat pour surprendre ses adversaires et les attaquer dans le dos.
Il faut toutefois noter qu'il est impossible de conserver la forme spirituelle indéfiniment, cela du au fait que le corps spirituel temporaire créé est imparfait et finit par se désagréger. A partir d'une certaine distance parcourue, il devient trop dangereux de rester sous forme spirituelle. La distance maximale sans danger que Olgierd peut parcourir sans danger est environ égale à une quinzaine de mètres. De plus, du fait de la désagrégation du corps spirituel, il laisse derrière lui une trace s'apparentant à une espèce de fumée noire, qui permet de connaître le déplacement effectué, et rend donc Olgierd pas véritablement invisible durant ledit déplacement.
La dématérialisation peut affecter également n'importe quelle surface en contact avec Olgierd, il peut donc se déplacer avec ses vêtements, et peut même emmener une personne. Cependant, cela applique un violent effort sur le corps, même pour un Apôtre de la Mort, rendant impossible l'enchaînement immédiat de plusieurs activations du pouvoirs (attendre une dizaine de secondes pour un DA). Toute personne transportée avec Olgierd souffrira également de malaises dû à la non habitude du corps à une telle expérience.

=> Permet de se rendre temporairement immatériel au prix de deux actions gratuites (dématérialisation puis matérialisation) d'un coup de mana de rang A.
=> Peut se déplacer à n'importe quelle position située à environ 15 m.
=> Laisse une trace visible s'apparentant à une fumée noire.
=> Peut transporter n'importe quel objet ou personne avec lui, effets secondaires sur les personnes autres qu'Olgierd.
=> Temps d'attente entre chaque utilisation d'une dizaine de secondes, ce qui se traduit en combat par une utilisation max tous les 2 tours.
=> En dehors, de ça, permet de dématérialiser temporairement n'importe quel objet/partie du corps.



PHYSIQUE


Olgierd est un homme de plutôt grande taille, avec un bon mètre quatre-vingt six. Cela ajouté à son corps musclé lui donne une carrure solide, sans pour être autant large comme un bodybuildeur. Il est dans l'ensemble bien proportionné et musclé, de quoi savoir se faire respecter.
Son visage quant à lui n'est pas en reste. Ses yeux bleu semblent tristes, mais son regard a l'air malicieux, de quoi capter la curiosité. Sous son nez se profile une fine moustache taillée, l'une de ses fiertés, qui se raccorde bien avec sa barbe rousse qui entoure sa mâchoire. Sa coupe de cheveux à elle le mérite d'être particulière. Son crâne est rasé, à l'exception d'une épaisse touffe de cheveux semi-longs au centre, qui retombe sur l'un des côtés. Cette coupe, très populaire de son temps, semble aujourd'hui complètement dépassée et attire le regard, mais pourtant il s'obstine à vouloir la conserver.
Son corps est couvert de cicatrices de tout genre, notamment sur la partie gauche de son crâne, où l'on peut en voir de larges.

En ce qui concerne son habillement, Olgierd ne passe pas inaperçu. S'habillant toujours avec de vieux vêtements nobles slaves, il fait en effet un contraste de couleur avec le monde si gris d'aujourd'hui. Son vêtement préféré est un magnifique Kaftan à col ouvert d'un rouge sombre profond, orné de nombreux motifs bleu clairs, et qui lui descend jusqu'en bas des genoux, laissant apparaître deux épaisses bottes en cuir. Il porte généralement en dessous de son kaftan une modeste chemise de lin blanche, qu'on peut voir au niveau de ses bras et de son col. Autour de la taille, il possède un turban, en dessous duquel il glisse sa dague et son pistolet. Le tout est "consolidé" par une ceinture de cuir. Il en possède même une deuxième un peu plus bas afin de maintenir son fourreau au flanc. Bien sûr il retire cette dernière ceinture, ainsi que le fourreau lorsqu'il doit se fondre dans la foule.
En plus de tout ça, Olgierd possède de nombreux bijoux: un magnifique collier autour du col, de nombreuses bagues autour des doigts, une boucle d'oreille à l'oreille gauche, ainsi que de nombreux ornements et décorations un peu partout.

Dans l'ensemble, Olgierd dégage un look élégant et voyant, mais qui témoigne d'une époque d'un autre temps. Aussi, il est difficile pour lui de se fondre dans la masse sans envisager un relooking total.

En gros:
 


CARACTÈRE


Olgierd est quelqu'un qui se pose peu de contraintes dans la vie. Il profite des plaisirs simples de la vie et se laisse aller à ses petits vices la plupart du temps. La pression? Le stress? Le doute? La culpabilité? Autant de notions que Olgierd ignore royalement. La vie ne doit qu'être un long amusement dont il faut profiter tant que possible. Il possède comme philosophie qu'il ne peut pas savoir quand il va mourir, surtout en étant Apôtre de la Mort, cela peut arriver n'importe quand, alors entretemps, il faut se laisser aller. Cela passe donc par les plaisirs les plus primaires: l'alcool, les femmes, et les richesses. Sans pour autant chercher à s'entourer de fortunes colossales, avoir un "petit trésor" rien qu'à lui comme dans le "bon vieux temps", pouvoir s'orner de bijoux de toutes sortes, cela lui suffit.
Mais il n'est par autant homme à se satisfaire uniquement de ces "plaisirs simples". Cela ne sert qu'à le contenter. Pour le divertir, il lui faut bien plus. En effet, en tant qu'ancien noble, il possède des goûts très raffinés, que ce soit en matière d'Art, ou bien de philosophie. Il aime pouvoir discuter de sujets "raffinés" avec des gens "raffinés". Il apprécie également les gens à la personnalité intéressante. Mais il se lasse également plutôt rapidement. L'intérêt qu'il porte envers une personne peut varier d'un extrême à l'autre en relativement peu de temps. C'est pour cela qu'il ne peut être contenté en s'intégrant dans le monde moderne et en essayant d'étendre son influence, comme certains le font: les chiffres, les calculs et les jeux de pouvoir l'ennuient. Cela ne l'intéresse pas. Une vie stagnante lui semble ennuyeuse. Alors il faut s'amuser!
Et cela se traduit même dans son expression. Il semble tout prendre à la légère, avec son regard malicieux, comme si rien de ce qui se passait ne semblait pouvoir l'atteindre. Sa voix même, gaie et presque chantante, semble se moquer de tous les problèmes du monde. Il est joueur, extrêmement joueur, il adore les paris, les défis, surtout les plus difficiles. Il a également la fâcheuse habitude d'effectuer très souvent des actions risqués, n'hésitant pas à mettre sa vie en jeu. Il croit en la chance, et est toujours désireux de vouloir tester les limites de la sienne. Bien sûr, ce n'est absolument pas une philosophie qui est compatible avec la préservation de la santé, mais être Apôtre de la Mort a l'avantage de se permettre de prendre plus de risques. De ce fait, il ne refuse jamais aucun combat, cela étant pour lui la meilleure source de divertissement.
Mais malgré ce caractère joueur et agité, Olgierd n'est pas pour autant un individu fondamentalement indépendant. Il est dévoué envers l'Artiste et son clan. Il estime qu'il lui doit une dette de vie, et pour cette raison répondra toujours à l'appel lorsque sa supérieure a besoin de ses services. Et bien qu'en dehors des services rendus, il mène sa propre vie, il n'a aucune peine ni aucune frustration quant au fait d'être soumis à l'Artiste, qu'il reconnaît de toutes façons comme plus puissante que lui. Cette dévotion témoigne aussi d'un certain sens de l'honneur. Il est certes manipulateur dans une certaine mesure, n'hésite pas à user de menaces, ou attaquer dans le dos en combat, mais au delà de ça, il n'oublie jamais ses dettes, dans les deux sens. Et il rend toujours les torts qu'on lui fait.

Mais pourtant, derrière cette façade d'homme rieur et détendu, se cache une autre face plus sombre. Non, tout cela n'est pas un masque, il n'est pas non plus bipolaire. C'est simplement que chaque trait de caractère semblant positif en amène avec lui un autre, caché derrière le premier, et qui se dévoile une fois que l'on apprend à connaître l'homme.
Oui, Olgierd est rieur, bon-vivant, souriant, mais son sourire s'élargit parfois aussi par cruauté. Une cruauté grandissante au fil des décennies, glaçante et perverse, pouvant parfois se confondre avec du sadisme. Mais l'homme n'est pas sadique. Certes, la torture est devenue l'une de ses habitudes, mais il ne ne le fait par plaisir de faire mal, mais par émerveillement devant le nombre d'émotions cachées que peut faire ressortir la torture. C'est pour lui le moyen d'expression ultime, combinée à forme "d'ironie" glauque dont il a le secret. Un homme cruel qui a perdu sa compassion en même temps que son humanité. Ne vous laissez pas avoir par son tempérament parfois enfantin, par son sourire amusé. Si vous avez le malheur d'être sa proie, il pourra vous infliger le plus grand désespoir du monde avec ce même sourire, tout en "discutant" avec vous, faisant preuve d'un profond humour noir, tout en essayant de vous faire croire qu'il y a un semblant d'espoir de pitié, tout ça pour le réduire à néant l'instant d'après.
Oui, Olgierd est un homme de parole, et il tient toujours ses engagements, ses promesses, mais prêtez bien attention à la parole en question. C'est parfois elle qui est traître, pas directement l'homme qui l'a prononcé. Et Olgierd le prouve largement en jouant sur les mots, en glissant nombre de double-sens dans ses propos, le plus souvent lorsqu'ils sont graves. Avant de sceller un engagement avec lui, avant d'accepter l'un de ses marché, faites bien attention aux mots qui ont été prononcés. Ces mêmes mots pourraient bien se retourner contre vous sans qu'il n'ait fondamentalement manqué à sa parole. Et si vous avez contracté une dette auprès de lui et réalisez un peu trop tard la véritable signification de son "prix", n'imaginez même pas qu'il va vous oublier. Il est capable de faire preuve d'une assiduité effrayante quand il s'agit de devoir collecter son dû.
Oui, Olgierd suit scrupuleusement toutes les règles du clan de l'Artiste, et celles du secret de la magie, mais il se moque royalement de toutes les règles civiles et éthiques du monde humain. Son naturel joueur se retrouve aussi dans sa tendance à transgresser à volonté les interdits. Il violera également sans le moindre remord la loi morale humaine, n'hésitant pas à toucher au trafic d'humain, tout cela par simple amusement.
Car oui, souvent, tout cela est par simple amusement, ou bien par curiosité. Il n'est pas ambitieux, il ne désire pas le pouvoir, ni les richesses en abondance. En cela, il n'est pas fondamentalement mauvais, mais il n'empêche que ses méthodes et ses agissements, eux, sont indiscutablement condamnables.

En résumé, Olgierd est un être un peu décalé. Tout chez lui est à prendre à double sens, mais rien n'est faux pour autant. Il fait toujours franc-jeu, ne cherchera pas à vous prendre en traître, et même si l'on peut parfois avoir l'impression d'avoir été dupé par lui, que ce soit par rapport à sa personnalité ambiguë ou bien ses promesses jouant sur les mots, il ne vous aura fondamentalement jamais menti. Tout était là, c'est simplement votre façon de voir les choses qui était mauvaise.





A PROPOS DE VOUS



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Dim 18 Juin - 19:34
HISTOIRE



////Attention, cette histoire comporte des passages pouvant heurter la sensibilité de certaines personnes///





Introduction: Noirceur



23 Septembre 1977


" Comment vous sentez-vous mon père? "

Un homme se tenait là, debout, les mains croisées dans le dos, fixant avec attention un autre homme, face à lui, attaché à une chaise par des chaines en fer. Ce dernier portait une tenue typique permettant de l'associer immédiatement à un homme d’Église. Tout autour d'eux le décor était lugubre, une cave froide et humide, portant des marques architecturales témoignant d'un ancien temps. L'unique source de lumière était une torche fixée au mur, brûlant d'un feu pourpre.

" Et bien mon père, que vous arrive-t-il? Auriez-vous la gorge sèche? Voulez-vous que je vous apporte un verre d'eau peut-être? Sachez que je m'inquiète de votre santé! "
L'intéressé esquissa une grimace et rompit finalement son silence d'une phrase brève mais très explicite.
" Va au diable, démon. "

Olgierd Kowalczyk lissa sa fine barbe et afficha une expression attristée à l'entente de la réponse de l'homme de foi. Il marcha alors vers un coin de la pièce et en revint avec une vieille chaise en bois. Il entreprit alors de placer l'objet face à son interlocuteur, puis s'assit dessus afin de se mettre au même niveau que lui. Il croisa les doigts et prit une expression concernée.

" Mon père, vous savez, vos propos me blessent le cœur, moi qui vous ai sauvé d'une mort certaine! Moi qui me suis occupé de vous pendant tous ces jours où vous étiez inconscient! J'espérais un minimum de gratitude de votre part! "
Le "père" eut alors une mine colérique, ses pupilles semblèrent brûler d'une rage bouillonnante.
" Ne joue pas les sots avec moi, Apôtre! "

Le concerné plaça ses paumes devant lui, en mimant une expression de surprise, comme si il était réellement intimidé par cet homme, fatigué, blessé, et attaché à une chaise.
" Voyons mon père, inutile de s'énerver! Moi qui espérais avoir un débat théologique entre deux gentlemen, je dois avouer que je suis attristé. "
Les mains du prêtre, fixés aux accoudoirs de sa chaise de fortune, tremblèrent de rage.
" Cesse de faire l'imbécile! Je n'ai pas le temps pour tes simagrées! Que veux-tu?! "

La fausse expression d'Olgierd disparut alors aussitôt. Il se leva et envoya un coup de pied dans sa chaise à présent vide, celle-ci fut propulsée contre le mur et éclata en une dizaine de morceaux de bois pourri. Se retournant face à son interlocuteur avec une expression froide, il marcha lentement et passa derrière la chaise, dans l'angle mort de l'homme en noir. Puis il plaça ses mains sur ses épaules et avança sa tête pour lui parler calmement à l'oreille.

" Mon père, ne pensez-vous pas que vous n'êtes pas en position de me menacer? Je pourrais vous tuer à n'importe quel moment, et pourtant je vous ai conservé en vie, j'ai même veillé à ce que vous soyez en bonne santé, vous pourriez au moins avoir la politesse d'être civilisé à mon égard. "
Il se redressa puis commença à marcher lentement autour de la chaise, les mains dans le dos, sous le regard impuissant du prêtre.
" Mon père, vous savez, j'ai eu un ami. Un très bon ami que j'ai côtoyé pendant longtemps, plus de deux cent ans pour être précis. Il avait certes des goûts particuliers mais lui et moi partagions une passion pour l'art qui savait faire fi de nos différence. Il s'appelait Valerius. "
Il marqua une pause et s'arrêta face à son interlocuteur.
" Oui, Valerius, mon père. Vous connaissez cet homme n'est-ce pas? Et puisque vous voulez que nous cessions de tourner autour du pot, je vous défend de dire que vous ne vous voyez pas de quoi je parle. Vous connaissez très bien Valerius, mon père, et pour cause: vous l'avez tué. Ce cher Valerius qui aimait les humains et qui avait même cessé de devoir tuer pour se nourrir. Il ne représentait aucune menace pour l'humanité et pourtant vous l'avez tué, alors même qu'il profitait de sa vie parmi les humains, alors même que sa garde était complètement baissée. Pourquoi? Voilà ce que je me demande. Voilà pourquoi je vous ai épargné. "

A l'écoute du récit de l'apôtre, l'interrogé était resté de marbre, et sa réponse se fit sans hésitation dans la même froideur:
" Toutes les créatures du diable doivent périr. "
Olgierd demeura silencieux quelques secondes, comme si il attendait une suite, puis il se rapprocha une nouvelle fois de l'homme et lui prit la mâchoire de sa puissante poigne.

" Est-ce vraiment tout ce que vous avez à me dire mon père? Vous savez, je me suis donné beaucoup de peine pour vous garder en vie. Et à présent vous me répondez ça? Je suis un homme patient, mon père, mais je déteste être contrarié. Peut être que si vous étiez tombé entre les mains de sa dulcinée, vous auriez pu avoir une fin rapide, mais le sort a décidé que ce serait moi qui vous trouverais. Votre foi vous aurait-elle abandonnée? Avez-vous même véritablement de la foi vous autres exécuteurs? Nous allons vérifier tout cela ensemble mon père. "

" Soit maudit. "
Olgierd relâcha la mâchoire et ricana en entendant cette "remarque".
" Ahahahahah! Comme cela est charmant mon père! Mais cela ne vous sauvera pas pour autant. "
Il parut pensif quelques instant puis son visage s'éclaira.
" Oh! Je sais! L'on raconte que les véritables hommes de foi sont clairvoyants. Je vous propose de découvrir si c'est vrai tout de suite. "

Alors il se tint face au prêtre avec un petit sourire amusé. Il sortit de sa ceinture sa dague favorite, joua avec quelques instants en sifflotant un air lugubre, puis agrippa fermement l'épaule de sa victime d'une main, tandis que de l'autre il approchait la dague de son œil droit. La pointe avança lentement, très lentement. Plus elle se rapprochait, plus Olgierd sentait le corps de l'homme se tendre, s'agiter, suer. Lorsque la dague ne fut plus qu'à un centimètre, il cria finalement "STOP! STOP!". Mais son tortionnaire demeura sourd, et très bientôt la dague s'enfonçait doucement dans le globe oculaire, arrachant un nouveau cri, encore plus fort que les précédents. Olgierd ressortit la dague et la nettoya avec un mouchoir, tout en fixant d'un regard froid l'homme désormais borgne. Puis, avec la même froideur, tout en restant silencieux, il pointa du doigt son deuxième œil, qui le regardait avec une expression de panique. Aussitôt, l'homme s'agita de plus belle, mais c'était vain. Une fois de plus, il le tint fermement d'une main, et avança la dague vers sa deuxième cible. Une fois de plus, la victime paniqua et cria " NON! STOP! PAR PITIÉ!! STOOOP ". Et une fois de plus, cela n'empêcha pas la dague de percer le globe oculaire dans un hurlement. Et également une fois de plus, Olgierd essuya la dague avec un beau mouchoir, avec une expression absolument impassible. Ce n'est qu'alors qu'il reprit la parole.

" Alors, à présent mon père, dites moi tout: que voyez-vous à présent? "
A sa question, il n'obtint que des gémissements de douleur. Il haussa les épaules.
" Je suppose que cela signifie que vous ne voyez rien. Et savez-vous pourquoi mon père? C'est parce que vous n'avez pas assez de foi. Vous êtes un mauvais croyant mon père, vous n'êtes pas clairvoyant. Et je pense qu'il faut que tout le monde le sache. Vous ne croyez pas? "

Sur ces mots, il ouvrit la tunique du prêtre, puis sa chemise, pour révéler un torse musclé, possédant quelques cicatrices. Puis il incanta rapidement et sa main droite fut entourée d'une couche thermique brûlante. Alors il posa un doigt sur son torse, et le condamné hurla de douleur.

" Je vous conseille de serrer les dents mon père, ça risque de picoter un petit peu. "

Bien sûr, c'était bien minimiser la chose que de dire ça. En effet, ce furent vingt longues minutes qui prirent place. Vingt longues et douloureuses minutes pendant lesquelles Olgierd s'appliqua à tracer lentement des lettres sur le torse de sa victime en brûlant sa peau. Les hurlements de douleurs qui accompagnaient l'acte ne lui firent pas même hausser un sourcil, il s'exécuta dans une froideur effrayante. Et au bout de ces vingt minutes, l'on pouvait lire en lettres cramoisies sur le torse: "G U I L T Y". Son œuvre terminée, le tortionnaire se recula de quelques pas et attendit que l'homme cesse de crier.

" Mon père, en vérité il est bien dommage que vous soyez aveugle, vous ne pouvez pas constater à quel point vous constituez une œuvre d'art...saisissante. Valerius lui-même en aurait eu le souffle coupé. Mais bref. Je commence à me lasser de ce petit jeu mon père, je pense que vous et moi serons d'accord sur le fait qu'il est temps de fermer les rideaux. C'est maintenant que vous pouvez commencer à regretter certaines décisions de votre vie. Faîtes un bilan sur votre existence et posez-vous cette question, mon père: Qu'avez-vous gagné à vouloir faire périr "les créatures du diable"? Méditez là dessus mon père, mais soyez rapide. "

Aussitôt, il dégaina lentement son sabre de son fourreau, dans un bruit métallique. Il arma son bras, puis d'un coup sec, décapita l'exécuteur. Sa tête, dont le visage était cristallisé à jamais dans une expression de douleur, roula au sol. Valerius était vengé. Il connaissait une certaine Misery qui serait ravie d'apprendre cette nouvelle. Alors Olgierd rangea son arme et quitta la pièce, laissant ce corps assis sans tête, marqué d'une inscription indélébile. Les propriétaires de ce château auraient une sacré surprise lorsqu'ils reviendraient de vacances.




Partie I: Vie et Mort


18 Juin 1618



Des pleurs. Des pleurs de nouveau-né. Un enfant venait de naître. Irena Kowalczyk serra son premier enfant dans ses bras, tandis que Stanislav Kowalczyk, l'heureux père, poussait un soupir de soulagement en constatant que l'enfant était doté de circuits magiques. La famille Kowalczyk avait donc un nouvel héritier, un nouvel héritier pour prolonger cette lignée vieille de deux siècles, un nouvel héritier pour, peut être, retrouver l'âge d'or de la maison.
La lignée Kowalczyk avait débuté au début du XVe siècle, et s'était développé pendant tout le siècle jusqu'à atteindre une véritable renommée dans le monde magique deux générations plus tard. La famille s'était alors imposée comme la plus prestigieuse de Pologne, et même en une époque la communication était lente et laborieuse, sa renommée s'était propagée dans l'Europe via le biais de l'Association, qui était alors encore plus sélective et élitiste qu'elle ne l'est au jour d'aujourd'hui. Ainsi, le prestige de la maison Kowalczyk avait éclipsé toutes les autres familles de Pologne en moins d'un siècle. Mais ce prestige était fragile, il suffit que l'un des héritiers épouse une femme non-magus pour que la lignée commence dès lors a entamer un déclin aussi fulgurant que son ascension. En effet, il ne suffit que deux générations pour apporter la gloire à la famille, et il ne suffit que de deux générations, deux générations de mélange avec des non-magus pour que cette gloire tombe dans l'oubli. Malchanceux et affublés de circuits magiques plus faibles, les deux héritiers porteurs de ce déclin furent incapables de répondre aux attentes de l'aura qu'avait instauré leur lignée. Ainsi la maison Kowalczyk était tombée en disgrâce. Mais Stanislav n'avait pas perdu espoir. Stanislav Kowalczyk était né d'une union "impure" et avait été peu chanceux au niveau des circuits magiques. Il savait qu'il était vain pour lui d'aspirer à la grandeur, mais il croyait encore en la possibilité d'un renouveau de la gloire de la famille. Et cette possibilité, il la vit en son fils, Olgierd. Il s'était marié avec l'héritière des Koschinievsky, une autre famille polonaise, pure, mais qui n'avait jamais connu d'ascension. Aussi, fut-il un homme heureux en constatant que son fils disposait de circuits magiques de bonnes qualités.

Ainsi naquit Olgierd Kowalczyk, porteur de l'espoir de redorer la réputation d'une famille tombée en disgrâce. Et le jeune héritier ne déçut pas les attentes de son père, il était un élève formidable, assidu et sérieux. Il fut initié très tôt à la magie, et ne manqua de rien pour sa formation, cela grâce au statut de noblesse dont jouissait sa famille au sein du royaume Lithuano-Polonais. De plus, de part le statut de la famille noble, il fut également formé à l'usage des armes et de la cavalerie, car bien que magus, il ne pourrait se dérober aux obligations que lui imposait son rang, en temps de guerre. C'est ainsi donc que le jeune héritier fut formé à la magie et au sabre, dans le confort et le luxe. Il était curieux et sa curiosité se manifestait sous la meilleure forme possible. Il désirait en savoir toujours plus, toujours plus se perfectionner. Son éducation stricte ne lui permettait que peu de temps libre, la responsabilité qui pesait sur ses épaules était lourde: restaurer la gloire de la famille, c'était pourquoi il ne pouvait se permettre de batifoler à des plaisirs "mondains". L'unique forme de distraction qu'il s'accordait, ou plutôt qu'on lui accordait, était l'art. L'unique moyen pour lui de se libérer de ses contraintes. Et puisque c'était la seule forme de divertissement qu'il connut, il se mit forcément à aimer l'art, sous toutes ses formes.
Olgierd grandit en élève excellent, dans tous les domaines. Un grand potentiel combiné à un prodige. Il eut alors vingt ans, et son père considéra qu'il n'y avait plus rien qu'il pouvait lui apprendre. A partir de ce moment, il le considéra en adulte. Olgierd demanda alors à son père de financer un voyage pour Londres, berceau de l'Association, lieu de rassemblement des mages les plus vertueux. Pour la famille Kowalczyk, riche, ce voyage ne fut pas tant un problème, et ainsi Olgierd put embarquer à Gdansk pour se rendre à Londres. Il y resta quatre années, durant lesquelles il côtoya plusieurs grands mages de l'époque, et durant lesquelles il put récupérer les travaux de ses glorieux ancêtres qui avaient été stockée là bas. Équipé de nouvelles connaissances, il retourna en Pologne dans le domaine familial, où son père, fier et comblé, le nomma officiellement comme nouveau chef de famille, persuadé que son vœu le plus cher allait se réaliser grâce à lui. Son voeu se réalisa en effet, mais il ne put pas le voir de lui-même, puisqu'il mourut de maladie deux ans plus tard. Néanmoins, sa mort ne fit que renforcer la détermination d'Olgierd, homme brillant et prometteur, qui s'illustra en mage de talent, et dont les travaux sur la dématérialisation de la matière promettaient des résultats intéressants. Il épousa une jeune magus issue d'une famille pure Hongroise, Iris von Everec, afin de renforcer encore plus le sang de la lignée. Il eut une fille, qu'il nomma Gracja. Elle était elle aussi dotée de circuits de grande qualité et assurait à la lignée une nouvelle stabilité. Comblé par une famille aimante et riche, et par une ascension fulgurante dans le domaine de la magie, tout semblait sourire à Olgierd. Ayant développé un tempérament joueur, il voyait sa vie comme un pari qui avait réussi, le pari de restaurer la gloire de sa famille. Et pourtant tous les rêves ont une fin. Et celui-ci en connut une plutôt brutale.

A partir de l'an 1648, la Pologne traversa une période d'instabilité politique, secouée par des révoltes cosaques dans tout le sud du pays. Ces révoltes donnèrent lieu à la création de l'état indépendant de l'Hetmanat Cosaque, mais elles donnèrent également des idées funestes à certaines personnes. En effet, lorsque la famille Kowalczyk était tombée en disgrâce, plusieurs familles de magus en avaient profité pour se mettre en avant. Aucune ne connut la gloire de la famille déchue, mais elles cessèrent d'être éclipsées. Et lorsqu'Olgierd remis à jour le prestige de la maison Kowalczyk, ces familles qui avaient profité de ce "trou" pour se faire entendre se trouvèrent à nouveau éclipsées. Mais pour ceux qui avaient grandi sans la "gène" des Kowalczyk, cette ascension fulgurante était incompréhensible, et surtout injuste. Un complot se mit alors en place pour détruire la maison une bonne fois pour toute, et les révoltes cosaques leur donnèrent le prétexte parfait.
En 1651, les hostilités reprirent entre l'Hetmanat Cosaque et la Pologne. Le sud du pays fut de nouveau ravagé par des révoltes, des pillages, ... Jamais Olgierd n'aurait imaginé que cela pourrait l'atteindre lui, bien qu'il se situait dans le Sud. Et pourtant...



Le 15 Avril 1651, Olgierd rentrait d'un voyage en Autriche où il s'était entretenu avec un magus Autrichien et avait échangé son points de vue sur la magie avec lui. Lorsqu'il ouvrit les grilles du jardin de son manoir, il était si joyeux après cette rencontre qu'il ne se rendit pas compte que le Boundary Field qui entourait sa demeure était désactivé. Ce n'est que lorsqu'il vit de la fumée à l'horizon que l'inquiétude commença à le traverser. Il courut vers le manoir familial, qu'il trouva en proie aux flammes. Il se rua à l'intérieur pour découvrir dans le hall un spectacle sordide: là, gisait le corps de sa femme, tenant dans ses bras sa fille, elle aussi décédée. Les deux corps était calcinés, mais pourtant l'incendie n'avait pas encore atteint le hall. Un peu plus loin gisait également le corps de sa mère, qui n'était pas calciné, mais l'on pouvait voir une large plaie dans son dos, et son cadavre baignait dans son sang. Olgierd se frotta les yeux, comme si il faisait juste un cauchemar, mais non, il ne rêvait pas. Alors il tomba a genoux, et contempla la scène, incapable de réagir, complètement abasourdi. C'est alors qu'il sentit une présence magique, il voulut se retourner mais un sort le toucha et il tomba au sol, complètement tétanisé, mais toujours conscient. Il entendit alors des bruits de pas. Et une voix.

" N'y vois rien de personnel, Olgierd. "

Il parvint avec difficulté à tourner la tête pour voir trois personnes. Il les reconnut. Il s'agissait des chef des familles Kravoski, Chlopicki et Dwernicki. Trois familles rivales qui avaient été éclipsées par son ascension. Il ne parvint pas à articuler, mais ses yeux se remplirent de rage.

" Navré que ça se finisse comme ça pour ta lignée, mais nos familles avaient enfin réussi à sortir de l'ombre après une longue peine, nous ne désirons pas y retourner. Si seulement tu t'étais contenté du sort de ta famille, tout n'aurait pas fini ainsi pour toi. C'est cruel mais c'est ainsi Olgierd, tu as été naïf de négliger tes rivaux. "

Un grand nombre d'insultes venaient en tête d'Olgierd, issues de la frustration d'avoir été trahi bassement, de manière inattendue, d'une manière indigne de leur rang. Et puis la rage, la rage d'avoir impliqué sa femme, sa mère et sa fille dans cette affaire. Quelle ironie de le voir lui, le magus prodige, à terre et incapable de bouger ou même d'incanter. Il se sentait faible, impuissant. Il se demandait à quoi lui servait toute cette gloire, tout ce prestige si il se faisait avoir comme un débutant par un tel coup bas. Était-ce là le revers de ce pari audacieux que son père avait fait? Mais il n'eut pas tellement le temps d'y réfléchir plus longtemps, car l'un de ses rivaux dégaina son sabre et le lui planta dans le dos. Olgierd eut le souffle coupé et toussa violemment en toussant du sang.

" Tu vas mourir ici comme n'importe quel humain, et tout le monde pensera que c'est un coup des cosaques. Tu n'avais qu'à pas avoir un domaine aussi isolé et loin de tout village, tout le monde n'y verra que du feu, même à l'Association. "
" Stepan, il faut y aller maintenant, il ne faut pas que quelqu'un nous voit ici. "
" Oui oui, j'arrive. "

Les pas s'éloignèrent, et Olgierd demeura seul, agonisant pour méditer sur son échec. Mais pourtant il ne mourait pas. Son agonie était lente et douloureuse, comme si chaque seconde s'employait à lui faire regretter le succès de sa vie. Mais il ne voulait pas, non il ne voulait pas mourir. Pas ainsi, pas de cette façon, pas de manière aussi lâche, comme un moins que rien, pas après l'exploit qu'il avait fait de redresser la réputation de sa famille. Alors il rampa. Il ne savait véritablement où, mais il rampa, droit devant lui, à l'extérieur du manoir, laissant derrière lui une traînée écarlate. Il devait vivre. Peut importe le prix, il voulait vivre. Olgierd continua ainsi de ramper tandis qu'il se vidait de son sang, lorsque sa main heurta une botte cirée. Dans son état, il était presque en train de délirer, aussi supposa-t-il qu'il avait rencontrée la faucheuse, venue prendre son âme. Alors il s'adressa à elle sans même voir autre chose qu'une botte noire, en articulant difficilement.

" Pitié...P..par pitié..D..donnez moi..une seconde...chance...j..juste une..seconde..chance...p..pitié.."

Il entendit un rire féminin, et une voix envoutante qui lui répondait.

" Tu es bien curieux jeune humain, tu m'amuses. Hmmm... Je peux te donner une seconde chance, à condition que tu acceptes de me servir. Acceptes-tu ce marché? "

Servir la mort ne semblait pas être si terrible, tant qu'il pouvait avoir une seconde chance. Sa raison l'avait abandonné depuis quelques instants à cause de sa perte de sang. Aussi accepta-t-il le marché sans vraiment comprendre.

" J..j'accepte. "

Il entendit une nouvelle fois ce rire mystérieux, puis deux mains le soulevèrent tandis que sa vision se floutait. Deux crocs se plantèrent dans son cou, et il eut l'impression que quelque chose se mélangeait à son sang. Puis, le monde basculait, et tout devint noir.

En ce jour du 15 Avril 1651, Olgierd Kowalczyk décéda, et sa lignée avec lui. L'incendie de son manoir et le meurtre de la famille fut attribué à une attaque de cosaques et l'incident fut clos.



Partie II: Renouveau



21 Septembre 1717



Des ombres. Des ombres qui le pourchassaient. Des ombres qui le pourchassaient jusqu'au bout du monde. Il courait. Il courait plus vite qu'il ne l'avait jamais fait. De temps en temps, il jetait un coup d’œil en arrière pour voir cette masse sombre et informe qui le suivait, semblant composée d'âmes de défunts qui lui beuglaient des choses comme "rend moi ma vie", "meurtrier", "démon". Il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien. Et pourtant, il était absolument certain qu'il devait courir, qu'il ne devait pas laisser cette...chose l'atteindre. Alors il courait, à bout de souffle, à bout de force, épuisé mentalement et physiquement, il puisait dans ses dernières réserves. Quand tout à coup, à l'horizon se profila le bout, le bout du chemin. Il n'avait pas d'autre choix que de continuer à courir, bien qu'il fut bien obligé de s'arrêter au bout d'un moment, arrivé juste devant ce bout. Ici, tout s'arrêtait de manière brute, comme si un pan entier du monde avait disparu, laissant place à un vide noir et inquiétant. Les ombres, ou les défunts, peu importe, approchaient dangereusement. Que faire? Sauter? Se laisser attraper? Les deux indiquaient une mort certaine, et pourtant il n'avait aucun autre choix de possible, pas comme dans ces histoires épiques où les héros trouvaient toujours une troisième possibilité miracle. Le temps s'épuisait. Il fallait se décider. Trois..deux...un...
Il sauta.
Il sauta dans cet abime sans fond, et soudain...

Olgierd se réveilla en sueur et dans un grand cri. Son corps entier tremblait. Il se frotta les yeux, essayant de comprendre ce qui lui arrivait. Il n'avait que des souvenirs flous des instants les plus récents. Que se passait-il? Ou était-il?
Il se trouvait dans un lit des plus modestes, dans une salle des plus modeste. Il vit un glace à côté de lui, et s'y regarda. Il avait une mine des plus affreuse, le teint blafard, la barbe mal rasée et les cheveux longs en bataille. Et surtout il avait mal à la tête, et un peu mal partout.

C'est alors qu'un individu entra, semblant connaître les lieux, il s'adressa directement à Olgierd et se présenta brièvement sous le nom de Elric von Hofer. Se montrant très pragmatique, il alla directement au cœur du sujet, et expliqua la situation à Olgierd. Il était celui qui avait veillé sur lui ces dernières années, à la demande de l'Artiste, personne auprès de qui le magus avait passé un marché, suite à sa rencontre avec elle, qui passait par là par hasard. Olgierd ne comprenant toujours pas, il lui expliqua qu'il avait été tué en 1651 et qu'ils étaient à présent en 1717. L'Artiste avait injecté du sang de vampire dans son corps, ce qui avait entamé un long processus de ghoulification, puis de transformation en Apôtre, qui s'était achevé en ce jour. Il lui expliqua par la suite ce qu'était un Apôtre de la Mort: un être immortel qui devait se nourrir de sang humain pour maintenant son corps. Ayant été transformé en apôtre à par l'Artiste elle-même, il lui était directement lié. De plus, il avait promis dans son marché de lui être dévoué. Cependant, dans sa grande générosité, l'Artiste lui avait demandé de l'informer qu'elle lui laissait deux fois son temps de vie précédent pour vivre librement, ce qui donnait soixante-quatre années, après quoi il serait obligé de respecter ses obligations. Puis il lui apprit l'existence des exécuteurs, des méthodes pour se nourrir en étant discret, les effets du Soleil. Après cela, il lui suggéra de rester discret dans une certaine mesure, ou bien l'Artiste serait obligée de le faire éliminer avant l'Eglise, ce qui serait dommage avant qu'il n'entre en service. Enfin, Elric précisa qu'il serait surveillé de loin pendant ces soixante-quatre années, et que si il cherchait à rentrer plus tôt au service de l'Artiste, il n'aurait juste qu'à essayer de chercher, et alors on le trouverait. Après toutes ces informations envoyées de façon compact, le dénommé Elric se retira, laissant Olgierd complètement désemparé.

Il fallut un certain un temps au nouvel apôtre pour accepter tout cela. Par deux fois il essaya de se rendormir, par deux fois il ne trouva pas le sommeil. Il essaya de s'entailler la main, et la plaie guérit en très peu de temps. Si il n'avait pas été magus, et donc n'avait pas eu une notion de l'impossible assez vague, il aurait eut beaucoup de mal à gober cette histoire. En cette époque, très peu de mages connaissaient l'existence des Apôtre de la Mort. Mais, bien que ce fut difficile, il finit par admettre cette réalité, à défaut d'avoir mieux à faire.
Équipé de vêtements modestes et d'un peu d'argent, il quitta le lieu.



Olgierd utilisa le peu d'argent que l'autre apôtre lui avait laissé pour rentrer chez lui, ce qui lui prit presque quatre jours. Pendant tout le temps du voyage, il commença à se souvenir de sa vie d'humain. Son enfance, la magie, l'entraînement à l'épée, son ascension au sein de l'Association, sa femme, sa fille, sa gloire, et puis..sa mort. Il finit par se rappeler complètement la trahison dont il avait été victime, et alors pendant le reste du voyage, un désir de vengeance le dévora, lui faisant oublier tous les mystères qui entouraient encore sa nouvelle existence.
Une fois arrivé au manoir, qui avait été dévoré par les flammes, il retrouva les ossements de ses proches et les enterra. Le fait de se trouver sur le lieu où il était véritablement mort lui donnait la nausée, et par trois fois il vomit. Par la suite, il arpenta les restes du manoir pour retrouver tout ce qui avait été épargné. Dans un coffre bien fermé, il retrouva la pipe donnée par son père à ses vingt ans, ainsi que le sabre d'héritage familial. Dans une armoire, il retrouva plusieurs vêtements qui avaient échappé aux flammes par miracle. Il retrouva également plusieurs bijoux, dont il s'orna. Ainsi, il se vêtit de la meilleure façon qu'il put, emportant avec lui son sabre, sa pipe, une dague avec les emblèmes de sa famille, et un pistolet qu'il avait trouvé, et rangea tout le reste dans un coffre qu'il ferma à clé. Puis il partit assouvir sa vengeance.

Il passa plusieurs semaines à chercher des informations sur les trois fils de chiens qui les avaient tué, lui et sa famille, il se rappelait très bien leur nom. Cependant, il finit par apprendre qu'ils étaient tous mort. En effet, plus de soixante ans s'étaient écoulés depuis sa mort, les bougres s'étaient éteints tranquillement chez eux, jamais inquiété le moins du monde par une éventuelle accusation de meurtre. Seule bonne nouvelle dans l'histoire: aucune des trois familles n'avaient connu de gloire fulgurante depuis, cela était l'ironie de l'histoire, et rendait le meurtre de sa famille d'autant plus inutile.
Mais ces informations ne lui suffirent pas. Il était animé d'une haine malsaine, une haine qui désire le sang, une haine dont il n'avait jamais ressenti de telle, cela peut être dû à sa nouvelle nature. Il voulait tuer des coupables, même si les véritables étaient morts. Alors, il entreprit une vengeance bien plus cruelle: puisque sa famille avait été détruite et massacrée injustement, il ferait de même avec celles des coupables. Aussi, durant l'année qui suivit, il mit au point des plans sournois et malsains et mit fin aux lignées Kravoski, Chlopicki et Dwernicki. Tout comme ses trois meurtriers lui avaient dit, il dit répéta les mêmes mots aux victimes: "N'y vois rien de personnel". Avec ces mots, il décapita la femme du chef de famille des Kravoski, avec ces mots il immola le jeune héritier des Chlopicki, avec ces mots il transperça la chef de famille des Dwernicki. A la fin, tous étaient morts, leur lignée décimée, leur domaine brûlé. Ce furent trois familles de mages qui disparurent et trois familles de nobles en Pologne. Il ne tira aucun plaisir, ni aucune satisfaction de ces meurtres, c'était simplement une vengeance, injuste certes, mais toute cette histoire était injuste pour commencer, et elle venait ici de se terminer. Tous les protagonistes étant morts, du moins officiellement, Olgierd pouvait à présent tourner la page.
Il voulait oublier toutes ces histoires de magie, de gloire, de renommée, de noblesse. Il voulait recommencer sa vie, en utilisant cette opportunité unique que lui avait offert l'Artiste. Il allait recommencer sa vie d'une toute autre manière, loin de toutes les contraintes de sa vie antérieur. C'est ainsi qu'il vit en l'Hetmanat Cosaque l'occasion parfaite de réaliser cette ambition. Il avait devant lui soixante-quatre années qu'il pouvait "dépenser" comme il le voulait. Il avait encore du mal à réaliser cette nouvelle échelle de temps, cette durée lui paraissait déjà si longue, il essayait d'imaginer ce que cela pouvait représenter pour une personne ayant vécu plusieurs siècles, mais c'était tout bonnement impossible, du haut de sa courte existence. Peu importe.
Après avoir rangé tous ses vêtements luxueux dans des coffres, et s'être séparé de ses bijoux, qu'il rangea également. Ne gardant que ses armes et un cheval, il fut prêt pour partir vers sa nouvelle vie.

L'Hetmanat Cosaque avait été fondé suite aux rebellions qui avaient eu lieu à l'époque de sa mort et avait réussi à conserver son indépendance en se plaçant sous le service du Tsar Russe. Mais malgré cela, au sein de ce pays, l'on était libre la vie qu'on désirait, pour peu qu'on soit prêt à tout abandonner et changer son mode de vie.
La vie au sein de l'Hetmanat fut un énorme changement pour Olgierd. Plus besoin de soucier de responsabilité de famille, plus besoin de se soucier de la gloire, tout le monde était égal, ou presque, et l'on profitait de la vie en toute sérénité, en allant fréquemment faire des raids sur les territoires ottomans. Pour Olgierd, qui avait grandit dans la noblesse, où tout était conventions et étiquette, cette vie où les gens venaient de tous les horizons, avec des rêves et des objectifs différents, était telle une énorme bouffée d'air. Il apprit à galoper à dos de cheval pendant des heures sans se soucier de rien, fumer la pipe en groupe autour d'un feu, rire de bonnes blagues vulgaires, piller chez les turcs et revenir avec des richesses, se battre contre les tatars, leurs ennemis jurés. Il s'habitua à se débrouiller avec rien et à apprécier les plaisirs simples: l'alcool, l'argent et les femmes. En parlant de femmes, Olgierd découvrit qu'il possédait un certain charme et avait un certain succès avec les femmes, grâce à son charisme et grâce à l'éloquence et l'élégance qu'il avait conservé de son passé noble. Par dix fois il tenta de partager sa vie avec une femme, mais il découvrit aussi qu'il se lassait vite, et donc par dix fois, il disparut sans laisser de traces au bout de quelques mois. Cela l'incita à se contenter de "coups d'un soir", ce qui permit néanmoins d'assouvir son appétit en femmes.
Le seul "inconvénient" se révéla être sa nature d'Apôtre de la Mort. Non seulement il ne vieillissait pas mais en plus il devait boire du sang humain. Il était donc, d'une part obligé de changer régulièrement de groupe tous les cinq/six ans, et d'une autre part se trouver des victimes pour se nourrir. Pour ce dernier point, il opta pour la solution de trouver ses victimes parmi les villageois des villages qu'il pillait en groupe. Il passait donc le plus clair de son temps des pillages à s'isoler du reste de son groupe et à aller boire en cachette le sang de plusieurs villageois. De ce fait, il ramenait moins de richesse, et on le surnommait souvent "le bon cœur". Ironique. Toutefois, il arrivait parfaitement à concilier ses "secret d'apôtre" avec sa vie de cosaque.
Cependant, la routine s'installa, les années défilèrent, et bientôt quarante ans eurent passé. Il avait dépassé la "limite" de sa précédente vie, il avait donc passé plus de temps en tant qu'apôtre qu'en tant qu'humain. Réaliser ceci lui fit prendre conscience de sa nature, qu'il avait tendance à oublier, malgré les contraintes qu'elle impliquait. Mais au bout de ces quarante années, une autre réalité s'imposa à lui. Le tsar russe s’immisçait de plus en plus dans les affaires de l'Hetmanat, et au fil des années, leur mode de vie libre disparaissait pour laisser la place, progressivement à un contrôle des Russes. Olgierd ne souhaitait pas ça. Sa vie dans l'Hetmanat symbolisait ce renouveau, cette liberté, il ne voulait pas être là quand cet idéal s'effondrerait, car il n'avait plus aucun doute que cela arriverait. Alors, en 1759 il prit sa décision finale, et après avoir passé quarante-deux ans à vivre parmi les cosaques, il quitta l'Hetmanat, pour ne jamais y retourner.

Il lui restait alors vingt ans à vivre sans contrainte. Il décida alors d'aller à l'Est de Moscou pour voyager à travers la Sibérie, dont il avait entendu de nombreuses histoires au sein des différents groupes qu'il avait côtoyé à l'Hetmanat. A la grande cité impériale de Moscou, il acheta des vivres, un bon cheval, des vêtements chauds, et de là il partit pour un long voyage. A cette époque, la Sibérie avait déjà été presque entièrement colonisée. De nombreux forts avaient été construits par les cosaques. Olgierd constitua donc son voyage en passant par les différents forts. A chacun d'eux, il passait un certains temps, parfois juste quelque mois, parfois une année entière. Il écoutait les histoires fascinantes des cosaques qui vivaient là, et en retour, racontait ce qu'il rapportait des différents forts. Pendant tout ce temps, il tint plusieurs carnets où il nota toutes les choses intéressantes qu'il relevait, ainsi que diverses observations sur le comportement humain. En effet, à force de voyager seul, il avait commencé à développer une crainte que sa nature d'Apôtre de la Mort ne finisse par lui faire oublier totalement sa nature humaine. Il se rappelait sans cesse le désir de vengeance sanglant qui l'avait animé lors de sa première année en tant qu'Apôtre. Bien qu'il devait tant bien que mal se nourrir de leur sang, souvent à son propre déplaisir, il aimait fondamentalement les humains, ou plutôt il aimait ces humains qu'il avait côtoyé depuis sa nouvelle vies: ces hommes libres porteurs de rêves. Il était persuadé qu'en notant toutes ces expériences sur des carnets, il n'oublierait pas ces moments là, et ainsi il ne perdrait jamais son humanité. Au bout de plusieurs années, la nouvelle lui parvint que l'Hetmanat avait disparu, finissant par être complètement annexé par l'Empire Russe, conformément à sa prédiction. Cela le rendit triste, mais dans le même temps le conforta dans sa décision d'être parti pour faire ce voyage. Ce voyage d'ailleurs s'avéra très enrichissant, en dehors des cosaques qu'il rencontrait à chaque fort, il tenta quelques contacts avec quelques tribus autochtones qui subsistaient encore en faisant commerce avec la Russie, et surtout, il rencontra plusieurs scientifiques et artistes, qui venaient jusque dans ces lieux reculés pour trouver l'inspiration. Discuter avec des personnes de culture était tout de même quelque chose qui lui avait manqué, aussi fut-il heureux de pouvoir avoir des discussion enrichissantes avec de tels hommes.
Son voyage le mena jusqu'aux frontières de la Mandchourie, mais ne connaissant par leur langage, il ne tenta pas de passer par là. A la place, voyant le temps qui s'était déjà écoulé, il fit demi-tour en longeant le bord Sud de la Sibérie, là où il était plutôt passé par le Nord à l'aller. La suite du voyage se déroula de la même façon que son commencement: calme et enrichissant. En somme, la plus grande difficulté du périple était de trouver des humains pour se nourrir. Il préférait en général se nourrir sur des voyageurs ou des chasseurs qu'il rencontrait en chemin, plutôt que sur les hommes qu'il côtoyait dans les forts. Mais sa nature d'Apôtre ne fut pas qu'une gêne. En effet, durant ces vingt ans de voyage, étant souvent amené à chasser, il apprit à se exploiter ses sens sur-développés d'apôtre. En un milieu aussi difficile que la Sibérie, il était obligé d'utiliser tout son potentiel. C'est également ainsi qu'il commença à développer de grandes compétences en chasse. Il réalisa également à quel point les sens d'un Apôtre pouvaient être aiguisés. Il développa énormément son ouïe et son odorat, dans la mesure du possible, bien qu'il ne pouvait probablement toujours pas rivaliser avec les plus vieux des Apôtres.
A son retour de Moscou, dix-neuf ans plus tard, le retour à la civilisation fut laborieux, et armé de ses sens à présent très développés, il se rendit compte qu'il ressentait le monde autour de lui d'une manière totalement différente. Mais la fin de ce voyage signifiait également le retour aux réalités. Retour au monde des apôtres, et des responsabilités induites par son marché.



Il retourna en Pologne, son pays natal, qui entre temps avait changé. En effet, victime de guerres sur tous les fronts par ses voisins rapaces, l'Empire Ottoman, l’Autriche-Hongrie, la Suède et l'Empire Russe, la Pologne avait perdu une bonne partie de ses terres. Mais pour autant, son manoir était toujours là, loin des villages, mais toujours dans les frontières polonaises. Il se fit passer pour un nouveau noble et utilisa l'argent qu'il avait amassé pendant son voyage et pendant sa vie à l'Hetmanat pour faire de grandes réparations à son manoir. Une fois la chose faite, il put s'y installer confortablement, seul, mais il retrouvait ses petites habitudes. Bien sûr, il n'était plus le noble modèle qu'il avait été autrefois. De nombreuses choses avaient changé dans sa personnalité, dans sa manière de voir les choses, de voir les gens. Toutes les observations sur le comportement humain qu'il avait consigné dans ses carnets lui permirent d'apprendre à lire plus facilement sur le visage des gens et deviner leurs intentions cachées. Beaucoup de changements en somme.
Mais une chose n'avait pas changé: son marché. Et sans grande surprise, le 21 septembre 1781, soixante-quatre ans jour pour jour après le début de sa nouvelle vie, le même Elric von Hofer qui l'avait "accueilli" à son réveil vint le chercher.

Il se rendit en compagnie d'Elric au château de l'Artiste. Il ne vit pas vraiment où c'était car Elric ne lui donna aucune information, mais le voyage dura plusieurs jours. La seule précision qu'il eut était que l'Artiste possédait de nombreux châteaux, et que celui-ci n'était que l'un deux.
Le voyage terminé, il entra dans le château, guidé par son "ange gardien" et fut finalement présenté devant l'Artiste, une femme d'une élégance transcendante. Elle possédait un charisme impressionnant, et il reconnut immédiatement sa voix envoutante. Rien qu'en la voyant, il comprit qu'elle lui était bien supérieure en puissance, et qu'il n'avait pas à rougir de lui être soumis. Lorsqu'elle s'adressa à lui, il tressaillit.

" Ô Olgierd Kowalczyk, notre dernière rencontre remonte à il y a cent trente ans. Cela peut sembler une éternité pour toi, mais tu verra que lorsqu'on s'habitue à compter les années par dizaines, ce n'est pas si long que ça. Il y a cent trente ans, le sort a guidé mes pas vers ton cadavre agonisant. Nous avons alors conclu un marché: je t'offrais une seconde vie en échange de quoi tu me servirai. Pendant les soixante-quatre années durant lesquelles je t'ai laissé libre de tes actions, tu as dû te questionner sur ce que signifiait me servir, n'est-ce pas? "

Trop intimidé pour parler, Olgierd se contenta d'acquiescer. L'Artiste eut un petit rire.

" N'aie crainte, mon cher, je ne suis pas dame arrogante au point de devoir m'entourer de serviteurs jours et nuits. Me servir signifie simplement que j'ai parfois besoin que l'on me rende des services, et il se trouve que je n'ai pas toujours envie de me déplacer moi-même, c'est là que ceux qui me servent entre en jeu. Vois cela comme un serment de loyauté, que tu sois capable de répondre à mes requêtes à n'importe quel moment. Sommes nous d'accords? "

Olgierd trouva cette fois la force de parler. Il fit une petite révérence telle qu'il avait été amené à en faire lors de sa vie de noble, et répondit.

" La dette que je vous dois est une dette de vie. Je suis un homme de parole, par conséquent je suivrai mon engagement scrupuleusement, jusqu'à ma mort. "

L'Artiste sourit et frappa dans ses mains.

" Fort bien! Dans ce cas, je te propose de rester quelques temps parmi nous en ce château, apprends donc à connaître ceux qui forment notre clan. "

Sur ces mots, l'entretien s'acheva.

Durant les mois qui suivirent, Olgierd logea dans le château, avec plusieurs autres apôtres du clan de l'Artiste. Il apprit à les connaître, notamment Elric, celui qui avait été son guide, un vieil apôtre qui servait l'Artiste depuis cinq cent ans, et également Valerius, un apôtre amoureux d'art mais possédant des goûts particuliers. Très vite, Olgierd se lia d'amitié avec ce dernier, et les échanges avec lui lui permirent de retrouver ses goûts artistiques, qu'il avait oublié depuis fort longtemps. Valerius lui présenta même une jeune apôtre de la mort qu'il nommait Misery et qui se voulait être sa dulcinée. Il s'habitua également aux grands banquets sanglants de l'Artiste, très excentriques, mais dignes de la réputation de l'Apôtre Ancestor. Cela lui rappela ce qu'étaient les Apôtres de la Mort, des ennemis des humains, vivant en se nourrissant de leur vie. Pourtant, il aimait encore les humains, il s'était plu à vivre parmi eux. Est ce que cela allait cesser? Valerius disait qu'il aimait les humains. Allait-il parvenir, lui, à conserver son amour de sa nature d'origine au fil des années? Une question qui ne pouvait pas trouver de réponse à ce moment.

Finalement, Olgierd désira quitter un peu la vie active et extravagante du château pour retrouver le calme et la sérénité de son manoir. A présent que ses "petites expéditions" étaient terminées, il désirait reprendre le travail de la magie, qu'il n'avait pas repris depuis le début de sa nouvelle vie. Il voulait reprendre ses recherches là où elles s'étaient arrêtées.
Ainsi, tranquillement installé dans son manoir, Olgierd tâcha de retrouver son niveau de magie d'antan, et de continuer là où jadis il avait été "forcé" de s'arrêter. Mais demeuraient plusieurs problèmes: tous les travaux de ses ancêtres, qu'il avait ramené depuis Londres, avaient brûlé lors de l'incendie. Il ne pouvait plus non plus compter sur l'aide de collègues mages, étant donné sa nature et sa mort officielle. Il devait donc se débrouiller seul, ce qui impliquait une avancée ralentie. Mais après tout, il avait le temps...
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Dim 18 Juin - 19:37
Partie III: Feu et Acier




C'est l'esprit serein qu'Olgierd entreprit de réapprendre les bases qui n'avaient pas été sollicitées depuis fort longtemps. Il avait tout le temps et l'espace qu'il désirait, dans son manoir à présent réparé. Avec ces deux libertés en main, il se disait qu'il n'aurait aucun mal. Mais ce fut justement parce qu'il disposait du temps et de l'espace qu'il piétina. Ses journées dans le manoir lui paraissaient longues. Il ne s'était pas rendu compte de ça lorsqu'il était rentré de son long voyage de Sibérie, car il avait été occupé à superviser les travaux de réparation, mais à présent que tout le manoir était réparé et qu'il était son seul occupant, il commença à se sentir seul. Il voulait reprendre la magie comme avant, mais plus rien n'était comme avant. Le manoir, lui, n'avait pas changé, c'était les mêmes pièces, les mêmes quelques œuvres qui avaient survécu, les mêmes statues, le même parfum, mais pourtant tout était différent. Être seul changeait totalement la façon de ressentir les choses. Il n'avait plus les paroles encourageantes de sa mère, le réconfort de sa femme, le sourire de sa fille, l'aide de ses domestiques. Olgierd commença à être pris d'une pointe de nostalgie. De plus en plus souvent il se surpris à contempler avec un regard triste une peinture représentant lui et Iris, qu'elle avait peinte elle-même. La peinture était petite et tenait sur un cadre de vingt centimètres de hauteur, mais malgré ça, dans ce petit espace était immortalisée toute l'émotion qu'il avait pu avoir à cette époque: de la joie et la paix, qui trouvaient écho dans le sourire radieux d'Iris sur la peinture. Ah... Il avaient pensé que toutes ces années de vie nouvelle permettraient de lui faire oublier, et pourtant, son sourire ne quittait plus son esprit, plus de cent ans après sa mort. Pourquoi était-ce si douloureux, si difficile d'être apôtre de la mort? Était-il le seul à rencontrer ces peines, ou bien tous étaient passés par là? Toujours est-il que cette nostalgie l'empêchait d'avancer dans ses travaux, et dix ans après être revenu à son domaine, il n'avait toujours pas réussi à retrouver son niveau d'antan. Il n'était pas encore prêt, pas encore prêt à reprendre ses travaux magiques, il avait encore besoin de quelque chose, quelque chose pour oublier définitivement ses vieux souvenirs.


Et ce "quelque chose" arriva. En 1793, à la suite de manœuvres politiques de la Russie et de la Prusse, ces deux derniers justifièrent une guerre expéditive contre la Pologne et s'emparèrent à nouveau d'un peu de ses terres, réduisant alors le pays à l'ombre de ce qu'il avait été auparavant. Olgierd conservait toujours un attachement à son pays natal, et cette partition du pays l'indigna profondément, malgré le fait qu'étant apôtre, il ne devrait plus se sentir attaché à sa nation. Il entendit alors des rumeurs de rébellion, et en suivant ces bruits, il rejoint la résistance de Tadeusz Kosciuszko. Malheureusement, la résistance fut mise à jour par les Russes, et ils durent alors commencer leurs offensives plus tôt que prévu. Ainsi le 24 Mai 1794, Kosciuszko se déclara grand général des forces armées polonaises et établit son bastion à Krakovie. Très tôt, les troupes russes vinrent écraser le soulèvement, mais à la surprise générale, les troupes de répression furent vaincues. Olgierd servait alors comme officier d'une unité de cavalerie. Cela fit naître l'enthousiasme dans d'autres villes polonaises, et bientôt, plusieurs villes telles que Varsovie ou Lublin virent leur population se soulever et massacrer les troupes de garnison Russe. Kosciuszko rassembla les troupes et se prépara à marcher sur la Russie. Cependant, les troupes prussiennes vinrent prêter main forte aux troupes russes, et la résistance polonaise essuya alors deux défaites et dû se replier sur Varsovie, qui fut alors assiégée. D'autres soulèvements à l'Ouest de la Pologne obligèrent les prussiens de se disperser, et poussèrent Kosciuszko à attaquer les troupes assiégeantes restantes, les nouvelles d'une autre armée Russe approchant lui étant parvenues. Il lança donc un assaut contre les assiégeants, avec cinq mille hommes de ses troupes, dont Olgierd. Ce fut le feu brûlant en son cœur qu'Olgierd s'élança contre les Russes, se mettant en première ligne de son unité, il était redoutable, son corps renforcé par sa nature d'apôtre. Malheureusement, Kosciuszko fut blessé et capturé par les Russes, et obligea les troupes à se replier dans Varsovie une nouvelle fois. C'est à partir de ce moment là que les choses commencèrent à s'effondrer. La perte de Kosciuszko poussa certains nobles de la rébellion à mener une lutte intestine de pouvoir, vis à vis des privilèges qu'ils pourraient tirer de tout ça. Ce jeu politique dégouta Olgierd, qui préféra rester aux côtés de ses hommes. Cette lutte interne affaiblit cependant le commandement de l'armée, et lorsque les Russes lancèrent l'assaut contre la ville, Olgierd devinait déjà l'issue de la bataille. Et ses prédictions se vérifièrent. Malgré une lutte farouche au début, ils furent rapidement débordés et les défenses furent enfoncées, laissant les Russes entrer dans le quartier de Praga.
Olgierd se souvint de ce moment pendant très longtemps. Tandis que les troupes se faisaient décimer, son unité ayant été détruite, il jugea que la situation était perdue et se réfugia alors sur un toit grâce à son agilité d'apôtre. Ce qu'il vit alors se dérouler sous ses yeux le marqua pendant longtemps. Le commandement russe, irrité par cette rébellion, et souvenant de la violence du soulèvement de Varsovie, qui avait coûté la vie à de nombreux soldats de garnison russes pendant l'heure de la messe, laissa champs libre pour les troupes, qui se laissèrent alors aller au pillage. Sous ses yeux, des centaines de civils furent extirpés hors de leur maisons, torturés, tués, violés. Femmes, enfants, vieillards, tous y passèrent. En quelques dizaines de minutes, le bruit ambiant du quartier de Praga s'était transformé d'un chaos de tirs de fusils en un enfer de cris et de hurlements. Olgierd restait tapis, conscient que malgré sa nature, il ne ferait pas long feu face à tous ces soldats. Alors il regarda. Il regarda cette boucherie se déroulant sous ses yeux. La cruauté des Russes fut d'une ampleur qu'il n'avait jamais connu auparavant. Bien sûr il avait déjà pillé des villages pendant sa vie de cosaque, bien sûr il avait déjà tué nombre d'innocents pour se nourrir, bien sûr il avait toujours su que la guerre possédait cette face là, mais jamais il n'aurait pensé qu'il était possible une boucherie d'une telle ampleur. Quand quelques heures plus tard, les russes laissèrent le quartier, vide de vie, Olgierd redescendit de son toit. Les rues étaient devenues rouges. De véritable rivières de sang s'étaient formées, partout où il marchait il voyait des cadavres de civils, ils se comptaient par centaines, non...par milliers... Ici il voyait un homme sans tête, ici il en voyait un autre, attaché à un poteau, le ventre ouvert, là bas, un enfant empalé dans les bras de sa mère, où bien derrière ce tournant, une femme nue figée dans une expression d'horreur, une lame plantée dans son vagin. C'était un véritable cirque macabre qui se profilait devant ses pas, un aperçu de l'enfer. Par plusieurs fois il vomit, incapable de supporter cette vision, lui qui avait pourtant déjà tué nombre de personnes. Il sentit ses poings se serrer et une rage monter en lui, une rage de la même ampleur que celle qui l'avait pris lorsqu'il s'était vengé de son meurtre. A un coin de rue, il vit un cadavre d'un soldat russe, tué lors de la bataille précédant le massacre. Alors il dégaina son sabre et le planta dans le corps, pourtant mort. Puis il recommença, encore et encore, déversant toute sa rage à mutiler le cadavre. Il réduisit en charpie toute la dépouille jusqu'à ce qu'elle ne ressemble plus qu'à un amas de chair sanguinolent. Ce ne fut alors qu'il put se sentir "satisfait" pour le moment, et il décida de quitter la ville et de disparaître dans la nature.
Au total, vingt mille civils furent massacrés durant cette boucherie, et le choc fut si grand que plusieurs villes rebelles se rendirent et ce qu'il restait de la résistance s'écroula peu après. L'année suivante, utilisant comme prétexte le soulèvement de 1794, les Russes et les Prussiens se partagèrent ce qu'il restait de la Pologne, la faisant disparaître de la carte. Le domaine d'Olgierd se retrouva en territoire prussien, mais était si isolé qu'il fut ignoré et ainsi, Olgierd put y retourner et continuer à y vivre de manière sereine.

Olgierd retourna à la solitude de son manoir, après tout ce sang, mais en conservant avec lui sa haine nouvelle des Russes. Pendant toutes les années qui suivirent, elle ne le quitta pas, et devint même un nouveau moteur pour se motiver à progresser dans ses travaux magiques. Oubliant complètement sa nostalgie, étant obsédé à la place par un désir de vengeance, il arriva à retrouver son niveau magique d'antan et développa de nouveaux sorts à des fins destructrices. Il reçut également sa première mission de la part de l'Artiste, qui consistait à éliminer un exécuteur qui sévissait dans la région. Se pliant à ses obligations, il partit à sa chasse et mit à profit toutes les compétences qu'il avait acquises, ainsi que le savoir magique qu'il avait retrouvé. Cette première traque ne fut pas aisée, mais il vint à bout de sa cible, et rapporta sa tête à l'Artiste. Cette mission avait été également l'occasion de mettre en pratique tout son savoir-faire en combat, et elle le conforta dans son désir de vengeance.
Et comme si le destin répondait à chaque fois à son appel, l'occasion de prendre sa vengeance se dessina. En effet, depuis l'Ouest un raz-de-marée s'était incarné en la personne de Napoléon. Cet empereur autoproclamé français avait secoué l'Europe toute entière et allait entamer une campagne contre la Russie. Ce fut une véritable aubaine pour Olgierd, qui quitta son domaine, et alla convaincre plusieurs hommes de le rejoindre en vue de rejoindre la Grande Armée. Il recruta ainsi une vingtaine d'homme, et lorsque Napoléon créa le duché de Varsovie, Olgierd alloua ses services à la Grande Armée en tant que groupe mercenaire d'éclaireurs.



C'est ainsi qu'il rejoint la marche de l'armée de Napoléon sur la Russie. Tandis que la Grande Armée avançait, il partait en éclaireur avec son unité de cavaliers, il se séparait alors de son unité en leur ordonnant de continuer sans lui, et se dirigeait en direction de petits villages. Une fois arrivé à ces petits villages, seul, il laissait libre cours à sa vengeance de la même façon injuste et cruelle que lorsqu'il s'était vengé des familles "traitresses". Il massacrait tous les habitants qu'il trouvait, enfants y compris, violait les femmes, en profitait pour se nourrir abondamment de sang, puis laissait le village en proie aux flammes en s'assurant qu'il ne restait pas âme qui vive. Quelque chose bascula en lui lors de cette campagne, quelque chose se brisa définitivement: sa compassion, noyée dans cette rage malsaine et cruelle, et plus jamais il ne la retrouva. Il mit à feu plusieurs dizaines de villages de cette manière, et massacra à lui seul, au total un bon millier de paysans. Et il ressentait plus de satisfaction à tuer ces pauvres innocents qu'à tuer des soldats russes lors des courts engagements avec la Grande Armée, où lors des raids contre les Cosaques, qui n'étaient alors devenus plus que des pions du Tsar. Et lorsqu'il revenait des ses "expéditions punitives", son visage et son uniforme étaient presque complètement pourpres, recouverts de sang. Ses hommes ne posaient alors pas de question, mais on pouvait très clairement lire une certaine forme de peur dans leur regard.
Malgré le succès des différents engagements des français, les Russes ne se rendirent pas et commencèrent à pratiquer la tactique de la terre brûlée. Pour Olgierd, qui se fichait bien en réalité, de l'issue de la campagne, si dans les faits, cela ressemblait un peu à ses agissements, il ne pouvait pas tirer de lui-même la satisfaction de mettre à feu ces villages et tuer leurs habitants. Alors il traquait. En venant même à complètement oublier son unité et la Grande Armée, il traquait chaque personne vivante qu'il trouvait, et la tuait. Ce ne fut que lorsque la Grande Armée battit en retraite et commença à souffrir de l'hiver russe qu'il estima que sa vengeance était assouvie, et il disparut de la circulation, rentrant en Pologne l'esprit plus serein.

Il continua de garder en lui une certaine haine envers les Russes, mais sa vengeance était apaisée. Il put retourner à une vie "normale", dans la solitude de son manoir. Pendant quarante-ans, il se dévoua à continuer ses recherches en magie, et à accomplir les mission que lui confiait parfois l'Artiste, la plupart du temps consistant à éliminer un exécuteur ou un individu gênant. Il commença également à développer un pouvoir, en utilisant toutes les recherches qu'il avait mené. Il mena des expériences sur des objets, sur des rats ou d'autres animaux, mais le principe était encore trop instable, et nécessitait plus d'approfondissement. Seulement, son élan fut coupé par un nouvel évènement de grande ampleur: la Guerre de Crimée. Ce conflit opposait les Russes aux Ottomans, bientôt rejoint par les Français et les Britanniques, et Olgierd vit la une nouvelle occasion d'aller "tuer du russe".

Il se fit engager comme soldat mercenaire sous le commandement français, et comme tous, il mena le siège de Sebastopol, qui s'étala sur plus d'une année. Pendant toute la durée du siège, il resta aux côtés des troupes françaises et trouva quelques camarades polonais, avec qui il put discuter. La garnison de Sebastopol, se sachant en complète infériorité, se contentait de quelques rapides affrontements éclairs, qui mirent la patience d'Olgierd à rude épreuve. Mais le plus dur restait encore de se nourrir sans éveiller les soupçons. Il fallait pour ça s'éloigner en toute discrétion du lieu du siège et aller une fois de plus "s'approvisionner" sur de pauvres paysans, une fois par semaine.
Finalement, le 17 Août 1855, les Russes "firent plaisir" à Olgierd en lançant une contre-attaque de grosse envergure au niveau de la Tchernaïa, pour détruire leur approvisionnements, en profitant du brouillard pour la surprise. Seulement, sans aucune cavalerie ni Artillerie, leur troupes se firent pilonner par les canons français, et lorsqu'ils arrivèrent en vue des lignes françaises, ces dernières étaient prêtes. Olgierd se trouvait en première ligne, et lorsqu'il aperçut les Russes en face de lui, un large sourire carnassier se dessina sur son visage, il jeta son fusil, dégaina son sabre, et se jeta au corps, initiant ainsi la charge français. Les corps à corps durèrent un certain temps, pendant lesquels Olgierd prenait un malin plaisir à trancher tous les ennemis qui se trouvaient autour de lui. Sa vitesse et son agilité par rapports aux humains étaient devenue bien supérieure avec le temps, et l'on aurait dit qu'il dansait au milieu des troupes. Quand les troupes russes battirent en retraite, l'uniforme bleu de l'apôtre était couvert de sang et certains de ses compagnons d'arme le regardaient avec des yeux médusés.
Il put donner un seconde fois libre cours à ses pulsions meurtrières le 8 Septembre, lors de la prise de Malakoff, une forteresse défensive donnant une position stratégique clé sur Sebastopol. Olgierd fit partie de la première vague qui sortit des tranchées pour monter à l'assaut du Malakoff. Encore une fois, les affrontements au corps à corps furent sanglants et Olgierd se donna à cœur joie, de toute façon plus intéressé par l'idée de massacrer l'ennemi que par la victoire de son camps. Lorsque le Malakoff fut prit et sécurisée, les Russes surent que Sebastopol était perdue et l'évacuèrent. Et lorsque Olgierd et les troupes franco-britanniques pénétrèrent dans les ruines de la ville, il ne restait rien d'autre que des ruines à piller et des blessés abandonnés là par les Russes. Mais qu'importe, Olgierd était suffisamment rassasié et avait eut son "quota" de tuerie pour cette guerre. Sachant qu'il n'y aurait plus d'autre grand affrontement, il s’éclipsa à la première occasion il laissa la guerre s'achever tandis qu'il rentrait à son domaine.

Cette guerre avait une fois de plus fait ressortir un peu plus sa cruauté, et il se dit qu'il ne faisait que ressembler véritablement à un Apôtre de la Mort. Par curiosité, il ressortit ses vieux carnets datant de son expédition en Russie, et demeura insensible à toutes les observations qu'il avait faite sur le comportement humain. Il se dit alors qu'il avait alors sa réponse à la question "allait-il perdre lui aussi son humanité?". Mais pourtant, comme le témoignait son implication récente dans la Guerre de Crimée, il continuait de s'intéresser aux humains et à leurs affaires. C'était là sans doute le genre de chemin que suivait Valerius, son fidèle ami, qu'il revoyait de temps en temps.
Côté magie, il se dévoua entièrement au développement de son pouvoir, et parvint enfin, en 1873, pour la première fois à passer sous forme spirituelle pour ensuite se rematérialiser. L'expérience fut néanmoins éprouvante et pendant deux jours, il se sentit vide de toute énergie. Il multiplia alors les essais encore et encore, pendant de nombreuses années, jusqu'à ce que son corps soit complètement habitué et qu'il maitrise totalement le passage en forme spirituelle dans les deux sens. Ce fut une immense satisfaction pour lui et c'est donc armé de nouveau pouvoir maitrisé sur les bout des doigts qu'il put commencer à se montrer terriblement efficace pour éliminer les cibles désignées par l'Artiste. C'est également pendant cette période là qu'il s'ouvrit à d'autres domaines de la magie et développa son excellent sort de traque de cibles. Néanmoins, ce dernier sort, très complexe, lui demanda deux années entières pour être développé de manière fonctionnelle. Il se rendit également plusieurs fois aux différents domaines de l'Artiste pendant ces années, où il revit notamment ce cher Elric von Hofer. Il fit également de nouveau rencontre avec Misery, la "protégée" de Valerius, qui depuis la dernière fois, était devenue, tout comme lui, une apôtre accomplie. Ils échangèrent leurs point de vue sur les humains, partageant leur intérêt relatif envers eux, même si la façon dont cet intérêt se manifestait différait. Ce furent des années fastes pour Olgierd, qui les vécut comme une "période de repos".



Mais toute période de repos a une fin, c'est une constante malheureuse de la vie, à laquelle nul se semble pouvoir échapper. Le 28 Juillet 1914, le monde s'embrasait dans une guerre d'une ampleur jamais connue encore auparavant, dans ce qui serait appelé plus tard la première guerre mondiale. Se sentant tout "excité" à l'idée de retourner au front, et aussi, encore et toujours à l'idée de tuer des Russes, Olgierd, dont le domaine se trouvait du côté allemand de ce qui était autrefois la Pologne, s'enrôla dans l'armée allemande pour aller combattre sur le front Est contre les Russes. Grâce à plusieurs petits succès au début de la guerre, avant que les tranchées ne s'installent, il fut promu officier et se trouva donc une nouvelle fois au commandement de plusieurs hommes. Puis, les front se stabilisèrent, certes moins que du côté Ouest, mais cela aboutit aussi à un changement dans la façon de faire la guerre. Il fallait désormais traverser un vaste no-mans's land pour atteindre les tranchées ennemis, sous le feu des fusils et des mitrailleuses.
Mais dès le début de cette guerre, Olgierd se rendit compte qu'il ne tirait plus aucune satisfaction à tuer des Russes. Non, cela ne l'affectait plus du tout, comme si sa haine avait été purgée, ou qu'un tel désir ne l'intéressait plus. Et alors qu'il allait perdre la foi et toute motivation dans cette guerre, il découvrit que bien qu'il ne prenait plus de plaisir à tuer lui-même des ennemis, le gout de l'adrénaline au moment où il montait au front et qu'il courait devant le feu ennemi, entouré de ses hommes, était quelque chose d'unique auquel il prit goût. Ainsi, il était l'un des seuls à partir avec enthousiasme à la conquête des tranchées ennemis, et en plus de cela, il voulait se battre "comme un homme", sans user de son pouvoir ni de la magie. Alors, il courait, le sabre en avant, tandis que les balles sifflaient autour de lui. Et même en oubliant le fait qu'il était naturellement plus agile et possédait de bien meilleurs réflexes, le fait qu'il revenait intact de chacune de ses charges, couronnées de succès, était un miracle. Mais l'on ne pouvait pas en dire autant de son unité. La plupart du temps il était le seul survivant et engageait alors à lui seul les ennemis, donnant le signal pour de nouveaux assauts. Mais puisque lui était toujours vivant, son unité continuait d'exister en quelque sorte. Alors on eut tôt fait de surnommer son unité "l'unité des sacrifiés", car l'unité "survivait" à chaque fois, mais pas ses hommes. Et le plus effrayant était sans doute le sourire carnassier qu'affichait Olgierd au moment de monter à l'assaut. Il était à la fois considéré comme un fou dangereux et comme un héros, par ses exploits et sa chance inouïe.
Mais "hélàs", le 3 Mars 1918, le traité de Brest-Litovsk mit fin aux hostilités contre la Russie, et par la même occasion, au front Est. Olgierd n'avait aucun désir de se déplacer en France pour combattre dans un conflit pour lequel il n'avait plus aucun intérêt. Même si l'adrénaline générée par les assauts était agréable, il regrettait l'utilisation intensive d'armes à feu, et la quasi-disparition du "combat d'homme". Il se dit que les guerres humaines ne valaient plus la peine d'y participer, à présent que le corps à corps était de plus en plus négligé, et que de toute façon, tuer du Russe ne lui procurait plus aucune sensation. Cette impression se renforça lorsque, quelques mois plus tard, après la signature de l'Armistice, la recréation de la Pologne ne lui fit ni chaud ni froid. C'était ainsi, c'était dans l'ordre des choses, de par sa nature d'apôtre, au fil des années il s'attachait de moins en moins à ses valeurs humaines, et à présent même son pays d'origine ne lui procurait aucun sentiment.

Il reprit le même genre de vie qu'avant la guerre, et lorsqu'en 1939 la deuxième guerre mondiale éclata, il ignora tout bonnement et simplement le conflit. Il resta dans son manoir avec la plus grande indifférence lorsque la Pologne fut envahie. Il se ficha bien des mouvements de résistance polonais, tout comme le massacre des juifs, particulièrement intense dans son pays. Au contraire, il trouva même un moyen de mettre à profit la présence nazie. En effet, ayant eut vent des "pillages" d’œuvres d'art par les nazis, il entra en contact avec certains haut-placés chargés de ces déplacement en Pologne, et en en corrompant certains, il parvint à prélever quelques "petites parts" sur certains convoi, lui permettant ainsi d'orner son manoir de plusieurs tableaux et sculptures, qui disparaîtront alors de la circulation pour toujours. Et ce fut tout ce que lui apporta la Seconde Guerre Mondiale. Lorsqu'elle se termina et que le pays finit sous influence soviétique, tout cela ne l'affectait pas et il consacra à ses tâches d'auparavant. Il passait alors ses journées à lire des ouvrages, progresser dans ses travaux magiques, ou bien effectuer des missions pour le clan de l'Artiste.



Partie IV: Équilibre



L'après-guerre ouvra de nouveaux horizons et de nouvelles technologies, ce qui ne fut pas forcément que des bonnes nouvelles pour les apôtres. En effet, à présent la communication devenait beaucoup plus rapide, beaucoup plus efficace, et l’Église devenait plus rapidement au courant d'agissements d'apôtres. Il fallut un certain temps à tous les membres du clan avant de s'habituer à de nouvelles manières de procéder, qui se résumaient la plupart du temps par une discrétion renforcée. Mais ce "certain temps" coûta la vie à plusieurs apôtres du clan, notamment des vieux, qui bien que puissants, étaient restés habitués pendant trop longtemps aux "bonnes vieilles méthodes". C'est ainsi que Elric von Hofer, son premier guide dans cette nouvelle vie fut tué en 1956 par l'Eglise. Une expédition punitive, à laquelle Olgierd faisait partie fut organisée, et les coupables furent tous tués. Mais en 1966, ce fut une mort encore plus tragique qui toucha le clan: Valerius, grand amateur d'art aimant les humains, et ami d'Olgierd fut attaqué en traitre par un exécuteur, et c'est le corps transpercé de nombreuses Black Keys que Misery retrouva son corps. Olgierd, poussé par la vengeance, mais cette fois une vengeance froide uniquement, sans sentiment, sans colère, traqua seul le coupable, et après l'avoir torturé dans une cave d'un château, il laissa pourrir son cadavre. La mort de Valerius le rapprocha de Misery, qui avait été plus proche de lui que n'importe qui. Misery...apôtre de sa génération, qui tout comme son défunt poète, aimait les humains et avait trouvé le moyen de se nourrir sans tuer d'humains. Contrairement à Olgierd, qui aimait rester confiné dans son manoir, et regardait d'un mauvais œil cette nouvelle époque qui se dessinait, Misery avait elle, sut saisir toutes les opportunités qui s'étaient présentées à elle pour s'élever dans le monde humain et obtenir le pouvoir immatériel, le pouvoir de l'argent et de l'influence. Mais les manigances sociales n'étaient pas le fort du Polonais, et même si il respectait le talent de son amie, il ne l'enviait pas. D'ailleurs, avec les morts de nombreux vieux apôtre du clan, elle s'était profilée comme la plus probable successeur de l'Artiste. Elle semblait la seule à aller dans le sens du progrès.

Car cette nouvelle époque, comme pour beaucoup d'autres apôtres, s'annonçait mauvaise pour Olgierd. Il perdait beaucoup de ses libertés d'actions, et il commença à s'ennuyer. Alors il finit par décider de monter un projet lui aussi, sans l'audace et l'ambition de la banque de Misery, mais en continuant ce principe de regarder une "création grandir". Pendant plusieurs mois, il tenta de s'immerger dans le monde criminel humain, qui était devenu très secret avec le temps, et très difficile d'accès, il essaya d'en assimiler les rouages basiques, lui, dont la philosophie criminelle était quelque peu dépassée. Et alors il commença tout doucement à créer un réseau clandestin. Rien de très prétentieux, pas de grosse mafia, il ne s'agissait au début que d'un réseau de contrebande entre le bloc Ouest et Est de l'Europe. Faisant circuler des marchandises de façon illégale à travers le rideau de fer, il faisait profiter à l'Est tout ce dont on jouissait à l'Ouest. Bien sûr, il était loin d'être le seul à faire ça, mais il n'avait pas pour ambition de devenir un énorme réseau. Au fil des années néanmoins, ce trafic grossit, lentement mais sûrement, et il commença à nommer lui-même des chefs responsables de différents morceaux du flux clandestin. Mais à la différence de beaucoup d'autre réseaux, grâce à sa philosophie un peu dépassée, il désirait avoir une relation amicale avec tous ces chefs responsables. Aussi, plutôt que d'acheter leur loyauté avec de l'argent et des menaces, il les invitait dans son manoir, et ils buvaient alors tous ensemble de la Vodka en se racontant des histoires. Au fil des années, Olgierd commença à apprécier véritablement ces subordonnées, qu'il voyait évoluer, et en vint même à révéler à chacun sa nature et le secret de la magie, absolument certain qu'ils emporteraient le secret dans leur tombe. Après leur avoir révélé ces secrets, il put leur raconter sans gêne toute sa longue vie. Cela lui rappela l'époque où il se regroupait avec des camarades cosaques autour d'un feu, bien que depuis il avait beaucoup changé. Certes, il était devenu véritablement difficile pour lui d'avoir de l'affection pour des gens, mais l'intérêt qu'il leur portait couplé à son affinité avec eux était ce qui s'en rapprochait le plus. Voir son réseau évoluer, ses responsables changer eux-aussi avec le temps, le passionna, plus que si il avait fait les choses lui-même. Il commençait à comprendre pourquoi Misery s'était tant dévouée à sa banque.
Lorsque la Guerre Froide cessa et que le Rideau de Fer "tomba", ils durent se convertir complètement. Puisque le trafic de marchandise normales devenait beaucoup moins intéressant, il se tourna vers le trafic de marchandises illégales. Sans vouloir toucher au domaine de la drogue, qui était monopolisé par les mafias, il commença à faire du trafic d'armes et d'humains. Les guerres aux Balkans laissèrent de nombreux orphelins, qui étaient tout autant de "marchandises" faciles pour Olgierd. Dans la noirceur du monde, il y avait toujours des gens prêt à payer pour acheter l’inachetable. Quelle était la valeur d'une vie? Pour l'apôtre, c'était déjà depuis longtemps une notion assez inexistante, lui qui avait tué des milliers de gens durant sa vie de sa propre main, plus que n'importe quel tueur en série aurait pu espérer. Bien sûr, tout ceci ne l'empêchait pas de remplir ses devoir envers l'Artiste, à laquelle il était toujours complètement loyal. Au contraire, ne faisant rien véritablement de lui-même à part diriger le tout, il avait les mains libres, et c'était tant mieux, puisqu'avec les pertes dans les rangs subies au début de la deuxième moitié du siècle, ayant moins de candidats pour effectuer les missions, il devint de plus en plus sollicité, jusqu'à devenir le traqueur favori de l'Artiste. Terriblement efficace, il trouvait toujours ses cibles, et son pouvoir surprenait toujours les exécuteurs, qui avaient alors rarement l'opportunité d'être surpris une seconde fois. Sa vie d'apôtre et sa vie de superviseur de trafic clandestin trouvèrent alors un équilibre, et il cessa de s'ennuyer.




Partie V: Hostilité



Mais comme à chaque fois dans sa vie, les meilleurs moments s'avèrent être éphémères, et ce moment d'équilibre n'y fit pas défaut. Tout commença en 2010, alors que le second millénaire venait tout juste de naître. Il reçut un jour, par le biais d'un de ses subordonnées qui avait été contacté, une demande d'une mafia de collaborer avec eux. Les arguments avancés étaient que son réseau dans la région d'Europe de l'Est était solide et fiable, et qu'ils désiraient pouvoir profiter de cette présence, ce qui serait bénéfique pour tout le monde. Cette mafia se nommait Sheol. Néanmoins, l'offre n'intéressa pas Olgierd, qui désirait conserver pour lui cette création, et continuer de superviser de lui-même son évolution, sans se mêler aux business des grosses mafia. Il demanda alors à son associé de donner au même numéro une réponse négative, mais polie. Il imagina alors qu'on le laisserait tranquille, et qu'il n'entendrait plus parler de cette mafia. Mais évidemment, c'était mal connaître la "façon de faire" des grosses mafia.
Le 4 Novembre 2010, il reçut la nouvelle que l'un de ses responsables avait été assassiné. D'une simple balle dans la tête, il avait été abattu par un agresseur inconnu. Pour sûr, cela surprit Olgierd, mais la surprise fut encore plus grande lorsque, cinq jour plus tard, il reçut les nouvelles d'un autre de ses subordonnées assassiné de la même façon. Et encore un autre quelque jours plus tard. Trois associés morts en un laps de temps si court, c'était bien trop pour être une simple coïncidence... Lorsqu'il organisa une réunion de crise dix jours plus tard, c'était au total six de ses subordonnées qui étaient morts. Lors de cette réunion revint pour la première fois le nom de "Sheol". L'on émit l'hypothèse que puisqu'il n'avait pas souhaité travailler avec eux, la mafia avait décidé de les "écarter" en les détruisant, afin de ne pas gêner leur propre trafic. Face à l'absence de solutions immédiates, Olgierd leur demanda à tous de suspendre leur activités sur le réseau pendant quelques temps, de transmettre l'ordre aux autres "employés", et de rester terrés chez eux, pendant qu'il réfléchissait à une solution.
Même en supposant que c'était la mafia Sheol, Olgierd n'avait aucune idée de comment agir. Il n'avait jamais lutté contre des organismes secrets de la sorte. Il ne savait pas qui ils étaient, où ils étaient, il ne savait rien. Son réseau à lui était rustique et absolument pas adapté à réagir à ce genre d'action. Et pendant qu'il se creusait la tête, il continua de recevoir les nouvelles de la mort de ses responsables. Au final, en un mois, tous les différents chefs intermédiaires du trafic avaient été assassinés, et le réseau s'effondra, laissant Olgierd seul, dans l'incompréhension. Il ne put avoir que deux témoins, parmi les employés du bas de l'échelle. Les deux affirmèrent avoir vu brièvement une personne de petite taille, équipée d'un masque, et semblant être une femme. Une seule personne? Olgierd n'osait pas y croire. Est-ce que tout ceci était l’œuvre d'uniquement cette personne? Comment avait-elle pu être aussi efficace? Était-elle une apôtre elle aussi? Non, il en doutait, il ne voyait pas pourquoi un apôtre irait se mettre à la botte d'une mafia humaine. Mais alors, qui... La mort de tous ses subordonnées, qu'il avait traité au fil des années comme des camarades, le frustra et l'irrita. Mais pourtant, il n'avait aucune idée d'où frapper. Alors, finalement il décida de se "laisser frapper", pour neutraliser l'assassin et remonter ensuite jusqu'à la mafia. Bien qu'ils avaient détruit tout son réseau, ils devaient probablement être en train de chercher son chef, c'est à dire lui, pour éviter toute future menace potentielle. Mais il était vrai que son identité était inconnue, puisqu'il était mort, et sa location était elle aussi presque inconnue, officiellement un vieux manoir possédé par un riche. Alors, il essaya de se mettre un peu à jour. Il tenta tant bien que mal de se faire repérer par la mafia en se créant une fausse identité et en se donnant le profil d'un chef de contrebande en fuite. Puis, chaque jour, il revenait dans son manoir, et attendait.

Pendant plusieurs semaines il attendit ainsi. Et un jour, ses efforts portèrent leur fruit. Tandis qu'il était paisiblement assis sur son sofa, dans le hall principal, il sentit une odeur étrangère, une odeur de femelle humaine qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. Alors il sut. Malgré les efforts de l'intrus pour être silencieux, on ne pouvait pas tromper ses sens d'apôtre, très développés. L'odeur venait de l'étage supérieur. Celui-ci donnait vue directement sur le grand hall du rez-de-chaussée, et l'on pouvait y accéder par de larges escaliers, de chaque côté du hall. Si cette femelle était entrée par l'entrée principale il l'aurait tout de suite vue, elle avait donc dû emprunter une fenêtre de l'étage, puisqu'après tout, ici il n'y avait aucun voisin pour épier. Il la sentit à plusieurs dizaine de mètres de lui, en hauteur, derrière lui. Il avait fait exprès de déplacer le sofa au milieu de la pièce pour s'offrir volontairement en cible facile, il offrait donc à ce moment là sa nuque, et buvait une vodka pour se donner l'air insouciant.





Il entendit le bruit de l'arme qui se préparait. Bien sûr, c'était pratiquement inaudible, mais après toutes ces années, il connaissait les bruits de ce manoir par cœur, et il était capable d'identifier immédiatement le moindre bruit "étranger", cela bien sûr aidé grâce à son ouïe d'apôtre de la mort. Il entendit de manière presque imperceptible le doigt appuyer légèrement sur la gâchette, se préparant à tirer. Buvant sa bouteille de vodka, il était complètement aux aguets, malgré sa nature, une balle dans la tête pouvait le tuer. A tout moment, il était prêt à esquiver. Et puis le moment vint. Il entendit le son du doigt qui commençait à appuyer sur la gâchette pour de bon cette fois, et il se jeta alors sur le côté, au moment où le bruit de la détonation retentit. Il se rua alors aussitôt sous la balustrade de l'étage pour être dans un angle mort, et s'exprima à voix haute pour que son assassin l'entende.


" J'ai bien cru que tu ne viendrais jamais, cher assassin! Tu as tué tous mes camarades, et maintenant il ne reste plus que moi. Mais n'espère pas que cela sera aussi facile! Ah ah ah! "

Un large sourire se dessina sur son visage tandis que l'adrénaline montait. Il dégaina son pistolet à platine et son sabre, puis se rua à découvert. Un premier tir. Il esquiva, puis commença à monter les escaliers à toute vitesse. Il ne voulait pas encore utiliser son pouvoir. Discernant son ennemie, il tira son coup unique en sa direction, pour la forcer à se mettre à couvert, ce qu'elle fit immédiatement. Cela lui laissa alors le temps d'atteindre l'étage supérieur. Lâchant son pistolet à présent inutile, il avança doucement vers le mur derrière lequel s'était cachée la mystérieuse assassin.

" Alors quoi, c'est tout?! "

Comme pour répondre à sa provocation, son adversaire sortit soudainement de sa cachette et se rua vers lui, un couteau de combat dans la main. Oh? Une magus? Il avait ressenti une présence magique au moment où elle s'était approchée de lui. Intéressant. Elle fut immédiatement à son niveau et son coup fut fulgurant. Mais c'était sans compter sur les réflexes inhumains d'Olgierd, qui esquiva l'estoc d'un mouvement souple, et contre-attaqua immédiatement en essayant de la trancher avec son sabre. Elle esquiva à son tour, et contre-attaqua elle aussi. Cet échange dura quelques secondes, pendant lesquelles chacun esquiva l'autre, puis l'assassin au masque rompit le contact et se rua vers les escaliers pour les descendre.

" Pas si vite! Ah ah! "

Il se lança à sa poursuite, et se rua sur elle, quand à sa grande surprise, elle fit volte face et brandit son couteau vers lui alors qu'il se trouvait en plein élan. In extremis il se jeta à terre pour esquiver, lui offrant une fin de descente d'escalier non agréable. Mais elle, car son assassin avait une carrure de femme à n'en pas douter, ne lui laissa aucun temps de répit en se jetant sur lui alors qu'il était à terre. Il roula sur le côté, et se releva rapidement en fauchant l'air avec son sabre. Elle rompit une nouvelle fois l'engagement avec agilité, et mis quelques mètres de distances entre eux.

" Hmmm... Je vois que tu n'es pas n'importe quel assassin, je comprends pourquoi mes camarades ont été tués avec tant d'aisance. Mais je ne te pardonne pas pour autant! "

Prenant appui sur son pied, il fonça en avant d'un bond pour réduire immédiatement la distance qui les séparait, et attaqua immédiatement. Elle fit alors preuve de splendides réflexes en parvenant à attraper son bras à cette vitesse et utilisant sa force pour le retourner. Olgierd sentit son corps basculer, mais ne perdant pas son sang froid, il saisit la nuque de son adversaire avec ses jambes en même temps qu'il chutait pour l'emporter avec lui. Sitôt que son dos touchait le sol, Olgierd roulait sur le côté. Les deux se relevèrent, et Olgierd voulut reprendre l'initiative de l'attaque, mais elle fut étonnamment plus vive avec une dangereuse estoc de la dague qui obligea Olgierd à esquiver puis reculer de quelques pas. Les deux adversaires recommencèrent à se toiser, et Olgierd commença à applaudir lentement de ses mains, avec une certaine expression moqueuse sur le visage.

" Et bien et bien, tu es plutôt douée. Mais le temps de l'amusement est à présent achevé, fini de rire. "

Il avait compris que cette adversaire était très talentueuse au combat, même pour une humaine, et qu'il allait devoir se battre sérieusement. Bien, cela faisait longtemps après tout. Un sourire carnassier se dessina sur son visage, ce sourire si effrayant qu'il laissait apparaître lorsqu'il était excité.
A partir de là, il utilisa tout le potentiel de sa nature d'apôtre, usant de toute sa force et sa vitesse, il recommença à l'engager, mais cette fois en ne lui laissant aucun souffle pour rompre le combat. Si elle semblait pouvoir le tenir en respect au départ, elle finit très tôt par être forcée sur la défensive, et dès lors, elle passa son temps à esquiver ses assauts incessants. Mais entre eux deux, il n'y avait aucun doute que c'était lui qui aurait le plus d'endurance, et d'ailleurs elle commençait à s'essouffler. Peut être n'avait-elle pas connaissance de l'existence des Apôtres de la Mort, mais elle comprit au moins qu'elle ne gagnerait pas sur la durée, alors elle parvint finalement à se dégager, pour monter à vive allure au premier étage, tentant de creuser un peu de distance pour reprendre un peu son souffle, ou peut-être même incanter un sort.

" Cours petit lapin, cours. Le Grand Méchant Loup arrive. "

Il monta calmement les escaliers et la trouva en train d'incanter un sort. Essayait-elle de rendre à son corps sa condition de départ pour ne plus être essoufflée? C'était sans doute la meilleure chose à faire. Peu importe. Il la laissa faire.

" Et bien, on sèche déjà? "

Olgierd courra de nouveau vers elle et l'attaqua d'une coupe transversale, qu'elle esquiva, mais elle n'avait pas réalisée que c'était une feinte, qui l'amena droit vers son pied droit, qui la percuta en plein abdomen, et la repoussa de quelques mètres. Il lui sauta dessus avant qu'elle ne se relève, et cette fois ce fut elle qui roula sur le côté pour ne pas finir en deux morceaux. Seulement, ils étaient à présent dans un couloir, et en esquivant sur le côté, elle s'était elle-même bloquée. Il ne loupa pas l'occasion et ne lui laissa aucun répit. Mais par un mouvement d'une souplesse incroyable elle parvint à rouler sous ses jambes et se redresser juste derrière lui. Il ne put bloquer la contre-attaque par l'arrière que par un mouvement de coude en se retournant. Cela exposa son autre flanc et il se prit un coup de pied justement à cet endroit là. C'était bien la première fois que quelqu'un lui résistait autant, et ce n'était pas même une exécutrice, excellent! Néanmoins, c'était la dernière fois qu'il se faisait avoir. Il agrippa le pied qui venait de le frapper, et usa de sa force d'apôtre pour envoyer la fille contre un mur. Elle tenta d'amortir l'impact, mais c'était sans compter sur Olgierd, qui la rejoint aussitôt. Par la suite, il ne lui laissa plus de reprendre de position de force, et elle ne parvint plus à à lui infliger le moindre coup. Le souffle qu'elle avait retrouvé finit par s'épuiser une nouvelle fois. Elle était désormais de nouveau essoufflée et sur la défensive, cela ne ressemblait plus à un combat, juste à un prédateur qui traquait sa proie. Les position de cible et tueur s'étaient inversées, et sans doute ne devait-elle pas être habituée à ça. Et pourtant, pas une seule fois il n'avait senti d'émotion venant d'elle. Le corps humain était une machine qui dégageait beaucoup de signaux chimiques en réponse aux émotions, signaux que pouvait sentir l'odorat très développé d'Olgierd. Or, il ne ressentait rien, cette fille semblait parfaitement de marbre. Cela augmenta encore plus son intérêt.
Pourtant, elle arriva finalement à lui échapper avec agilité, et partit alors se cacher un peu plus loin. Elle ne devait pas connaître l'existence des Apôtres, au bien elle aurait compris qu'il était inutile de fuir son odorat. Mais cette fois il voulut jouer sa carte maîtresse. Lorsqu'il localisa par l'odorat la pièce où elle se cachait, il approcha en faisant le moins de bruit possible, et au lieu de se ruer dans la pièce il usa de son pouvoir et se matérialisa juste derrière elle, la prenant par surprise. A chaque fois, cela fonctionnait. Elle ne s'attendait pas du tout à ce que son adversaire surgisse depuis cette position, et prise complètement au dépourvue, elle ne put pas esquiver son coup de sabre, qui l'atteint au flanc, lui infligeant une blessure sévère. Mais il ne laissa pas souffler pour se remettre de sa surprise, il attaqua à nouveau, ce qui la poussa à fuir hors de la pièce. Mais il la rattrapa et parvint à lui faucher les jambes, la faisant chuter. Lorsque son sabre s'abattit vers elle, il ressentit pour la première fois des phéromones signifiant la peur, cela ne dura qu'un court instant mais il se sentit clairement: la peur la plus primaire, la peur de mourir avait atteint cette fille pourtant de marbre depuis le début. Néanmoins elle parvint à esquiver le coup. Mais lorsqu'elle se releva pour fuir une nouvelle fois, il parvint à l'atteindre à la cuisse, lui infligeant une seconde blessure profonde. Elle courra et il lui laissa quelque temps d'avance. Elle redescendit en bas, mais sitôt qu'elle fut arrivée dans le hall, il la rattrapa. Par la suite, handicapée par deux blessures graves, ses mouvements se firent plus lents et moins précis, il arriva lui saisir le poignet, la désarma, et d'un nouveau fauchage des jambes, la fit chuter à terre sur le dos.

" Tu t'es bien débrouillée, mais tu ne peux pas espérer atteindre mon niveau, navré pour toi. "


C'était la fin de ce combat. Ce fut la constatation qu'il fit, et visiblement la constatation qu'elle fit également, car lorsqu'il s'assit sur elle, elle ne résista pas. Il resta quelques temps, assis sur son ventre, à la fixer dans les yeux, seule chose qu'il voyait à travers ce masque, des yeux argentés. Son regard semblait vide, dénué d'émotions, il n'avait jamais croisé un tel regard de toute son existence, pourtant longue. Délicatement, il trancha le masque en deux et le retira, laissant apparaître un visage féminin, orné de cheveux noirs-gris, et aux traits étonnamment délicats. Elle aurait été tout à fait charmante si elle n'avait pas ce regard vide qui le fixait, ou plutôt semblait passer à travers lui.

" Et bien, je n'aurais jamais pensé que c'était une si ravissante femme que j'avais l'honneur d'affronter. "

Il continua de la fixer. Ce visage de marbre, ces yeux vides, le perturbaient, étaient elles véritablement insensible, sans émotion? De tout ce combat, elle n'avait ressentit qu'un court moment de peur d'une poignée de seconde, c'était tout bonnement stupéfiant.

" Tu as l'air morte tout en étant vivante, je n'ai jamais rencontré personne de tel. Ne ressens tu donc rien? "

Cette insensibilité le fascinait à tel point qu'il en avait oublié toute cette histoire de mafia et de revanche. Il voulait voir si cette fille était vraiment insensible. Il la pinça, puis la gifla. Rien. Elle ne résistait pas non plus, reposant sur le dos à terre. Sans doute avait-elle compris que même si elle essayait de résister, il pourrait la tuer bien plus rapidement. Autrement dit, son sort était scellée. Alors sans doute attendait-elle simplement qu'il la tue, ou bien guettait-elle un moment de vulnérabilité? Dans tous les cas, cela facilitait les choses pour Olgierd, lui qui voulait la "tester". Jusqu'où parviendrait-elle à rester insensible? Voilà un "jeu" qui l'intéressait au plus haut point.
Mais puisque la provoquer par la douleur ne semblait pas marcher, alors il essaya autre chose. Posant une main sur sa joue, il descendit son visage jusqu'au niveau du sien et déposa ses lèvres contre les siennes, dans un baiser qui ne se voulait pas violent. Il se retira. Il avait été surpris de constater à quel point ses lèvres étaient douces et agréables, elles ne valaient pas celle de cette femme qu'il avait séduite dans les années 1890, à l'occasion d'un gala de nobles, mais étaient clairement dans les meilleures qu'il n'ait jamais "gouté". Mais surtout, ce qui était le plus surprenant fut qu'elle ne réagit absolument pas, elle se laissa faire, restant aussi inerte qu'un cadavre. Voyait-elle qu'il était toujours aux aguets? Dans ce cas, il passa au "niveau suivant". Une nouvelle fois, il prit son visage doucement d'une main, et l'embrassa. Cette fois, il passa sa langue entre ses dents, et rencontra la sienne. Son regard la scrutait et pourtant elle ne réagissait pas d'un poil, et pourtant elle répondit à son baiser en enroulant sa langue avec la sienne. Il était absolument certain qu'il n'y avait rien qu'elle ressentait, c'était comme si son corps était tellement habitué qu'il réagissait automatiquement de lui-même. Impressionnant... Il se retira, plus intrigué qu'autre chose. Elle n'avait pas réagit d'un poil. Elle se savait toujours à sa merci, et avait pris connaissance de sa vitesse. Il ne pouvait que saluer sa lecture de la situation, qui était tout à fait correcte. Mais plus important, il pensait qu'il aurait pu obtenir une réaction de sa part. Il pensait qu'elle aurait mordu sa langue, tenter quelque chose, mais rien du tout. Il ne s'avoua pas vaincu pour autant. Très vite, son intérêt s'était transformée en une sorte d’obsession: briser son "masque".
Alors il il se redressa un peu, tout en restant assis sur elle, et commença à lui caresser la joue, lui caresser la gorge, puis, de sa dague il trancha son haut noir, laissant apparaître sa poitrine, une poitrine tout à fait désirable en passant, et continua ses caresses à ce niveau. Il lui caressa doucement, avec presque une tendresse malsaine, la poitrine, les hanches, la ventre, et pas une seule fois n'esquissa-t-elle une réaction. Il continua encore pendant quelques minutes, en accentuant certaines caresses, mais il finit par cesser, perplexe. Son esprit bien plus focalisé sur son absence de réaction que sur le corps bien dessiné qui s'offrait devant lui. Elle ne réagissait pas, comme si elle n'attendait que le moment de sa mort. Il avait pourtant souillé son espace privé. Était-elle vraiment humaine? Mais ces filles "esclaves sexuelles", conditionnées depuis leur plus jeune age à satisfaire les désirs des adultes, exprimait une très légère expression de malaise, de dégout, quand on les touchait. Mais à quel point celle-ci était conditionnée.
Puisque jusqu'ici il n'avait pas réussi, il passa encore un niveau supérieur. Il se releva, puis retira ses bottines, son pantalon et la mit finalement complètement à nue. Allongée sur le dos, elle était complètement nue devant lui, et ne faisait aucune réaction. Son regard vide, fixant un point loin devant elle. Alors il continua ses caresses, il descendit sa main au niveau de ses cuisses, la caressa tout le long de la jambe, toujours avec cette douceur malsaine. Il remonta jusqu'à son entrejambe et lui caressa ses "parties féminines". Rien. Rien de rien. A n'y rien comprendre. Il tenta le tout pour le tout en entrant jusqu'au fond deux doigts dans son vagin, pour souiller au maximum son intimité , mais même là, elle ne broncha pas. Il se retira et resta debout, les bras croisé devant elle. Son visage affichait un air irrité. Quel comble, c'était lui qui l'humiliait de la sorte, et c'était lui qui s'énervait. Il pourrait certes tenter de la violer, cela ne lui posait aucun problème d'éthique, mais il avait le pressentiment que ça ne fonctionnerait pas plus que le reste. Cette fille ne semblait avoir perdu tout son amour propre, elle ignorait tout ce qui pouvait arriver à son corps, tel..un objet. Oui, c'est l'image qui lui vint à l'esprit. Cette fille était comme un objet, complètement insensible, son corps n'était qu'un outil, quelque chose comme ça. Et au vue de ses capacités au combat, il imaginait facilement l'utilité d'une telle fille pour une mafia, elle était comme une tueuse parfaite: extrêmement douée au combat, et complètement insensible, vide d'émotion. Mais Olgierd ne pouvait pas se satisfaire de ce constat. Il voulait, non, il DEVAIT faire ressortir les émotions de cette fille, qu'importe si il devait la briser dans le processus. Tout son esprit était complètement focalisé sur cet objectif, mais il ne relâchait pas sa garde pour autant, et elle le sentait.
Très bien, si souiller l'amour propre ne produisait rien, alors il allait changer d'axe de "travail". Tout en la laissant à nue, il s’assit de nouveau sur son ventre.

" Je me demande bien ce qu'il peut y avoir dans ton regard vide. Je suis certain qu'il y réside des émotions. Oui, elles sont là, et je les ferai sortir. Je briserai ton masque, qu'importe ce que je dois faire pour ça. "

Puis il la gifla. Une fois, deux fois, trois fois.

" Le sais-tu? La douleur est le moyen d'expression ultime de l'humain. Elle met à jour tout ce qui est caché en lui. "

Alors il se saisit de sa dague, approcha la pointe de sa peau, et doucement il pénétra la peau au dessus de son sein gauche. Il bougea la lame, lentement, doucement, créant un chemin écarlate au dessus de sa poitrine. Après avoir fait cette entaille, il rangea sa dague, et regardant le sang rouge couler sur son corps pâle. Il n'aurait pas su décrire, mais en ce moment là, cela avait quelque chose de beau. Elle ne réagit pas, mais pourtant il l'avait sentit légèrement plus tendu lorsqu'il avait taillé doucement. Il tenait quelque chose. C'est à ce moment là qu'il se rappela de la blessure qu'il lui avait infligé un peu plus tôt au flanc gauche. Alors il se recula pour laisser apparaître son bassin. Puis d'une main il lui caressa la hanche gauche, doucement, de l'autre il se posa sur sa poitrine et la pelota, tendrement. Son visage se baissa et ses lèvres touchèrent les siennes de nouveau, et bientôt leur langue s'enlaçaient par le même automatisme que précédemment. Si elle avait pu ressentir quelque chose, elle se serait surement sentit très bien en ce moment même. Puis tout en continuant de l'embrasser langoureusement et lui caresser la poitrine, la main qui caressait sa hanche gauche commença à tourner autour de la blessure, puis, sans prévenir, il rentra ses doigts légèrement dans la plaie. Immédiatement son corps se tendit. Mais il continua à l'embrasser et la pelloter, comme si d'une part, il donnait de le bien-être, et de l'autre la douleur. Mais cette douleur n'allait faire qu'aller dans le sens croissant. Il rentra un peu plus ses doigts dans la blessure, pénétrant dans la chaleur de son corps. Il sentit quelques tressaillements de son corps. Il y était presque, il le sentait, encore un peu, sans précipiter, et il briserait cette barrière. Il rentra complètement ses doigts, et son corps se convulsa brièvement, pendant qu'il continuait à "donner le bien être" de l'autre côté. Il remua un peu ses doigts et il sentit tout son corps trembler. Presque, presque, presque, presque. Il rentra encore un peu plus sa main dans la blessure. La douleur qu'elle ressentait devait être sans pareil avec ce qu'elle avait pu être habituée à ressentir, vu comment son corps réagissait. Il continua encore quelques instants, et soudain: une larme.
Une larme coula le long de son regard, pourtant toujours vide. Une larme, suivit d'une autre, puis encore d'une autre. Son corps avait lâché avant sa conscience, exprimant ce qu'elle refusait de ressentir. Alors il cessa de l'embrasser, et retira ses deux mains de leur tâche respective. De sa main non ensanglantée, il recueillit une larme sur le bout du doigts et la fixa avec grand intérêt. Il avait oublié tout ce qui était autour de lui pour se focaliser entièrement sur cette petite larme, comme si il s'agissait d'un trésor. Mais ce fut précisément à ce moment là qu'il relâcha sa garde, complètement absorbé par la contemplation de cette larme. Et la jeune femme, bien qu'ayant le corps criant encore de douleur, ne loupa pas cette occasion. D'un coup, elle se redressa et d'un geste vif et rapide, elle visa un point précis en haut de son torse avec sa paume. Olgierd revint à la réalité trop tard, il sentit une énergie étrange le traverser et il perdit immédiatement connaissance.


Il se réveilla quelques heures plus tard, allongé au milieu de son hall. Il lui fallut quelques minutes pour se rappeler des évènements récents. Il finit par se souvenir et vit que la jeune femme avait disparu, ses vêtements avec. Il avait relâché sa garde, absorbé par son obsession, une erreur de débutant... Il n'avait aucune idée de ce qu'elle lui avait fait, mais cela devait avoir quelque chose à voir avec les fameux points vitaux. Si il avait été humain normal, il serait sans doute mort, mais malheureusement pour elle, étant Apôtre de la Mort, son organisme fonctionnait "légèrement" différemment. Après ce qu'il lui avait fait, et blessée comme elle était, elle n'avait pas du vérifier qu'il était bien mort, puisque ce coup là ne devait jamais échouer à priori. Quel dommage, alors qu'il tenait ses premiers résultats, d'avoir fait cette erreur de débutant. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.
Par curiosité, il lança son sort de traçage, et vit qu'en quelques heures, elle s'était déjà éloignée suffisamment loin pour que son sort ne puisse plus que lui donner sa position avec beaucoup d'imprécision.


Dans les jours qui suivirent, il relança plusieurs fois son sort pour essayer, mais il semblait qu'elle bougeait en permanence à travers le monde, et ne restait jamais très longtemps au même endroit, ce qui lui empêchait de la localiser avec précision. Il essaya même de partir à sa traque, mais il abandonna au bout de quatre mois. Elle changeait en permanence de pays, et lorsqu'il commençait à s'approcher un peu de sa localisation à la centaine de kilomètres près, elle changeait d'endroit. Il dut donc faire une croix sur son obsession, à son grand regret. Mais le point positif de tout ça était que cette maudite mafia le penserait sûrement mort, et ne cherchait plus à le déranger dans son manoir. Néanmoins, cela l'avait dissuader de reconstruire un réseau. Alors, pendant les années qui suivirent, il reprit un train de vie "classique", à la différence près que parfois, il lançait son sort de localisation sur la mystérieuse jeune femme, pour s'amuser à deviner où elle pouvait être.


Prologue: Graal


Puis le 15 Juin 2015, l'Artiste le convoqua et lui parla de la Guerre du Graal, puis elle lui expliqua que Misery se trouvait en ce moment même sur le lieu de la Guerre, Kyoto, et qu'elle semblait collaborer avec une famille de mages, les Yggdmillenia, qui étaient à l'origine de cette guerre là. Elle demanda alors à Olgierd d'aller s'informer sur les intentions de Misery, notamment après l'accident qu'elle avait provoqué il y avait cinq de cela, où elle avait manqué de peu de révéler la magie au monde.
Olgierd prit donc la direction du Japon, pour rejoindre le lieu de cette mystérieuse guerre...
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Dim 18 Juin - 19:41
Fiche enfin terminée et prête à passer sous le regard avisé des validateurs! :D

Je m'excuse pour la longueur du BG, je n'ai pas fait exprès de faire aussi long, les pavés se sont enchaînés sans que je comprenne ce qui arrive ; ;
J'espère que vous prendrez plaisir à le lire, et je vous souhaite bon courage ^^'
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Mar 4 Juil - 17:19
Tout d'abord navré d'arriver aussi tard sur cette fiche.^^

Pour la suite ce ne sera que des compliments, cette fiche est magnifique, ultra bien écrite, intense, prenante. On voit l'ascencion, d'abord la trahison, la chute, la haine, puis la mort et la vengeance. On ressent très bien le coté torturé du personnage, déchiré comme sa patrie, partagé entre rester humain et sombrer dans la soif de sang. Olgierd est complexe, bien décrit, un homme qui sait être raffiné tout comme il sait être chasseur.

J'ai beaucoup aimé les évolutions du personnage, ses rencontres avec Valerius, l'Artiste ou encore le mystérieux assassin. Cela promet un duo de fou avec Misery.^^

Pour les descriptions et l'histoire c'est donc un grand oui.^^

Pour le reste également, j'ai aucun soucis avec les stats, les sorts sont bien expliqués, plutôt bien pensés. Même constat pour le pouvoir qui certes peut paraitre bien puissant, mais délimité par des contraintes logiques. Dernier point, aucun soucis avec le Mc, classique mais très utile.^^

Voila première validation^^
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Mar 4 Juil - 20:52
Mais que vois-je là? Un gentilhomme? Oh oh! Permettez moi de tirer ma révérence : mes hommages, monsieur Olgierd!

Après une lecture assidue de votre fiche, voici ce qu'il en est.

Stats < Ok

Capacités de classe et Equipement < rien à signaler (jolie dague au passage)

Sort < Des sorts originaux tout en restant simples et efficaces, je ne peux qu'approuver. Cependant, votre sort Nosić privant tout de même quelqu'un de toute forme de guérison par un simple contact, je suis surprise d'un simple rang D au vu de ses effets terribles. Je vous demanderai donc de le faire passer de rang D au rang B.

Pouvoir < Fort intéressant, je salue cet ingénieux moyen pour stalker  Hahaha  Concernant l'aspect technique, ce sera deux actions gratuites au total : une pour se matérialiser et une autre pour se dématérialiser. Quant au coût pour l'activer, il équivaut au rang du pouvoir soit A.

Physique < On cerne bien le personnage, on se l'imagine assez facilement, je n'ai rien à redire

Caractère < Un caractère bien compliqué à cerner que le vôtre sans tomber dans les clichés et c'est pourtant avec succès que vous êtes parvenus à nous le faire comprendre, nous humbles lecteurs. Un individu pour le moins... singulier! Mais ce que j'aime l'originalité!... C'est nickel!

Histoire < Alors alors, on arrive au point qui fait de vous un individu si singulier (peu sont les rares âmes à avoir rédigé plus de 20.000 mots). Plaisanterie mise à part, quelle histoire! Longue? Certainement. Mais complète et captivante surtout! Vous êtes parvenus à maintenir l'attention des petits lecteurs que nous sommes et je vous en remercie car grâce à cela, nous avons pu découvrir avec fascination le vécu de votre personne. L'évolution du personnage est correctement établie et suit un fil logique, tout est minutieusement rédigé, les passages dont les âmes sensibles devraient s'abstenir ajoutent un réalisme et une cohérence au caractère précédemment décrit. Mais rappelez vous avoir été un jour humain et comme on dit "l'erreur et humaine". Je souligne donc une petite erreur de date dans la deuxième partie : l'an où il a quitté l'Hetmanat semble être 1759 et non 1649 si Olgierd se réveille en 1717 et qu'il a passé 42 ans en liberté ^^

Rédaction < Hormis un nombre de fautes d'orthographes minime que l'on commet tous en écrivant une fiche aussi conséquente, je n'ai rien à redire!

En résumé, une fiche plutôt dangereuse que voilà mon cher. Si on y pose le regard une seconde de trop, on ne peut s'en détourner! C'est donc en âme et conscience qu'une fois ces détails triviaux réglés, je vous valide monsieur Kowalczyk, vous dont la dangerosité n'a d'égale que la qualité de sa fiche. Un homme éloquent, pour sûr. J'en perds mes mots, c'est dire! Alors permettez-moi de terminer par ces quelques mots :
encore bravo pour cette fiche d'une rare qualité. Yeah
Magic Hacker
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Mar 4 Juil - 21:37
Merci pour vos compliments Baba et Stella, cela me fait énormément plaisir, et s'avère être la meilleure des récompenses pour m'être à ce point appliqué sur cette fiche :)

Les corrections demandées ont été effectuées ^^
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Mar 4 Juil - 22:55
De rien, tu méritais nos compliments ^^

Tout est bon, seconde validation accordée donc, amuse toi bien Victory
Magic Hacker
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