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Fate Stay Night RPG
Forum RPG 16+ - Fate Zero - Fate/stay night - Tsukihime - Nasuverse
Fantasy - Fantastique - SF - Magie - Mangas

Jeu 1 Déc - 21:10

Xu Lei



Age : 23 ans (14 avril 1992)
Nationalité : Chinoise
Organisation : Sheol (mafia internationale)
Fonction : Pantin



Ein - Phantom

CARACTÉRISTIQUES

Type : Humanoïd
Classe : Human Magus
Alignement : Loyal neutre


Statistiques :
STR : B
END : B
AGI : A
MAG : C
LCK : E



CAPACITÉS DE CLASSE


Element Mastery :
Avant que sa vie ne bascule, Lei a appris les bases de la thaumaturgie avec sa mère. Même si elle n'a pas eu l'occasion de s'appliquer, elle s'est toujours contentée des sorts qu'elle connaissait déjà, basés sur la maîtrise de la terre.
Maîtrise de l'élément Terre. Confère les sorts suivants:

-Workshop : permet de créer un Atelier (1 seul à la fois).
-Memory Erasure : efface les souvenirs des dernières minutes, d’un personnage non-magus.
-Safe Zone : dresse un Boundary Field qui éloigne les non-magus.


Puppet Master :

Permet de créer, posséder et réparer des familiers de rang supérieur à E.

EQUIPEMENT

Arme : Sniper

Arme de l'ombre par excellence, son sniper est indispensable pour attaquer à distance sans se faire remarquer.

Arme : Revolver

Que serait un cuisinier sans sa poêle ou une couturière sans son aiguille? De même que serait Xu Lei sans son revolver? Cet arme l'accompagne depuis le début et cela restera le cas jusqu'à la fin.

Vêtement renforcé : Gilet pare-balles

Bien qu'elle ne le porte pas dans la plupart des cas, il constitue une valeur sûre quand les armes à feu entrent en jeu. Comme on le lui a inlassablement répété : tout peut arriver sur le terrain. Ses cicatrices en sont une preuve irréfutable...

Véhicule : Moto

Moto "ordinaire" qui ferait beaucoup d'envieux. Lei aime beaucoup la vitesse que lui procure son moyen de transport et l'a customisé à sa façon. Toutefois, n'étant pas une experte en mécanique, elle n'a fait que l'embellir. Aucun gadget spécialement utile se trouve sur ce petit bijou. Sa vitesse suffit.



FAMILIER

Eren (Familier rang C)

Apparence réelle:
 

Ce caméléon Zeylanicus est le premier familier qu'elle aie créé. Auparavant un simple caméléon de compagnie que sa famille lui a offert pour ses 15 ans, Eren fut ramené par Lei sous forme de familier après sa mort. En effet, ironiquement, l'animal avait suivi sa maîtresse dans son périple incognito.
Pendant qu'elle était conditionnée et torturée, il l'attendait patiemment et en est mort de faim. Quelques jours plus tard, elle le découvrit et même si il avait disparu de sa mémoire, son cœur l'a amené à en faire son familier.
Ce petit reptile peut, tout comme lors de son vivant, se fondre dans son environnement. A l'image de sa créatrice, il efface ainsi sa présence pour mieux attaquer sa cible. Seul un individu ayant une acuité visuelle surpassant de loin celle du commun des mortels ou des yeux capables de discerner l'invisible peuvent le voir. Cette créature l'accompagne toujours furtivement, près à supporter sa maîtresse au moindre danger.

Statistiques:
STR : D
END : E
AGI : A
MAG : D
LCK : C


Pouvoir [Rang C - actif] : Invisibilité totale
Ce caméléon peut attaquer un adversaire sans que sa présence ne soit révélée. Oh, ses coups ne sont pas notables aux premiers abords, surtout dans le feu de l'action. Pas de quoi s'inquiéter. C'est un peu comme un poison qu'on ne perçoit que lorsqu'il est trop tard. On ne voit pas la source de la douleur tout comme on ne la ressent qu'à la fin.

SORTS

Earth Right [Terre-Soin-Rang C]

Paradoxalement,  l'un des seuls sorts que la tueuse utilise avec dextérité s'avère être un sort curatif. Basé sur sa maîtrise des énergies circulant autour de nous, Earth right fut élaboré lors de sa formation à la thaumaturgie chinoise aux côtés de sa mère au terme de laquelle elle maîtrisa le Feng shui ( 風水).
Cette magie se base sur les notions de ba gua (八卦) et de qi (氣/气 ). Elle a pour principal objectif d'identifier et optimiser les flux de qi, ce qui se révèle complémentaire dans l'art martial que pratique Lei : le Ba Gua Zhang (八卦掌 ), art martial interne qui représente également les huit trigrammes.



En effet, le premier principe du Feng shui repose sur la dualité du Yin (le calme, la pureté et la loyauté) et du Yang (la création, l'activité et la force) omniprésents dans le tai ji, notre univers. Cette notion sert à évaluer et déterminer la nature d'un environnement. Ce dernier peut être de dominante Yin, Yang ou en équilibre.
De cet équilibre découle les 8 célèbres trigrammes qui constituent le ba gua.
Lei maîtrise la terre (土), l'un des cinq éléments avec le feu, l'eau, le métal et le bois qui forment ce qu'on appelle le wu xing. Le Wu xing, ou les 5 transformations, peut être comparé aux différents comportements du qi. La famille Xu est principalement capable de soigner autrui en exploitant les méridiens, le Feng shui et la terre. Ainsi, Lei ne fait pas exception.
Ces flux de qi sont identifiés au sein d'une enceinte, de par leur nature à la circulation des flux des méridiens de médecine traditionnelle chinoise ou d'acupuncture dont le principe fondamental est commun avec le Feng shui. C'est pourquoi cet art traditionnel est considéré comme une médecine de l'habitat.

Soigne les blessures.

Lost Shield [Terre-Défensif-Rang B]

Sortilège qu'elle apprit malgré elle durant le laps de temps où elle a subit le lavage de cerveau. Il s'agit d'une barrière qu'elle forme autour d'elle pour se protéger. La protection consiste à solidifier la terre à l'endroit qu'elle désire et l'empêche de souffrir... physiquement.
Elle renforce la terre inconsciemment de manière optimale car elle vise les endroits de flux spirituels pour effectuer ce sort. D'abord elle pose sa main sur le sol, puis elle donne une impulsion brève durant laquelle sa mana manipule et renforce la terre.

Fait apparaître un amas de terre solide à l'endroit de son choix, même sous ses pieds pour s'élever d'avantage ou parer une attaque qui l'entoure de part en part comme une explosion par exemple.

Earthy Guardian  [Terre-Défensif-Rang D]

Etant donné le temps et la mana que coûtent Lost Shield, et ce malgré son efficacité, Lei garde ce sort en réserve pour la protéger des coups plus mineurs. Le genre de coups qui ne représentent pas une menace dans l'immédiat mais qui se révèlent gênant au long terme. Un dicton, d'ailleurs, mentionne ce type de phénomène : "Vite fait bien fait."

Le procédé est le même que pour Lost Shield mais nécessite moins de temps pour incanter et de mana pour l'effectuer. De plus, il va sans dire que l'amas de terre ne résistera pas aux assauts de grandes envergures.

Earthy Body [Terre-Soutien-Rang C]

Entre ses armes et ses poings, la marionnette aux cheveux gris n'est certainement pas à prendre à la légère. Toutefois, il existe des êtres qui la dépassent. Des êtres surhumains, qui comme elle quelque part, ne ressemblent pas aux gens normaux. Des êtres dont l'existence est souvent remise en question. Pourtant, ils existent bel et bien. Même si Lei est un fléau pour un humain lambda, rien ne lui garantit la victoire contre ces "anomalies". C'est là que ce sort entre en scène.
Lei peut par exemple couvrir ses bras, ses mains, ses pieds ou ses jambes de terre solidifiée. De quoi augmenter sa puissance de frappe sachant qu'en contrepartie, elle perd un peu en vitesse. C'est que ça pèse son poids toute cette terre!

Recouvre une partie de son corps de terre renforcée pour asséner des coups plus puissants. Proportionnellement, plus la surface recouverte est large, plus Lei perd en vitesse.

POUVOIR

Shén yǎn (神眼) [Rang A - actif]

Artiste martiale depuis sa plus tendre enfance, la tueuse ne compte pas seulement sur la puissance de feu de ses armes mais également sur la force et la précision de ses coups.
En effet, avec pour appui ses aptitudes au combat, ses yeux lui permettent d'accomplir le légendaire Dim Mak, mieux connu sous le nom du "toucher de la mort". Cette technique issue d'arts martiaux chinois consiste à neutraliser temporairement ou définitivement son adversaire. Pour ce faire, il faut frapper les points vitaux avec force et précision. Réputés comme une légende urbaine autrefois, l'existence des points vitaux est désormais véridique.
Lorsque ces derniers sont touchés, la victime connaît bien souvent la mort et y survit rarement d' autant plus si l'attaquant est expérimenté.

Afin de les toucher, il est nécessaire de s'y connaître en anatomie et en acupuncture chinoise c'est à dire connaître l'emplacement exact de ces fameux points vitaux. Rares sont les personnes ayant maîtrisé cette technique mortelle toutefois Lei fait partie de ces élus. Mais ce n'est pas tout.

Auparavant, elle arrivait uniquement à ressentir avec plus ou moins de précision les concentrations massives d'énergie grâce à son pouvoir. Après plusieurs années, les yeux de la jeune fille sont désormais capables non seulement de discerner les flux du qi (le souffle vital environnemental) avec précision mais aussi le système sanguin et le flux spirituel des êtres vivants. Toucher les points vitaux d'un être humain lambda ou les circuits magiques d'un magus est donc devenu une simple formalité, une routine triviale.

Aussi rapide qu'efficace, sa paume entraînera quiconque s'opposant à elle dans les tréfonds de l'enfer. Car elle n'utilise pas ses poings pour se battre, mais ses paumes, conformément à ce que son père lui a enseigné. En effet, frapper avec la paume permet au choc de s'appliquer sur une plus grande surface de contact. La frappe n'en est alors que plus violente et son Dim Mak, plus foudroyant.


PHYSIQUE


Lei est une charmante jeune femme de 23 ans, ordinaire aux premiers abords. De taille moyenne, elle mesure exactement 1m65 et entretient une silhouette plus que satisfaisante grâce à des heures consacrées inlassablement chaque jour à l'entraînement au combat. Elle semble d'ailleurs beaucoup plus jeune que son âge le suggérerait. Sa poitrine n'est pas en reste non plus.

Pourtant, son corps, au même titre que ses talents, est comme voué à sa vie de tueuse. Comme chevelure, elle opta très vite de garder ses cheveux gris courts coiffés à la garçonne pour ne pas entraver ses mouvements. Ses yeux souvent inexpressifs, sont d'un gris hypnotisant semblable à une pierre de lune. Malgré cela, ils jouent plutôt le rôle d'arme que d'atout physique étant donné l'acuité visuelle de Lei qui s'élève bien au dessus de la norme.
 
A l'abri des regards, 3 cicatrices ornent son corps : la première au dessus de son sein gauche, la deuxième dans son dos et la dernière sur sa cuisse gauche. Personne ne sait d'où proviennent toutes ces blessures.
Enfin, elle a tendance à porter un top noir et un pantalon kaki pour l'entraînement ou une combinaison noire lorsqu'elle part en mission avec des bottines noires. De plus, en civile, sa tenue vestimentaire de prédilection se compose d'une chemise jaune chinoise ornée de quatre petits rubans rouges et d'un bord brun ainsi qu'une jupe courte grise à volant et des ballerines rouges chinoises. Toutefois, si la situation l'exige lors d'infiltrations par exemple, il lui arrive de porter des tenues variées qui lui vont souvent à ravir.


CARACTÈRE


Au fil des ans, la combattante a développé un caractère sérieux, froid et sec. Pourquoi? Car son quotidien l'exigeait. Si elle avait toutes les caractéristiques d'une fille innocente avec une joie de vivre qui faisait des jaloux autrefois, il n'en reste plus rien aujourd'hui. Au contraire!
Elle se montre plutôt rude envers les autres en leur répondant tantôt d'un ton glacial tantôt d'un ton cassant. Elle ne voit pas l'intérêt de converser avec de futures cibles potentielles plus que nécessaires. Cela gène son rôle.

De plus, elle se montre souvent très sarcastique. Pour elle, la vie est un combat perpétuel et au fil des ans, est devenue presque une chaîne. Une chaîne qui la retient à son humanité, patientant au fond de son cœur jusqu'au jour inespéré où cette folie trouverait un fin.
Rien d'étonnant à ce qu'elle soit du genre taciturne donc. Après tout, les objets ne parlent pas.
Ainsi, sa mélancolie et sa détresse sont condamnées à rester un murmure, un murmure que nul ne peut entendre. Car ils sont étouffés par un masque. Un masque d'indifférence qu'elle a façonné elle-même à son insu. Peut-être pour se protéger, pour survivre.

Cependant, tout cela ne l'empêche pas d'être une excellente actrice au cours de ses missions. Elle est même passée maître dans l'art de feindre des émotions et cacher les siennes. C'est en quelque sorte un moyen pour elle d'évacuer son stress. En effet, d'ordinaire, elle montre rarement et difficilement ce qu'elle ressent. Que cela soit la tristesse, la colère ou la joie. Il ne doit plus rien rester. Telle est "la perfection" qu'elle est sensée atteindre et incarner. Aucune erreur n'est permise. Une perfectionniste donc.

HISTOIRE




Prologue




Il s'agit simplement d'un conseil.

Le faible éclat de lumière,
Le fil mince en face de mes yeux se brise
Mais ce n'est pas grave si il se brise,
C'est ainsi que ça se passe.

Je joue le rôle de quelqu'un levant les yeux vers le ciel
Si un acte devient vérité,
Et si la vérité devient réalité,
Alors mon corps bouge
Plus intensément que je ne l'ai jamais senti.

Une cicatrice s'installe alors avec pour seule compagne une extrême douleur
Je suis supposée être capable de la surmonter 
Alors je danse,
J'ignore la malveillance,
Je m'agrippe
Au pouvoir d'une prière,
Un pouvoir que j'ai perdu
A un souvenir qui date de très longtemps,
Tombé dans l'oubli.

Les ailes qui ont découvert le monde extérieur,
Ces mêmes ailes battent avec vigueur
La liberté de battre de ses propres ailes et de s'envoler au loin,
Tout comme la lumière, ignore les larmes
Étonnamment délicates,
Tristes,
Et apparemment en quête de conscience qui coulent de mes yeux.



Lorsque vous marchez dans la rue, retenez-vous le visage de chaque passant ? Au terme de votre vie, sur les 7 milliards d'êtres humains qui peuplent la Terre, vous n'êtes pas sans savoir que vous n'en rencontrerez pas le millième. Cependant, sans savoir pourquoi, vous vous attachez par hasard à certaines personnes : elles forment votre entourage. Les autres forment une masse méconnaissable sans particularité. Ces inconnus sortent de notre mémoire ou plutôt n'y rentrent même pas.

Ainsi, chaque jour, ils apparaissent et disparaissent aussitôt tels des figurants dans la pièce dont vous êtes le principal protagoniste. D'ordinaire, on les regarde brièvement avant d'oublier finalement leur présence .Vous savez qu'ils sont là mais vous vous demandez à quoi ils servent hormis meubler le vide. A part rester dans l'ombre tout le long du spectacle. Mais réfléchissez quelques secondes...

Qui a dit qu'ils ne sont pas sous les feux des projecteurs dans une autre pièce ? Vous y avez pensé ? Si oui, cela signifie que vous êtes comme elle. Dans le cas contraire, félicitations : vous faites partie de ce que l'on nomme les individus. Pourquoi trancher ainsi ? Voyez-vous même : voici l'histoire d'un être demeurant toujours dans l'ombre. Les décors de sa pièce sont exempts de toute lumière. Son existence n'a pas de sens. Invisible aux yeux de tous. Sans histoire. Rien de plus qu'une masse sans visage. Voici l'histoire de Xu Lei.


Acte 1 : Derrière chaque sourire se cache un mensonge.



Notre histoire prend vie dans une contrée orientale aux nombreuses légendes. Le périple de Sun Wukong, les batailles du général Lü Bu, la légende du Serpent blanc,... pour ne citer que les plus célèbres.

Une nation où les notions d'honneur et de respect sont tenues en haute estime.

Un pays folklorique et traditionnel qui connait aujourd'hui un essor incommensurable.

La plus grande puissance économique et militaire du monde : la Chine.

Un beau matin de printemps, alors que la saison des récoltes approchait à grands pas, un nourrisson naquit dans un petit village montagneux de la province de Shaanksi, considérée comme le berceau de la civilisation chinoise. Nous sommes le 14 avril 1992, Xu Lei est née.

Son père, Lee, était dans sa jeunesse un artiste martial accompli. Sa mère, Fa, était l'unique héritière d'une lignée chinoise mineure de mages adeptes des sorts curatifs. Tous deux provenaient de famille moyenne : ni pauvre, ni aisée. Mener de grandes études leur était donc possible. Ils se rencontrèrent par hasard à l'Université de Pékin. L'un choisit le secteur économique et l'autre la médecine. Tout se déroulait pour le mieux et 2 ans plus tard, Fa tomba enceinte de son premier enfant : Chang. La nouvelle choqua les deux familles et ne leur a pas plu. Malgré des semaines de discussions enflammées, le résultat fut sans appel : avorter ou ne plus compter sur eux. C'est ainsi que la jeune maman dut dire adieu à ses études pour s'occuper de l'enfant et que le père enchaînait les petits boulots. Désormais, ils ne pouvaient plus compter que sur eux, l'argent qu'il leur restait sur leurs comptes qu'il garderait probablement pour l'avenir du petit et sur la chance.

Quelques années plus tard, Lei arriva. Son sourire était aussi radieux que le Soleil qui se levait à l'horizon, et ses yeux aussi paisibles que la Lune en un soir sans étoile. Aussitôt, le couple Xu fut pris d'affection pour ce petit être. Cependant, la venue de l'enfant dans la famille fut considérée à la fois comme une bénédiction et comme une malédiction. Ils avaient, en effet, donné naissance à leur fille cadette. Une fille. Un deuxième enfant. Ses parents la prénommèrent Lei, c'est-à-dire « bourgeon de fleur » en chinois. Une fleur ravissante destinée à rester à l'état de bourgeon sur une terre où son existence était une infraction à la loi, un acte illégal. Très vite, ils durent prendre une décision quant à son avenir. La garder ou faire comme la majorité... Ils optèrent pour la première option, la deuxième étant trop inhumaine, trop ardue pour eux et surtout contraire à leurs principes.

En conséquence de quoi, ils s'installèrent dans un village loin des tracas citadins, loin des regards indiscrets pour la protéger et devinrent cultivateurs. Il va sans dire qu'elle suivit une éducation que les fillettes actuelles décriraient comme cauchemardesque. En effet, elle était née dans une nation où fut imposée la loi de l'enfant unique. Elle, une fille. Plutôt que d'aller à l'école et de vivre comme son frère, Chang, elle donnait chaque jour un coup de main à ses parents. Une tâche probablement trop ardue pour une gamine de 5 ans même si elle aimait beaucoup ses journées à la campagne près des cultures qui se terminaient par une soirée allongée dans l'herbe. Ils n'avaient pas beaucoup d'animaux mais plutôt des rizières tranquilles qui apaisaient les cœurs. Ils vivaient correctement et heureux malgré des journées bien ardues. Le repos n'en était que plus mérité et plus apprécié. Une vie simpliste mais qui suffisait à elle-même. Pour passer le temps, elle s'occupait de leur poulin, Nuage. Il était d'une gentillesse à toute épreuve et elle le considérait comme son ami. En réalité,pour être exact, c'était son seul ami.

Cependant, un soir d'orage durant la saison des moussons, Nuage s'enfuit, effrayé par un coup de tonnerre. Ses parents, ayant entendus le bruit, partirent immédiatement à sa recherche. Malgré la violence de l'intempérie et les règles posées par ses parents,  elle avait décidé de suivre les deux adultes  pour le ramener à l'écurie et le sauver. Son frère, endormi, ne l'entendit pas sortir en douce. Elle était très discrète. Si elle avait joué à cache-cache avec des enfants de son âge, elle aurait facilement gagné. Doucement, elle enfila un manteau et se mit à la recherche de la bête. Leur foyer était perché sur une colline et entouré par leurs terres. Les voisins les plus proches, logeant à environ 2 kilomètres de sa maison, s'étaient réfugiés aussitôt que le ciel se fit menaçant. Personne aux alentours. Juste un ciel obscur et un vent glacial.

Elle marcha pendant quelques heures ou peut-être quelques minutes dans ce temps. Elle n'y voyait rien et devait tenir son bras devant elle pour avancer. Elle attraperait surement froid après la recherche de l'animal, mais il le fallait : il devait avoir si peur. Elle marcha encore un certain temps pour finalement l'entrevoir blessé près d'un pommier, en contrebas. Aussitôt, elle avança vers la pente et se pencha pour mieux le voir lorsque, soudain, elle glissa à cause de la pluie. Tout défila alors rapidement. Les yeux du destrier furent les seuls témoins de ce qui se passa.
Elle allait heurter le sol et le choc la tuerait.
Elle le savait d'instinct, son souffle se stoppa net. Son regard était rivé vers sa destination plus que certaine.


Ses yeux virent l'invisible. Tout autour d'elle se trouvait seulement le vide et des couleurs qu'elle ne connaissait pas. La nuit devint lumineuse sous cette palette de couleurs chatoyantes. Elle voulait les toucher. Elles ressemblaient à une rivière tranquille aux milles affluents qui s'étendait à l'horizon. Jamais elle n'avait aperçu une telle beauté. Qu'est-ce que c'était ? De quoi c'était fait ? A quoi ça servait ? Ses yeux brillèrent de milles feux, sa conscience dériva vers la seule pensée de toucher cette merveille. Son corps agit en conséquence. Le temps était comme figé. Impossible de s'approcher d'avantage : elle flottait. Alors, elle usa de toutes ses forces pour se rapprocher.

Cependant, elle dépassa son objectif et tombait encore et encore. La chute était interminable. Mince, comment allait-elle l'atteindre à présent ? Elle se tortura l'esprit quelques instants et subitement, tout s'éclaircit. Inconsciemment, elle trouva la solution la plus triviale qui soit : si elle ne pouvait pas atteindre ces couleurs, alors ce sont elles qui s'approcheraient de la fillette. Elle tendit la main et après s'être concentrée, elle toucha finalement le sol. Sauf qu'au lieu de voir sa vie défiler devant ses yeux, allongée dans la boue, près de l'animal qui hennissait, à plus d'un kilomètres de chez elle, mourante recouverte de crasse, elle vit une lueur verte phosphorescente descendre vers sa tête comme un mélange entre une luciole et une plume. Et puis, plus rien ?
Elle n'avait pas mal et se trouvait indemne en bas du fossé par elle ne savait quel moyen. Au loin, des cris s'élevèrent.

"LEEEEEEEEEI! MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS LA ?!!"

Ses parents accouraient depuis un autre sentier beaucoup plus sûr que celui qu'elle avait emprunté. Ils s'inquiétèrent d'abord pour leur fille, qui en plus de n'avoir rien à faire là, était bizarrement arrivée avant eux. Puis, voyant qu'elle avait juste sali ses mains à première vue , ils s'occupèrent de dégager le cheval dont la patte était encore coincée entre deux racines. Fa entreprit de le soigner grâce à un sort de soin. La petite ouvrit de grands yeux ronds. Sa maman était magicienne comme dans les histoires de contes de fée! Incroyable, ahurissant, super cool!

 "Waaaaouh. Maman, tu m'montreras comment t'as fait, hein ?"

"Hmmm, tu as encore le temps et..."

"Maaaais j'veux que tu m'montres-euh. Alleeeeez dis oui! S'il te plaaaaaaît."

"Et bien,... le moment est bientôt venu de te transmettre ce que nous savons, c'est vrai. Mais sache que la route sera difficile et qu'une fois empruntée, on fait rarement marche ar-..."

"Géniaaal! "

Le couple cligna des yeux et ensuite étouffa un petit rire face à tant d'enthousiasme. Voilà qui les réchauffait par ce temps exécrable, ça faisait plaisir. Plus qu'à revenir à la maison et cette épisode ne serait plus qu'un mauvais ...
Soudain, le déclic eut lieu. Lentement, ils tournèrent la tête vers la traînée de bouée à quelques mètres d'eux avant de regarder avec incrédulité leur progéniture au visage d'ange. Elle souriait bêtement après avoir retrouvé leur animal et avoir vu ce tour de magie, elle était comblée. Ils surent alors que la thaumaturgie ne serait certainement pas la première chose à lui enseigner.

***



Contrairement à ce qu'elle pensait, la petite finit par d'abord apprendre les arts martiaux avec son père, expert en Ba Gua Zhang (八卦掌), pendant son temps libre et non la magie avec sa mère..
Le premier jour de son entraînement prit place un jour d'été quand elle avait 6 ans.

"Inspire. Inspire. Expire."

La petite Lei se trouvait à côté de son père dans un champ situé non loin derrière la maison familiale. Tous deux se tenait dans la position du lotus en cette belle après-midi. On ne pouvait qu'entendre le duo s'adresser quelques mots et la nature vivant avec entrain loin des villes bruyantes et asphyxiantes. La température n'était pas trop importante, et les oiseaux et les cigales chantaient bruyamment comme pour accueillir les deux visiteurs.

"Concentre toi. Ressens l'énergie qui t'entoure, tu dois te l'approprier et ne faire qu' un avec elle..."

Elle ouvrit timidement les yeux pour jeter un coup d'œil à son père. Cet homme semblait si serein et si imposant aujourd'hui qu'elle osait à peine ouvrir la bouche, de peur de briser ce calme qui l'entourait. Finalement,  elle prit son courage à deux mains pour lui exprimer son opinion.

"Papa,.........je comprends rien de ce que tu dis. Elle est où cette énergie?"

La fillette avait beau essayer de déchiffrer ce que racontait son père, elle était perdue. Cette énième incompréhension fit soupirer son pauvre père. Depuis le début de cette matinée, plutôt que de méditer et s'appliquer à ses exercices, elle avait tenté de comprendre ce qu'il voulait dire par là. Rien à faire, ses phrases étaient encore trop complexes pour elle. Pourtant, elle ne se laissait pas abattre. Son dévouement était admirable, elle allait toujours au bout des choses. Ah, si seulement l'aîné partageait le même zèle pour les études.

"Il ne s'agit pas de quelque chose que l'on peut discerner, ma chère enfant. On ne peut pas voir l'énergie comme les objets ou les animaux. Normalement, on peut uniquement la ressentir si on en a le don et qu'on s’entraîne énormément, et encore."

"Mais alors papa, je ne serais pas normale si j'arrivais à les voir?"

L'homme n'a pas réprimé un rire franc, le genre de rire qui venait du cœur. Elle était assidue, certes, mais encore si jeune. Elle avait encore beaucoup à apprendre mais elle était déjà persuadée d'y arriver. Sa vision enfantine de la chose était si touchante. Elle le rendait fier. Il ébouriffa ses courts cheveux gris et lui répondit d'un ton blagueur en croisant les bras.

"Le jour où tu pourras les voir, on habitera dans la cite impériale, hahaha."

"Vraiment? "

"De rares élus sont déjà parvenus à accomplir des miracles tu sais? Mais pour y arriver, il leur a fallu beaucoup de patience et d'entraînement alors si tu veux y arriver, continuons, allez hop hop hop!"

Pour une fois sur la journée, le message lui semblait clair comme l'eau du Yangzi Jiang. Elle ne trouvait rien à répondre à cet homme qu'elle considérait à présent non seulement comme son père, mais comme son mentor. Elle y arriverait. A l'époque, elle n'avait pas saisi le sarcasme derrière ce que lui avait annoncé son père, et elle le prit au mot. Si elle y arrivait, ils habiteraient dans un grand palais et deviendraient très riches. C'était obligé. Dans les histoires que lui racontait sa mère, les princes et les princesses vivaient toujours heureux dans un palais à la fin.
Si c'était le cas, ses parents pourraient passer bien plus de temps avec elle et Chang, son frère. Quant à elle, elle pourrait peut-être avoir droit à l'instruction et vivre normalement comme tout le monde. Son rêve...

C'était décidé. Elle deviendrait aussi agile et légendaire que Jackie Chan, elle deviendrait aussi assidue et forte que le petit garçon qui apprend le karaté dans un film connu qu'elle n'a jamais pu voir, elle maîtriserait cet art comme personne. Pour voir l'énergie. Pour sa famille. Pour leur bonheur à tous.

***


Les débuts furent difficiles : elle prit une bonne année pour assimiler les connaissances élémentaires correctement.  Mais très vite, avec de la détermination et beaucoup d'entraînement, elle maîtrisa les bases avec brio. Si elle se trouvait lente, sa famille, elle, parlait d'un don. Un véritable génie dans ce domaine qui la passionnait tant. Pour son père, il ne lui restait que très peu de savoirs à transmettre. A ses 12 ans, les arts martiaux n'avaient déjà plus aucun secret pour elle. L'élève avait dépassé le maître. Elle le surpassait en technique, en vitesse , en ruse, en souplesse... Rien ne lui barrait la route à une exception près.

"Inspire. Inspire. Expire."

Elle parvenait maintenant à ressentir ce qui l'entourait, à sentir les flux spirituels omniprésents. Mais toujours aucun signe de l'énergie à l'horizon. Malgré ses 12 printemps, elle continuait de croire en son rêve d'enfance ou comme le disait Chang, « son obsession ». Mais comment renoncer à ce en quoi vous croyez depuis toujours ?

"..."

Son souffle était calme, maîtrisé. Chaque jour, elle l'avait travaillé sans relâche. Désormais, quand elle bougeait ou quand elle respirait, rien n'était laissé au hasard.
Le secret d'un tel talent? Quand elle combattait, elle laissait ses paumes faire le travail, tout simplement. Elle n'avait pas besoin de réfléchir, c'était naturel.

"Tu m'épates chaque jour, c'est extraordinaire. Oh,... mais il se fait tard! Rentrons, ça suffira pour ce soir."

Non, c'était loin d'être suffisant. La corruption au sein du gouvernement et les revers de l'ouverture économique à l'échelle mondiale se faisaient sentir jusque dans les petits villages comme le leur. Beaucoup de leurs voisins se retrouvaient au chômage. Pour survivre, tout le monde suait comme jamais en s'attelant aux tâches quotidiennes et au travail ardu. L'image de l'exploitation chinoise n'avait rien d'exagéré. Si les ouvriers ou les fermiers ne travaillaient pas en suffisance et avec efficacité, ils se retrouvaient vite sans travail. La file pour trouver un emploi ne manquait pas de volontaires.

Chang avait du arrêter ses études l'année dernière car leur père commençait à ressentir les effets de la vieillesse et leur mère n'était pas capable de gérer toutes les cultures à elle seule. Il fallait s'améliorer avant que les choses n'empirent, et vite! Il fallait se faire connaître, attirer l'attention et à moins de sortir du lot, elle savait qu'elle n'y parviendrait pas.
Il lui restait une solution. Elle ne plairait pas à sa famille. Mais il le fallait.

"Attendez, père!"

L'homme en question se retourna et haussa un sourcil par surprise.

"Oui ?"

Elle déglutit nerveusement avant de reprendre.

"Je veux apprendre la thaumaturgie, comme mère."

***



Elle avait 14 ans lorsqu'elle apprit son premier "sort". En temps normal, pour maîtriser la thaumaturgie chinoise et la magie en général,  il faut s'y prendre plus tôt. Commencer pendant l'enfance facilite grandement la tâche. Toutefois, probablement grâce au Ba Gua Zhang, ce handicap ne l'avait pas trop perturbée. En effet, le Ba Gua Zhang est un art martial dit interne qui représente les 8 trigrammes chinois et où il faut former autant son corps que son esprit.
Par le fruit du hasard, il s'avère que ce sont sur les principes du ba gua (les 8 trigrammes), que reposent d'une part, le Ba Gua Zhang et d'autre part, le type de magie que lui a transmis sa mère.

C'est donc avec joie qu'elle découvrit la compatibilité de ces 2 arts fondamentalement différents à première vue : magie et aptitude physique. Ses parents s'étaient sans doute rencontrés via ce point commun.
Sa mère était une magicienne spécialisée dans le Feng shui, un art millénaire qui consiste à harmoniser le qi (氣/气) pour veiller à la santé, au bien-être et à la prospérité d'autrui. Cette catégorie de thaumaturgie repose sur plusieurs principes. Le premier étant le ba gua.
De plus, contrairement aux pratiques occidentales qui emploient la mana pour générer un sort, la thaumaturgie chinoise se base sur le contrôle des éléments qui nous entourent. Tout est notion de maîtrise de son environnement : le qi. Une fois que l'on ressent correctement les flux spirituels, le processus paraît beaucoup moins compliqué.

Cependant, même si elle cernait bien le principe, elle éprouvait des difficultés pour appliquer ce genre de sorts aux arts martiaux. L'utilité la plus notable qu'elle y trouvait était la maîtrise de spirituelle de la terre pour soigner n'importe qui, elle-même compris, et l'aspect artistique taôiste, du même rang que la médecine chinoise. Elle apprit donc avec assiduité l'anatomie des êtres vivants afin d'optimiser les effets de cet art curatif.
Aux yeux de l'adolescente, même si cette discipline l'intéressait, elle considérait que « les bases » suffiraient. Elle ne pouvait se consacrer aux deux disciplines équitablement. Alors, sachant que la lignée Xu avait perdu son prestige il y a de cela bien longtemps, Lei opta pour ce qu'elle savait faire de mieux. Elle devait gagner le maximum de temps. Son père ne pouvait plus travailler et les temps empiraient. Ses aptitudes faisaient la fierté et l'admiration de sa famille. Elle se sentait prête et sûre d'elle : le moment était venu.

***

Exactement 1 mois plus tard, quelques jours après son quinzième anniversaire, elle s'inscrit finalement à son premier championnat de Ba Gua Zhang d'ampleur nationale, catégorie adulte. Pour cela, ses parents durent payer cher, très cher, pour cause administrative. Elle n'existait pas officiellement après tout. Mais comme elle était maintenant assez âgée pour prétendre y participer et que son don n'avait plus rien à prouver, ils avaient lancé les dés. L'argent qu'ils avaient conservé pendant si longtemps venait d'être joué. Joué, oui.
À la clé, une récompense de 1000 Yuans mais surtout l'attention des grandes écoles et leurs représentants émérites, à la recherche de perles rares. Elle n'avait pas droit à l'erreur. Son frère n'avait pas eu cette chance. Tous les ingrédients étaient prêts : une fille d'âge minimal, inconnue du grand public jusqu'à aujourd'hui et issue de milieu modeste. Tout le monde présent pour l'encourager. Sa victoire était certaine.

Contrairement à ses adversaires, elle restait calme et concentrée. Elle avait tout à gagner.
Lors d'un bref instant d'anxiété, avant le grand moment qui changea sa vie, elle jeta un coup d'œil au cadeau qu'elle reçut quelques jours auparavant pour célébrer sa naissance et sa participation : Eren, son caméléon et ami. Le reptile venant d'Inde la fixait silencieusement, comme pour la rassurer. Son nom fut prononcé, son heure était venue. Elle se leva et se dirigea vers le tatami sans aucune hésitation.

Ses premiers adversaires ne posèrent pas trop problème. De plus, entre chaque combat, elle ne manquait pas de guérir ses blessures en prenant bien garde à ce qu'elles ne disparaissent pas complètement. Elle n'effaçait que la douleur. Lors de la demi-finale, un combattant de Pékin lui donna du fil à retordre et lui infligea une blessure assez importante. Une côte cassée. Pour continuer, il fallait se soigner. Et cela demandait beaucoup d'énergie. Des forces qu'elle devait conserver avec parcimonie. Elle en avait peut être un peu abusé au début, et elle réalisa alors son erreur.

Toutefois, la plus douce et la plus glorieuse des victoires qui soit était de plus en plus proche, il ne restait que la finale. Elle monta sur le tatami. La foule l'acclamait, elle qui était si jeune. Elle bouillonnait d'impatience à l'idée d'affronter un adversaire talentueux et de remporter la victoire. Un homme d'environ 35 ans aux cheveux corbeaux d'1m75 dont la musculature n'avait d'égale que le caractère imprévisible de ses techniques l'attendait déjà à son arrivée. Il décroisa les bras et lui adressa un sourire qu'elle jugeait dangereux. Elle secoua la tête et se concentra. L'heure n'était pas à ce genre de détails : il avait bien l'intention de gagner la récompense et le renom nécessaire à sa famille. Elle se mit en position en même temps que lui. Et enfin, le glas sonna.


Coup.
Coup.
Coup.
Esquive.
Coup.
Coup.
Esquive.
Coup.
Esquive.
Esquive.

Cela s'annonçait mal. Malgré sa faculté de ressentir les flux autour d'eux, cela ne suffisait pas. Les quelques coups qu'elle avait réussi à lui infliger ne semblait pas trop l'affecter et elle fatiguait. Heureusement, elle était parvenue à esquiver chaque attaque jusqu'ici. Mais pour combien de temps ? Comment parvenait-il à de telles prouesses ?

Et là, la réponse lui apparut. Comme le coup qu'elle reçut en pleine figure. Elle s'écroula violemment sur le sol sous le choc. Du sang. Le nez était cassé. Sa côte lui refit mal lors de sa chute. Son sang battait dans ses tempes, elle voyait flou. La victoire qu'elle s'était imaginée s'éloignait. Elle se releva, même si tout était perdu. Qu'espérait-elle dans son état ?... Au loin, elle crut entendre sa mère, son père et son frère la supplier d'abandonner lorsqu'elle reçut un deuxième coup. La douleur était insupportable. Elle avait l'impression que tous ses os avaient décidé de la faire souffrir. Non. C'était le monstre en face d'elle. Lui et sa force inhumaine. C'était lui le monstre, pas elle. Elle se releva soudainement et rassembla de nouveau toutes ses forces. Le troisième serait le bon. Xu Lee ne pouvait que fermer les yeux quand sa fille tenta de lancer un dernier coup.

...

Le dernier coup fut donné. Le public fut sous le choc. Un silence pesant s'installa alors. Personne n'avait idée de comment c'était arrivé. Tout le monde voulait une réponse et l'attendait dans ce calme malsain. Après quelques minutes, on pouvait entendre Xu Fa murmurer dans cette salle où le silence régnait. Lei continuait de frapper. Fa la suppliait d'arrêter, incrédule. La jeune finaliste avait touché cet homme en plein cœur. Il ne bougeait plus. Les yeux de Lei étaient ailleurs, comme sa conscience. Elle voulait que la douleur s'en aille, elle voulait gagner, elle voulait vivre. Et dans ce flou de pensée, elle ne vit pas que le combat était terminé et que la campagnarde naïve tout comme le professionnel en quête de gloire avaient tous les deux perdus.
Après un moment, l'arbitre déclara Xu Lei vainqueur, avant que l'homme ne soit vainement emmené à l'infirmerie. Ils empochèrent la récompense, certes, mais aucune école ne voulait d'une élève instable, tueuse qui ne savait pas quand abandonner.

Après l'hospitalisation de leur fille, le couple s'inquiétait. Elle ne parlait plus. Parfois, la nuit, elle vomissait jusqu'à ce que ses tripes décident de la laisser en paix. Elle avait trouvé l'énergie, le pouvoir qu'elle recherchait. En échange, cette couleur noir corbeau la hantait nuit et jour tout comme des yeux révulsés qui la guettaient où qu'elle aille et quoi qu'elle fasse. Le prix à payer pour son incompétence était un état pareil? Elle l'aurait presque regretté mais elle n'en avait pas le droit. Elle avait tué un être humain de sang froid. Elle avait emmené ceux qu'elle aimait en enfer. Elle avait trahi leur confiance. Rien ne pouvait l'excuser, pas même sa faiblesse. Sa mère devait s'occuper d'elle de plus en plus. Chang souffrait du manque de sommeil, son père qui éprouvait des difficultés pour les tâches physiques se voyait obligé d'y mettre du sien. Ils se sentaient tous coupables pour un crime qu'ils n'avaient pas commis.

Quand ces derniers lui demandaient si ça allait, elle leur souriait comme ses parents l'avaient fait les fois où ils durent se priver de nourriture pour elle et Chang, même si ils n'avaient pas besoin de se priver en fin de compte. Comme la fois où son père lui avait dit qu'ils deviendraient riches si elle parvenait à atteindre les sommets. Comme lorsque sa mère lui avait dit que ses facultés aideraient les gens.
Lors de ses 16 ans, un an jour pour jour après ce dernier tournant, Xu Lei prit finalement la décision de mettre fin à cette mascarade.

Le troisième coup fut le bon. Elle avait réussi à voir l'énergie durant cet instant de pure frayeur. Mais il arrive parfois que la victoire ait un goût amer. En contrepartie, la jeune fille innocente qu'affectionnait tant la famille Xu disparut, un soir de printemps, sans laisser de trace...
Quelques témoins virent simplement le lendemain, une jeune chinoise aux magnifiques yeux gris se rendre dans un hôpital de la capitale, un caméléon s'étant caché dans son sac. Elle s'était rendue sur le toit.
Après cela, on ne la revit jamais. Il ne restait plus qu'une passante vêtue de noir et aux yeux sans vie.

«Voici le début de la fin.»
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"Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit..."



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Dim 4 Déc - 23:00
HISTOIRE (Suite)

Acte 2 : Descente aux Enfers


«Ce jour là, j'avais peur. Le ciel me semblait dangereusement proche et le sol bizarrement éloigné. Je me rappelle que mon maître m'a sauvé. Quelqu'un m'avait apparemment poussé à sauter. J'ignore pourquoi. Mon maître m'a sauvé. J'ignore pourquoi. Il m'a permis de vivre. Il m'a donné un masque. J'ignorais pourquoi. Eren était là aussi il parait. Il a toujours été là. C'est ce que mon maître m'a dit. Je ne doute pas de lui, sinon, je meurs.
De plus, que je le croie ou non, qu'est-ce que ça changerait ? Au moins, comme ça, j'ai une histoire à laquelle me rattacher, c'est mieux que rien. Tout ce dont je me souviens, c'est le vide et la couleur verte. Le reste n'existe plus.

Pourquoi il se trouvait là ? Par hasard ? Parce qu'il me connaissait déjà depuis longue date ? Parce que mon rôle était de le seconder ? Je ne sais pas. Tout est blanc dans mon esprit.
Il m'a juste raconté qu'il m'a trouvé quelque part. Que j'avais besoin de son aide. C'est tout. Je n'ai rien à ajouter. »


***

2008.

La première phase du projet allait commencer. Falscher se trouvait aux premières loges de cette merveilleuse découverte. Elle l'avait terrassé en 1 seul "coup".
Quel talent, quelle beauté,... on aurait presque cru que la faucheuse elle-même leur avait fait l'honneur de sa présence. Aussi gracieuse qu'une danseuse, aussi dangereuse et ravissante que le Géranium. Un Dim Mak des plus purs, parfaitement exécuté. Par accident, certes, mais quel spectacle...

Elle était ce qu' il recherchait désespérément depuis tout ce temps.
Il l'avait trouvée : la toile de son futur chef d'œuvre. Et il ne la laisserait pas s'échapper maintenant qu'il avait enfin croisé sa route. Il fit d'abord des recherches sur son enfance, sur ses compétences, sur sa famille et ensuite sur sa personnalité. Les espions ne rataient aucun détail. Et sa petite fleur souffrait. Ooooh comme elle était belle, à lutter malgré tout. Elle vivait sans but. Elle le fascinait chaque jour de plus en plus. Ce n'était plus qu'une question de temps. La toile était tissée. Et comme prévu, elle se rendit sur ce toit pour se rendre au purgatoire.

Mais son heure était loin d'être venue. Elle avait tant à accomplir, tant de potentiel. La laisser s'envoler aurait été du gâchis. Aussi, il se rendit lui-même sur place. Un loup qui se prenait pour une véritable brebis égarée. Quelle comédienne... Il veillerait personnellement à ce que cette petite merveille soit reconnue à sa juste valeur. Elle serait parfaite. Elle avait l'air apeurée. Ah, c'est vrai. Elle ne le connaissait pas encore. Cela ne tarderait pas.

Le lavage de cerveau qu'ils lui firent subir dura près d'un mois. En 4 semaines, tout fut effacé hormis l'essentiel : son don pour le combat et ses connaissances en thaumaturgie. Dans son extrême bonté, son maître lui avait même donné son nom : Xu Lei. Nom de code : Numéro un, First, Ein... Sa première création. La perfection dont il serait le créateur. Voilà ce qu'elle était devenue. Une arme.

Une arme qui ouvrit les yeux la première fois dans un endroit inconnu. Une petite pièce miteuse qui faisait office de chambre où se trouvait le strict nécessaire : un lit, un sac, un reptile mort sans doute de faim près d'elle, un robinet. Aucune fenêtre. Une porte verrouillée. Que faisait-elle là ? Qui était-elle ? Elle dut interrompre ses questions lorsqu'un homme approchant plus de la soixantaine que de la cinquantaine ouvrit cette porte.  Il avait de courts cheveux blancs  en petite qantité, était plutôt grand et portait des lunettes ainsi qu'une longue blouse blanche par dessus ses vêtements. Un scientifique sans doute. Il lui semblait familier. Il marcha jusqu'à elle et lui sourit.

Soudain, il sortit un revolver de sa poche et le pointa vers la tête de la jeune femme. Aussitôt, elle se leva, lui fit une prise de Ba Gua Zhang, lui saisit l'arme hors des mains et la tendit à son tour vers cet homme. Ses mains tremblaient. Il leva les bras tandis que son sourire s'élargissait.

"Parfait, Ein... Assurément, tu réponds à tout ce que j'attendais de toi. Tu passeras le test aisément, je n'ai aucun doute là dessus."

Il baissa les bras et se dirigea vers elle, toujours méfiante et confuse. Elle appuya sur la gâchette. Rien. C'était un faux ?!...

"Tu ne pensais pas que j'allais prendre le risque de te blesser si vite j'espère ?"

Il se retourna alors et s'en alla sans dire un mot de plus. Ce qui lui sembla être 30 minutes plus tard, elle entendit sa voix dans un haut parleur situé dans un coin de la chambre.

"Ah oui. Je te préviens : un assassin arrivera dans 10 minutes. Il est venu spécialement pour toi. Dans ce sac, se trouve un couteau ainsi qu'un véritable révolver. Fais-en bon usage..."

Il coupa la communication après un rire bref et ensuite, la porte se déverrouilla automatiquement, accompagnée d'un « clic » bref.

***


*Que dois-je faire ? Je ne sais même pas d'où je viens ni quoi que ce soit de mon passé ou de mon futur. Je ne sais pas où je suis, qui je suis. Pourquoi je devrais faire ça ? Serais-je libre après ça ? Au secours... Je ne veux pas mourir.*

Vue sur le couloir. Cible armée trouvée. Danger potentiel.
Avant même qu'il ne la remarque, elle le frappa à l'épaule, le mit à terre et lui planta son couteau parfaitement aiguisé dans sa gorge d'un coup sec. L'inconnu masqué n'eut même pas le temps de dégainer ou même de discerner ce qui causa sa perte. Il était mort. La vie s'était échappée de son corps en un soupir. Et elle était la responsable.

Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Comment avait-elle pu ?... Elle n'eut pas le temps de se poser de questions qu'un complice inattendu l'attaqua déjà par derrière. Son flingue pointé vers sa tête. Elle le sentait. Elle percevait une multitude de nouvelles sensations. La soif de sang de cet individu l'avait particulièrement marquée. La vengeance ? Elle apaiserait ses souffrances. Tuer ou être tué. Cette phrase résonnait en continu dans son esprit. Elle s'accroupit avant qu'il ne tire, plaça sa paume sur le sol et fit apparaitre un mur de terre solide derrière elle en guise de bouclier. Elle ne pensait pas maîtriser ce sort. Quand l'avait-elle apprit ? Comment elle arrivait même à posséder de tels pouvoirs inaccessibles au commun de la population était au delà de son domaine de connaissance. Tout ce qu'elle savait, c'est que cette personne voulait la tuer.

Alors qu'il tirait en continu sur son bouclier, elle chargea son propre revolver : et elle tira. L'individu, masqué lui aussi, s'écroula lourdement dans la flaque de son propre sang. Son masque tomba pour révéler un homme à peine dans la vingtaine. Ses yeux sans vie étaient grands ouverts sous le choc de la balle qu'il recevit en plein front. Il n'a pas eu le temps de souffrir.

Comme on pouvait s'y attendre de la future marionnette de Falscher, membre de Sheol. Cette organisation criminelle rassemblait entre autres des tueurs qui « sortaient du lot », d'une façon ou d'une autre, ainsi qu'une belle variété de mafieux, psychopathes et autres crapules. L'influence de Sheol devenait internationale depuis ces dernières années au point qu'elle recevait de plus en plus de demandes d'assassinat  de grandes ampleurs. Avec cette nouvelle arme, Sheol pourrait s'étendre d'avantage à l'assassinat de magi (dont l'existence fut découverte par des moyens assez obscurs), pratique assez récente et risquée pour ses membres mais qui rapportait beaucoup, énormément d'argent. Peu importe la cible : tant que le prix y était.

Xu Lei réussit le test avec brio. Le verdict était sans appel : un prodige. Un miracle dans les tréfonds de l'enfer. Bien sûr, elle avait le choix : accepter son titre de tueuse de premier ordre ou se faire tuer. Elle avait 10 secondes pour réfléchir et prendre sa décision sans quoi, ils s'en chargeraient à sa place.

1... Aucun moyen de s'enfuir : il n'y avait qu'une vaste étendue de sable autour de l'hangar où elle se trouvait.
2... Il faisait nuit.
3... Une dizaine d'inconnus dont le dénommé Falscher l'attendaient, arme à la main.
4... Quelque part dans un village chinois près de la frontière Mongo-chinoise, trois personnes attendaient, pleurant toutes les larmes de leur corps.
5... Tuer ou être tué ?
6... Elle prit son revolver.
7... Elle le rechargea.
8... Elle leva les yeux au ciel une dernière fois.
9... Elle appuya sur la gâchette, en direction du ciel.
10... Et entra définitivement en enfer...

***


2010.

Dans les grandes villes comme New York, Tokyo, Rome, Paris, Londres, Rio ou Pékin, il y a toujours une nouvelle vie qui commence le soir venu. Les enseignes lumineuses s'allument avec les lampadaires, les restaurants et les bars se remplissent, les familles se retrouvent à leur domicile tandis que les moins chanceux se préparent à affronter une nouvelle nuit. Une nuit glaciale passée à dormir dehors. Certains vont aller noyer leurs soucis quotidiens dans l'alcool comme une rupture, un divorce, une annonce de chômage, un décès, etc... Et enfin, d'autres fuient du mieux qu'ils peuvent un danger qu'ils n'aperçoivent pas distinctement à cause de l'obscurité. Ce soir là, une jeune fille en particulier faisait partie de cette catégorie.

Dans les sombres ruelles étroites de Los Angeles, elle courait à une vitesse qu'elle ne pensait pas atteindre un jour. Une vitesse que nous atteignons seulement si notre survie est en danger. Or, elle avait choisi de vivre sans tuer d'innombrables innocents. L'influence et les moyens de Sheol ne furent pas suffisants pour l'arrêter ou la faire changer d'avis : rien ne la retiendrait dans sa course vers la liberté, elle s'y était préparée pendant plusieurs mois. Un être humain lambda ne la rattraperait pas : c'était impossible. De plus, elle était armée jusqu'aux dents et se battait à merveille. Elle jetta un rapide coup d'oeil derrière elle : personne. Commençant à ressentir un peu de fatigue et profitant que personne ne soit à ses trousses, elle s'arrêta dans sa course un court instant pour essuyer les quelques gouttes de sueur qui perlaient son front et reprendre son souffle.

"C'est bon ? Tu as terminé ?"

Son sang se glaça tandis qu'un frisson lui parcourut l'échine du dos. Derrière elle, une jeune femme d'à peu près son âge, dont le visage était camouflé par un masque blanc semblait la fixer. D'une part, elle avait réussi à la suivre, et d'autre part, elle n'avait émis aucun bruit de pas ou de respiration. C'était inconcevable! C'est comme si sa poursuivante venait d'apparaitre de nulle part.

"Comment diable m'avez-vous suivie ?!"

"Je ne suis pas humaine."

Impossible de discerner son visage mais la jeune fille la reconnut instantanément grâce à ses vêtements et sa voix. Aucun doute là-dessus. Elle expira longuement, rassurée de voir qui se tenait en face d'elle.

"Bon sang, Lei, tu m'as fait peur. Toujours fidèle à ta réputation, hein ? Aussi furtive qu'un fantôme. Tu veux ma mort ou quoi ?! Haha... Enfin, tu es là, c'est déjà ça. Heureusement, c'est toi qui m'a trouvée la première, hein ? Je n'ose pas imaginer ce qui m'attendait, autrement."

En effet, elle était chanceuse. La personne en fuite était une espagnole, arrivée 1 an auparavant dans leur « groupe » et qui avait coopéré une dizaine de fois avec la magus fétiche de Sheol. Leurs missions se sont toujours déroulées avec francs succès.

Au fil du temps, l'espagnole avait même commencé à apprécier sa partenaire, même si elle n'était pas très bavarde. Maintenant qu'elle prenait la fuite, elles ne se verraient plus. Lei resterait dans le monde de l'ombre tandis qu'elle redécouvrirait la lumière. C'était son seul regret : ne pas pouvoir emmener sa compagne d'infortune avec elle. Sauf que là voilà! Elle pourrait au moins lui dire au revoir et...et si elle parvenait à la convaincre ? Il fallait essayer!

"Rejoins-moi, Lei! Ils ne savent pas où nous sommes, et à deux on peut battre n'importe qui! Nous pouvons enfin être libres, après tout ce temps où nous avons tué de force... C'est une chance inouïe."

Elle laissa échapper un sanglot, puis quelques larmes en se remémorant les atrocités qu'elle avait déjà vue et commise au cours de ces derniers mois. Elle ne le supportait pas. L'autre s'approcha doucement d'elle avant de la prendre dans ses bras. Elle murmurait des mots d'encouragement sur lesquels son acolyte ne tarda pas d'enchaîner.

"Oui! Enfin, on va s'enfuir...Je n'y croyais plus, mais enfin, c'est fini.... Je suis si heureuse...Oh! Mais j'y pense. L'autre jour, Lei, tu..."

Une goutte tomba au moment où elle retira son masque. Le rideau se baissa brusquement sur cette supercherie en autant de temps qu'il fallait à la poursuivante pour appliquer une dernière fois, sa main derrière la nuque de celle qu'elle avait vaguement cotoyée.

...
...
...

"De la neige fondante."


C'était l'hiver. La saison où la nature était aussi glaciale que les yeux de la jeune femme, seule dans cette ruelle. Elle ne pleurait pas. Elle n'était pas fière d'avoir réussi ce qu'on lui avait demandé, ni honteuse. Les souvenirs partagés avec cette personne n'étaient même pas heureux. Juste deux tueuses qui avaient coopérés à l'occasion. Rien de plus rien de moins.

"Si ils t'avaient trouvée avant moi, ils t'auraient souillée, blessée, brisée,..."

Elle n'avait pas souffert. Elle avait disparu en même temps que la neige immaculée qui tombait du ciel. Tout ce que pouvait lui offrir Ein, qui avait fait son choix contrairement à elle, c'était lui éviter des remords qui la hanteraient éternellement et une existence plus pénible que la mort la plus atroce. Lui éviter de subir le même sort que le sien, voire pire.

"Je ne peux rien faire de plus. Il n'y a rien à dire de plus... Mission accomplie."

Elle regarda brièvement le ciel avant de s'en aller : les boulets ne tarderaient pas à débarquer et elle n'avait pas que ça à faire que de tout leur expliquer. Elle replaça son masque, et ne se retourna pas. Et sur cette scène silencieuse, la fleuraison s'acheva.  
2 ans plus tôt, elle avait renoncé à son âme. Elle ne pouvait pas faire marche arrière dans cette boucle infernale. Sa décision n'avait pas changé depuis. Elle était résolue et les beaux sentiments ne la sauveraient pas. Elle avait choisi délibérément de devenir une âme perdue rampant de son mieux pour éviter le trépas. Ne soyons pas hypocrite : personne ne l'avait forcée.

Entre votre vie ou votre humanité? Que choisiriez-vous vraiment si vous deviez faire ce choix sans votre conscience dans son état normal ? Choix difficile qui mériterait presque une dissertation cependant, en dix secondes, ce luxe n'est pas permis. La coquille vide et conditionnée avait fait son choix. Il n'y avait pas besoin d'en parler pendant des heures. Elle ne voulait pas de pitié. Elle ne voulait pas changer sa décision. Non, ooooh non.
Choisir votre survie lorsque vous êtes dans le fond. Lorsque rien ne peut plus vous sauver excepté vous-même. Lorsque vous ne pouvez plus compter sur personne car personne ne peut changer quoi que ce soit à votre misère. Il fallait donc qu'elle se salisse les mains. C'est ce qui lui semblait logique.

C'est ainsi que Xu Lei disparut et que « Ein » apparut. Le petit bourgeon bien entretenu par maître Falscher. Après tout, c'était le fruit de sa meilleure expérience, sa marionnette docile. Son arme ultime. Son ombre irréprochable. Ses ordres ? Elle y obéissait. Ses appels ? Elle y répondait. Ses attentes ? Elle les surpassait. Jamais Sheol n'avait mis la main sur une telle machine à tuer. Elle ne cachait aucune faille. Pourtant, d'ordinaire leurs « jouets » rendaient vite l'âme mais celui-là tenait bon. Et puis...Si elle avait un jour l'idée saugrenue de s'échapper, elle ne ferait pas long feu. Quand on pose un pied dans le monde de l'ombre, on n'en ressort jamais indemne. Les informations et les risques encourus étaient trop importants!

De toute manière, les "boss" ne la laisseraient jamais partir : elle leur était trop précieuse. Elle ne bronchait jamais, elle n'échouait jamais. Elle accomplissait ses missions sans état d'âme. Ne vous méprenez pas, attention. Elle ne prenait pas plaisir à tuer et n'en était pas outrée. Non. Un tel tourment était trop complexe pour un objet. En toute simplicité, c'était une nécessité.

«Je vais tuer. Pour survivre, je tuerai.»

Acte 3 : Au delà du visible se trouve...

«Qu'est-ce qui me rend spéciale ? Hormis un entraînement aux principes des armes à feu durant des mois dans un hangar abandonné au milieu de nulle part avec pour seule visite maître Falscher et le fait que j'ai transformé un caméléon que j'ai retrouvé mort dans ma chambre en familier, je n'ai rien d'intéressant. Je suis vide. Alors pourquoi me confient-ils toujours le boulot le plus « spectaculaire » ?...

Enfin,... J'imagine que c'est le destin. Et qui suis-je pour le contester ? Je ne suis personne. Alors, j'exécute les ordres. Je n'en ai pas envie pourtant. Quitte à rester invisible aux yeux des autres, j aurais préféré ne pas avoir à faire tout ça.  Mais bon, on n'a rien sans rien. C'est comme cela que les choses doivent se dérouler.»


***

2009.

"Tu ne t’ennuies pas trop j'espère?"

"Non, ne vous en faites pas. Tout vient à point à qui sait attendre."

"Tu ne crois pas si bien dire, ma chère Ein. En tous cas, il me tarde d’assister au dénouement de cette pièce grandiose."

Un homme aux cheveux blancs se tenait assis à côté d'une charmante jeune femme aux cheveux gris. Tous les deux s'étaient mis sur leur 31 pour cette soirée exceptionnelle à Paris : une pièce de théâtre interprétée par des professionnels reconnus. Reconnus partout autant sous les projecteurs qu'à l'abri des regards. La salle était bondée de personnalités de renom pour assister à ce spectacle exceptionnel. Le cinquantenaire désigna l'acteur principal avec dédain par son usine à lunettes. Ils se trouvaient tout au fond de la salle. La jeune femme n'éprouvait bien sûr aucune difficulté pour voir la scène de loin.

"Que penses-tu de sa manière de jouer?"

"Satisfaisante. Peu convaincante en situation critique."

"Parfaitement. Bien, je vois que tu commences à discerner le vrai talent de plus en plus facilement. J'en suis ravi... Tout est prêt, n'est-ce pas?"

"Oui, maître."

"Merveilleux, il ne devrait plus tarder maintenant."

La jeune femme serra presque imperceptiblement les poings. Son visage, en revanche ne trahissait rien. Toutefois, ce détail ne passa pas inaperçu au regard attentif de son observateur. 

"Ne me dis pas... que tu es nerveuse?"

"Non, maître."

"Allons, allons..."

Il plaça sa main sur son genou avant de la faire monter lentement jusque sa cuisse d'un air presque malsain. Il enchaîna calmement pendant qu'il continuait de caresser le haut de sa jambe.

"Tu ne me mens pas, j'espère? Si c'était le cas, je serais terriblement déçu... Tu avais l'air parée à quitter ton sanctuaire pourtant. Me serais-je donc fourvoyé?"

"... Non, Maître."


Il savait qu'elle ne mentait pas et qu'elle irait jusqu'au bout. Mais il voulait surtout savoir comment cela se passerait, comment elle réagirait. C'était son travail mais surtout sa passion que d'observer des phénomènes expérimentaux imprévisibles. Quelques minutes passèrent dans un calme des plus appréciables.

"Excusez-moi madame, l'acte 3 va bientôt commencer?"

"Oui, monsieur."

La dite femme le regarda bizarrement avant de se focaliser à nouveau sur l'apéritif. Bientôt l'heure du plat de résistance. Il plaça son usine à lunettes pour voir ça de plus près.
Alors que l'acte 3 venait de débuter, les lumières s’éteignirent brutalement. On n'y voyait presque plus rien. Le public murmurait, ne comprenant pas ce qui se passait.

"Mais qu'est-ce qui se passe?"

"Je ne sais pas, c'est surement dans la pièce. Non?"

"Tu crois?"

"Peut-être une panne de courant."

Le public s'impatientait. Les acteurs ne bougeaient presque pas, comme si on avait appuyé sur le bouton pause d'une télécommande et que lorsque les lumières reviendraient, ils continueraient comme si de rien n'était. Falscher, lui, ne manquait rien du formidable spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Les spectateurs autour de lui se demandaient bien ce que ce pauvre fou cherchait à voir dans la pénombre. Un vétéran osa perturber sa "contemplation."

"Hum, Monsieur? Que regardez-vous au juste?"

"La fin de la pièce bien sûr."

Les 2 acteurs de la scène attendaient toujours patiemment. Ce type était soit cinglé soit ivre.

"Et, euh, que se passe-t-il donc? Qu'arrive-t-il à Raoul?"

"Une fin digne de Molière, mon brave." répondit-il d'un grand sourire admiratif.

Après cela, il se leva et quitta la salle. 
Le vieil homme haussa les épaules et ne dit plus rien. Il devait juste lui manquer une case. Après quelques instants encore, le moment arriva enfin. Le public poussa un "Aaaaaah" collectif avant de crier d'effroi.

"AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!"


"QUE FAIT LA SECURITE?!"

"CHERIE, REVIENS PARMIS NOUS! Juste ciel..."

"UN MEURTRE! UN MEURTRE!"

Sur scène, une jeune femme masquée se tenait dignement en face du public, rapière à la main. A ses pieds, l'actrice était couchée par terre, immobile. Avec les projecteurs braqués sur elle, l'inconnue s'inclina légèrement et attaqua alors l'acteur masculin, ébahi. Il n'avait absolument aucune idée de ce qui se passait. Ou plutôt ce comment c'était arrivé. Celui-ci se défendait péniblement contre son agresseuse qui n'en était qu'au stade d'échauffement. Les lames n'étaient pas sa spécialité, mais elle ne les connaissait que trop bien. La cible ne tiendrait pas longtemps face à son châtiment pour avoir tenté d'arnaquer ses employeurs. Elle remporta le combat en 28 secondes.

Plus de temps que prévu. Le temps lui manquait. Elle l'acheva brusquement en enfonçant sa lame dans son estomac et une dernière fois dans son cœur. Le liquide écarlate giclait sur la poignée de l'arme, son masque et son bras. Voilà ce qui arrivait aux gourmands. Il était censé servir d'exemple pour les autres. Aussitôt le travail terminé, elle fit la révérence une troisième fois avant de s'en aller derrière le rideau. Elle n'hésita pas à neutraliser ceux qui gênaient son passage et finit enfin par trouver la porte de sortie des coulisses. Non loin de la porte arrière se trouvait un avant-goût de son cadeau en l'occasion de son 18ème anniversaire qu'elle avait soigneusement garé en début de soirée. Elle avait bien travaillé. Elle serait libre ce soir. Et elle ne comptait pas perdre une seule seconde. Mais... Fallait-il en arriver là pour autant? Elle haussa les épaules et monta sur le véhicule. Faire preuve d'états d'âmes n'était pas mentionné dans ses fonctions.

Dans une voiture blindée à 5 km de là, Falscher se remémora cette douce soirée.
L'antiquité qu'il tenait en main avait été soigneusement amélioré d'une vision infrarouge par ses assistants pour l'occasion. Et pendant que l'information passait à la radio et que les enquêteurs s'étaient déployés autour du bâtiment, une nouvelle comédienne déguisée en ombre encapuchonnée (ou était-ce l'inverse?) fila près de lui en moto avant de disparaître l'espace d'une nuit. Son dessert. Un visage retenant ses larmes. Un visage de pur dégoût envers soi-même. De l'égoïsme.

"Une Marguerite incarnée par une Cendrillon. Tout bonnement époustouflant."

C'est tout ce dont il avait besoin pour accompagner son verre de vin d'un grand domaine du Médoc en cette belle soirée.

***


Elle filait a une vitesse fulgurante tandis qu'il ne prêtait pas attention à ce qui se passerait. Ce n'était plus son problème. Pendant 8h, son oiseau était libre de virevolter à sa guise. A elle d'assumer ses actes.
Alors, elle accélérait. Elle roulait toujours plus vite. Rien n'avait d'importance excepté l'horizon. Tout se déroulait comme prévu. La nuit s'annonçait prometteuse.
Et puis, comme d'habitude, les ennuis arrivaient. « Excès de vitesse » semblaient-ils vouloir lui faire comprendre, et elle obtiendrait un autre véhicule le lendemain : pas de paperasse pour celui-ci. Pas comme si elle s'en préoccupait de toute manière. Mais, avoir tué deux stars quelques minutes auparavant et ne pas avoir de papier sur elle ne joueraient surement pas en sa faveur. D'un autre côté, elle ne voulait pas non plus arrêter ce moment d'euphorie si rare. La vitesse l'absorbait. Bon, plus qu' une solution : vitesse maximale. Les gardiens de l'ordre ne tardèrent pas à suivre le pas en enclanchant leurs sirènes.

A une heure aussi tardive, les voies principales sont un peu moins fréquentées. Heureusement, les boulevards de la capitale française restaient bondées au grand désaroi des travailleurs qui souhaitaient rentrer chez eux. Parfait. Elle ralentit un peu pour slalomer entre les véhicules avec précision. Ainsi, elle augmentait  la distance entre elle et ses poursuivants, en voiture. Ils étaient trop lents, dommage.

Elle continua de se focaliser sur la route lorsqu'au loin, elle aperçut un barrage d'automobiles et quelques motos prêtes à la poursuivre si elle refusait de s'arrêter.  Ils pensaient vraiment lui faire peur avec une telle « menace »? Elle survivait à l'Enfer chaque jour et l'endurait chaque nuit. Elle avait vu et subi l'impensable. Elle vivrait l'insurmontable. Elle souffrirait d'avantage. Ce n'est pas ce soir qu'elle abandonnerait et ce n'est pas des justiciers du dimanche qui allaient la stopper. Pas quand elle pouvait enfin ressentir une telle liberté.

Un petit jeu pimenterait les choses, elle était partante. Arrivée au niveau du barrage, elle vira à 90° vers la droite avant d'emprunter des ruelles secondaires. Comme prévu, ils ne tarderent pas à la suivre. Amusant. Si ils l'attrapaient et qu'ils découvraient qui elle était, elle serait soit condamnée à la prison à vie avec un peu de chance soit au châtiment réservé aux indiscrets : la mort. Ni l'un ni l'autre ne l'enchantaient. Et pourtant, cette course poursuite plus que dangereuse l'amusait. Car pour la première fois en plus d'un an, elle sentait le vent caresser son visage et elle agissait à sa guise. Une liberté, aussi factice et éphémère soit elle, dégage toujours un parfum enivrant.

Pendant une demi heure, elle fit tourner les unités spéciales en bourrique, elle les poussait à bout. Entre des détours dans un parc ou dans des escaliers, elle leur avait fait don de suffisamment d'adrénaline pour un bout de temps et une raison valable pour la choper : la vengeance. Leur amour propre avait été blessé. En conséquence de quoi, les chatons inoffensifs sortaient leurs griffes. Ils en avaient assez de ce petit jeu, il était temps d'en finir et elle était on ne peut plus d'accord. Elle commençait à s'ennuyer. Des règlements de compte ne l'intéressaient pas. En plus, elle prenait trop de risques. Quelle idiote.

Elle réfléchit à comment les mettre hors course. Leur tirer dessus était trop risqué car ils avaient un meilleur angle de vue et avaient l'avantage du nombre. Crever leur pneu en manipulant la terre par magie en public était une mauvaise idée aussi : elle se faisait déjà assez remarqué comme ça. Par chance, elle obtiendrait une autre monture plus tard, celle-ci faisant office de «test». Sinon, elle aurait pu définitivement faire une croix dessus. Il restait une solution : effacer leur mémoire. Et rouler normalement dans une masse. Disparaître... Cela finissait toujours comme ça. Où qu'elle aille, la fin ne changeait jamais. Elle se résigna et en un soupir, disparut dans le vent.

***


2015.

"Déjà 7 ans que tout a commencé, que nos routes se sont croisées."

*Si peu de temps ? J'aurais opté pour le double voire le triple tant les choses ont vite défilé. Au fond de moi, j'ai l'impression d'avoir vécu bien plus de choses que je ne l'aurais du. Que ça n'aurait pas du se passer comme ça. Qui sait ? J'aurais peut-être participé à des championnats d'arts martiaux pour gagner ma vie si les choses n'avaient pas tourné ainsi. Pfff, qu'est-ce que je raconte ? Je n'ai pas à divaguer comme ça : je n'en ai pas reçu l'ordre.*

"Une dernière chose... As-tu un rêve à formuler au Graal quand tu auras remporté la victoire?"

Il connaissait déjà la véritable réponse mais prenait un malin plaisir à la lui poser. Sa réponse ne le fit que d'avantage sourire. Cette histoire lui plaisait de plus en plus. Il ne s'en lassait pas. Comment sa création s'en sortirait face à une horde de magi aguerris prêts à tout pour l'emporter dans ce bain de sang ? En effet, encore un autre don du destin : les marques divines sont apparues sur son corps. Il parait que ce sont sur les mains normalement. Or, dans son cas, elles se sont placées sur son dos. Ses mains devaient sans doute être trop souillées pour ces sceaux transcendants. Mais les faits étaient là : le calice divin l'a interpellée et son pouvoir pourrait changer la face du monde. Il n'a pas fallu longtemps pour que ces marques soient aperçues lors d'une inspection quotidienne de l'armement. Exaucer un vœu... Futile.

«Les rêves sont des illusions. Tout ce qu'ils font, c'est interférer avec la réalité.»

Parfait. Comme d'habitude. Si espoir il y avait eu, il avait disparu. C'est le sort qu'elle avait choisi. La finalité qui la consumait à petit feu. Son histoire. Un tueur n'a pas sa place dans une société où l'Homme doit cohabiter tant bien que mal avec ses semblables.

...

Quelques jours plus tôt

Chaque jour, elle vivait aux dépens d'autres êtres humains. Chaque nuit, elle volait la vie d'autres êtres humains comme une sangsue. Elle était devenue un parasyte indésirable, un signe de mauvaise augure. Et il était trop tard pour mettre un terme à cette folie, bien trop tard.
Des remords ? Pas pour ceux qui ont eu le malheur de la voir dans leurs derniers instants, non. Ces gens étaient souvent liés au monde de l'ombre et ses pratiques douteuses après tout. Cependant, ce n'était pas toujours le cas de leur famille. Pour ceux dont elle avait ainsi brisé leur vie, pour cette raison, elle remettait parfois sa décision en question. Pas chercher à justifier son choix car elle l'assumait pleinement mais... Est-ce que ça en valait la peine?

*Étrange. Je ne me pose jamais autant de questions d'habitude. Sûrement la fatigue.*

Ce soir encore, la faucheuse allait trouver des victimes. Infiltrer le domicile du directeur d'un célèbre casino de Las Vegas. Des hauts placés de Sheol avait entrepris de se déplacer pour négocier avec le patron de la mafia de cet établissement.  D'abord partenaires fervents, ils commençaient à devenir trop volatiles, trop dangereux. Sa mission : agir en conséquence si ils refusaient la négociation. Plutôt clair. Pas besoin de s'attarder sur les détails.
Et donc, elle attendait le signal non loin de sa destination. Cachée dans l'ombre. Comme un prédateur qui guette une proie à son insu. La survie de cette proie ne dépend que du bon vouloir du prédateur, lui-même sous les ordres de son chef. Enfin, deux bonnes heures plus tard, elle reçut le signal : une voiture spécifique passant tout près. Un échec, finalement. Bien. C'est l'heure.

Elle agit sans tarder, ne sentant plus le froid de la nuit depuis le temps. La garde laissait clairement à désirer : une ouverture sur le flanc gauche aussi flagrante qu'un néon. Des amateurs. Elle s'infiltra donc sans réels problèmes dans le jardin avant d'entrer par la fenêtre dans la demeure somptueuse. La fenêtre qu'elle avait délicatement forcée menait à une chambre.
A son arrivée, une cible se leva. Elle leva son arme mais ne tira pas dans l'immédiat. Un enfant. Elle avait commis beaucoup de crimes mais jamais... Ce dernier avait les cheveux bruns et la regardait curieusement avec ses grands yeux bleus. On aurait presque dit qu'il était content de la voir. Que faire ?...

*Tire. Tire. Tire. Tire. Tire. Tire. Tire. Tire. Avant qu'il ne soit trop tard.*

"Que se passe-t-il mon ange ? J'ai entendu du bruit. Tu veux boire quelque chose ? Oh ??!"

La mère de l'enfant tomba mollement sur la moquette, tentant dans un dernier effort de prendre la main de son fils, de son plus grand trésor. Un dernier geste pour le sauver. Le bambin se demandait bien pourquoi elle ne répondait pas tout à coup et pourquoi elle saignait autant. Il se retourna. Du fusil (un silencieux) de la demoiselle s'échappait un mince filet de fumée. Ses yeux brillaient d'une lueur envoûtante comme la Lune. Il n'arrivait pas à détacher son regard de ces yeux étranges. Et elle non plus. Elle semblait rechercher quelque chose dont elle ignorait la nature. Cet enfant n'avait rien fait de mal, il était innocent. Son seul crime : avoir un père qui s'est opposé à une mafia d'enflures de la pire espèce. Luttes pour le pouvoir, trahisons, coups bas, assassinats,... ils ne connaissaient que ça pour gagner leur vie.
Ce gosse n'était pas coupable. Elle l'était. Elle rangea son arme. Et puis, en un clin d'œil, le petit garçon revit sa mère allongée juste à côté de lui avant de reprendre la suite de son rêve qui s'annoncerait plus long que prévu... Un seul coup avait suffi... Un seul coup suffira toujours.

"..."

Rien ne l'affectait. A cet instant précis, les marques apparurent. Elle ne voulait pas de ces marques. Qu'est-ce que ça changerait pour elle ? Les supérieurs la surveilleraient durant toute la guerre. Au moindre faux pas, elle serait purement annihilée. Elle devait juste réussir. Car sa survie en dépendait. A la première mission ratée, ce serait la fin. Et toutes ces vies auraient disparu pour « rien ». Quoique,... elle était déjà devenue moins que « rien ». Jamais elle ne pourrait se refaire une vie, se racheter, oublier tout cette tragédie.

And so...

***


Nous sommes des ombres qui ne peuvent exister nulle part... Rien d'autre que des spectres sans identité... Rien d'autre... que des fantômes. Ce n'est pas comme si j'avais perdu mon âme... J'ai juste oublié. Ou plutôt, ...j'ai peur de me souvenir de cette histoire. De me rappeler de cette chaleur qui peut réchauffer notre poitrine quand nous sommes choyés, comme le soleil. Peur de perdre la Lune, ma seule lumière. J'avoue parfois me complaire à tenter de m'en souvenir d'avantage. La tentation s'immisce lentement, furtivement. C'est comme un appel du fond de mon cœur. Mais aussitôt que je tends mes mains, je réalise que ce n'est rien de plus qu'une illusion. Un mensonge. Les masques tombent tandis que le cycle recommence. Encore et encore.
Je suis devenue une illusion.

En prétendant que je ne ressens rien, j'ai tenté, d'une certaine manière, de m'adapter à ce monde. Mais la nuit, j'ai pleuré en retenant mon souffle. J'ai senti que quelque chose s'écroulait. Mais, même si je suis sur le point d'être brisée, et que tout cela est prêt de s'achever, je me dis que tout ira bien car je souhaite revoir ce lendemain prometteur à nouveau, après une nuit d'errance. Espoir et désespoir s'amusent dans cette tragédie grotesque. Appelez cela de la contradiction, il s'agit plutôt de la folie d'une entité invisible, inexistante, transparente.

Transparente comme l'eau la plus pure, transparente comme le fleuve Yangzi Jiang, transparente comme une inconnue, transparente comme une seconde dans la vie d'un être humain, transparente comme une ombre, transparente comme une larme, transparente comme un assassin qui disparait dans la pénombre de la nuit. Pour le meilleur et pour le pire ; envers et contre tout,

Je suis devenue transparente.
Rien de plus qu'un spectre errant.

It's the end.
...

***

A PROPOS DE VOUS


Âge : 18 ans
Expérience RP : 4 ans
Les animes/jeux Fate que vous connaissez : Tous
Comment avez-vous connu le forum ? Grâce à ce bon vieux Google.
Quelque chose à ajouter ? : "Time To even the odd's!" Tsun tsun
Phantom
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"Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit..."



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Ven 13 Jan - 12:01
Coucou copine chinoise !

Pas de nouvelles depuis pas si longtemps, mais je viens quand même en prendre !
Enfin, c'est surtout pour te dire que le système a subi pas mal de modifications. Je t'invite donc à en prendre connaissance et à modifier ta fiche en conséquence si tu souhaites poursuivre la création de ton personnage.
Si tu as un souci avec l'élaboration de la fiche, n'hésite pas à te tourner vers le staff (par MP ou directement), et si tu n'as plus trop l'envie (ça arrive plus souvent qu'on ne le croit), n'hésite pas à non plus à nous prévenir !

Choc
Ton image est toute cassée !
Petite marchande de prunes
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The beautiful spring
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Ven 27 Jan - 18:24
Roger!

Fiche terminée, et adaptée au système, collègue d'Orient. Je m'en remets à vous Dsl
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Mar 31 Jan - 18:57
Globalement la lecture de cette fiche est agréable, j'ai pris plaisir à suivre l'histoire. Les descriptions sont courtes mais suffisantes pour décrire le personnage, même si on ne retrouve pas les interrogations qui semblent émerger chez Xu Lei dans l'histoire (le fait qu'elle ait épargné l'enfant par exemple montre qu'elle n'est pas totalement une tueuse sans âme)ni son dégout d'elle-même.

Pour l'histoire il y'a quand même un point qui m'intrigue. On est en Chine, avec la loi de l'enfant unique. Qu'elle n'aille pas à l'école est normal dans ces conditions, sauf qu'en même temps tu précises qu'elle participe aux récoltes et qu'elle joue avec des enfants de son âge. Donc ses parents cherchent à cacher son existence, mais en même temps ils la laissent sortir. J'ai du mal à concevoir comment son existence ait pu être dissimulée aux autorités alors que tout le monde dans le village doit être au courant de son existence, sans parler de la délation (même s'il peut y'avoir des raisons pour expliquer que ses parents n'aient pas été dénoncés). Par la suite elle participe à un tournoi et tu précises que ses parents payent une fortune pour pallier sa non existence officielle. Cela signifie donc que ses parents sont riches, alors qu'ils sont des cultivateurs et que le renom de leur famille a disparu ? Plusieurs incertitudes donc sur ton histoire, même si rien de bien grave. ^^

Citation :
En conséquence de quoi, elle suivit une éducation loin d'être la plus adaptée pour une fille à l'heure actuelle
Désolé mais je ne comprends pas ce que tu veux dire par cette phrase. ^^
Blondin cosmique
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Mar 31 Jan - 22:40
Concernant l'enfant de la fin, il y a eu quiproquo : elle le tue bel et bien justement mais pas avec son arme; elle le fait de ses propres mains et pas avec un revolver pour symboliser qu'elle agit d'elle-même, que c'est bien elle qui met fin à sa vie. C'est de là que venait son dégoût d'elle-même : elle doutait encore un peu quand elle sortait de son conditionnement/entraînement (référence au début de la pièce où elle sert le poing) mais des années de meurtres (et surtout celui de sa camarade) plus tard ont effacé le doute de son esprit.

Concernant le point sur la loi de l'enfant unique, j'ai détaillé et modifié l'histoire (le début surtout) pour effacer les incertitudes :3

Et enfin, j'ai reformulé la phrase que tu as citée et qui voulait dire que son enfance n'est pas ce qu'une gamine de 2017 rêve de vivre. Innocence
Phantom
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Jeu 2 Fév - 21:19
Désolé, j'avais mal compris pour l'enfant. Il n'y a pas de problèmes donc, petite tueuse sans âme.

Ca me semble globalement bon, je te donne donc ma voix.
Blondin cosmique
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Ven 3 Fév - 5:14
A mon tour donc de passer sur la valid de ce DC ô combien attendu depuis le temps X)

Technique : pas de soucis niveau stats, équipement, sorts et pouvoir que tu as mis. Après sache que tu as 2 sorts encore dispos ton pouvoir t'en prenant 6 Index
Mais vu que tu n'as pas atteint le max pour d'autres chose ça m'a l'air volontaire, mais confirme-le moi quand même ^^

Physique et caractère : rien à redire, le personnages est très bien décrit.

Histoire : agréable à lire, l'intro est très sympa. L'histoire est complète, on suit parfaitement l'évolution du personnage, rien à redire ^^

Dis moi pour tes sorts et ça sera bon ^^
Valkyrie hjärta
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Sam 4 Fév - 11:37
Ajout des sorts qu'on a évoqué et du gilet. Sinon... c'est terminé Choc
Phantom
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Sam 4 Fév - 18:26
Et bien tout est bon, tu peux aller t'amuser Haha

Personnage validé ^^
Valkyrie hjärta
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