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Nero Claudius, l'empereur des roses

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Sam 1 Avr - 16:24

NERO CLAUDIUS

Nom complet : Nero Claudius Germanicus Augustus Caesar
Age : 23 ans (31 ans lors de sa mort)
Nationalité : Italienne (Romaine)
Organisation : Rome
Fonction : 5ème Imperator de l'Empire romain



Red Saber : Fate/Extra

CARACTÉRISTIQUES


Type : Servant
Classe : Saber
Alignement : Chaotique bon

Statistiques :
STR : D
END : D
AGI : A
MAG : B
LCK : A
(SINGING : EX)



CAPACITÉ DE CLASSE

Magic Resistance [Rang C] :

confère une résistance à la magie.

EQUIPEMENT

Aestus Estus, la flamme originelle :

Cette lame écarlate forgée à la main n'est autre que l'épée de Nero, l'ultime instrument. Aestus Estus est une grande épée que Saber manie avec une facilité déconcertante : environ 70 cm de pur tranchant pour une taille totale de 92 cm. Une arme aussi belle que dangereuse. Son tranchant n'a d'égal que sa splendeur si bien que, d'après sa détentrice, les Muses elles-mêmes (déesses grecques des arts et des sciences) s'inclineraient en écoutant le son que produit cette épée. Une inscription latine est gravée dessus : « regnum caelorum et gehenna” autrement dit royaume des cieux et des enfers, le royaume sur lequel reigne l'impératrice.



Bouclier :

Au combat, elle est munie d'un bouclier d'or en forme de disque avec une pierre précieuse bleue en son centre. Il est fixé autour de son bras gauche par des chaînettes d'or remontant jusqu'à son épaule. Accompagnée de cette protection et de sa fidèle épée, l'impératrice ressemble parfaitement aux héros grecs qu'elle et son peuple admirent tant.

POUVOIRS

Imperial Privilege [Rang A - Actif] :

Tout appartient à l'impératrice, tout se trouve entre ses mains. Il n'y a rien qu'elle ne puisse pas accomplir. Etant donné que Saber était très « polyvalente » et plutôt curieuse, elle a expérimenté de nombreuses aptitudes au cours de sa vie sans se focaliser sur une catégorie particulière. Si elle publie un édit qui déclare que la neige est violette, il en sera ainsi. Si les fonds de la ville doivent être consacrés à des fêtes et de spectacles, soit ! Tel sont les désirs de son Altesse, son privilège.
Cette capacité, représentant le génie d'un dirigeant capable de tout réaliser et son autorité absolue, octroit à Nero le droit d'user pour une courte période de temps de compétences qui lui sont normalement impossibles de posséder.

- Le rang de la compétence acquise sera celui d'Imperial Privilege -1 (soit B)
- Dans le cas d’une compétence passive, elle dure tant que Imperial Privilege n’est pas à nouveau utilisé.


Migraine [Rang B – Passif] :

Il s'agit d'un fardeau que Nero a du subir de son vivant et qui se manifeste également sous sa forme de Servant. En effet, probablement à cause du poison qu'Agrippine lui obligeait à consommer, elle souffrait quotidiennement de maux de tête chroniques désagréables qui l'empêchaient de réfléchir rationnellement. Ainsi, sa capacité de concentration est limitée et elle en vient donc à rapidement oublier ce qu'elle vient tout juste d'apprendre. Il s'agit d'une malédiction qui rend Saber sujette à des migraines chroniques. Il devient alors difficile pour elle d'exprimer ses « talents ». Lorsqu'elle désire faire de l'art, cela tourne souvent au désastre au grand désarroi des lecteurs/auditeurs/spectateurs en tout genre. La passion de l'empereur des roses est synonyme de cauchemars pour ces individus. Les personnes qui assistaient à ses spectacles ne connaissaient que le tourment trois jours durant.

Malédiction rendant le Servant sujet à des migraines chroniques :

- Diminue l'effet de ses compétences mentales de rang inférieur à Migraine.
- Diminue d’un rang les perturbations mentales pouvant être subies.
- Complique toute expression artistique à cause de son manque de concentration. (effet rp)


Invictus Spiritus [Rang A – Actif] :

« 3 reprises, bien que j'accueille le Soleil couchant. »

Car il n'y a rien de plus beau que la persévérance et la floraison. L'artiste romaine l'a vite compris. Pourquoi ? Parce que sa rivalité avec Apollon l'exige, pardi ! Si l'on veut surpasser le dieu des arts, on ne peut pas se permettre de s'apitoyer sur son sort. Surtout quand vos œuvres ne plaisent pas à l'unanimité. Si on tombe, il faut se relever fièrement en gardant la tête haute. Il va donc de soi que la détermination de Saber dépasse l'entendement. L'abandon n'est pas une option, c'est un laideron. A l'inverse, voir s'épanouir une fleur mal en point est d'une beauté sans égale. Ce pouvoir représente une conviction omniprésente, un courage sans limite qui cherche à surpasser des divinités. Une volonté de persévérer malgré l'échec. Le refus de la mort. La volonté d'une jeune femme aussi ardente que le Soleil.



- Permet à Saber de récupérer 3 états de santé si elle tombe au combat.
- Nécessite d'être activé/préparé au préalable. Le pouvoir la couvre pendant 3 tours. Passé ce délai, même si il a été activé mais qu'elle n'a pas perdu la vie, il devra être réactivé.
- Fonctionne une fois par activation. Il faut donc qu'elle le réactive si il l'a sauvé et qu'elle veut de nouveau l'utiliser.

NOBLE PHANTASMS

Aestus Domus Aurea : Le théâtre doré flamboyant
[Anti-Armée – Rang B - Actif]
:

« Admirez ma gloire.
Entendez le tonnerre d'applaudissements.
Ici se trouve la gloire de l'Empire.
Comme une fleur épanouie,
Ouvre-toi,
Mon Théâtre d'or! »




La Domus Aurea n'est autre que le théâtre conçu par Nero elle-même et construit à Rome de son vivant. C'était aussi une grande villa construite sur les ruines des maisons aristocratiques détruites lors du Grand feu de Rome, l'incendie dont elle fut accusée à tort en 64. Ce Noble Phantasm permet de lui donner forme et de le reproduire en utilisant de la mana. Le processus ressemble extrêmement à celui employé pour un Reality Marble d'un Caster à l'exception près que la Maison Dorée ne matérialise pas un monde propre à Nero mais son œuvre la plus magistrale, le paroxysme de son art et de son autorité impériale.

D'une part, son apparition relève d'une thaumaturgie élaborée que seule Nero peut réaliser car, avant d'être impératrice, elle reste «la rivale d'Apollon» capable de tout accomplir. Il s'agit d'une "Zone Impériale Absolue" qui permet à sa propriétaire d'atteindre toutes ses aspirations et dans laquelle elle peut faire appliquer ses propres règles.
D'autre part, ce Noble Phantasm représente l'explosion de son talent artistique et de sa passion qui ennuyaient le peuple mais illuminait son quotidien. Autrement dit, c'est la manifestation des nombreuses représentations où Nero exigeait du public qu'on l'écoute chanter jusqu'au bout malgré le fait que les spectateurs ne voulaient qu'une seule chose : que le calvaire s'achève. Elle ordonnait alors de verrouiller toutes les portes : personne n'avait l'autorisation de quitter le théâtre d'or tant que la prestation n'était pas terminée.
Ce Noble Phantasm consiste donc en un procédé particulier dont l'utilisatrice ignore tout simplement la complexité : seule la beauté et la grandeur de ce bâtiment ont de l'importance.

Ce palais d'environ 50 hectares où Nero se tenait en spectacle (en tourmentant les spectateurs par la même occasion) devient, en tant que Noble Phantasm, un champ de bataille cauchemardesque pour ses adversaires. L'impératrice décide tout, empêche toute tentative de fuite et annihile tout obstacle qui se dresse face à elle avec grâce et élégance.


- Une fois que le Noble Phantasm est activé, les ennemis sont emprisonnés entre les murs de cette Zone impériale tant que Saber n'a pas décidé le contraire. Ils ne peuvent en sortir sous aucun prétexte.
→ Emprisonne les ennemis et/ou alliés jusqu'à nouvel ordre.
- A l'intérieur, ses adversaires sont considérablement affaiblis car elle en a ainsi décidé : sur sa propre scène, c'est elle qui doit briller sous les projecteurs et qui doit recevoir le tonnerre d'applaudissements. En d'autres termes, toute tentative de résistance est vaine : ses sujets et ses ennemis sont sans défenses par rapport à sa Majesté.
→ Réduit l'END de tous les ennemis coincés dans la Domus Aurea de 4 rangs.
- La Domus Aurea peut persister pendant une longue période vu qu'elle a été construite dans le monde réel et que ses vestiges s'y trouvent encore aujourd'hui.
→ Reste maintenue jusqu'à la fin du combat sans coûter de mana supplémentaire à Nero (sauf si elle décide de la faire disparaître avant).

Laus Saint Claudius [Anti-Armée – Rang B - Actif] :

Il s'agit d'une technique d'escrime propre à Nero dans l'Aestus Domus Aurea qui consiste en un grand final digne de sa grande prestation. Lorsqu' Aestus Domus Aurea est activé, l'épée de Saber s'enveloppe de flammes ressemblant à celles du Vésuve. Elle peut alors se précipiter vers son/ses adversaire(s) et balancer un coup d'épée phénoménal avec Aestus Estus. Sa puissance est alors  comparable à un vrai volcan en éruption. L'assaut détruit tout sur son passage au moyen de flammes aussi destructrices que le Soleil. Il s'agit d'un véritable enfer pour les cibles de cette attaque. Le coup fait aussi virevolter des pétales de roses autour de Nero.



- Utilisable uniquement dans la Domus Aurea, son principal Noble Phantasm.
- Consiste purement et simplement en une attaque dévastatrice contre ses adversaires, affaiblis devant la grandeur et la splendeur de ce théâtre d'or parsemé de roses.

PHYSIQUE


De la beauté elle est l'allégorie.



Une rose. Quelle autre fleur pourrait mieux décrire cette jeune femme aussi rayonnante que le Soleil ? Ses cheveux blonds comme les blés sont attachés en tresse nattée par un ruban écarlate virevoltant dans le vent. Une mèche en M ainsi qu'un long épi lui rajoutent un air candide. Ses yeux verts scintillant comme des émeraudes vous captivent d'un seul regard car on peut y voir la flamme passionnelle et brûlante qu'est son âme. Son corps est parfaitement proportionné, une véritable œuvre d'art dont elle n'est pas peu fière. Malgré une petite stature de seulement 1m50 pour 42 kg, sa prestance impériale est digne des plus grands. Notons que même si la taille ne joue pas de rôle quant à sa supériorité, il vaut mieux éviter toute remarque à ce sujet. Sa poitrine généreuse fait des envieuses et en ravit plus d'un. Son visage fin adoucit les cœurs ou les déchaîne. Ses jambes élégantes les font chavirer. De plus, son ventre légèrement musclé est digne des Amazones. Voilà à quoi ressemble ce qu'elle appelle l'aspect ultime de l'art : son physique.

Naturellement, Nero voulait mettre en valeur ce corps qu'elle considère comme une merveille. Elle confectionna donc elle-même sa robe fétiche. Une robe de style militaire aux couleurs de l'empire romain. Comparable à une vraie robe de bal, elle est principalement d'un rouge écarlate vif. Aux manches rouges en gigot s'ajoutent de la dentelle transparente ressortant près du poignet et des épaulettes dorées. Elles sont seulement reliées par le col. Pour cacher le minimum, elle se vêtit d'un décolleté blanc soutenu par un corset rouge et doré et une culotte blanche. Aussi, le devant de la jupe inférieure est translucide. Mais attention, ne vous y méprenez pas. On ne voit pas à travers : elle laisse les gens admirer. De plus, son dos est pratiquement nu. Le tout avec des cuissardes et des jambières dorées montant jusqu'à ses genoux.


CARACTÈRE


Mais comme tout le monde le sait, même les plus belles des roses ont des épines. Même les plus petites oui oui. Son caractère hautain comble largement sa petite taille. Tout ce qu'elle entreprend doit représenter la perfection et ce dans les moindres détails. C'est de la logique pure et simple. De sa rivalité avec Héraclès en maitrisant un lion à main nue dans une arène ou de celle avec Apollon digne de sa propre dextérité sur un char ou encore ses comparaisons avec les Muses, son arrogance ne connait aucune limite. En effet, le tyran romain est tristement célèbre pour son égocentrisme démesuré frôlant la folie, son extravagance et son égoïsme. Sans compter qu'elle n'a pas la langue dans sa poche. Une flopée de défauts.

Mais derrière cette personnalité, tantôt détestable, tantôt horripilante, se cache une femme sensible, tourmentée et surtout passionnée.
Derrière ses grands airs et son énergie débordante, elle souffre en silence car il lui manque quelque chose. Nero débordait d'amour pour son peuple. Cependant, de son vivant, elle avait une vision égoïste de l'amour : aimer dans l'attente de recevoir quelque chose en retour. Jamais elle ne put exprimer cette affection pour ses citoyens de sorte à se faire comprendre. L'ironie du sort a voulu  que cette femme, capable d'aimer plus que quiconque, n'a jamais pu ressentir la joie d'être aimée en retour. Même si elle a pleinement profité de sa vie en restant fidèle à elle-même jusqu'au bout, ce vide dans son cœur la fit hésiter au dernier coucher de soleil... Son plus grand regret est de n'avoir jamais pu jouir de ce sentiment que tout son Empire expérimentait si naturellement.

Sa principale qualité réside dans son enthousiasme débordant. Son sourire est aussi radieux que les cieux. D'autre part, sa vaillance et son courage sont dignes de grandes éloges. Enfin, elle est plutôt têtue : quand elle a une idée derrière la tête, impossible de l'arrêter. Tout est possible : il suffit de suivre son cœur avec passion.

Restent ce qu'elle maudit plus que tout.
Tout d'abord, la trahison. Ayant vécu entre diverses tentatives d'assassinats, des plans orchestrés pour lui ôter le pouvoir et des fausses promesses, Saber a une sainte horreur des traîtres. Que Jupiter veille sur ceux qui ont le malheur de trahir sa confiance.
Ensuite, la modération. Comme tout bon empereur romain qu'il soit, son quotidien se résumait à profiter de tous les luxes et plaisirs imaginables comme des banquets de rois ou des bains parsemés de pétales de rose. Ajoutez à cela une bonne dose d'excentrisme et vous obtenez des poèmes, des essais, des chansons, des toiles et des sculptures impensables ou encore un projet historique qu'on ne présente plus : la Domus Aurea. Un conseil : elle n'apprécie pas vraiment les critiques envers « ses œuvres d'art ».
Et enfin, l'échec. Sa fierté, son ambition et son esprit de compétition ne le supporte pas. La solution ? Gagner, bien sûr. Après tout, tout se trouve entre les mains de l'impératrice.



HISTOIRE


Prologue

L'an 37 ne fut pas anodin pour la Rome antique. Cette année là, l'empereur Tibère perdit mystérieusement la vie. C'est Caligula qui prit le relais en devenant alors le troisième empereur de Rome, comme mentionné dans le testament de Tibère. Certains ignorants criaient à la conspiration. Que Tibère n'aurait jamais passé le relais à ce despote, tristement connu pour avoir été encore plus tyrannique que moi. Quelle farce ! Mon oncle n'aurait jamais eu recours à ce genre de bassesse. Je le sais bien, et cela me suffit. Oh mais vous vous demandez probablement qui JE suis dans l'envers du décor, n'est-ce pas ? Fort bien, voici la préface de mon histoire.

Le 15 décembre 37,  fruit de l'union de Gnaeus Domitius Ahenobarbus et de Julia Agrippina, la sœur cadette de Caligula, Lucius Domitius Ahenobarbus naquit dans la somptueuse cité d'Antium.  Son existence marquerait l'histoire à jamais. Son talent artistique resterait gravé dans les mémoires. Son règne signerait la fin de la lignée Julio-Claudienne et le commencement d'une ère bien hideuse pour l'Empire. Cet enfant, c'était moi. Je vis le jour au coucher de soleil comme une étoile. Pourtant, on raconte que mon père, de nature violente, concéda que lui et ma mère pouvaient seulement donner naissance à un monstre. Un monstre qui n'avait aucune chance de monter sur le trône tant son père était considéré comme faible et qu'il était détesté de tous; et pourtant. Je suis l'empereur des roses dont la lame s'embrasait comme la forge de Vulcain. Je suis le cinquième empereur de la Rome antique que les Muses envient. Je suis Nero Claudius Germanicus Augustus Caesar. Je suis aussi celle qu'on appelle la bête de Babylone, le diable ou le tyran fou. Il me tarde de vous conter ma vie sordide faite de trahisons et de poison.

Chapitre 1 : Manigances à l'horizon

« Que cet enfant me tue, pourvu qu'il règne ! »

Mais revenons d'abord à mon cher oncle. Quand je n'étais âgée que de 21 mois, il devait rejoindre ses légions qui tenaient tête à des barbares germains. Cependant, il reporta sa campagne militaire à l'année suivante. Apparemment, une bande de lâches cherchait à le destituer de ses fonctions dans l'ombre. L'amant de ma mère faisait partie des comploteurs. Manque de chance pour lui, oncle Caligula découvrit le poteau rose et ordonna qu'il soit exécuté pour son impudence. Il exila également ma mère débauchée, sa propre sœur, aux îles Pontines alors que l'exil était considéré comme le pire des châtiments pour un romain.
Mon père, quant à lui, mourut d'hydropisie peu de temps plus tard, en 40. Une maladie qui enlaidit son corps à défaut de ne pas embellir son âme.

Je me retrouvai donc sans figure parentale alors que je n'étais même pas âgée de 3 ans. Heureusement, mon oncle décida de s'occuper de moi. Les moments que je passai en sa compagnie furent fantastiques. Il me racontait souvent des récits  de héros aussi extraordinaires les uns que les autres en me portant sur ses genoux. C'est lui qui m'a initié à l'Odyssée, l'Iliade et bien d'autres encore d'ailleurs. Il me faisait rire et sourire. Le parfait oncle gentil et bienveillant, il n'y a pas erreur sur la question. Alors pourquoi ?... Pourquoi fut-il assassiné avec ma tante et ma cousine, me laissant ainsi toute seule ? Je n'ai jamais pu trouver la réponse à cette question.

Comment un homme aussi remarquable pouvait-il finir ainsi ?
C'était injuste.

On parlait de son règne comme celui d'un tyran assoiffé de sang alors qu'il voulait juste être un bon empereur pour son peuple.
Un attardé aux fantasmes grotesques et accusé des pires crimes tandis qu'il m'a demandé de devenir un modèle de noblesse en grandissant. L'empereur de la Mort qui a sombré dans la folie du jour au lendemain. Diane l'avait forcément ensorcelé, c'était la seule explication ! Enfin, c'est ce que je me disais... Peut-être étais-je aveugle comme les autres enfants de mon âge. Ou peut-être que je n'ai jamais pu me résoudre à accepter que ces deux personnages caractérisaient le même individu. L'homme que j'admirais, une étoile au début de son règne, mon oncle bien-aimé, la seule famille qui me restait, un fou sanguinaire ? Malgré tous mes efforts et tout ce qu'on a pu me raconter à son propos, je ne l'ai jamais accepté. Son sourire ne m'avait jamais menti.



Il mourut d'un assassinat orchestré par ses propres soldats. Le successeur désigné par la garde prétorienne n'était autre que Claude, l'oncle de Caligula, le cousin de mon père et mon futur père adoptif... Umu...

Aussitôt qu'il accéda au pouvoir, Claude fit revenir ma mère d'exil. Sans perdre son temps, elle se remaria avec le petit-fils adoptif de Salluste, connu pour sa grande richesse. Il mourut 6 ans plus tard seulement, vers 47. Apparemment, quelqu'un l'avait empoisonné. Ma mère hérita ainsi de son immense fortune pour finalement se marier à nouveau le 1er janvier 49. Et avec qui me demandez-vous ? L'empereur lui-même ! Claude le bégayeur maladroit, celui-là même oui. J'avais 12 ans à l'époque. Ma génitrice fut sa 4ème épouse après l'exécution de la précédente, soupçonnée de conspiration contre lui. De ce 3ème mariage étaient nés deux enfants : Britannicus et Octavie. Épouser l'empereur pour que je le devienne ensuite à mon tour. C'était sournois mais ingénieux. Une fourberie digne d'elle.
Ayant désormais carte blanche pour mener ses plans à exécution, ma mère convainquit Claude de m'adopter et comme j'étais plus âgée que Britannicus, mon frère adoptif, je devins ainsi l'héritière officielle du trône impérial. Ce n'était surement pas un hasard : qui de plus qualifiée que moi pouvait diriger Rome ? Ma mère parvint même à persuader le 4ème empereur de rompre les fiançailles de sa fille Octavie pour que je l'épouse plus tard.
En effet, durant mon enfance, j'ai été élevée comme un garçon. Je devais devenir empereur. Agrippine, ma mère, l'avait décidé ainsi. D'ailleurs, en grandissant, j'ai toujours conservé une voix à l'allure masculine parait-il. Mon attrait pour les vêtements masculins provient peut-être de là aussi, qui sait. Mais qu'est-ce que ça pouvait bien me faire ? Tout n'était qu'un simple complot parmi tant d'autres. C'est ainsi que j'ai grandi, en ne me souciant pas de toutes ces manigances. Je n'en n'avais cure. Je préférais de loin apprendre un peu de tout, en particulier ce qui touchait au domaine artistique.

Chapitre 2 : Bourgeonnement

« Aucun empereur n'approcha jamais l'œuvre de ces cinq années là. »

Mon entourage commença petit à petit à se méfier de moi à cause de mon héritage illégitime, si bien que l'ambiance était souvent tendue. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'aimais beaucoup plus la foule marchant de part et d'autre de Rome que « mes proches », quand bien même je ne savais rien de ces inconnus. J'aimais cette populace, je décidai donc de veiller au respect de ses droits en devenant juge. Sans vouloir me vanter, malgré mon jeune âge, j'étais très compétente. J'ai, en effet, eu le plaisir de m'occuper de plusieurs procès majeurs avec équité et efficacité. A se demander pourquoi mon père adoptif me l'interdisait. Quel piètre prétexte que mon âge de l'époque. Toutefois, ce n'était pas cela qui freinerait mes fougueuses ambitions. J'ai donc fait mes preuves avec brio si bien que finalement, celui qui doutait de prime de mes capacités me récompensa. A seulement 14 ans, en 51, Claude m'affranchit de toute tutelle parentale. Peu de temps plus tard, je fus nommée proconsul  (un gouverneur pour faire simple), j'entrai au Sénat et j'y prononçai mon premier discours. Je remplissais mes devoirs avec assiduité tout en profitant de mes moments d'oisiveté pour m'adonner aux luxes impériaux comme la haute gastronomie ou les grands bains, et à l'art. Quels domaines ? Tous bien sûr ! Je me consacrais au chant, à la musique, à la poésie, à la littérature, aux mathématiques, à l'astronomie, à la sculpture, à la peinture, et bien évidemment au théâtre. Entre temps, je dus aussi épouser ma sœur adoptive. Ridicule apparats. Rien de plus rien de moins. Au moins, c'était réciproque.
C'est alors que mon père adoptif, l'empereur Claude, mourut en 54. C'est un empoisonnement qui causa sa perte. Oh pardon. Un « incident gastronomique ». Le coupable ne fut jamais découvert du grand public mais tout le monde se doutait de l'identité de la vipère qui l'emporta. C'est ainsi que désormais connue sous le nom de Nero Claudius Germanicus Augustus Caesar, je devins le 5ème empereur de Rome. Je n'avais que 17 ans. Les Prétoriens, avec à leur tête le Préfet Burrus (un ami de ma mère), me reçurent chaleureusement à la tête du pouvoir.

Quoi qu'il en soit, j'ai bien profité de cette période de ma vie. Une fois sur le trône, j'ai immédiatement commencé à démontrer  au grand jour mes talents à l'administration et mes aptitudes à contrôler les situations politiques souvent bien sombres au sein du gouvernement romain. Je jouissais aussi de mille et un privilèges. Bref, mon avenir était assuré et Sénèque veillait à bien me guider au début de mon règne. Ce bon vieux Sénèque. A mes yeux, il était plus qu'un simple professeur : je le considérais comme un ami. C'était un homme de grande sagesse qui m'a appris énormément de choses sur le monde. Tout mon savoir, c'est à lui et mon oncle que je le dois. J'ai pu également m'entretenir quelques fois avec Simon Magus, un magicien de la cour admiré par mon père adoptif. Il me parlait souvent de l'autre facette du monde, en particulier les sujets touchant à la sorcellerie ou aux secrets divins. Selon lui, je disposais de quelques talents dans ce domaine qui m'auraient permis de devenir une magus grandiose. Loufoque n'est-ce pas ? Je ne l'ai pas écouté, car je préférais de loin affronter le monde de face comme un glorieux empereur romain.

Pour les décisions de grandes ampleurs, Agrippine, ma mère, s'en chargeait volontiers supportée par Sénèque et Burrus, le préfet du prétoire. Tout allait à merveille. Mon règne était l'exemple même d'une bonne administration surtout les 5 premières années parait-il. Il faut dire que le public n'avait d'yeux que pour moi et mon immense générosité. Aussitôt que j'étais montée sur le trône, j'avais distribué de l'argent en bonne quantité à tous mes chers citoyens pour célébrer cet heureux événement. J'ai également aboli toutes les taxes indirectes. Le Sénat voulait d'ailleurs me remercier. Dans ma grande humilité, j'ai refusé. J'ai refusé en expliquant qu'il le pourrait une fois que je l'aurais réellement mérité. Ces reformes ne représentaient pas grand chose à mes yeux.
De plus, j'étais une fervente diplomate qui préférait la discussion et les compromis aux bataillons et aux conflits.
Ainsi, quelques années plus tard, la relation entre Rome et la Bretagne s'améliora drastiquement. J'aurais bien aimé y passer plus de temps quand j'y repense. Peut-être que les Bretons auraient conté mon glorieux règne comme une légende.
La Perse s'était montrée particulièrement réceptive elle aussi. Cette nation avait terriblement bon goût, c'est certain.

Cependant, tout est plus rose chez nos voisins. A la capitale du monde, j'avais tenté désespérément de réformer un Sénat privilégié ainsi qu'un gouvernement qui se trouvait dans un état lamentable pour ne récolter qu'échec et hostilité. Cela ne fit qu'empirer lorsque, dans ma grande bonté, j'ai essayé d'unifier notre empire avec les quelques provinces à problème. Mais ce n'est pas tout, non. En plus de devoir m'occuper d'un Sénat corrompu jusqu'à la moelle et avec lequel je ne parvenais pas à trouver un terrain d'entente, j'entrais d'avantage en conflit avec ma mère. Rien d'étonnant car, après tout, elle me voyait seulement comme un objet, un vulgaire outil pour devenir « la mère de l'empereur » depuis le début. En conséquence de quoi, elle n'imposait que des politiques pour son intérêt personnel. J'ai même ouï dire qu'elle préparait un complot contre moi. Cette femme ne m'a jamais aimée.
J'étais piégée entre deux épées de Damoclès. Chaque jour, d'autres problèmes, d'autres moyens de pressions, d'autres menaces, d'autres breuvages néfastes. C'était insupportable. Mes nerfs étaient à bout. Alors j'ai craqué. J'ai employé les grands moyens afin de mettre fin à cette torture. Sauf qu'un malheur n'arrive jamais seul. Cette décision, que je ne regrette absolument pas, me causa pourtant bien des problèmes et signa probablement le début de ma perte.

Chapitre 3 : La naissance d'un tyran

« Lorsque quelqu'un exprime son amour mais que nul ne parvient pas à le comprendre, il n'a aucune chance d'être aimé en retour. »

En 59, j'ai donc embauché un assassin mettre fin à la vie de cette vipère afin que je puisse enfin m'occuper de ce sénat à source de problème. Malheureusement, l'assassinat a échoué. Il ne me restait pas 36 solutions : je devais me salir les mains. Tout ce que je pouvais faire, c'était abattre ma propre mère et proclamer haut et fort que cette dernière avait tenté de m'empoisonner. Mère ou non, cette femme devait payer de sa vie son opposition contre l'empereur. Le jour de l'exécution, outre la peur de la mort, elle arborait un sourire qui n'a fait que s'agrandir lorsque j'ai levé ma lame. Ses yeux semblaient moqueurs, son visage me disait que j'avais rempli mon rôle à la perfection pendant toutes ces années, que je n'oserais pas aller jusqu'au bout. Non sans l'avoir fixé d'un regard glacial pendant quelques secondes sans bouger, c'est pourtant ce que j'ai fait d'un coup d'épée. Les ennuis débutèrent à partir de là.

Malgré mes nombreuses réformes, on ne retient de moi que l'image du tyran qui mena Rome à la décadence. Et bien, je ne prétends pas le contraire, mais omettre le reste m'attriste. Ce parricide entacha ma réputation à jamais. C'est ce jour-là que ce titre me fut d'abord attribué. Et c'est aussi à compter de ce jour fatidique que j'ai commencé à ressentir de terribles maux de tête. Du fait que je buvais constamment dans une coupe en argent, je souffrais aussi de quelques hystéries chroniques mais rien de bien faramineux. Les potins non fondés filent à une vitesse folle.
De plus, depuis ma plus tendre enfance, cette fourbe m'empoisonnait et me donnait l'antidote en même temps afin que je n'ose pas la défier, que je la craigne. Un peu comme si elle dressait une bête sauvage. Quand elle mourut de mes mains, elle emporta aussi le secret de cet antidote dans sa tombe. Agrippine n'aura été que source d'ennuis jusqu'au bout.

En outre, on aurait dit qu'une malédiction s'était abattue autour de moi.
D'abord, je suis tombée dans un délire fébrile vu que je ne disposais plus de l'antidote.
Ensuite, celle que ma mère m'avait obligée d'épouser, Octavie, se suicida après que je l'ai publiquement répudiée. Enfin, Britannicus perdit la vie. Si je la lui ai ôtée moi-même ? Croyez ce que vous voulez.

Mes actes égoïstes, à défaut de m'avoir fait devenir un monstre aux yeux de mes connaissances, ne changeaient rien aux acclamations de la plèbe à mon égard. J'ai toujours veillé à ce qu'il ne manque rien à mes citoyens. Les « Nerona » que j'ai organisées en étaient la preuve. Il s'agissait de compétitions athlétiques qui avaient lieu tous les 5 ans après les Jeux Olympiques grecs. J'avais prévu 3 terrains pour la musique, la gymnastique et l'équitation. De plus, j'ai décidé d'y participer moi-même afin de profiter de cet événement avec la foule. A ma manière, j'aimais mon peuple.
Hormis mon dévouement pour divertir les romains, je veillais aussi à leur sécurité. Néanmoins, cette vérité ne faisait pas l'unanimité... Et ma passion ne leur suffisait pas.

Chapitre 4 : Le Grand Feu de Rome

« L'empereur n'épargna ni le peuple ni les murs de sa patrie ! »

Le 19 juillet 64, un incendie dévastateur a fait éruption dans l'un des plus pauvres quartiers de Rome. Le feu s'est rapidement répandu dans toute la cité, réduisant une grande partie de celle-ci en cendre.  
La tragédie qui a bien failli rayer Rome de la carte. Je me trouvais à  Antium pour y passer mes vacances quand le feu commença à tout consumer. Le Grand Feu de Rome démarra dans les quartiers populaires situés aux abords du Circus Maximus, le plus vaste hippodrome de la ville. Aussitôt que j'en fus avertie, je m'étais mise en route pour revenir à la capitale. Quel ne fut pas mon effroi quand je vis ce désastre. Tout n'était que désolation. La ville pour laquelle j'avais passé des années de travail à embellir disparaissait aussi vite que Pegase volait dans les cieux. Mais l'heure n'était pas venue de me morfondre. Le peuple avait besoin de moi et je le savais. J'ai donc agi en conséquence. J'ai rapidement répondu au désastre et j'ai même contribué à apaiser le malheur de mes citoyens avec mes fonds personnels. En bonne administratrice que je suis, j'ai réduit les pertes au minimum en permettant aux sans-abris de se loger dans mon palais et en organisant des distributions de victuailles pour éviter toute famine. Le soir tombé, dans mes quartiers, je chantais un requiem pour les âmes n'ayant pas survécu et je jouais de la lyre pour tenter de me détendre. Ces 6 jours d'incendie furent aussi destructeurs qu'épuisants. Des 14 quartiers qui composaient la ville, 4 seulement demeuraient intacts, 3 autres étaient complètement consumés, et des 7 derniers, il restait à peine quelques vestiges.

Malgré ces pertes, Rome était sauvée. Toutefois, après 6 jours de tragédie, je ne pouvais pas encore relâcher mon souffle. La population ne s'en remettait pas. Elle était complètement déboussolée. Beaucoup avaient tout perdu dans ces flammes destructrices, et je voyais de mes propres yeux que leur souffrance les aveuglait, les empêchait d'aller de l'avant. Je devais à nouveau agir, embellir leur quotidien devenu morose. C'est tout ce qui comptait à mes yeux.

J'ai donc annoncé le projet architectural sur lequel je travaillais depuis quelques temps. Une construction qui marquerait un renouveau digne de notre Empire. Umu, il renaîtrait ainsi de ses cendres tel un phénix majestueux. Cet édifice où je siégerais porterait le nom de Domus Aurea. Je m'attendais à revoir un sourire illuminer leurs visages mais il n'en fut rien.
A la place, on me suspectait d'avoir moi-même initié l'incendie pour pouvoir ériger ce palais. J'en fus profondément blessée mais pas trop choquée. Mon peuple était perdu, il cherchait un bouc émissaire. Je lui ai donc donné les coupables qu'il me demandait. Les responsables devaient surement être la secte juive qui reniait Jupiter ou Apollon et qui prônait la destruction de Rome. En toute franchise, je n'aime pas parler de cet épisode... et puis, chacun sait déjà ce qu'il est advenu de ceux que j'ai désigné comme coupables. Certains furent jetés aux lions dans les arènes, d'autres ont été crucifiés. D'autre encore ont été brûlés vifs.

Quelle tragédie, quelle tragédie... Tous ces cris, toute cette terreur... je n'avais jamais autant usé de ma lyre et de ma voix. Si il y a bien une chose que j'ai appris de cette histoire c'est que la musique apaise les cœurs. Tout comme elle peut les enflammer.

Une fois que la Domus Aurea fut achevée, je m'y tenais souvent en spectacle. Je passais parfois des heures à profiter de mon théâtre. Bizarrement, le public ne partageait pas toujours mon engouement. J'ordonnais alors à mes soldats de fermer les portes jusqu'à ce que je termine mon numéro. Quoi ?! Il fallait bien les ramener à l'ordre... Umu, je ne faisais que partager mes talents artistiques avec la plèbe, rien de grave. Cependant, le Sénat ne le voyait pas du même œil. Pas que cela m'empêchait de me tenir en spectacle mais cela m'attirait probablement des ennuis politiques. A choisir, je les ai ignoré.



Plus les semaines avançaient, plus je me faisais des ennemis. Je n'en avais cure. La solitude me suffisait. J'y trouvais même un certain réconfort. Mais ce n'est que lorsque l'on perd quelque chose qui nous est cher, qu'on réalise sa vraie valeur. Cette vérité, je l'ai apprise cette même année.

Par ma faute, Sénèque s'est suicidé. Ce n'est pas ce que je voulais... Je respectais mon mentor plus que n'importe qui. Il était pour moi le père que je n'ai jamais eu ! Lui seul m'avait soutenu dans la mort de ma mère, lui seul me faisait confiance, lui seul me voyait autrement que comme un objet de haine ou un outil. Pourtant, son soutien envers son élève le fit tomber en disgrâce et ce déshonneur poussa cet érudit à me demander une folie. En 62, il m'avait demandé d'abandonner son appellation « d'ami de l'empereur » et de me rendre sa fortune. J'avais refusé bien sûr. Dès lors, nous nous sommes perdus de vue pendant 2 ans. J'ai de nouveau eu l'occasion de m'entretenir avec lui mais dans des circonstances que j'aurais préférée ne pas connaitre.

En 65, un complot se leva contre moi et Sénèque faisait apparemment partie des comploteurs. Me sentant trahie, j'ordonna sans réfléchir à ce qu'il mette fin à ses jours. Lorsque j'avais réalisé mon erreur, il était déjà trop tard. J'ai eu beau le supplier, de lui dire que je le pardonnais, il ne m'a pas cru. Il s'est ouvert les veines et ce fut la fin. Inutile de dire que sa mort m'affecta profondément, je ne m'en suis jamais totalement remise.

Chapitre 5 : Coups de théâtre

« Un empereur qui se prend pour un bouffon, un comédien chantant et jouant de la lyre, a-t-on déjà vu pareil scandale ? »

En 66, dans une solitude totale, je partis voyager ou plutôt je partis en tournée en Grèce. Que de bons souvenirs. Je distrayais mes hôtes avec des compositions lyriques créées de ma main. J'empêchais aussi les spectateurs de sortir des amphithéâtres là-bas. Je me trouvais à des centaines de kilomètres de Rome, sans être au courant de ce qui m'attendait à mon retour. Quand je suis revenue  à Rome en décembre 67, l'ambiance était glaciale.

La classe populaire m'adorait, ou du moins je le pensais, contrairement au Sénat et aux membres des plus hautes castes qui en avaient assez de mes mesures populaires, de mes dépenses extravagantes consacrées aux divertissements publics et de mes occasionnelles répressions insensées touchant à l'expression religieuse. Mes étranges prédilections et mon orientation politique résument ce que les nobles et les historiens ont retenu de moi : un tyran fou qui causerait la perte de son empire.

En l'an 68, Vindex, le gouverneur de la Gaule lyonnaise, orchestra plusieurs révoltes visant à m'écarter du trône. J'ai ignoré la situation en préférant me focaliser sur mon retour triomphal en Italie. Peut-être avais-je encore confiance en l'incitateur de la rébellion. Ou plus plausiblement, j'en avais assez de ce désespoir qui me faisait tant souffrir. Je souhaitais probablement que tout disparaisse. Que cette pénitence prenne fin. Quelques mois plus tard, Vindex initia une nouvelle rébellion. Cette fois, le Sénat en avait assez de ma mauvaise conduite concernant la gestion de ce soulèvement. Il m'a chassée du trône. Les sénateurs m'ont déclarée traîtresse et m'ont forcée à m'enfuir de Rome. Mais je ne craignais rien. J'étais convaincue que le peuple me protégerait en protestant contre mon obligation d'abdiquer car il aimait mes politiques populaires et ma popularité me semblait évidente.

Cependant, le public demeura taciturne. Ils n'ont rien fait pour tenter de me protéger. Après des années de dévouement, ils m'ont abandonnée. Croire en mes citoyens était une erreur. Je ne leur en veux pas, ne vous y méprenez pas. C'est juste que leur passivité m'a attristée. Les aimer d'une manière qu'ils ne pouvaient pas comprendre fut surement la plus grande erreur que j'ai commise de toute ma vie.

Le Sénat prévoyait de me faire subir le supplice réservé au parricide. En d'autres termes, ils voulaient m'enfermer dans un culleus (un sac de cuir) avec plusieurs bêtes comme des chiens affamés ou des serpents et ensuite me jeter dans le Tibre. Non, hors de question. J'ai décidé d'en finir à ma manière. Et pour cela, mon seul choix était cette fin que je trouve si hideuse et si indigne. Tout prendrait fin dans la maison de campagne de mon fidèle affranchi, hors de ma capitale de longue date.

Chapitre 6 : Coucher de Soleil

« Les êtres humains ne pleurent pas parce qu'ils sont faibles...mais parce qu'ils ont été forts depuis trop longtemps. »

Et maintenant, n'ayant pu trouver d'autre solution que de fuir comme une lâche, je tiens entre mes mains une dague plus effrayante que toutes les armes de guerre qu'il m'aie été donnée de voir en vous racontant mon existence aussi passionnée que brève. Nous sommes le 9 juin 68.

« Je suis certaine que vous n'en n'avez pas perdu une seule miette, pas vrai Epaphrodite ?
Ce n'est pas tous les jours que je me confie ainsi à quelqu'un, scribe ou non. Dans le pire des cas, je ne vous importunerai plus bien longtemps. A présent, je me dois de fermer les rideaux... »


L'heure est venue. Le Soleil va bientôt se coucher.

Pourtant, je ne bouge pas. Je tiens cette lame contre ma gorge, il me suffit d'un coup pour en finir, ce n'est pas compliqué. Je l'ai déjà fait pour achever ma mère ou mes ennemis. La Mort m'attend de toute manière. Je n'ai plus aucune chance d'y échapper. Alors... pourquoi je n'y arrive pas ? Je n'ai pourtant pas de regrets... Même si... je dois avouer qu'il est regrettable que je m'en aille si vite.

«Qualis artifex pereo... »

(Quel artiste meurt avec moi...)

Sans m'en rendre compte, je commence à oublier la présence de mon scribe et je me murmure milles paroles. J'ai peur. Je tremble de peur. Il n'y a plus personne. Les applaudissements sont silencieux. Seul un glas résonne dans mon esprit.

« C'est injuste... »



Je sens des larmes se former aux coins de mes yeux émeraudes et couler le long de mes joues et je ne peux réprimer des sanglots plus longtemps. Mes mains, qui ont pendant tout un temps serré la nuque de fauves déchaînés et tenu des glaives dans une arène, tremblent à cause de mon anxiété.

« Je...je ne peux pas me tuer... »

Pourtant Elle n'est pas loin. Je dois me rendre à l'évidence. Je sais bien que si je ne m'ôte pas la vie moi-même, ce sont ceux qui m'ont trahi qui s'en chargeront. Je dois me montrer forte et garder la tête haute jusqu'au bout, il en va de l'honneur de ma divine lignée... umu...
Je rapproche donc la lame funeste vers mon cou, la pointe se trouve à moins de deux centimètres de ma gorge... je la rapproche... avant de l'éloigner de nouveau. Non !...Non...Non!... Oh dieux, je vous en supplie. Que ce supplice s'arrête! Je me suis préparée à ce moment mais...

« G-g-gh... J-j-je...je ne v-veux pas....je ne veux pas mourir... »

Il me reste tant de choses à voir, à ressentir, à composer.
Il est trop tôt... ce n'est pas juste.
Comment en suis je arrivée là ? Comment cela a-t-il pu se produire ?

«C-comment u-une...Snif... Comment une artiste aussi... aussi é-éblouissante que moi peut.. peut mourir ainsi?.. »

J'ai consacré ma vie à aimer mes citoyens de tout mon cœur. Pas une fois ma passion n'a chaviré, pas une fois je ne les ai déçus. Je me suis consacrée jour et nuit à leur bien-être. Alors pourquoi se taisent-ils ? Ai-je été dans l'erreur depuis le début ? N'était-ce qu'une illusion dans laquelle je me plongeais inconsciemment ? Non, je n'ai aucun regret. Mais qu'ai-je donc fait pour mériter leur silence...

« J-je...je n'ai rien fait de mal...alors, pourquoi...pourquoi... pourquoi... pourquoi... pourquoi... »

A bien y réfléchir, je pouvais parfois apercevoir quelque chose de plus tendre, de plus permanent en marchant dans cette populace. Des regards complices, des enlacements délicats, des douces paroles qu'on murmure à l'oreille. Serait-ce cela, l'amour que les gens que j'ai toujours admiré et envié partageaient avec leur âme sœur ? Dans ce cas, rien d'étonnant à ce qu'ils ne m'aient pas comprise. Leur amour est pour moi un sentiment que je n'ai jamais connu. Jamais je n'ai vécu le bonheur d'être aimée en retour. Quand j'aimais, j'attendais quelque chose en retour. Si un miracle pouvait m'accorder une dernière volonté, je souhaiterais connaitre ce sentiment. Rien qu'une fois. Mais je sais bien que c'est impossible...

« Je ne veux pas mourir... »

Ce tourment continua pendant quelques secondes... quelques minutes ?... Je ne sais pas, je n'ai plus aucune notion du temps. Seulement une lame dans ma main, mes murmures et mes sanglots. On peut dire que je me montre aussi entêtée que jamais. Fuir ne sert à rien et j'ai choisi moi-même de me suicider mais j'hésite. Soudain, alors que je continue à retarder l'inévitable, j'entends des chevaux galoper au loin. La cavalerie arrive, les traîtres se rapprochent et viennent me chercher. Un ver de l'Iliade me vient alors en tête tandis que j'entends ces sabots se rapprocher en regardant le Soleil se coucher.

« ἵππων μ’ ὠκυπόδων ἀμφὶ κτύπος οὔατα βάλλει. »
(Le galop des coursiers résonne à mes oreilles.)

Le compte à rebours est terminé. Et enfin, je plante cette dague dans ma gorge d'un coup sec, coupant ainsi le fil qui me rattache au monde des vivants comme le font les Parques.
Je m'écroule alors sur le sol et attend de fermer définitivement mes paupières alors que mon sang rouge comme les roses s'étale autour de moi et que mon corps se refroidit. Le feu ne tient plus qu'à une étincelle mais je sens quelque chose se draper autour de moi. Un manteau ? Mes yeux ayant désormais perdu toute passion tentent de discerner le mystérieux donateur. Un de mes soldats ? Soit. A cet homme qui assiste à ma misérable mort, j'adresse mes derniers mots avant de quitter ce monde.

« Trop...tard. C'est la fidélité. »

J'ai longuement hésité.
Par peur de la mort.
Par volonté de vivre.
Mais surtout parce que...
je devais aimer comme ils le faisaient.
Ce fut mon seul regret.
Ce qui me retenait dans le monde des vivants.
Mon vœu le plus cher.



A PROPOS DE VOUS


Âge : suffisant pour diriger Rome
Expérience RP : 4 ans, comme la durée d'un mandat de votre époque
Les animes/jeux Fate que vous connaissez : Tous (en particulier ceux qui me font honneur)
Comment avez-vous connu le forum ? Via un certain Gogole (un bouffon?).
Quelque chose à ajouter ? : Umu ! Faisons trembler les dieux, Praetor !
L'empereur des roses
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Brighter than Sun




Everything is in her hands
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Lun 24 Avr - 0:46
Compte tenu des effectifs modos actuels, je m'occupe intégralement de ta validation  Mouhaha

Stats > tu as repris celles du Wiki donc j'ai rien à redire.

Imperial Privilège > c'est un pouvoir, au maximum pour ce perso donc rang A. Tu n'as pas besoin de mettre de durée pour les compétences actives puisque cela dépend de chaque compétence utilisée ^^

Migraine > à part l'effet rp le reste tu peux reprendre la description de base du pouvoir ^^

Invictus Spiritus > rien à redire ^^

Aestus Domus Aurea > alors deux petites choses. Déjà c'est un Reality Marble et tu l'as marqué anti-armée. Ensuite qui dit Reality Marble dit rang Ex

Laus Saint Claudius > rien à redire pour ma part.

Sur l'ensemble de ta partie technique je tiens à te signaler qu'en combat il t faudra la jouer très stratège car en tant que Saber tu as des stats physiques plutôt basses et tes NP demandent d'être combinés donc attention Index

Physique > le personnage est très bien décrit ^^

Caractère > je t'attendais au tournant car le personnage à une personnalité bien particulière et tu as su bien décrire Nero de manière assez simple pour la comprendre sans enlever toute sa complexité.

Histoire > que dire si ce n'est de belles choses. C'est bien écrit, très agréable à lire et on suit très bien le parcours du personnage. On sent que tu connais et aime beaucoup le personnage. C'est une très belle fiche bravo ^^

Voilà corrige les détails techniques et tu seras validée Haha
Valkyrie hjärta
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Mar 25 Avr - 23:02
Points techniques modifiés comme convenu, brave guerrière. Yeah
Concernant la Domus Aurea, on a réglé ça ensemble et le reste est arrangé.

En outre, mes modestes remerciements pour toutes ces éloges Mouhaha
L'empereur des roses
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Brighter than Sun




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Mar 25 Avr - 23:10
Et bien puisque tout est corrigé, tu peux entrer dans l'arène noble artiste Yeah
Valkyrie hjärta
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